📖 Introduction à l’agroécologie
Écosystème, agrosystème et services écosystémiques.
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Écosystème, agrosystème et services écosystémiques.
Ouvrir le coursFormation, constitution, texture, biochimie et entretien du sol.
Ouvrir le coursL’écosystème représente l'unité de base de l’environnement. Il est constitué par un ensemble d’animaux, de plantes, de champignons et de micro-organismes interagissant les uns avec les autres et avec leur milieu (sol, air, climat, etc.). Une forêt, une falaise, une lande, une plage, un récif corallien, une mangrove… sont autant d'écosystèmes. Les écosystèmes ne sont pas isolés les uns des autres. L’ensemble des écosystèmes de la planète forme la biosphère.
Tout écosystème est constitué par l'association de deux composantes en constante interaction l'une avec l'autre : le biotope et la biocénose.
Le biotope est l'environnement physico-chimique, inerte, dit « abiotique » (littéralement « sans vie »). Il englobe toutes les composantes extérieures aux êtres vivants : le sol, l’air, l’eau, la lumière, le climat, etc.
La biocénose est, a contrario, la communauté constituée par la totalité des êtres vivants qui peuplent le biotope : bactéries, champignons, végétaux et animaux.

Un écosystème peut correspondre aux grands ensembles naturels (lac, mer, forêt…) mais également à des zones très réduites (un étang, une haie, un fossé…). Une unité inférieure à l’écosystème, le micro-écosystème, a été définie.
Par exemple, sur une plage à marée basse, une pierre retournée peut laisser apparaître des algues, des vers, des crustacés, etc. Ce micro-écosystème est très fragile car, sans la protection de la pierre, ces êtres seraient soumis à un dessèchement fatal.
Il existe des microécosystèmes encore plus petits, comme une touffe de mousse, une coquille vide d'escargot, ou encore les points d'écoulement de la sève sur les arbres…
On peut à l’inverse définir, à une échelle supérieure, de très vastes écosystèmes de la taille d’une région, ou plus : les macroécosystèmes, plus connus sous le nom de biomes. Composés d’un ensemble d’écosystèmes plus petits, et caractérisés par un même climat et par un type dominant de formation végétale (pour les biomes terrestres) ou des caractéristiques physiques particulières (pour les biomes aquatiques).
Les limites d’un biome ne sont pas faciles à définir et ne font pas l’objet d’un consensus, aussi le nombre de biomes de la planète varie-t-il selon les auteurs. Sur la terre ferme, les principaux comprennent les forêts – tropicales, boréales (taïga) et tempérées –, la toundra, les steppes, les prairies tempérées, la savane et les différents types de déserts.
Un écosystème agricole ou agrosystème est une zone cultivée où cohabitent culture et écosystème naturel. Dans un agrosystème il y a des exportations (récoltes, grappes…) compensées par des importations (apport d’engrais, amendements…)

Dans un vignoble, ces éléments (cultures et ecosystèmes) interagissent constamment pour :
Maintenir l’équilibre naturel, en réduisant les risques de maladies et d’infestations.
Préserver la fertilité et la qualité des sols.
Conserver un écosystème fonctionnel
Exemple concret : Les insectes auxiliaires, se nourrissent des ravageurs qui attaquent les feuilles et grappes de la vigne. Ces interactions naturelles évitent l’utilisation excessive de pesticides. De même, la présence de bactéries et de champignons dans le sol va permettre la transformation de la matière organique (feuilles mortes, animaux morts, déjections…) en nourriture pour les plantes (minéralisation de l’azote par exemple). A l'inverse, certains éléments de la culture serviront l'écosystème. Les mantes religieuses par exemple apprécient particulièrement les recoins des piquets inox pour y faire leurs cocons.

Oothèque accroché sur un support de vigne

Les écosystèmes ont un certain nombre de fonctions, et ces fonctions peuvent nous rendre des services.

Il faut distinguer les services des fonctions écosystémiques qui les produisent. “Les fonctions écologiques sont les processus naturels de fonctionnement et de maintien des écosystèmes, alors que les services sont le résultat de ces fonctions”.
Un document commandité par le Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan en l’An 2000 fait état des modifications des écosystèmes mondiaux, de leurs fonctions, de leurs services et hiérarchise les actions à entreprendre pour maintenir la durabilité de la biosphère.
https://www.millenniumassessment.org/documents/document.447.aspx.pdf
Les hommes tirent de nombreux avantages et bénéfices, directs comme indirects, du fonctionnement des écosystèmes.
Un service écosystémique désigne un bénéfice apporté par la nature à l’homme.
Dans un vignoble, ces services se classent en quatre grandes catégories :
Lutte biologique : Les vignes vont héberger des prédateurs naturels (oiseaux, chauves-souris, insectes) aidant à contrôler les ravageurs (tordeuses, escargots…), en agriculture on parle d’auxiliaires de cultures.
Gestion de l’eau et de la nutrition : Un sol bien cultivé retient mieux l’eau et les éléments nutritifs (ce qui est crucial pour les vignes en période de sécheresse).
Stabilité du climat local : Les haies et la végétation entourant le vignoble limitent l’érosion du sol et jouent un rôle dans la régulation thermique et l’humidité des sols.
Séquestration de CO2 : Comme toutes les plantes pérennes, les vignes vont stocker du CO2 dans leurs bois.
Fixation des polluants : un sol fertile limite la pollution
Production directe : raisins pour la vinification, marc de raisin pour le compost ou d’autres usages.
Bois : Copeaux, BRF, Sarments pour BBQ, Chauffage…
Paysages viticoles attractifs : contribuent à l’œnotourisme.
Héritage culturel : le vignoble est souvent associé à une histoire et des traditions locales.
Cadoles et autre
Les services de soutien : ils assurent le maintien des conditions favorables à la vie sur Terre.
Exemple avec la vigne : Oxygène, habitat à la biodiversité etc.

La viticulture est une culture intensive dans de nombreuses régions :
Intrants chimiques (pesticides, herbicides) utilisés fréquemment.
Monoculture : diminution de la biodiversité.
Risques d’érosion des sols si le sol est travaillé intensivement ou dénudé.
Les impacts sur les vignobles sont visibles :
Stress hydrique : La vigne manque d’eau dans des climats de plus en plus secs.
Précocité des vendanges : Les grappes mûrissent plus vite sous l’effet de la chaleur.
Nouveaux risques sanitaires : Maladies favorisées par l’augmentation des températures et l’humidité (mildiou, oïdium).
La viticulture, lorsqu’elle est mal gérée, peut menacer la biodiversité :
Disparition d’espèces animales et végétales.
Dégradation des habitats naturels autour des vignobles.
Pourtant, une biodiversité riche apporte des bénéfices comme une meilleure lutte contre les ravageurs ou une régénération naturelle des sols.
Un agroécosystème est un écosystème modifié par l’homme pour la production agricole. Dans le cas du vignoble les éléments vivants (biotiques) et non vivants (abiotiques), les interactions entre ces éléments ainsi que les interventions humaines visant à produire.
La vigne elle-même.
La faune : insectes (auxiliaires et ravageurs), oiseaux, chauves-souris.
La flore : enherbement, plantes compagnes, haies.
Les microorganismes : bactéries, champignons, levures, lombrics.
L’homme
Le sol : structure, composition, fertilité.
L’eau : irrigation, pluies.
Le climat : température, vent, ensoleillement.
Palissage
Engins
Les interactions entre les composantes biotiques et abiotiques sont essentielles :
Le sol fournit à la vigne les nutriments et l’eau dont elle a besoin.
La vigne, en retour, enrichit le sol en matière organique grâce à ses feuilles mortes et son système racinaire.
Contribue à la porosité du sol via l’exploration racinaire
Les insectes auxiliaires (ex. coccinelles) protègent la vigne des ravageurs en les dévorant.
Les oiseaux et chauves-souris aident également en se nourrissant des insectes nuisibles.
Un climat favorable permet à la vigne de produire des raisins de qualité.
Les événements climatiques extrêmes (grêle, sécheresse) impactent négativement les rendements.
Les plantes compagnes (enherbement) réduisent l’érosion du sol et favorisent la présence d’insectes bénéfiques.
Les haies et les arbres autour du vignoble permettent de créer des microclimats favorables et fournissent des habitats pour les oiseaux et autres auxiliaires.
Exemple : un sol riche en matière organique (biotique) favorise la présence de lombrics (facteur biotique). Ces lombrics aèrent le sol, facilitant la pénétration de l’eau et des nutriments (abiotique) vers les racines de la vigne (biotique).
Dans un vignoble, tout est interconnecté : la vigne dépend du sol, du climat et des auxiliaires pour sa croissance.
Les pratiques agricoles influencent ces interactions : en favorisant les services écosystémiques, on peut améliorer la durabilité et la productivité du vignoble.
La roche mère détermine les caractéristique du sol (plus ou moins perméable, chargé en minéraux etc)-
La roche mère à été dégradée par différents facteurs, notamment chimiques, et climatique.


1ere image : sous l’effet du vent, de la pluie à ph acide du gel du chaud etc la roche mère se fracture se fissure et dans ses micro fissures et fractures des plantes dites pionnières s’installent.
2eme image : Leurs racines continuent de fracturer cette roche ⇒ Formation d’un horizon d'altération de la roche-mère.
3ème image : La plante meurt et se transforme en dépôt organique sur cette roche mère, de même les espèces vivantes qui sont entre-temps venues coloniser ces plantes meurent aussi etc. L’accumulation de ces dépôts organiques finira par créer une couche organique ou horizon humifère composé de particules de plus en plus fines avec le temps.
4eme image : Enfin les premiers arbres continuent de fracturer la roche mère et de déposer de la matière organique (branche feuille insectes…).De plus, il y a des mouvement entre les strates (infiltration par la pluie en autre), l’eau qui s’infiltre va emmener les nutriments vers le premier horizon imperméable (lixiviation) souvent c’est la roche mère elle même, et créer ainsi un horizon d’accumulation, riche en nutriment. D’autres phénomènes vont permettre la remontée de ces minéraux (capillarité quand le sol sèche au-dessus, vers de terre…).
Les sols sont composés à 25 % de gaz, 25 % de liquide et 50 % de solide.
On les caractérises par leurs tailles (granulométrie)
Particules <0.002 mm ⇒ Argiles
0.002 à 0.05 mm ⇒ Limons
0.05 à 2 mm ⇒ Sables
2mm à > 20 cm ⇒ Éléments grossiers
Tous les éléments de plus de 2 mm ne sont pas pris en compte dans le triangle des textures. Les sables, limons et argiles composent la texture du sol, le seul critère pris en compte par ce dernier est la granulométrie des éléments.
Les éléments grossiers ne sont pas intéressants car plus il y en a moins il y a de terre fine donc les sols sont plus pauvres, ils ont moins de réserves et ils sont plus difficiles à travailler, en revanche ils sont plus drainants et ils ont plus d'inertie thermique.
En général ce sont des sols peu favorables mais peuvent avoir des impacts positifs (réverbération, restitution de chaleur).
Les sables sont très drainants et leur capacité de rétention d'eau est très faible. Ils stockent peu d'eau mais ils évitent l'excès d'humidité. Ils offrent de bonnes conditions sanitaires, ils sont perméables à l'air ce qui favorise le réchauffement des racines.
Ils permettent une bonne aération du sol. Toutefois les sols sont peu portants et donc difficilement mécanisable le sable est abrasif et use les outils prématurément.
Les limons sont des particules plus fines que les sables. Sous l'effet de la pluie les particules sèchent et durcissent formant des croûtes imperméables à l'air et à l'eau. On appelle ce phénomène croûte de battance.
Les limons ont une forte capacité de rétention d'eau mais se tassent facilement.
Les argiles sont les particules les plus fines, elles donnent beaucoup de propriétés aux sols, elles se positionnent en feuillet et proviennent de la dégradation de la roche mère.
Propriété des argiles : Rétention des cations (ions h+) car les argiles sont chargés négativement. Beaucoup de nutriments sont des cations.
Les argiles sont hydrophiles (dû à leurs formes en feuillet qui piègent l’eau), ils ont une forte capacité de rétention d’eau.
Les argiles peuvent se gonfler sous l’effet de l’eau, elles sont modelables (forte plasticité), elles sont adhésives, elles collent sous les bottes
La matière organique (MO) représente entre 1 et 10% des sols, elle se situe principalement en surface au niveau de l’horizon humique. Elle est très importante mais aussi rare et fragile. Elle est composée de
50% et 70% de carbone
5% d’azote
25 à 45 % d’autres éléments.
Les sols les plus riches en MO sont généralement les forêts, et en particulier les forêts tropicales. Viennent ensuite les prairies, puis les sols agricoles et enfin les sols viticoles, et pour finir les déserts.
La MOS (matière organique du sol) se répartie dans 3 groupes :
Les MOV (matières organiques vivantes) qui correspond à la biomasse vivante (ver de terre, bactérie, champignons, racines, microflore du sol etc) représente 2 à 5% de la MOS
La MOF (matière organique fraîche) qui correspond aux composés organiques en transition, c'est-à-dire, les débris végétaux (feuilles, branche…), les débris animaux (déjections, cadavres…) et les débris fongiques et microbiens (exsudats…). La MOF représente 10 à 20% de la MOS
L’humus, soit la matière organique stable provenant de l’évolution des matières précédemment citées. L’humus représente 70 à 90% de la MOS

Le CAH est constitué d’argile et d’humus (les deux sont des anions) liés par l’ion calcium (cation). Les anions vont retenir les cations du sol : potassium, magnésium, etc faisant des stocks pour la plante.
Le rapport C/N (carbone sur azote) donne l’indice de minéralisation des sols, soit un indice sur l’activité biologique des sols.
En sol cultivé, le C/N doit se situer autour de 10 (entre 9 et 12). Il doit donc y avoir environ 10 fois plus de carbone que d’azote dans les sols pour que le sol fonctionne correctement.
La solution du sol est composée d’eau, de matériaux en suspension (résidu de dégradation, de la roche mère et des apports) + toutes les autres substances dissoutes.
Les ions h+ se retrouvent dans la solution du sol ou stockés dans le CAH. Quand ils se trouvent dans l'eau, ils sont consommés ou lessivés ou échangés avec le CAH.

L’atmosphère du sol est composé d'oxygène (entre 18 et 20%) et d’azote (78 à 80%) et de CO2 (0.2 à 3%) principalement en surface, l’oxygène se raréfie à mesure que l’on descend (asphyxie racinaire) et selon les types de sols.
La texture d’un sol variera en fonction de sa composition en argiles, limons et sables.

Texture sableuse : plus de 60% de sable, très poreux (réchauffe vite, bonne aération), très drainant, facile à travailler, sensible à l'érosion, faible CAH et MO.
Texture limoneuse : plus de 35% de limons, beau agrégats sensible à la battance (asphyxie) et plutôt fertile
Texture argileuse : plus de 25% d'argiles, sol difficiles à travailler, ça colle, sèche mal, réchauffe moins facilement.Par contre, très bonne capacité de rétention d’eau et de cations.
On cherche un équilibre entre les textures, les sols les plus faciles à cultiver sont les sols argilo-limoneux.
La structure est la manière dont les sols sont constitués : gros agrégats, petits agrégats, compact, poreux
L’idéale c’est la structure grumeleuse ; agrégats visible à l’oeil nu + porosité
Différentes structures :
Sans agrégats :
Particulaire : particule par particule
Massive : Énorme bloc de terre
Avec agrégats :
Fragmentaires : macro-agrégats
Arrondis : grumeleuse (<2cm) ou grenue (<1mm)



Sol à structure granulaire
La stabilité de la structure va dépendre notamment de la qualité des argiles et du taux de matière organique. Elle va aussi dépendre du pH, de la présence ou non de couvert vegetaux, du drainage et de l’écoulement des sols.
La dégradation de la structure est due à divers facteurs :
compactage due principalement au passage des engins et des hommes et aux facteurs climatiques (pluie). Provoque des difficultés pour l’eau, l’air et la chaleur à s’infiltrer. pour limiter le compactage passer uniquement quand c’est sec et limiter le poids des engins. Sinon en correctif sous solage/griffage et/ou enherbement avec adventices décompactantes (crucifères).
Semelle de labour : suite au passage de la charrue, sous le sol à cause du socle de la charrue.
Régénérer la structure : favoriser la présence de vie microbienne ⇒ MO couvert et enherbement.
La solution du sol est composé principalement de cations
Calcium Ca (souvent noté Ca2+)
Potassium K (souvent noté K+)
Magnésium Mg (Mg2+)
Phosphore P (PO3-)
Azote ammoniacal (NH4+)
et tous les oligoéléments type bore, manganèse, fer, molybdène…
La solution du sol est aussi composé d’anions :
Phosphate Po4-
Nitrites No3-
Soufre So4 2-
Le pouvoir adsorbant est la capacité du CAH à fixer des ions à sa surface.
Les anions peuvent aussi se fixer au CAH via des ponts calciques (souvent CA2+) en se fixant sur des cations.
La concentration en ions dans la solution du sol peut varier selon :
Les enrichissements :
Apports (engrais)
Minéralisation
Dégradation de la roche mère
Dépôt naturel de MO
Les appauvrissements :
Le lessivage
Prélèvements effectués par les plantes
Concerne les ions libres ou échangeables. Il y a toujours un équilibre entre les ions de la solution du sol et ceux du CAH (50%/50%).
Si on fait un apport d’un élément dans le sol, le CAH va libérer des cations pour fixer la moitié de l’apport, les éléments libérés vont se fixer à d’autres éléments de la solution. Le CAH va libérer des cations pour retrouver l'équilibre.
L’entretien mécanique permet de favoriser le développement de la vigne en agissant sur l’amélioration des propriétés physiques (structure du sol), chimiques et biologiques du sol et en contrôlant la concurrence de l’herbe.
Attention, sur le long terme, le travail du sol “abîme” les sols.
On utilise différents outils pour travailler le sol :
griffes ou cultivateurs
lames (interceps ou rasettes)
décavaillonneuses (charrues)
vibroculteurs
…
On peut travailler les sols principalement pour améliorer leurs structures (agrégats), leurs porosités (aérations, asphyxie, ressuyage…), mais aussi pour gérer l’enherbement, et donc la concurrence nutritionnelle.
Avantages
Fractionnement du sol = éviter les croûtes de batances, facilite le ressuyage (infiltration de l’eau) et l’aération des sols
Destruction de l’enherbement (en cas de stress hydro-azoté)
Aération du sol
Enfouissement des amendements
Inconvénients
Dégradation de la structure (retournement des horizons)
Semelle de labour
Érosion
Rend les parcelles moins praticable en cas de pluie
Destruction des racines superficiels
Blessures sur le tronc voir arrachage de ceps
Aggravation de chlorose sur sol calcaire en particulier lors de printemps humides
Remonté en surface des graines non germées d’adventices
Chaussage en automne, déchaussage au printemps
Labour en cours de saison : à pratiquer en début de saison quand sol ressuyé pour porosité du sol, avant les périodes de pluie pour infiltration d’eau, en début de stress hydrique pour casser l’enherbement et la concurrence hydrique (attention sol nue, et sol seche sur plus profond si pas réalisé correctement). 10/15 cm suffisent, 30cm max.
Utilisation de dents pour ouvrir le sol pour aération.
Interceps et lames pour désherber le cavaillon
Les mêmes que mécaniques, mais en gagnant un maximum de temps, et en évitant une repousse rapide.
Utilisation de produits herbicides.
Pré-levée, antigerminatifs (Préventif), Post-levée (Curatifs)
Préventifs : Sur sol nus, par absorption racinaire ou sur graines pour empêcher que les adventices se développent
Curatif : systémique le plus souvent, rentre dans le système de la plante et agit selon divers mécanismes (empêche la synthèse des chlorophylles…)
Avantages
Rapide
Efficace
Préventif
Effet longue durée (plusieurs mois)
Très peu coûteux
Augmentation de la portance des sols
Réduction ruissellement et érosion (par rapport au mécanique) sur faibles pentes
Peu de blessures ceps, et n'abîme pas les racines
Souvent augmentation de rendements
Inconvénients
Réduction de la perméabilité des sols
érosion dans les fortes pentes, déchaussement des ceps
pas d’enfouissement des engrais
contamination des eaux environnantes
risque de phytotoxicité pour les ceps (dérives)
difficulté de complantation
Sélectionne des adventices résistantes
Appauvrissement de la biodiversité
Destruction d’un écosystème
Limiter l’érosion
faciliter le passage du matériel (portance)
améliorer la structure physicochimique du sol
réduire la vigueur de la vigne et améliorer la qualité de la récolte
alternative désherbage chimique
Tonte de l’inter-rang
Lames interceps et décavaillonneuse pour le cavaillon.
Avantages
Réduction érosion
Amélioration du taux de MO et donc CAH et tout ce qui va avec
Assèchement des sols humides
Mulch l’été
Amélioration de la faune et la flore
Biodiversité
“filtre vert” pour les produits phyto
Créer de la concurrence donc baisse la vigueur des vignes ce qui va augmenter la concentration (sucres, arômes, acides, polyphénols…) si la charge (nombre de grappes) est adaptée. Donc : amélioration de la maturation etc
Diminution chlorose (acidification des sols)
Favorise les racines plongeantes (concurrence en surface)
Inconvénients
Maintien une hygrométrie propice aux maladies
Diminution de la disponibilité en azote du sol
Concurrence racinaire
risque de glissement du matériel en forte pente
augmentation des risques de gelées de printemps surtout sur vignes basses
appauvrissement des moûts en azote.
– 6 000 avant JC : apparition des premières vignes dans le Caucase (La georgie considéré comme le berceau de la vigne et de la viticulture) et la Mésopotamie.
– 3 000 avant JC : la vigne est cultivée en Égypte et en Phénicie. A cette époque, le vin est un produit réservé aux souverains et à leurs proches.
– 2 000 avant JC : apparition des vignes en Grèce. Ce sont les égyptiens qui ont appris aux grecs la culture des vignes. Elle devient essentielle pour l’agriculture grecque. Ils implantent des vignes dans tout le bassin méditerranéen et accordent une telle importance au vin que le dieu du vin et de la vigne va naître : Dionysos.
– 1 000 avant JC : la vigne est cultivée en Italie, en Sicile et en Afrique du Nord.
– 1 000 – 500 avant JC : les vignes pointent le bout de leur nez en Espagne, au Portugal et dans le sud de la France.
– 100 après JC : Première trace de la vigne domestique en Champagne
– 1815 et 1822 : Joseph Louis Gay-Lussac pose l’équation brute de la fermentation alcoolique, et Louis Pasteur découvre la levure saccharomyces responsable de celle-ci, c’est le début de la compréhension scientifique de la viticulture, et le début de la recherche de technique pour améliorer significativement la qualité des vin
– 1864 : Un engagé de guerre revenant du Mexique plante quelques pieds de vigne américaine, dans son vignoble de Pujaut dans le Gard, qu’il a ramené avec lui.
– 1875 : record de production de vin en France avec 85M d’hectolitre
– 1878 : le vignoble français et européen est ravagé par le mildiou, le phylloxera et l'oïdium
– Le marché du vin se porte très mal, énorme crise viticole notamment à cause de la fraude et de la falsification des vins
– 1936 : Création des AOC, pour empêcher les fraudes et garantir la qualité des meilleurs vins
– 1955 : Création du Diplôme National d'Oenologue, début du nouvel air des vins, de l’amélioration constante de la qualité des vins.
La vigne fait partie des plantes à fleurs et des dicotylédones. Elle fait partie de l’ordre des Rhamnales.
Les différentes plantes sont classées par familles. La vigne fait partie de la famille des vitacées
La vigne fait partie du genre vitis. Il existe également des sous genre :
le sous genre muscadinia
le sous genre vitis (euvitis)
Entre les deux sous genres, il est possible de faire des croisements ⇒ améliorations variétales
Il existe plusieurs espèces de vignes :
Vigne européennes : Vitis Vinifera
Vignes américaines : Vitis Labrusca, Vitis Riparia, Vitis Berlandieri, Vitis Rupestris
Vigne asiatique : Vitis Amurensis (résistante au froid)
Les vignes américaines sont très résistantes au phylloxéra (puceron ravageur) et sont utilisées comme porte-greffe. L’unique genre de vigne américaine utilisé pour produire du raisin de cuve est Vitis Labrusca.
L'essentiel de la production mondiale de vin est assurée par une seule espèce, Vitis Vinifera, qui comprend une infinité de cépage.
En viticulture on utilise le terme cépage pour désigner les différentes variétés. Le terme cépage désigne une population d’individus génétiquement différents mais possédant suffisamment de caractères morphologiques et technologiques communs pour être désigné sous le même nom. Le cépage est un cultivar (cultivated variety). La variabilité génétique s’explique par leur origine, car les populations de vigne ont été obtenues au cours des temps par la sélection d'individus intéressants au sein des populations sauvages. Les cépages anciens sont le plus souvent polyclonales alors que la plupart des variétés récentes sont issus d’hybridations maîtrisées et monoclonales.
Cépages pouvant bénéficier de l'appellation :
Chardonnay B
Pinot Noir N
Meunier N
Pinot Blanc B
Pinot Gris G
Arbane B
Petit Meslier B
Voltis B
Croisement entre le pinot et le gouais, il à des grappes petites, compactes, jaune ambrée au soleil.
Maturité de 1re époque tardive, peu après le pinot noir.
Peu fertile, se taille à long bois (taille Chablis ou Guyot).
Sensible au mildiou, très sensible à l’oïdium, aux jaunisse à phytoplasme et au millerandage. Résistant à l’eutypiose. Craint le vent, cépage cassant.
Domine dans la côte des blancs.
Productif à moyennement productif.
Il apporte au Champagne finesse et élégance ainsi que des notes florales.
Maturité de première époque, débourrement précoce, sensible au gel de printemps mais très résistant au gel d’hiver. Taillé en bois court, principalement le cordon de Royat.
Il se rencontre surtout dans les crus de la montagne de Reims et dans la côte des Bar. Il apporte au Champagne corps, vigueur et tenue. Très sensible au mildiou, au rougeot parasitaire, aux cicadelles et à la pourriture grise.
Sans doute une mutation du Pinot Noir, débourrement légerement plus tardif que le Pinot Noir, moins sensible au gel, maturité de premiere époque, se taille en 3-9-6 (Vallée de la Marne).
Sensible au vers de la grappe et à la pourriture grise.
Peu sensible à l’excoriose, l’oïdium et au mildiou.
Productif, vinifié en blanc, donne un vin souple et fruité, moins fin, moins acide et vieillissant plus vite que celui de Pinot Noir.
Il est cultivé surtout dans la Vallée de la Marne dans les parties les plus sensibles, les moins bien exposées.
Pinot Blanc B : généralement utilisé en assemblage, sensible au gel et maladies, apporte fraicheur et legereté
Pinot Gris G : Cépage moins courant en Champagne, utilisé principalement en assemblage, apporte richesse et rondeur, sensible au gel.
Arbane B : Cépage rare en Champagne, utilisé principalement en assemblage, apporte finesse et fraîcheur, bonnes qualités aromatiques.
Petit Meslier B : Cépage ancien en Champagne, utilisé en assemblage, apporte fraîcheur et vivacité, assez résistant aux maladies et au gel.
Voltis B : Cépage hybride nouvellement ajouté au cahier des charges, 5% de l’encépagement total maximum, résistant mildiou et oïdium

Le système racinaire de la vigne cultivée est presque toujours issu d’un porte greffe. En effet, à cause d’un insecte nommé phylloxera importé des etats unis qui s’attaque au racines des vignes et qui a ravagé le vignoble français a la fin du 19eme siècle, la quasi totalité des plants de vignes cultivés à des fins de vinification sont greffés soudés. Les portes greffes sont souvent issus de variétés américaines résistantes au phylloxéra (viticulture riparia, rupestris ou berlandieri). Les greffons eux sont presque toujours issus de viticulture vinifera.
Les racines ont plusieurs fonctions :
Elles servent à :
L’alimentation hydrique et minérale de la vigne,
L’ancrage (maintien de la plante)
De zone de stockage lors de la mise en réserve (amidon + matière azotée).
Le porte-greffe peut être traçant ou plongeant (pivot).
La mycorhize : fait partie intégrante du système racinaire, c’est un complexe de champignons et de racines oeuvrant ensemble à l’alimentation et au stockage des éléments nutritifs de la vigne. Elles peuvent aussi permettre la détection de menace et prévenir les plantes du réseau mycélien de l'agression.

En culture, les racines se situent principalement où elles trouvent les meilleures conditions, c'est-à-dire entre 15 et 50 cm. Au dessus elles subissent les conditions climatiques, les outils de travail du sol et la concurrence de l’enherbement, en dessous elles se heurtent à différents obstacles, à des risques d'asphyxies etc, et latéralement, à la concurrence des voisins;
Le developpement du systeme racinaire s’effectue en 3 étapes :
Phase de colonisation (7 à 10 ans) : le système racinaire s’installe
Phase adulte : Tous les ans de nouvelles radicelles se développent sur les racines allant puiser de plus en plus loin au fur et à mesure que les ressources s'amenuisent en surface.
Phase de vieillissement : Les racines dépérissent sous l’effet d’une réduction générale de l’activité du cep.
La racine secondaire ou radicelle est composée :
d’une écorce, comprenant l’assise pilifère qui contient les poils absorbants, et de l’assise subéreuse (produit le liège) ainsi que le parenchyme cortical, composé de grosses cellules où est stocké l’amidon.
D’un cylindre central, comprenant le péricycle, les faisceaux du bois et la moelle.


Coupe transversale d’une racine de vigne
On peut trouver des bourgeons sur le bois sous l'écorce d’un pied de vigne (on peut parler de bourgeons cryptiques). La charpente de la vigne est créée notamment suivant la taille effectuée cette technique est effectuée afin de favoriser le support le transport de la sève et le stockage de réserve dans une moindre mesure.

Rameaux : pousses herbacés flexible riche en eau, qui portent des feuilles, des fruits, des vrilles et des bourgeons
Un arrêt de la croissance des rameaux mène à la véraison.

Sarments : Rameau qui devient dur et marron ⇒ lignifié
Les sarments accumulent des substances de réserve et subissent une perte de leurs pouvoirs photosynthétiques. Lorsque le rameau change de couleur, on parle d’aoutement. Si le rameau n’aoute pas, il meurt pendant l'hiver. L’apex du rameau permet sa croissance. Celui-ci tombe un peu avant l’aoutement. Tous les rameaux ont des apex. On trouve différents types de sarments sur la vigne.
Rameaux principaux, issus des bourgeons latents formés l’année passé et laissé à la taille
Rameaux secondaires ou entre-coeurs poussent l’année de leur formation sur le rameau principal (issu d’un bourgeon latent), ils sont issus d’un prompt bourgeon (peu fructifère).
Gourmands/Pampres : pousses non fructifères poussant sur le vieux bois.

On trouve sur chacun d’eux des bourgeons, et des mérithalles (ou entre-noeuds)
Bourgeons : Rameau feuillé embryonnaire, il est constitué par un axe très court qui porte des ébauches de feuilles et de vrilles. Il est terminé par un méristème, l’apex.
Méristème : tissu qui permet la multiplication ou division cellulaire, ainsi que la différenciation cellulaire, et qui permet par conséquent la croissance de la plante.
Il existe différents types de bourgeons :
Le bourgeon latent, qui porte la future végétation et la future récolte. Il donne naissance à un rameau principal (et éventuellement à un pampre ou gourmand). Il ne se développe jamais l’année de sa formation. Il est formé l’année n et il se développe l’année n+1. Son développement est conditionné par les conditions de l’année n. Il est constitué de plusieurs bourgeons : le bourgeon principal, très développé (porte une embauche d’inflorescence), et de bourgeons secondaires qui se développent uniquement en cas de destruction du bourgeon principal. Ils sont moins fructifères que le bourgeon principal. Les inflorescences dans le bourgeon se forment lors de l’initiation florale l’année N. La fertilité des bourgeons augmente avec leur rang (1er, 2eme, 3eme etc) et atteint son paroxysme autour du 6eme/7eme puis décroît en restant correct jusqu'au 10ème. Cette répartition varie selon les cépages, le clone, la vigueur et d'autres facteurs tels que climatiques etc.




Le prompt bourgeon : Il ne se développe que l’année de sa formation ou il ne se développe pas et donc sèche et tombe. Il donne des rameaux dit latéraux plus communément appelés entre-coeurs. Ils sont restreint dans leur croissance par ce que l’on nomme la dominance apicale. L’apex via certaines hormones, conserve la priorité à la pousse et inhibe donc la croissance des entre-cœurs. Ceux-ci ont donc tendance à pousser après un rognage ou lors d’un excès de vigueur important.
Yeux de la couronne : Ce sont les premiers yeux à la base des baguettes, le plus gros de ces bourgeons est appelé bourillon.
Les bourgeons cryptiques : Très peu cité dans la littérature, j’entend par ce terme les bourgeons dormants sous l’écorce. Ce sont généralement des bourgeons des couronnes inactivés qui se font recouvrir par la croissance des méristèmes latéraux. Ils produisent les pampres et rachets.
Vigueur : vitesse et intensité de la croissance, diamètre des bois, vitalité générale de la souche.
Les feuilles : la vigne ne porte que des feuilles simples avec un limbe (tissu de la feuille) à 5 nervures principales. Elles sont disposées de façon alterne sur le rameau. Elles sont importantes pour la photosynthèse, la transpiration et la respiration cellulaire. Une feuille jeune est consommatrice d'énergie (elle produit moins qu’elle consomme) c’est un organe puit. Une feuille adulte (4 à 6 semaines) est productrice (elle consomme moins qu’elle produit). Une feuille âgée est productrice mais le rendement est moins bon qu’une feuille adulte, même s'il reste intéressant.



Coupe transversale d’une feuille de vigne
Les vrilles : pièce foliaire spécialisée permettant à la vigne de s’accrocher

L’inflorescence : c’est une grappe de fleurs, le nombre de fleurs est très variable (cépage). Les fleurs sont hermaphrodites : autofécondation ou fécondation croisée. La grappe : c’est une inflorescence nouée. La nouaison est le moment après la fécondation, quand la fleur devient fruit. Elle est constituée d’une rafle et de fleurs.

Baies de raisins : La baie est la fleur nouée de la vigne. C’est un fruit, c'est-à-dire l’organe végétal contenant une ou plusieurs graines. Le fruit sert à reproduire l’espèce en favorisant la protection de sa ou ses graines ainsi que sa dissémination. C'est-à-dire qu'il protège lorsqu’il est pas mûre (acide, bogue chataigne…) et au contraire favorise sa consommation par les animaux (sucre, nutriment…) lorsqu’il est mûre (mode de dissémination : endozoochorie pour la vigne).

Grappe : L’inflorescence de la vigne est un panicule, c'est-à-dire, une inflorescence composée, formée par une grappe de grappes sur un axe simple. Elle est composée d’une rafle et de baies.


Il existe deux types de cellules :
les cellules procaryotes : L'ADN est libre dans le cytoplasme (bactéries)
Les cellules eucaryotes : organisation cellulaire complexe, l’ADN est dans le noyau, cellule qui comprend de nombreux organites (champignon, plantes, animaux)
Toutes les cellules végétales possèdent une paroi primaire mince et souple (organe jeune), plusieurs cellules fabriquent, en plus, une paroi secondaire beaucoup plus épaisse. Les parois sont collées par une couche de pectine. La paroi est constituée de cellulose (25%) d'hémicellulose (25%) de pectine (35%) et de protéines (5%) et est très perméable à l'eau et aux substances qui y sont dissoutes. Les cellules qui ne possèdent qu’une paroi primaire peuvent se reproduire et s'étirer. La paroi secondaire qui est plus épaisse est riche en cellulose et contient de la lignine, une substance hydrophobe.
La lignine rend la paroi rigide et imperméable. Puisque la paroi lignifié ne laisse plus passer l'eau, la cellule meurt après avoir synthétisé la paroi secondaire. Ces cellules mortes rigides “tiennent” la plante et permettent la conduction de la sève.
Une autre spécialité de la cellule végétale est le plasmodesme : perforation qui relie les cytoplasmes des cellules entre eux. Ils s’ouvrent et se ferment sous l’action de protéines, qui contrôlent les échanges entre cellules. Cependant parfois les virus arrivent à utiliser ce passage pour se répandre dans la plante.
3ème spécialité, les plastes. Organite cellulaire semi autonome doté d’un adn propre servant à une fonction : chloroplaste = photosynthèse, chromoplaste = donne une couleur, amyloplaste sert au stockage de l’amidon etc.
Dernière spécialité les vacuoles : poche d’eau permet le stockage d’eau et de substances dissoutes (ions sucre, dérivés azotés, produits de dégradation macromoléculaire). La vacuole maintient la turgescence dans la cellule et à un rôle dans les échanges entre cellule et sève.

Les cellules vont se spécialisées en 1 type cellulaire (elles se différencient). Les cellules végétales, prélevées sur un organe quelconque d'une plante, possèdent la capacité de régénérer un individu complet identique à la plante mère. C'est la totipotence des cellules végétales. En général, elle garde le même matériel génétique mais peut acquérir des organites. Les plantes sont organisées en quatre grands types cellulaires, quatre grands types de tissus :
Méristématiques (division cellulaire)
Tissus de revêtement (épiderme/écorce)
Tissus vasculaire (responsable de la circulation de la sève)
Tissus fondamentaux (tout le reste)
Méristèmes : zone dans la plante formée de cellules embryonnaires pouvant se multiplier et se transformer en n'importe quelles autres cellules. Les méristèmes sont responsables de la croissance. Deux types de méristèmes :
Méristèmes apicaux (primaire) sont responsables de la croissance primaire, c'est-à-dire en longueur, de la plante (bout des rameaux et racines).
Méristèmes latéraux (secondaires) sont responsables de la croissance en largeur des sarments, ils font le tours des sarments.
L'apex végétal est, chez un végétal, l'extrémité d'une tige, d'une racine, d'une feuille ou d'un thalle. Les cellules s'y divisent, s'allongent et assurent la croissance en longueur des tiges aériennes et souterraines : apex caulinaires et apex racinaires respectivement. On désigne de « zone apicale » l’apex le plus haut. L’apex est une zone active d’expression des gènes.

L’apex caulinaire est situé en bout de la tige d’un végétal (apical) ou alors au niveau des nœuds présents sur sa tige (axial). Il est facilement repérable puisque c’est à cet endroit qu’a lieu la genèse des nouvelles feuilles. Ils sont à l'origine de l'auxine ; hormone de croissance et d'inhibition des bourgeons situés plus bas.
Ils sont situés en bout de la racine principale, ou des racines adventives, et sont à l'origine de la cytokinine, hormone stimulatrice.
Un apex végétal se décompose en parties (de la partie basse de la racine vers sa partie haute) :
La coiffe, qui joue un rôle de protection de la zone apicale contre les agressions extérieures pouvant être néfastes pour la croissance de la racine, mais également qui joue un rôle de guidage de la racine, grâce à un « capteur » de la gravité amenant à un géotropisme positif ; elle se situe en bout de la racine ;
Le centre quiescent, qui maintient les cellules du méristème en division
Le méristème, qui est la zone de genèse des nouvelles cellules visant à accroître la longueur de la racine. Cette division des cellules du méristème fait appel au processus de la mitose.
La zone d’élongation cellulaire, qui correspond à une zone où les cellules s’allongent grâce à différents processus
Le cambium vasculaire aussi appelé assise libéro-ligneuse a pour objectif la création de nouveaux tissus vasculaires. Il produit vers l’intérieur le xylème 2 aussi appelé bois, et vers l'extérieur le phloème 2 aussi appelé liber. L’activité du cambium s'arrête à l’automne et reprend au printemps. Il produit aussi le phellogène.
Le phellogène aussi appelé assise subéro-phellodermique, à lui pour objectif la création vers l'intérieur de phelloderme et vers l'extérieur de liège aussi appelé suber. Le liège est non-perméable à l’eau. La mise en place du liège fait donc mourir l’ensemble des tissus à l’extérieur du phellogène.
L’ensemble composé du phelloderme, du phellogène et du suber est appelé périderme (écorce). Il vient remplacer petit à petit l'épiderme.
Les tissus fondamentaux remplissent les espaces qui ne sont pas occupés par les autres tissus (mise en réserve de nutriments, soutien de la plante, photosynthèse, sécrétions de diverses substances). Il y a trois types de cellules dans les tissus fondamentaux :
les parenchymes
les collenchymes
les sclérenchymes
Le parenchyme dispose d’une paroi primaire mais pas de secondaire. Il sert aux fonctions métaboliques (synthèse, photosynthèse, échange gazeux) et peut accumuler des réserves (amyloplastes). Il est constitué de cellules vivantes totipotentes.
Le collenchyme est un tissu de soutien pourvu d’une paroi primaire épaisse et résistante, élastique et peu rigide, constitué de cellules vivantes allongées. Il ne possède pas de paroi secondaire, il sert de soutien aux parties en croissance.
Le sclérenchyme est un tissu composé de cellules mortes longues formant des fibres végétales, il sert à rigidifier les parties qui ne sont plus en croissance. Il possède une paroi secondaire épaisse.

Coupe transversale d’une tige. La couche cellulaire centrale, constituée de cellules aux parois épaisses et colorées de rouge, est du sclérenchyme. La couche située sous l’épiderme est du collenchyme.
Les cellules épidermiques forment généralement une couche de cellules, ce sont des organes jeunes recouvert par la cuticule et pouvant être ponctués de stomates.
L’écorce, située dans les organes plus âgés, est générée par le méristème latéral. Elle est composée d’une écorce interne, le liber, et d’une écorce externe, le périderme. Le périderme est composé du liège ou suber, du phellogène et du phelloderme.


Le xylème est un tissu qui permet la conduction de la sève brute (eau + minéraux venant des racines). Il est constitué de cellules mortes qui forment des tuyaux pour conduire la sève. Il est constitué de vaisseaux court et gros, de trachéides (minces et allongés) et de ponctuation (passage large entre deux cellules)
Le phloème est un tissu vivant qui permet la conduction de la sève élaborée (glucides et autres matières organiques venant des feuilles en autre). Le phloème est constitué de cellules vivantes (maximum 1 an) dépourvu de noyau,de paroi transversale criblées qui permettent la diffusion de substance d’une cellule à une autre, de cellules compagnes qui elles possèdent un noyau et assurent les besoins des cellules vivantes dépourvues de noyau qui compose le phloème ainsi que de plasmodesmes.
Le xylème et le phloème sont séparé par le cambium

Un stomate est constitué par une ouverture, l’ostiole, délimité par deux cellules réniformes, les cellules stomatiques ou cellule de garde, s'affrontant par leurs bords concaves.

Les cellules stomatiques présentent deux caractéristiques qui les distinguent des cellules épidermiques :
elles contiennent des chloroplastes
Leurs membranes cellulosique en regarde de l'ostiole est épaissie
Les stomates ont besoin de la photosynthèse pour s'ouvrir, elles sont donc fermées la nuit. Elles ont besoin d’eau, d’une T° adéquate à la photosynthèse et de présence suffisante de CO2 dans l’air ambiant.
La photosynthèse entraîne une entrée de potassium (K) dans les cellules stomatiques (cellule de garde). Donc il y a lors de la photosynthèse beaucoup de potassium dans les cellules stomatiques et peu dans les cellules voisines. Ce gradient de concentration entre ces cellules provoque un mouvement de l’eau chargé en K+ des cellules compagnes vers les cellules stomatiques ⇒ turgescence les cellules se remplissent d’eau, les parois se tendent ce qui entraîne l’ouverture des stomates.
En cas de manque d’eau de la plante, les cellules stomatiques seront les dernières à être touchées (car plus épaisses). Une fois que la plante souffre du manque d’eau et que ces dernières sont touchées, les chloroplastes vont libérer de l’AbA (acide abscissique) qui va bloquer l’entré du K+ et de l’eau dans les cellules stomatiques, qui vont alors se dessécher et fermer les stomates (plasmolyse).



Expérience expliquant les transferts de potassium au cours de l'ouverture du stomate : à l'obscurité (stomate fermé à gauche) et à la lumière (stomate ouvert à droite). ce : cellule épidermique ; cc : cellule compagne ; cs : cellule stomatique ; o : ostiole. On constate que les fortes concentrations en potassium passent de la cellule compagne quand le stomate est fermé à la cellule stomatique quand le stomate est ouvert.
La cuticule et les stomates vont laisser l’eau s'échapper de la plante (95% par les stomates, 5% par la cuticule environ), ce qui va induire une mise sous pression du système vasculaire notamment et en bout de course participer à l’absorption racinaire d’eau. Ceci est possible seulement lorsque la plante est pourvu d’un système foliaire. On appelle parfois cela “appel transpiratoire” ou “Transpirationssog” ou “Aspiration de la transpiration” basé sur la théorie de la cohésion. D’après elle le mouvement de l’eau dans les plantes est induit par la transpiration, la théorie de la cohésion considère que l'eau est tirée exclusivement par des gradients (différence) de pression négative de plusieurs mégapascals à travers des colonnes d'eau continues depuis les racines jusqu'au feuillage.
A la sortie de l’hiver, la circulation d’eau se fait par poussée racinaire. C’est une mise sous pression de l’eau dans le xylème. La racines vont se charger en ions et cette accumulation d’ions dans la racine va créer une diminution du potentiel osmotique de la racine qui provoquera une augmentation de l’absorption d’eau par les poils absorbants, ce qui va faire augmenter la pression de l'eau dans le xylème, et donc provoquer une montée d’eau malgré l’absence de transpiration.
Le potentiel osmotique, également appelé potentiel de soluté, est une mesure de la tendance de l'eau à se déplacer d'un endroit à un autre en raison des différences de concentrations en solutés.

L’eau absorbée aura hydrolysé des éléments du sol et ramènera donc avec elle des éléments nutritifs. En cas de stress hydrique important, on a vu que les stomates se ferment, donc, le niveau de pression de la vigne arrête de diminuer. Une fois que le niveau d’eau du sol est équivalent à celui de la plante, elle n’absorbe plus l’eau, et donc, plus les nutriments. Problème de nutrition, blocage de maturité etc.
Cycle végétatif : Du débourrement jusqu’à la chute des feuilles.
Cycle reproducteur : du débourrement à la maturité des pépins

Interviennent avant le débourrement (c’est un écoulement de sève par les plaies de taille). Les pleurs sont les signes d’une reprise d’activité racinaire. Poussée racinaire : Il s’agit de la sève brute qui remonte au niveau des plaies de tailles. Il faut tailler en biseau pour éviter que les pleurs et l’eau de pluie coulent sur les bourgeons et les fasses geler en cas de gel.

Période en champagne : Mi-Mars
C’est la reprise d’activité apparente au niveau du végétal. C’est quand les écailles protectrices s’écartent et que le bourgeon sort de sa bourre (protection du bourgeon). Il faut de manière générale en moyenne 10°c pour avoir le début de la reprise de croissance. Chaque cépage a besoin d’une somme de température cumulée pour pouvoir démarrer. Certains facteurs comme l'âge de la vigne et la hauteur des souches peuvent faire varier la date de débourrement. L’humidité et l’exposition au soleil aussi, plus le cépage est précoce, plus il y a de risques de gel.

L’oeil latent est hors dormance durant une bonne partie de l’hiver, il reprend son activité interne dès 4/5°C extérieur, (seuil de croissance réel) cette activité est de courte durée et peu intense au début, mais se cumule au fur et à mesure de l’hiver préparant ainsi la croissance apparente, qui s’effectue aux alentour de 10°C (aussi appelé zéro de végétation), et qui correspond à la température moyenne journalière à partir de laquelle le débourrement se produit.
Il y a plusieurs conditions influant le débourrement :
Climatique : la température est le principal facteur, le climat va donc jouer un rôle
Pédologique : certains sols retiennent mieux la chaleur et la diffusent la nuit.
Génétique : Une échelle est établie fin XIXe par Victor Pulliat, ampélographe de l’époque et toujours utilisé aujourd’hui qu’on appelle Classification Pulliat. Ceci représente une tendance fiable pour un cépage, qui peut toutefois présenter des différences entre individus, notamment dans les parcelles issues de sélection massales.
Biologique : La vigueur notamment ou l'âge des vignes va avoir un impact sur la date de débourrement. Les jeunes vignes débourrent toujours plus tôt.
Facteurs culturaux : Hauteur des souches, le froid s’accumule au raz du sol, l’arcure va retarder le débourrement, la date de taille aussi, ou en liant le plus tard possible, surtout sur les cépages à port érigé.
Période en champagne : Début Avril
La croissance végétative de la vigne correspond au développement des parties aériennes et souterraines de la plante, assurant son architecture et sa capacité à capter les ressources nécessaires à sa survie et à sa production.
Cette phase débute au printemps avec le débourrement, lorsque les bourgeons, activés par la montée de la sève, donnent naissance à de nouvelles pousses. Les rameaux s'allongent progressivement par l’élongation des entre-nœuds, tandis que les feuilles se développent, augmentant la surface photosynthétique. Cette activité permet la production des sucres nécessaires à la croissance et au métabolisme de la plante. Parallèlement, les racines s’étendent pour explorer le sol et absorber l’eau et les nutriments.
La croissance végétative est influencée par des facteurs environnementaux tels que la température, la lumière, et la disponibilité en eau et en éléments minéraux. Une gestion adaptée de la vigne, par des pratiques comme la taille, le palissage et l’effeuillage, permet de contrôler cette croissance afin d’assurer un équilibre entre la végétation et la production des grappes, favorisant ainsi la qualité des raisins.
Commence mi-avril à mi-juillet
La fécondation se produit après la pollinisation. Une fois que le pollen atteint le stigmate de la fleur, il germe pour former un tube pollinique. Ce tube pénètre dans le style pour atteindre l’ovule situé dans l’ovaire. La fécondation a lieu lorsque le noyau spermatique, transporté par le tube pollinique, fusionne avec l’ovule pour former un zygote.
Ce processus est essentiel à la formation des embryons des pépins, qui jouent un rôle clé dans la régulation hormonale du développement du fruit. La fécondation réussie garantit également la nouaison, c’est-à-dire la transformation des fleurs en baies. Cependant, divers facteurs peuvent influencer son succès, tels que les conditions météorologiques (températures trop basses ou trop élevées, vent excessif, pluie), la fertilité du pollen, ou encore les pratiques culturales.

Figure 2 : Morphologie d’une fleur de vigne et exemple de fécondation autogame, souvent réalisée sous le capuchon. Alain Deloire
(a) La fleur de vigne est un pentamère portant 5 sépales avortés ; 5 pétales qui sont liés et forment le capuchon (calyptra) ; 5 étamines et un ovaire contenant quatre ovules.
(b) Dans la plupart des situations, la fécondation des fleurs se produit avant la déhiscence du capuchon, dépendant principalement des conditions climatiques pendant la floraison.
(c) Lorsque le capuchon tombe, il est possible d’observer les étamines. Celles-ci libèrent le pollen sur le stigmate (partie terminale du pistil). Le grain de pollen germe et un tube pollinique se développe pour féconder l’un des quatre ovules à l’intérieur de l’ovaire.
(d) Exemple d’un capuchon en dessiccation encore attaché à l’ovaire qui a commencé à se développer après fécondation.
(e) À l’intérieur de ce capuchon déhiscent, il est possible d’observer des étamines et du pollen.
(f) Exemple de pollen restant sur le stigmate d’un ovaire qui a commencé à se développer en baie.
(g) En général, le capuchon se nécrose et tombe. Parfois les capuchons restent sur la baie en croissance et peuvent aggraver le développement du Botrytis autour de la véraison et de la maturation.
(h) Exemple de nectaires à la base de l’ovaire.

Il existe deux troubles de la fécondation :
la coulure : chute brutale et excessive de fleurs ou de toutes jeunes baies. Les causes les plus courantes sont climatiques, stress hydrique, maladies, problèmes physiologiques, déséquilibre hormonal, cépages coulards (ex : merlot)
Le millerandage : développement hétérogène des baies sur les grappes. Fécondation incomplète qui ne suffit pas au bon développement des baies. Cela peut par exemple être lié à une mauvaise fertilité des pollens.
La floraison se manifeste par l’épanouissement des fleurs, c'est-à-dire la déhiscence (ouverture) de la corolle, qui dessèche et tombe. On appelle ça la chute des capuchons floraux. La date de floraison est conditionnée par la date de sortie des fleurs. La vigne est capable d’autogamie (autopollinisation) et d’allogamie (fécondation croisée par une autre fleur).
Attention la pluie allourdit le pollen et l'empêche de s’accrocher. Si pollinisation, on recherche 4 pépins, preuve de bonne fécondation.
Période de grande sensibilité, risque d’absence de fécondation si la plante n’est pas en forme.

Juin en général en champagne
La nouaison est une étape clé du cycle reproductif de la vigne, qui suit immédiatement la floraison et la fécondation des ovules. C'est à ce moment que les fleurs fécondées se transforment en jeunes baies, marquant le début de la formation des grappes. Pendant cette phase, l’ovaire de la fleur se développe rapidement pour donner naissance à un fruit encore minuscule, vert et dur. La nouaison est une période critique, car de nombreux facteurs peuvent compromettre la transition entre fleur et fruit, comme les conditions climatiques défavorables (températures extrêmes, vent, ou pluie), les carences en nutriments, ou les déséquilibres hydriques.
Le taux de nouaison, qui correspond au pourcentage de fleurs transformées en baies, est un indicateur essentiel pour estimer la future production. Une nouaison réussie est le résultat d’une pollinisation efficace et d’une fécondation complète, soutenues par une bonne gestion de la vigne et des conditions environnementales favorables. Cette étape prépare la vigne à entrer dans la phase de croissance des baies, où elles commenceront à se développer en taille et à accumuler des composés essentiels.
Le développement des baies de raisin comprend deux phases de croissance successives, séparées par une phase stationnaire.
La première phase, qui s’étend de la floraison à environ 60 jours après, correspond à la formation des grappes et à l’apparition des embryons des pépins. La croissance initiale est marquée par des divisions cellulaires jusqu’à atteindre le nombre final de cellules. Pendant cette période, des composés métaboliques comme les acides tartrique et malique s’accumulent, le premier pendant les premières phases, le second juste avant la véraison. D’autres composés tels que les tanins, les acides hydroxycinnamiques et les methoxypyrazines atteignent également leur concentration maximale à la véraison.
La seconde phase débute avec la véraison, marquée par l’assouplissement et la coloration des baies, qui doublent de volume jusqu’à la vendange. Cette étape se caractérise par une augmentation des métabolites, notamment les sucres (glucose et fructose) et les métabolites secondaires, essentiels à la qualité des vins.
L’arrêt de croissance est marqué par le ralentissement progressif et la cessation des activités végétatives. Cet arrêt se produit généralement après la véraison, lorsque les priorités physiologiques de la plante se déplacent vers la maturation des baies et l’accumulation de réserves dans les organes pérennes (bois et racines). L’allongement des rameaux s’interrompt, et les feuilles, bien que fonctionnelles, montrent une activité photosynthétique réduite.
Cet arrêt est en partie régulé par des signaux internes, tels qu’une modification du bilan hormonal, avec une diminution des auxines et des gibbérellines, et une augmentation de l’acide abscissique.
Les conditions environnementales, comme la réduction de la photopériode et la baisse des températures en fin de saison, contribuent également à cette transition. Ce processus permet à la vigne de se préparer pour la période de dormance hivernale, garantissant ainsi sa survie et sa capacité à repartir en croissance au printemps suivant.
L’arrêt de croissance du végétal est entre autres marqué par le dessèchement et la chute des apex.
La phase d’initiation florale va se faire à l'intérieur du bourgeon pour l’année prochaine et va être influencée par des facteurs externes et internes :
Facteurs internes : comme la réserve glucidique de la plante mais aussi la régulation hormonale.
Facteurs externes : terroir (climat, type de sol …)
Le nombre de bourgeons d’inflorescence ne sont pas tous les mêmes selon sa place sur le rameau. Les plus fertiles sont ceux du centre du rameau.
Elle se déroule de fin juillet jusqu’à la dormance, et reprend un peu avant le débourrement (5°C de moyenne).
L'aoûtement correspond à la transformation des rameaux verts en bois lignifié en fin de croissance.
Ce processus débute généralement après la véraison et se poursuit jusqu'à l'automne.
Pendant cette période, les tissus des rameaux accumulent de la lignine, une substance qui renforce leurs parois cellulaires, leur conférant rigidité et résistance. L’aoûtement permet ainsi aux rameaux de supporter le poids des grappes et de résister aux contraintes mécaniques, comme le vent ou la taille hivernale.
En parallèle, la vigne stocke des réserves sous forme de glucides, principalement dans le tronc et les racines, pour assurer sa survie durant la période de dormance hivernale et alimenter le démarrage végétatif au printemps suivant.
L’aoûtement est influencé par des facteurs tels que la maturité de la plante, la charge en fruits, les pratiques culturales, ainsi que les conditions climatiques.
Certaines maladies comme le bois noirs, ou la flavescence dorée peuvent causer des problèmes d’aoutement.
Un aoûtement incomplet peut fragiliser la vigne, la rendant plus vulnérable aux maladies, au gel hivernal et aux stress environnementaux.
La chute des feuilles et la dormance sont des étapes finales du cycle annuel de la vigne, marquant sa préparation pour l’hiver. La chute des feuilles, qui intervient généralement à l’automne, est déclenchée par une combinaison de facteurs environnementaux, tels que la diminution de la photopériode et des températures, ainsi que par des signaux internes liés au métabolisme de la plante.
Les feuilles cessent progressivement leur activité photosynthétique et subissent un processus de sénescence, durant lequel les nutriments, notamment les glucides et les minéraux, sont recyclés et stockés dans les organes pérennes comme les racines et le tronc. Finalement, une couche de séparation se forme au niveau du pétiole, conduisant à la chute des feuilles.
Le repos végétatif débute après la chute complète du feuillage et correspond à une période de dormance pendant laquelle l'activité métabolique de la vigne est fortement réduite.
Cette phase, qui s’étend tout au long de l’hiver, permet à la plante de résister aux conditions climatiques défavorables, notamment au froid. Les réserves accumulées dans le bois et les racines assurent la survie de la vigne et sont mobilisées au printemps pour relancer la croissance lors du débourrement.
La levée du repos végétatif est généralement déclenchée par une accumulation de froid suivie d’une remontée des températures, signalant à la plante que les conditions sont favorables pour reprendre son cycle. Cette période de repos est cruciale pour maintenir la vigueur et la longévité de la vigne.
Les hormones jouent un rôle essentiel dans la régulation de la croissance et du développement de la vigne. Elles agissent en contrôlant divers processus physiologiques, de la germination à la maturation des raisins. Voici les principales hormones impliquées dans la vigne :
Hormones de croissances :
Auxines : Ce sont des hormones de croissance qui stimulent l'élongation cellulaire, la formation de racines et la croissance des jeunes pousses. Elles sont également responsables de l'activation du développement des bourgeons et influencent la direction de croissance des branches. Les auxines jouent également un rôle dans la régulation de la maturation des fruits et la formation des racines.
Gibbérellines : Ces hormones favorisent l'allongement des entre-nœuds, contribuant ainsi à la croissance des rameaux. Elles jouent également un rôle clé dans la germination des graines et la floraison. Les gibbérellines sont impliquées dans l'initiation des grappes et peuvent influencer la taille des baies et la nouaison, bien que leur excès puisse réduire la production de fleurs.
Cytokinines : Ces hormones favorisent la division cellulaire et l'activation des bourgeons latéraux. Elles interviennent dans la croissance des racines, le développement des feuilles et la formation de nouveaux tissus. Les cytokinines régulent également l'équilibre entre la croissance végétative et la formation des grappes.
Hormones de fin de cycle :
Acide abscissique (ABA) : L'acide abscissique est associé à la régulation de la maturation des raisins. Il joue un rôle majeur dans la gestion du stress hydrique et dans l'arrêt de la croissance végétative, notamment lors de la transition vers la dormance hivernale. L'ABA est également impliquée dans la réponse au stress, la chute des feuilles et la préparation de la plante à la période de repos végétatif.
Ethylène : C'est une hormone qui régule de nombreux processus, y compris la maturation des fruits. Chez la vigne, l'éthylène intervient dans la maturation des baies, notamment en favorisant la véraison, c'est-à-dire le moment où les raisins commencent à se colorer et à accumuler des sucres. Il est également impliqué dans la sénescence des feuilles et la chute des fruits.
Autres hormones :
Acides jasmoniques et salicyliques : Ces hormones sont moins étudiées, mais elles jouent un rôle dans la réponse aux stress abiotiques et biotiques. Elles sont impliquées dans la régulation de la défense de la vigne contre les maladies et les insectes, mais aussi dans la régulation de la croissance et du métabolisme.
Les biodynamistes utilisent d’ailleurs des extraits de saule (en tisane par exemple) pour sa forte concentration en acide salicylique.
La respiration cellulaire est un processus qui, à l'inverse de la photosynthèse, va consommer des sucres, pour produire de l'énergie (ATP). La respiration cellulaire est en fait une suite de réactions chimiques catalysées par des enzymes (on appelle ça une voie métabolique). Le métabolisme est un ensemble d’anabolismes (synthèse moléculaire) et de catabolismes (dégradation moléculaire). La respiration cellulaire appartient aux catabolismes.
La respiration cellulaire est une réaction d’oxydoréduction, c'est-à-dire, une réaction chimique où il y aura un transfert d'électrons (c’est la définition d’une réaction rédox). Une réaction rédox consiste en une réaction oxydante, couplée à une réaction réductrice. L’espèce chimique qui capte les électrons est appelée Oxydant (ici O2), celui qui les cède est le Réducteur (ici le glucose).
L’oxydation du glucose se fait à travers différentes étapes de la glycolyse et du cycle de krebs.

Formule de la respiration cellulaire

Représentation schématique de l'architecture mitochondriale
La glycolyse est un processus qui se déroule dans le cytoplasme de la cellule et qui permet de décomposer une molécule de glucose en deux molécules de pyruvate. Lors de cette réaction 2 ATP (Adénosine Triphosphate) sont consommées, 4 ATP sont créés et 2 NADH sont produits (le NAD est une molécule servant à transporter les électrons lors des réactions d’oxydoréduction, NADH comme réducteur et NAD+ comme oxydant).
La glycolyse peut se dérouler en présence ou en absence d’oxygène. Si il y à présence d’oxygène, le pyruvate formé peut être utilisé dans le cycle de Krebs pour produire encore plus d’énergie (ATP).
Si il est absent, le pyruvate peut être transformé en autre chose (lactate dans les muscles, CO2 et éthanol dans les levures par fermentation par exemple).
Le pyruvate va traverser la double paroi de la mitochondrie pour atteindre la partie nommée matrice mitochondriale, où aura lieu le cycle de Krebs.
Avant que le pyruvate produit lors de la glycolyse puisse entrer dans le cycle de Krebs, il est oxydé, ce qui conduit à la production de 1 CO2, 1 NADH, et 1 molécule d'acétyl-CoA par pyruvate.

Le cycle de Krebs (voir image ci-dessous) commence par la combinaison du groupe acétyle de l'acétyl-CoA avec un composé à quatre carbones oxaloacétate pour former le composé à six carbones acide citrique. Ensuite, le citrate est oxydé le long du cycle par différentes réactions catalysées par des enzymes produisant plusieurs molécules intermédiaires. Au cours du cycle, 2 molécules supplémentaires de CO2, 1 ATP, 3 NADH, et 1 molécule de FADH2 (coenzyme servant à créer des ATP) sont formées par molécule de pyruvate. À la fin du cycle, l'oxaloacétate est régénéré pour revenir comme accepteur d'acétyle afin de relancer le cycle. Lors de la régénération de ces composés, des électrons sont libérés (NAD+ ⇒ NADH, FAD ⇒ FADH2).

La chaîne respiratoire est le nom de la chaîne de transport des électrons, issus du cycle de Krebs notamment (NADH), dans les crêtes mitochondriales. Lors de celle-ci, des réactions d’oxydation auront lieu, ce qui créera de l'énergie qui sera utilisée pour la phosphorylation de l’ADP afin de recréer de l’ATP. Au cours de cette réaction, des électrons seront libérés créant des réactions d'oxydoréduction en cascade dans la chaîne respiratoire.

Ces réactions redox libèrent de l’énergie qui va s’accumuler dans des pompes à protons et par effet de chimiosmose, l'énergie va passer à travers une membrane pour équilibrer les milieux. Au passage elle va activer un rotor moléculaire dans l’ATP Synthase (enzyme membranaire permettant la synthèse de l’ATP) qui permettra la phosphorylation de l’ADP et donc créera de l'énergie.

Schéma explicatif de la chimiosmose
En résumé :
Tout ce qu’il faut en retenir, c’est qu’elle se passe dans les mitochondries, et sert à produire de l'énergie (ATP) servant à son tour à de nombreuses autres réactions cellulaires et métaboliques.
C’est en quelque sorte un moteur, qui convertit des sucres en énergie disponible.
La vigne est une plante faisant la photosynthèse en C3.
La photosynthèse est une réaction qui se produit dans les organes verts des plantes (feuilles, baies etc), qui permet, sous l’effet de la lumière de transformer de l’eau et du dioxyde de carbone en sucre, en oxygène et en énergie.
Formule équation : 6 H2O + 6 CO2 ⇒ C6H12O6 + 6 O2 + ATP
La photosynthèse s'effectue en deux temps, un premier en présence de lumière (phase photochimique ou phase claire) et un second qui ne nécessite pas de lumière (phase biochimique ou phase sombre).

La phase photochimique se déroule dans la membrane des thylakoïdes des grana (pluriel de granum) des chloroplastes.


Elle nécessite la réception d'énergie lumineuse et est composée d’un ensemble de réactions photochimiques.

1ere étape :
Le photosystème est un complexe de protéines et de pigments, principalement de la chlorophylle, situé dans les membranes des thylakoïdes (ce photosystème en particulier est appelé PSII). Lorsqu'un photon frappe la chlorophylle, son énergie est absorbée par les molécules de pigments ce qui excite les électrons. Les pigments dans le photosystème forment un complexe nommé Antennes Collectrices.
L'énergie absorbée par ces dernières est rapidement transférée à un autre pigment voisin par un processus appelé transfert d'énergie excité.
Cette énergie est transmise de pigment en pigment à travers un processus rapide, jusqu'à ce qu'elle atteigne une zone spécifique du photosystème appelée centre réactionnel.
Une fois l’électron excitée transmise à la paire de chlorophylle spéciale du centre réactionnel, celle-ci est transmise à un accepteur primaire d'électron. Ces électrons sont transférés à travers une chaîne de transport d'électrons, et en chemin ils servent à synthétiser de l’ATP (via une enzyme appelée ATP synthétase) sans pour autant être utilisés (ils vont juste créer un gradient de protons qui servira à la synthèse de l’ATP).
En résumé :
Réception de la lumière : Le photon est absorbé par les
pigments du photosystème.
Transfert de l'énergie excitée : L'énergie est transférée aux
pigments voisins et finit par atteindre le centre réactionnel.
Excitation de l'électron : Le centre réactionnel perd un
électron excité, qui est transféré à un accepteur d'électrons.
Production d'ATP et de NADPH : Les électrons voyagent à travers la chaîne de transport des électrons, générant de l'ATP et réduisant le NADP+ en NADPH, qui sont utilisés dans la phase sombre de la photosynthèse.
2eme étape :
Pour compenser la perte d'électrons dans la chlorophylle, des molécules d'eau (H₂O) sont décomposées c’est la photolyse de l’eau, c'est-à-dire, la rupture des molécules d’eau sous l’effet de l’absorption de lumière, qui va libérer des électrons, des protons (H+) et du dioxygène (O2). L'oxygène est libéré comme sous-produit dans l'atmosphère, ce qui explique pourquoi les plantes libèrent de l'oxygène pendant la photosynthèse.
Réaction : 2H2O ⇒ O2 + 4H+ + 4e-
Les électrons libérés sont ensuite utilisés pour remplacer ceux perdus par la chlorophylle.
Dans les thylakoïdes : consommation de l'énergie solaire et transformation en énergie chimique 12H2O + lumière ⇒ 6O2 + ATP
3ème étape :
Après que les e- aient été transférés tout au long de la chaîne de transport, ils arrivent dans un autre photosystème (nommé PSI) où ils seront transférés au NADP+, un accepteur d’électrons, pour être réduit en NADPH qui sera utilisé dans la phase biochimique.
Réaction : NADP+ + 2e- + 2H+ ⇒ NADPH + H+
En résumé :
Création d'ATP : L'énergie lumineuse est utilisée pour
générer de l'ATP grâce au transport des électrons.
Photolyse de l'eau : L'eau est décomposée en oxygène,
électrons et protons pour régénérer les électrons perdus par le
PSII.
Réduction du NADP+ : Les électrons excités du PSI sont utilisés pour réduire le NADP+ en NADPH, qui sera utilisé dans la phase sombre (cycle de Calvin).
La phase sombre est indépendante de la lumière, c’est la phase de fixation du carbone et donc de production de glucose.
Cette phase utilise le CO2 et les molécules énergétiques produites lors de la phase claire pour produire du glucose.
Le cycle de Calvin se déroule dans le stroma du chloroplaste où l’ATP et le NADPH produits dans la phase lumineuse seront utilisés.
Il s’agit d’une suite de réaction chimiques régulées par des enzymes dont un très important, la rubisco, qui permet la fixation de la molécule de CO2 (sur un composé à 5 carbones appelé RuBP ou ribulose-1,5-bisphosphate de son vrai nom). Ensuite l’ATP et le NADPH vont réduire ces composés intermédiaires (3-PG et 1,3 BPG) et former des molécules comme le G3P (glycéraldéhyde-3-phosphate). Lors d’un cycle, 6 molécules de G3P sont produites. 5 d’entre elles seront utilisées pour régénérer la RuBP, permettant au cycle de se répéter. Le G3P restant servira à créer du glucose.

Plus on augmente l’intensité lumineuse plus la photosynthèse s’exerce jusqu’à une valeur seuil, ensuite la lumière n’a plus d’effet. Entre 40 et 60 wt au m² => minimum pour activer la photosynthèse, pas assez pour que la plante grandisse. Le palissage est important, plus il y a de feuilles superposées, moins il y a de photosynthèse (0 après 2 feuilles superposées).
Chaque cépage à une valeur optimale de température pour faire sa photosynthèse. De manière générale, on considère que la photosynthèse démarre au-delà de 10°C et chute au-delà de 35°C, optimum entre 21 et 32° pour la plupart des cépages.
Exemple :
à 20°C le riesling photosynthèse 30% plus efficacement que le chasselas
à 35°C la photosynthèse qui s'opère pour le chasselas est 50% plus efficace que celle du riesling
La disponibilité en eau est un facteur important. Le manque d’eau entraîne une fermeture stomatique. Les stomates servent à l'échange des gaz (CO2 notamment).
Plus il y a de CO2 dans l'air, plus la photosynthèse fonctionne jusqu’à atteindre un certain seuil.
La photosynthèse est contrôlée par le taux de glucide. S'il y a peu de glucide dans la feuille et circulant alors plus de photosynthèse, si forte concentration en sucre dans la plante alors la photosynthèse diminue.
Pour aller plus loin sur le sujet :

Rachet : Sarment taillé à 1 à 3 yeux sur la souche. Peu fructifère.
Courson : Sarment taillé à 2 yeux sur un sarment de l’année d’avant. Le plus fructifère.
Baguette : Sarment taillé plus long (6 yeux mini) sur un sarment de l’année d’avant. Le plus fructifère, souvent en Guyot.
Prolongement : Sarment taillé plus long (4 yeux mini) sur un prolongement ou un lancement de l’année d’avant. Chablis ou Cordon Champenois uniquement.
Lancement : Sarment taillé sur le rachet de l’année d’avant, monté et lié au premier fil. En Chablis uniquement.
Charpente : Bois de 3 ans ou plus qui porte les prolongements à fruits.
Acrotonie : Priorité aux extrémités.
La taille sert à amener la vigne à produire du raisin plutôt que du bois en amenant les flux de sèves vers les grappes
La taille sert aussi à maîtriser le volume de la vigne, elle permet de la rendre mécanisable.
La taille sert à adapter la charge à la vigueur, elle ne sert pas à maîtriser la vigueur.
La taille sert aussi à maîtriser les rendements notamment pour respecter les cahiers des charges (AOC) ou des objectifs de qualité (par concentration)
La taille permet une répartition du feuillage et des fruits maîtrisés (meilleure photosynthèse, baisse des risques maladies).
L’allongement est notamment dû à l'acrotonie, car la vigueur est toujours plus forte aux extrémités des sarments.
Moins il y à de vigueur plus l’acrotonie est marquée, de même le froid accentue l’acrotonie et certains cépages sont plus “acrotoniques” que d’autres (sauvignon par exemple).

Maîtriser l'allongement grâce à la taille va permettre de conserver l’architecture donnée, le même format de base, de garantir le rendement et de réduire le volume de la vigne.
On peut aussi maîtriser en partie l’acrotonie grâce au pliage des baguettes, par exemple on utilise régulièrement le pliage en arcure pour limiter l’acrotonie (la partie la plus haute est aussi la partie la plus proche, la partie la plus éloignée est aussi la plus basse donc atténue l’acrotonie)

Il faut maintenir la souche dans un volume exploitable et favoriser le débourrement de tous les bourgeons.
La charge est le nombre d’yeux francs laissés par souche. Si la charge est trop élevée, alors on risque la coulure, une hausse du rendement et une baisse de la qualité des jus.
Si la charge est trop faible, alors on à un excès de vigueur et des départs de gourmands, d’entre-coeurs etc, on va donc perdre en rendement sans gagner en qualité.
charge optimale = tous les bourgeons débourrent, faible acrotonie et peu voir pas de gourmands et d'entre-cœurs.
Il faut éviter de mettre toute la charge sur le même bras, sinon on perd en rendement (mise en place de coursons et baguettes)
Il faut éviter de toujours utiliser le même bras pour porter la baguette sinon le flux de sève opposé a tendance à s'atrophier et on perd en rendement (comme un homme qui musclerait qu’un seul bras, l’autre finirait par être inutile).
Pour éviter ce phénomène, on met en place l’alternance des baguettes chaque année (à noter que ce problème est connu uniquement sur les tailles simples, pas de soucis sur les tailles doubles ou gobelets).
En Champagne les tailles sont dites rajeunissantes, puisque régulièrement on repart de la souche.
Avantages :
Impact positif sur les maladies du bois, cela laisse peut de vieux bois mort et forme des petites souches.
Permet de maintenir le potentiel de production en s’assurant d’avoir au plus possible une souche productive
Inconvénients :
Très long (220h/ha pour un chablis en champagne, contre 35h/ha pour un guyot dans le Val de Loire)
Souche au ras du sol (problème de dos, fatigue)
Plaies de tailles très violentes quand on coupe des charpentes
4 mécanismes de défense
L'arbre obstrue les canaux de sève par des gommes et des thylles ( définition : Excroissance constituée d'un amas de produits de réserve ou d'excrétion qui se forme sur les parois internes d'un vaisseau et qui finit par empêcher la circulation de la sève), freinant la progression longitudinale des pathogènes. Étape de la Thyllose.

La paroi des cellules du bois final des cernes, plus dense, s’épaissit, freinant la progression frontale des pathogènes.

Une transformation chimique des cellules des rayons médullaires ligneux les rendent toxiques pour les pathogènes

Ce bois néoformé produit par le cambium est enrichi de substances peu putrescibles (tanins, phénols), formant une zone de barrage qui isole le nouveau bois des pathogènes.
Recouvrement par le cal cicatriciel

Les plantes ne cicatrisent pas c’est un abus de langage il n’y a pas de régénération des cellules détruites, elles compartimentent, désinfectent, et recouvrent les plaies.

On taille après la chute complète des feuilles, qui indique la fin de la mise en réserve des nutriments pour le prochain cycle. On taille généralement avant le débourrement sauf concernant la taille de fiançaille.
On prend en compte le risque de gel, on commence par les plantes les moins gélives (selon : cépage, exposition, topographie, age des vignes etc) et on peut pratiquer une taille tardive, ou taille en deux fois (baguette non taillée non pliée + retaillage au pliage).
Taille de fiancaille (émondage ou éblondage ou taille en deux temps) pas de taille si gel prévu
LA TAILLE NE PERMET PAS DE MAÎTRISER LA VIGUEUR DU CEP !
En effet, la vigueur est dû principalement au porte greffe, au sol, au cépage, et à l’itinéraire technique suivi (concurrence en herbe, stress hydrique etc).
La taille permet uniquement d’adapter la charge, c'est-à-dire le nombre de grappes à produire, à la vigueur intrinsèque du cep.
Il semble donc logique sur un plan présentant une faible vigueur (mérithalles courts, petit diamètre des bois, faible pousse) de réduire le nombre d’yeux laissé à la taille.
Dans une parcelle en Chablis plantée à 1,20m par exemple, on laissera volontiers 2 charpentes (3 maximum) sur un cep présentant une faible vigueur, et non 4 comme nous y autorise le cahier des charges. En effet, si on veut optimiser le rendement, il faut laisser la vigne refaire ses réserves une année ou deux avant de lui remettre ses 4 charpentes, sinon on va juste faire des petites grappes diluées, et on aura pas de bois correct à sélectionner à la taille les années suivantes.
Il est recommandé de couper 1 mérithalle avant sur les bois de 2 ans ou plus pour plaie de taille (cône de dessèchement) et au minimum, 1,5x le diamètre de la coupe (si bois de 1cm de diamètre, on laisse 1,5cm) et de tailler en biseau côté opposé au bourgeon. Il faut aiguiser son sécateur régulièrement pour effectuer une taille nette et éviter de déchirer les tissus.

Une coupe sur le bourgeon supérieur permet de préserver le diaphragme, il y a à l'intérieur du nœud une séparation naturelle comme on peut le voir sur cette coupe transversale. Cette compartimentation naturelle ralentit la nécrose et limite la pénétration des champignons et autres maladies dans le bois.
On choisit les bois à fruit, en fonction de leurs emplacements, c'est -à -dire, orientés dans le rang, et sains : pas de maladies type excoriose, aouté et vigoureux et permettant un bon étalement du feuillage (pas de superposition ni de chevauchement en chablis)
Il existe de nombreuses tailles différentes, selon les cépages et les régions mais qui se regroupent en 2 grandes catégories :
Tailles courtes (2 à 3 yeux)
Tailles longues (4 à 12 yeux rarement plus)
Il existe également des systèmes mixtes, combinant les avantages des deux méthodes.
La sélection du mode de taille repose sur de nombreux critères. Le type de cépage joue un rôle essentiel, notamment sa fertilité, l’abondance de ses sarments, leur structure de croissance ou encore la vigueur de la plante. La densité de plantation, le rendement visé, ainsi que le type de palissage et le niveau de mécanisation disponible influencent également la décision. Le temps passé à tailler sera aussi un critère important, par exemple, de nombreux vignerons Champenois ont passé leurs vignes traditionnellement taillés en Chablis vers du Guyot, bcp plus simple et rapide à tailler.
Le viticulteur tient compte par ailleurs du comportement de la vigne lors des saisons précédentes : une vigne ayant surproduit demandera de conserver davantage de bourgeons, tandis qu'une récolte équilibrée implique de maintenir un nombre similaire d’yeux. L’âge de la vigne, la fertilité du sol, mais aussi les conditions climatiques et la quantité d’eau disponible sont autant d’éléments qui orientent le choix final. Un vigneron pourra décider de changer le mode de taille d’une parcelle en cours de route.

Les tailles vont aussi permettre d’influencer (ou inversement) le mode de conduite de la vigne (cf prochain chapitre).
On termine par les parcelles les plus gélives, on termine par les cépages précoces, on termine par les complants et jeunes vignes.
En champagne :
220h/ha avec tirage de bois pour une densité de 9000 p/ha
L'ébourgeonnage ou non aura un vrai impact sur la durée de la taille, les cépages et les modes de tailles aussi. La densité de plantation va jouer, le rognage fait gagner du temps, l’enroulage des baguettes en fait perdre. Le prétaillage c’est environ 20% de gain de temps sur le tirage de bois sur du guyot, et jusqu'à 70% de gain de temps sur du cordon.
A cause des récents problèmes de dépérissement des vignobles français (CF le PNDV : https://www.plan-deperissement-vigne.fr/)
De nombreux vignerons et chercheurs en agronomie ont essayé de trouver des solutions. L’un des axes de recherche se ferait autour des nécroses dues aux plaies de tailles, et des étranglement de flux de sèves.
Pour remédier à ces problèmes il existe différentes écoles, comme la taille Poussard, la Taille Douce ou encore la taille Simonit&Sirch
Avec plusieurs grandes écoles comme la taille douce, la taille poussard et ses variations avec l'école Simonit&Sirch par exemple, c’est la méthode de taille qui a le vent en poupe.
Le but est de limiter les pathologies liées à la circulation des sèves dans la plante.
Ces tailles se base sur plusieurs grands principes :
Grouper les plaies de tailles (sur le dessus par exemple pour laisser la voie libre à la sève en dessous)
Accepter et maîtriser l’allongement (on empêche pas complètement la plante de s’allonger)
Adapter le palissage à la plante et pas l’inverse
Réduire au maximum les plaies de tailles (nombre et diamètre)
Laisser des cônes de dessèchements (chicots) sur la taille des bois de plus d’un an.
Adapter la charge en raisin à la vigueur du plant (en comptant le nombre de sarments qui ont poussé vigoureusement l’année d’avant par exemple et en adaptant le nombre d’yeux laissés selon celui-ci).
Mettre en œuvre des travaux en vert pour limiter la taille (ébourgeonnage) et améliorer la disposition en sève aux bourgeons (ébourgeonnage, épamprage, échardage, dédoublage…).

Pour aller plus loin :
La non-taille ou minimal pruning, est une méthode qui se développe de plus en plus notamment dans la viticulture du reste du monde.
La technique est simple, on ne taille pas la vigne, on pratique seulement un rognage en été et en hiver.
Le résultat est une sorte de buisson avec des ceps pouvant contenir jusqu’à 1500 bourgeons.
La vigne aura tendance à faire partir seulement les bourgeons qu’elle peut alimenter, et produira beaucoup de petites grappes riches en composés phénoliques.

Il existe aussi un entre-deux avec le semi-minimal-pruned Hedge


Il existe bien d’autres techniques plus ou moins semblables ou parfois complètement opposées comme la taille en haie ou la TRP.
Regards convergents sur les bases de la taille de la vigne, par F. Dal, M. Bourdarias & D. Chodjai
Définition de l’IFV : Le système de conduite est défini comme l’ensemble des critères qui détermine l’architecture du cep et du vignoble : la densité et la géométrie de plantation, la hauteur du tronc et la taille de formation, la taille de renouvellement, le mode de palissage, et les opérations en vert.
Le système de conduite est un des choix les plus importants effectué par le vigneron. Il est souvent prévu par les cahiers des charges pour les parcelles en AOC, mais parfois libre à interprétation.
Il va jouer sur plusieurs facteurs primordiaux de la viticulture, tel que la mécanisation (origine du palissage en espalier) ainsi que l’orientation des rangs et la SFE (photosynthèse), l’aération des souches (maladies), l'évapotranspiration (stress hydrique), la hauteur de souche (maladie, gel), l’exposition des grappes (échaudage), la charge en bourgeon (qualité, aléa climatique) ainsi que la rapport feuille-fruit (qualité) etc.
Il existe de nombreux modes de conduite que l’on choisit selon le CDC, le cépage, les objectifs de production, les contraintes du vignoble, la stratégie de l’entreprise ou encore pour anticiper l'évolution du climat à venir.
Plusieurs facteurs importants sont liés au choix du mode de conduite.
Définition : Quantité d'eau qui s'évapore par le sol, les nappes liquides, les eaux de stagnation et la transpiration des végétaux. L’évapotranspiration est une composante de base du cycle de l’eau.

Pour ce qui nous intéresse, on se concentre principalement sur la transpiration de l’enherbement ou du couvert, du sol, ainsi que de celle de la vigne.
Le calcul de l’évapotranspiration ou ETP ou ETp (evapotranspiration potentielle) est important car il permçet, in fine, de calculer les besoins en eau d’une culture.
Il sera donc de plus en plus important de maîtriser ce concept, d’en comprendre les tenants et aboutissant ainsi que les facteurs d'influences dans les années à venir pour optimiser notre consommation en eau (irrigation des cultures liée au réchauffement climatique par exemple).
Comme son nom l’indique, l'évapotranspiration prend compte de l’évaporation de l’eau liquide contenu dans le sol, et de la transpiration des plantes.
Un dernier critère entre en compte, l’interception des précipitations. L’interception des eaux météoriques compte par exemple, l’eau de pluie ou la rosée qui va rester sur les feuilles et s’évaporer au contact du soleil. Plus le volume total de feuillage de la culture à l’hectare est élevé, plus il entre en compte. L’eau de saturation (flaque) entre aussi en compte dans l’interception des précipitations.
Définition : Les hydrométéores, eaux météoriques ou météores aqueux forment l'ensemble des eaux atmosphériques, quel que soit leur état. Cette eau peut s'être évaporée, condensée en gouttes, en nuages, être cristallisée en glace ou en neige, avoir été soulevée de la surface du globe par le vent ou avoir été déposée sur des objets, être en état stable ou surfusion. Les hydrométéores sont en général formés d'ensembles de gouttes d'eau ou de particules de glace en suspension dans l'air : la pluie, la bruine, la neige, la grêle, le brouillard, etc. Leur déposition sur des objets donne la rosée, le givre, le verglas et la flaque d'eau.
Il existe de nombreux facteurs d’influence, tel que :
Le type de plante
Le stade végétatif
Le mode de conduite de la culture
La profondeur des racines
L’état de stress hydrique
Le taux de couverture végétale du sol
La couleur du sol (un sol blanc de craie renvoi plus les rayons du soleil qu’un sol brun foncé)
Le contexte météorologique (vent, pression atmosphérique, température, taux d’humidité de l’air, ensoleillement etc)
Le contexte du sol (température, disponibilité en eau…)
La texture et la structure du sol (capacité de rétention, de percolation, drainage, taux d’argile…)
Le type d’écosystème en place
L’altitude
etc
Cette donnée permet ensuite de calculer un indicateur nommé efficience hydrique qui s’exprime en Kg de matière sèche au-dessus du sol par mm d’évapotranspiration.
L’évapotranspiration, elle, se calcule en mm comme la pluviométrie.
L’ETp est généralement calculé avec la formule de Penhman
En viticulture on l’utilise pour calculer ses besoins en irrigation.
L’évapotranspiration de référence est noté (ET0). L’ETc de la vigne est, selon Anne Pellegrino et Alain Deloire, professeurs à l’institut Agro de Montpellier, de 250 à 350 litres d’eau au vignoble de débourrement à vendange.
Exemple toujours selon eux :
Ils précisent que ce calcul est basé sur l’évapotranspiration potentielle (ETp), résultant des données climatiques (rayonnement, déficit de saturation de l’air, vent), et de coefficients intégrant les spécificités de transpiration de la vigne en termes de surface transpirante (coefficient cultural, kc) et de régulation stomatique (coefficient de stress, ks).
(La formule n’étant pas clairement donné je vous la donne avec ETc = evapotranspiration pour une culture spécifique, ici, la vigne) :
![]()
« Pour pouvoir l'adapter à une région viticole ou un vignoble, il faut disposer des données d’ETp cumulées par stade phénologique (débourrement-floraison ; Floraison/nouaison-véraison (ramollissement du fruit); véraison-vendange » poursuivent-ils.
Prenant l’hypothèse d’un vignoble planté à 5000 pieds par hectare, à deux mètres entre rangs et un mètre sur le rang, et conduit en espalier sur un mètre de hauteur, produisant en moyenne de 80 hectolitres/hectare de moût, ils estiment le besoin d’eau par cycle cultural à 2 400 000 litres d’eau/hectare. « Du débourrement aux vendanges, les besoins en eau par pied sont donc de 2400000/5000, soit 480 litres ».
Pour bien gérer l’irrigation, les professeurs rappellent en outre la nécessité de prendre en compte le niveau de remplissage de la réserve utile du sol au débourrement, le cumul de pluie sur le cycle de la vigne et leur répartition/distribution par stades phénologiques, le coefficient cultural (kc) et les périodes de déficit hydriques potentiellement ciblées (ks).
D’autres éléments à prendre en compte
« Le coefficient cultural peut être approximé en divisant la hauteur de la haie foliaire (H) moyenne par l’écartement entre rangs (E), soit, dans ce cas kc = 0,5. Si l’on considère que l’ETp journalière est de 5 mm/jour pendant 45 jours, de la véraison à la vendange, et que la valeur de kc sur cette période est de 0,5, la transpiration maximale cumulée (Tm) de la vigne peut alors être calculée comme suit : Tm= 45 jours x 5 mm / jour x 0.45 = 101 mm ».
Les professeurs expliquent ensuite qu’il est appliqué un coefficient de stress (ks) de 0,5 en irrigation de précision. « A ce titre, la transpiration réelle cumulée (Tr) de la vigne peut alors être calculée comme suit : Tr= Tm x 0.5 = 51 mm, soit 510 m3/ha ou 510 000 litres/ha ou 510000 litres/5000 ceps, soit un besoin potentiel de 2,25 litres par cep/jour ».
Source : Vitisphère, 5 octobre 2021, L’évapotranspiration pour bien ajuster l’irrigation de son vignoble, Marion Bazireau.
L’évapotranspiration sert aussi à faire ce que le comité champagne appelle la “météo des sols”.
“En début d’année, on considère que le sol est à sa capacité maximale de stockage de l’eau donc à 100 % de la réserve utile. Trois niveaux de réserve utile (faible, moyenne et forte) ont été définis grâce aux mesures réalisées par le Comité Champagne depuis plusieurs années. Ensuite, on soustrait à cette réserve utile l’évaporation du sol, l’évapotranspiration de la vigne et on ajoute les précipitations sachant que la limite maximale est à 100 % de la réserve utile.”
| ASWj=ASWj-1+Pj-ESj-TVj |
ASW = Available transpirable Soil Water (eau restante dans le sol)
(en mm)
Pj = pluie (en mm)
ESj = évaporation du sol (en mm)
TVj = transpiration de la vigne (en mm)
j = jour de l’année
Formule 1. Calcul du bilan hydrique.
Source : Union des maisons de Champagne, 2022, Des raisins de qualité dans des quantités généreuses.
Selon l’INRAE, le bilan hydrique est la “Relation entre les flux d'eau entrants (par exemple, des précipitations, des ruissellements, des remontées capillaires) et sortants (par exemple par transpiration ou évaporation) d'un système considéré sur un intervalle de temps donné, qui donne la variation du stock d'eau. Le bilan hydrique permet de connaître l'état de la réserve en eau du sol, potentiellement utilisable pour différents usages (agriculture ou autre).”
Et se calcul comme cela :
Le bilan hydrique est donc un calcul : P (en mm) = ETR + Infiltration + Ruissellement + ΔRu (en mm)
Avec P : pluies et/ou irrigation
ETR : évapotranspiration réelle
Infiltration : eau s'infiltrant en profondeur dans le sol
Ruissellement : eau ruisselant à la surface du sol (infiltration et ruissellement peuvent être groupé sous le terme d'écoulement).
Ru : Réserve utile du sol (stocks d'eau dans la partie superficielle du sol colonisée par les racines)
ΔRu : variation de la réserve utile
Le bilan hydrique reste un bon outil de pilotage et de diagnostic de culture concernant ses besoins en eau.
Il se développe aujourd’hui de nombreux outils pour piloter la gestion en eau des cultures, des OAD utilisant des dendromètre ou même encore par télédétection spatiale grâce au programme COPERNICUS.

Carte de prédiction du stress hydrique issue du modèle développé pour le 26 juillet 2020 sur un domaine pilote (Laroche-Pinel et al., 2021).
Pour aller plus loin dans l’efficience de l’eau dans le cadre des cultures et de l’irrigation
: 
La surface foliaire exposée est la surface de feuilles recevant la lumière propice à la photosynthèse. Les feuilles effectuent environ 90% de la captation de lumière nécessaire à la photosynthèse.
En viticulture, la SFE se fait par estimation du volume de végétation que l’on appelle SECV soit Surface Externe du Couvert Végétal.
La méthode de calcul officiel de la SECV est la suivante :

Une fois le SECV calculé on va la rapporter au rendement pour avoir un rapport dit feuille-fruit
Il est un indice de qualité organoleptique de la matière première, il donne un objectif de ratio entre photosynthèse et rendement, et donc permet d’adapter sa hauteur et largeur de rognage par exemple à son rendement cible pour optimiser la qualité organoleptique du raisin.
Le calcul est le suivant
I = SECV x 10 000 / PR (poids de récolte en kg/ha)
I s’exprimera en m²/kg. L’échelle à atteindre varie selon le cépage et l’objectif de production.
Les valeurs de référence en Champagne en vigne étroite sont de 1,0 m2/kg de raisin.
Il existe différents archétypes de modes de conduites de vigne, comme les modes Libres (gobelet par exemple), en Espalier Palissé (Guyot, Cordon…), en Lyre (ou en U), Déployé (Scott-Henry, Smart Dyson), en Pergola, en Non-taille (Minimal pruning, Semi-Minimal Pruning, TRP, Haie…)
Chaque mode de conduite a ses avantages et ses inconvénients.
Exemple :



Source : Triple performance, taille et conduite de la vigne
Voici une liste non exhaustive de taille et de mode de conduite :
Le Guyot simple ou double : Les bras de la vigne sont taillés en coursons courts et baguettes, parfois sans palissage (mais souvent avec).

Vigne en Guyot Mixte
Le cordon de Royat : Un cordon permanent est attaché horizontalement sur un fil de palissage, avec des coursons régulièrement espacés.

Vigne en Cordon
La foule : Une conduite où les pieds sont plantés densément et non palissés, utilisée historiquement en Champagne et Bourgogne.

Vigne en Foule
Le gobelet : La vigne est formée en un petit buisson bas sans palissage. Elle est traditionnelle dans de nombreuses régions sèches (ex. : Provence, Rhône).

Vigne en gobelet
La lyre : Les rameaux sont écartés en deux plans verticaux, formant une "lyre" pour maximiser l'exposition à la lumière et l'aération.

Vigne en Lyre
Le Scott Henry : Une conduite en espalier double, avec des rameaux dirigés à la fois vers le haut et vers le bas pour augmenter la surface foliaire exposée.
Le Smart Dyson : variante du Scott Henry, mais avec des rameaux à la fois relevés et pendants sur une seule face du rang.

Vigne en Scott-Henry

Schéma d’établissement du Scott-Henry et du Smart-Dyson
Système à Talus : Inspiré de la Smart-Dyson, mais optimisé pour les coteaux terrassés pour etaler le feuillage au soleil au maximum

Tamazukuri : Sorte de pergola japonaise utilisé pour le Koshu

Koshu en Tamazukuri
Pergola : La vigne est conduite de façon à ce que la verdure forme un toit en été, on palisse uniquement la charpente et les bras du pied sur un support. Le vieux bois de la vigne sera lié à la pergola grâce à un système de câbles. Les sarments poussent d’abord à la verticale, puis ils s'entrelacent d’eux-mêmes pour former un toit de feuillage dense.



Vigne en Pergola
Le T-Bord : Une structure en forme de T où les rameaux sont disposés horizontalement pour optimiser l'ensoleillement.

Vigne en T-Bord
La TRP (Taille Rase de Précision) : Conduite spécifique avec une taille très courte effectuée mécaniquement

Vigne en TRP
Taille en haie : système de taille mécanisée qui repose sur un cordon placé en hauteur à réaliser un prétaillage plus ou moins ras à l’aide d’une prétailleuse.

Vigne taillée en haie
Le minimal pruning ou non taille : Taille en haie directement à la rogneuse ou barre de coupe à l’hiver.

Vigne en Non-Taille
Le Geneva Double Curtain (GDC) : Une structure en double rideau, où les rameaux sont étalés horizontalement sur deux plans, permettant une meilleure exposition à la lumière et une augmentation du rendement.

Vigne en GDC
La conduite en échalas : Chaque pied de vigne est attaché à un tuteur individuel (ex. : Beaujolais).
La conduite en terrasses : Utilisée dans les zones montagneuses ou pentues, avec des vignes disposées sur des murs de soutènement.

Vigne en échalas terrassées
Vigne enterrée : Les Zocos protègent la vigne plantée dans la vallée de la Geria à Lanzarote. Ils protègent les vignes des vents secs et chauds de cette région volcanique.

Zocos de la Geria
Le Kouloura : Une technique traditionnelle de Santorin, où la vigne est tressée en forme de panier pour protéger les grappes du vent et de la chaleur.

Kouloura de Santorin
Le cordon tressé (Trenzado de Ténérife) : Une variante du cordon où les rameaux sont entrelacés, utilisé dans les Canaries.

Cordon tressé de Ténérife
Le hautain : Un mode de conduite où les vignes sont cultivées en hauteur, souvent soutenues par des arbres ou des structures verticales, historiquement utilisé dans certaines régions.

Vendange de vigne en hautain
Le matériel végétal utilisé pour le greffage est issu de vignes mères de porte-greffes et de greffons :
Les vignes mères de porte-greffes sont rarement palissées et sont établies en « tête de saule » au niveau du sol. Elles produisent des rameaux parfois très vigoureux, dont la longueur peut dépasser 10 mètres.


Étape n°1 :
Les bois récoltés considérés comme techniquement (et réglementairement) utilisables sont appelés « boutures greffables ». Ils ont un diamètre compris entre 6 et 12 mm, et peuvent être conditionnés de nombreuses manières : soit directement en fractions de diverses longueurs selon les utilisations, soit en paquets de 100 ou 200 sarments d’environ 1.10 m (« mètres greffables ») étiquetés et qui seront ensuite débités par les pépiniéristes.


Étape N°2 :
Chaque fraction greffable est « talonnée » (base coupée sous l’emplacement d’un œil éborgné), dévrillée et ébourgeonnée soigneusement afin d’éviter les repousses du porte-greffe. Ces opérations peuvent être effectuées intégralement à la main, ou à l’aide de machines (entraînement des bois par galets rotatifs, talonnage et coupe déclenchés par cellule, ébourgeonnage par couteaux mobiles s’adaptant automatiquement au calibre du sarment). La longueur des fractions débitées varie de 28 à 70 cm (plants « hautes tiges »).


Étape N°3 :
Mise en ballot de 20,50 ou multiple de 100, 50 ou 100.
2 à 3 mois de frigo, trempage 50°C pendant 45 min pour la flavescence dorée

Etape N°1 :
Pour les greffons, les sarments sont collectés soit dans des vignes mères (qui ne produisent pas de raisins pour maximiser le bois) soit les vignerons peuvent revendre leurs sarments à la taille aux pépinières (sous certaines conditions, parcelles certifiées et contrôlées). Ils reçoivent alors ce genre de protocole.


Etape N°2 :
Ensuite les sarments sont dévrillés, et débités oeil par oeil, le bourgeon doit être intact et le bois bien aouté, sans défauts ou maladies visibles.

Étape N°3 :
Ensuite les portes-greffes et les greffons vont être assemblés, c’est ce qu’on appelle le greffage.

Étape N°4 :
Une machine découpe les deux pièces et les imbrique l’un dans l’autre. En viticulture, les pépinières utilisent principalement la greffe en oméga.

Étape N°5 :
Ils sont ensuite paraffinés pour faciliter la stratification.

Étape N°6 :
Ensuite on procède justement à la stratification en les mettant par exemple dans la sciure de bois humidifié. On peut aussi stratifié à l’eau ou à la tourbe.


Étape N°7 :
Ensuite ces plants sont placés en chambre froide jusqu’à début mai, ensuite ils sont sortis, placés en chambre chaude avec une forte humidité pendant 15 jours pour faire la rhizogenèse.

Étape N°8 :
Après la chauffe, on va planter les plants en pépinière.

Étape N°9 :
En 3 semaines ils vont faire leurs premières feuilles, ils seront traités contre mildiou et oïdiums, puis, lorsque le cal est bien pris, ils seront arrosés et recevront une dose d’engrais. Ensuite ils vont pousser et seront rogner et traiter et enfin récolter 5 mois plus tard après l'aoûtement.

Étape N°10 :
Ensuite, pour vérifier que le cal est bien pris, on effectue le test du pousse, c'est-à-dire deux pressions de chaque côté pour vérifier que la greffe à bien pris. On contrôle aussi l’implantation racinaire et la taille des bois de pousse et l’absence de blessure notamment, dûe à l’arrachage mécanique des plants.

Ils sont ensuite rabattus à deux yeux

Étape N°11 :
Enfin, ils sont mis en ballots, étiquetés, et envoyés aux vignerons avec leur passeport phytosanitaire.

Aujourd’hui les pépinières doivent délivrer un passeport sanitaire, il y à trois couleurs possibles :
Bleu certifié
Blanc testé
Jaune rien
Les vignes-mères de greffons et de porte-greffes font l’objet de contrôles sanitaires très stricts : tests ELISA (court-noué et enroulements) tous les 10 ans ; prospection annuelle pour les maladies à phytoplasmes (flavescence dorée, bois noir) et recensement de tout autre problème éventuel (bactériose, surveillance des maladies du bois…). En cas de flavescence dorée avérée, la parcelle est mise en quarantaine pendant 2 ans et le matériel végétal issu de cette parcelle en année n-1 doit obligatoirement être détruit. Un traitement à l’eau chaude (50°C ; 45 min) sera aussi effectué. Ce traitement à l’eau chaude, qui engendre un surcoût important pour le pépiniériste, est obligatoire sur le matériel végétal en entrée de pépinière et les plants en sortie. Ce traitement s’avère efficace contre les phytoplasmes, certaines bactéries et champignons mais est sans effet sur les virus. Réalisé dans les bonnes conditions et avec précautions, ce traitement n’engendre pas de mortalité. Un léger retard dans le débourrement a parfois été observé.
La rhizogenèse est le processus biologique par lequel une plante développe des racines, qu'elles soient primaires ou secondaires. Ce phénomène peut se produire naturellement ou être induit artificiellement dans le cadre de techniques agricoles ou horticoles, comme la multiplication végétative des plantes. Chez la vigne, la rhizogenèse est essentielle pour obtenir de nouveaux plants viables à partir de boutures ou de tissus végétaux.
Le mot "rhizogenèse" vient du grec :
"rhizo" : racine,
"genèse" : formation ou création.
La rhizogenèse désigne donc la formation de nouvelles racines, notamment dans les tissus végétatifs (tiges, feuilles ou racines existantes). Dans le cadre de la greffe on parlera principalement des racines adventives : formées à partir de tissus non racinaires, comme une tige ou une feuille, souvent dans des conditions artificielles (exemple : bouturage).
La formation de racines commence par un signal hormonal ou une blessure, comme lors du prélèvement d’une bouture.
Les hormones végétales appelées auxines (comme l'acide indole-3-acétique, ou IAA) jouent un rôle crucial dans ce processus. Elle stimule la division cellulaire et oriente les cellules vers la formation de racines.
Les cellules des tissus de la bouture (généralement proches des nœuds ou à l'extrémité inférieure) se dédifférencient, c'est-à-dire qu'elles perdent leur spécialisation. (C'est la totipotence des cellules végétales. Elle repose sur l'aptitude à la dédifférenciation : les cellules peuvent redevenir des cellules de type embryonnaire, non spécialisées et se différencier ensuite pour donner à nouveau les différents types de cellules spécialisées comme des cellules de racine ou de tissus par exemple)
Ces cellules reçoivent des signaux hormonaux qui les programment pour devenir des cellules racinaires.
Les primordia racinaires (structures initiales des racines) se forment à partir des tissus internes, comme le péricycle ou des tissus voisins.
Cette étape est fortement influencée par les facteurs environnementaux (température, humidité) et le traitement hormonal (application d’auxines).

Les primordia racinaires grandissent et traversent les couches externes des tissus pour devenir des racines visibles.
Ces racines s'allongent et développent des poils absorbants pour assurer l’absorption de l’eau et des nutriments.
Hormones végétales : Les auxines sont les principaux inducteurs de la rhizogenèse. Les cytokinines, en faible concentration, peuvent aussi stimuler la formation des racines.
Âge de la plante : Les jeunes rameaux ou tissus sont généralement plus aptes à produire des racines adventives.
Température : Une température modérée (20-25°C) favorise l’activité enzymatique et le développement des racines.
Humidité : Un substrat humide mais bien drainé est essentiel pour éviter le dessèchement des boutures et assurer l’apport d’eau.
Substrat : Un substrat aéré et bien structuré (par exemple, un mélange de sable et de tourbe) favorise la pénétration des racines.
Pour aller plus loin : https://www.encyclopedie-environnement.org/vivant/racines-plantes/
Le cal est un tissu cicatriciel blanc qui se forme au point de soudure entre le porte-greffe et le greffon. La callogenèse s’opère notamment dans des bonnes conditions grâce à la période de stratification. Elle nécessite une bonne hygrométrie ainsi que des températures élevées (20-30°C), et s’opère d’autant mieux si les coupes sont nettes et les tissus bien conservés.
Le bouturage consiste à faire pousser des racines sur un morceau de sarment en le plantant. Aujourd’hui cette technique ne concerne plus que les portes-greffes à cause du phylloxera.
Les plants comportent une variété de greffons et une variété de porte-greffes attachés par une soudure. En France, 98% des plants sont des greffés-soudés en raison du phylloxera. Lorsqu’on achète un plant greffé-soudé on a deux options :
Plants en pot ⇒ racines plus développées, soudure non testée. Il est possible de planter la plante plus tard car elle est moins sensible au stress hydrique.
Racines nues ⇒ racines moins développées, plus fragile mais moins chère à l’achat et plus rapide à planter
Pendant presque toute son histoire (+5000 ans) la vigne domestiquée était reproduite par sélection massale principalement.
La sélection massale est donc la sélection la plus ancienne.
Première phase : la prospection => choix de la parcelle : avant 1970, issue d'une sélection massale,
Deuxième phase en même temps que la première : Marquage ⇒ on marque les individus qui nous intéressent pour pouvoir le suivre
Troisième phase au bout d'au moins 3 ans pour avoir une bonne idée, prélèvement pour multiplication
Quatrième phase : test virose
Cinquième phase : multiplication
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
- Diversité génétique - Plus sélectif /besoins propres du viticulteur - Patrimoine - Marketing - Unique (propre au domaine) |
- Le temps nécessaire : 5 ans minimum - Réglementation - Virose - Coûts |
Première phase : sélection massale (conservatoire viticole où les ceps ont pas été sélectionnés) ou parcelle anciennes issue de sélection massale
Puis marquage ensuite prélèvement sur souches. => tri sanitaire pour etre sur de pas dupliquer des viroses : test elisa (est ce qu'il y a des anticorps), test pcr (génétique, sur l'arn, allèles propre au virus) et test biologique (observation) => on greffe une partie de sarment de notre souche sur une souche très sensible, on attend la pousse des feuilles voir si c'est marquée.
Ensuite on va cultiver nos plants sains pour tester leurs aptitudes agronomiques (dates de débourrement, aoûtement, capacité de mise en réserve, rendement stable, résistance à la sécheresse). Ensuite, on va vérifier les aptitudes oenologiques (on va faire des micro-vinifications pour voir si on a les bons tavp, niveau d'anthocyanes, tanins, qualité organoleptique, azote suffisant, stabilité et tendance aromatique...) ==> certification => multiplication
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
- Homogénéité - Qualité sanitaire - Qualité organoleptique - Qualité cultural - Coût - Sélection - Réponds aux besoin des vitis |
- Standardisation - Temps avant mise sur le marché - Biodiversité (génétique) - Sensibilité aux maladies |
Historique : Crises sanitaires (phylloxera, oïdium, mildiou)
=> reproduction sexuée : la reproduction sexuée consiste à mettre du pollen d’une variété de cépage sur l’appareil reproducteur d’un autre, afin de faire pousser des raisins croisés. Ensuite on plantera les graines de ces pépins, qui nous donneront des nouveaux cépages, mélange des deux parents => baco, noa, jacquez.
Ces cépages sont aujourd’hui interdits en France. C’est avant tout une décision politique et économique, suite à la crise des vignerons, cépage très productif résistants à toutes les maladies => trop de production => chute des prix + goût foxé (animal) et sois disant, production de méthanol ⇒ cépage qui “rendent fou”.
Il est aussi possible de produire des hybride par croisement génétique, c’est à dire que l’on modifie les gènes et l’adn d’un cépage : création d’OGM ⇒ Interdit en France
Metisse => croisement de 2 cépages d'une même espèce groupe syrah et grenache par exemple (vinifera + vinifera)
Hybridation : vinifera + riparia par exemple, croisement de deux cépages d'espèces différentes
Entreplantation en Champagne, complantation dans l’Ouest et le Sud Ouest, raccotage en Médoc, rebrochage dans le Beaujolais. Consiste à remplacer les pieds manquants dans une parcelle en place. On le pratique souvent dès la première année pour compléter le taux de reprise suite à la plantation, puis, pour les pieds morts (maladie, charrue…).
Pour la préparation on va commencer par compter les morts pour commander le nombre exact de complants, de poches, de tuteurs etc. Ensuite il est impératif d’arracher l’ancien cep et de creuser un trou. Pour cela, il existe plusieurs types de matériels : Tarière à main, tarière hydraulique, mini-pelle, bêche, pioche. On peut arracher les ceps en même temps avec la mini-pelle ou la tarière parfois, sinon on peut aussi passer avant avec une chaîne, une pince, ou pour les plus gros galériens, une barre à mine.



La mise en terre d’un plant au milieu de plants adultes, dans un endroit où le précédent cep est mort, n’est pas toujours simple. Afin de maximiser les chances de reprise de chaque plant, on va respecter quelques règles.
Plantez tôt, et plantez dans un sol ressuyé.
On peut entreplanter :
Dès la chute des feuilles avec des plants aoûtés en pots.
Dès février, avec des plants traditionnels à racines nues
Au plus tard en Mars
On utilise un porte greffe conférant une bonne vigueur, il sera déjà compliqué pour les plants de s’installer dans une vigne adulte, donc pas de porte greffe à faible vigueur, ils ne reprendront pas (SO4 par exemple).
On creuse le trou, on ameublit la terre qui sera autour des racines, on rajoute du terreau ou un engrais azoté peu importe (pas obligatoire), puis on referme, la greffe dans le sens du rang, et on tasse bien. Ensuite on arrose (3 à 5 L par pied). Si le sol est dur, on peut arroser avant pour faciliter le creusage.


On arrose toutes les deux semaines si besoin (5L) ; on protège bien des maladies et ravageurs, on met en place des tuteurs pour protéger (palpeurs travail du sol) et des poches si on a du lapin etc
Le surgreffage permet de modifier l’encépagement d’un vignoble, sans avoir à arracher une parcelle. Elle permet de conserver l’installation racinaire. Elle reste traumatisante pour la parcelle.
Se réalise plutôt sur des vignes de moins de 15 ans pour des bons résultats.
La souche est décapitée au mois d’avril, quelques centimètres au-dessus du sol, en essayant de conserver l'écorce. La plaie est rafraîchie à la serpette. Le tronc est fendu verticalement en son milieu sur 25 à 35 mm à l’aide d’un couteau à greffe, très tranchant. Deux greffons à 2 yeux, bien aoûtés, conservés au frais, taillés en biseau, sont placés aux bords de la fente en veillant au contact parfait des cambiums. Après ligature au raphia humide, on effectue un buttage avec de la terre fine ou du sable pour garder un milieu frais autour du point de greffe. Greffage en fente. On peut aussi greffer au bourgeon avec des techniques comme le T-Bud ou le Chip-Bud, où le but est de faire une incision dans le tronc où l’on pourra insérer un bourgeon. On peut parfois conserver la souche et la décapiter l’année suivante.
Consiste à rabattre une souche a la base du tronc, en repartant sur un pampre (dans les vignes hautes).
Si la vigne ne donne plus grand chose (flux de sève étranglés, mourante) ou sur l’ESCA ça fonctionne pas mal si la maladie est pas encore descendue dans la base du tronc. Fonctionne aussi pour des vignes gelées à 100% qui ne repartent pas des bois hauts, des vignes touchés par l’eutypiose (premiers symptômes, après trop tard). Ou pour reformer une souche tombée, avec un côté manquant etc

Le marcottage est une méthode de multiplication des végétaux, ici la vigne, par rhizogenese sur une partie aérienne d’une plante mère.
Les gros avantages du marcottage sont que cette technique ne nécessite pas l’achat de plants, qu’elle est très facile à réaliser et permet une production dès la première année. Cependant, le gros inconvénient est que cette pratique reste sensible au phylloxera si on sevre la marcotte. Si on la sevre pas elle diminue la vigueur de la plante mère et n’est jamais vraiment autonome, elle n’atteint pas son pic de production potentiel.

Consiste à coucher le cep sous terre en repartant de deux yeux afin de développer la rhizogenèse.
On enterre la totalité du rameau afin de multiplier les nouveaux départs.

On place le rameau dans le sol en angle droit. On obtient un effet de tirage de sève qui permet la formation de racines

à
On taille notre souche en têtard, puis on enfouit le cep dans le sol

Pour planter, une autorisation de plantation est nécessaire. Elle doit être demandée pour toute plantation de vigne, pour replanter ou pour une nouvelle plantation. Cette démarche s’effectue auprès de FranceAgriMer
L’autorisation de plantation est accordée nominativement à l’exploitant, et délivrée pour la production de tous types de vins.
Elle est incessible, gratuite et valable 3 ans.
L’arrachage d’une vigne ne génère plus automatiquement un droit de replanter. La parcelle arrachée devient “superficie arrachée”. L’exploitant ne peut utiliser cette surface pour replanter qu’après en avoir obtenu l’autorisation. Cette autorisation donne le droit de planter uniquement sur le fonds (l’exploitation agricole) où la vigne a été arrachée.
La demande d’autorisation de replantation doit être faite en ligne avant la fin de la deuxième campagne qui suit la date d’arrachage (2 ans et demi max), ensuite l’autorisation est valable pendant 3 ans, passé ce délai le viticulteur peut être sanctionné s'il ne plante pas.
Il est possible d’avoir une autorisation de replantation anticipée, c'est -à -dire qu’on plante une parcelle, et on à quatre ans pour arracher la superficie convenue, ce qui permet de limiter la perte de production pendant les 3 ou 4 premières années de formation de la vigne plantées.
En France, l'agrandissement du vignoble est de 1% max par an, et peut être inférieur à 1%, défini par le conseil du bassin viticole et des ODG pour les plantations nouvelles destinées à produire des vins sans IG.
L’exploitation viticole se définit comme étant une unité technico-économique de production comportant du matériel, des parcelles exploitées etc. Elle se distingue par son CVI. L’autorisation de plantation est accordée à l’exploitant, mais les vignes appartiennent au propriétaire du sol. Aux yeux de la loi, la vigne est immeuble par nature, elle appartient au propriétaire du fonds (Code Civil Livre 2, Titre 2, Chapitre 2, article 551). Cependant une plantation aux frais du preneur peut donner lieu à une indemnité si le bailleur veut les conserver.
Les actions éligibles doivent aider à rendre l’entreprise plus compétitive :
Plusieurs actions sont encouragées :
La reconversion variétale par replantation et surgreffage
La relocalisation de vignobles : réimplantation d’une partie ou de la totalité d’un vignoble sur des parcelles différentes ayant un potentiel plus qualitatif
Amélioration des modes de conduite ou de gestion du vignoble
Arrachage d’une vigne non palissée et replantation d’une vigne palissée
Modification du palissage de vignes en place (adaptation au CDC de l’ODG)
Mise en place d’un système d’irrigation fixe
L’amélioration de la densité de plantation après arrachage et replantation
Le passage en agriculture biologique
Superficie minimale de 10 ares (maximale fixée chaque année par FranceAgriMer)
Utilisation de droit provenant d’un arrachage
Choix du cépage dans une liste de cépage éligible
Obligation d’augmenter la densité d’au moins 10%
Utilisation de matériel certifié ou de base, taux de reprise de 80% mini + état cultural satisfaisant après réalisation des travaux.
Dans certains cas on peut aussi se voir accorder des aides pour les restructurations sanitaires (flavescence dorée par exemple).
Le viticulteur dépose son dossier avec le parcellaire à planter, plantation + tournière (8 à 15% de la surface), mais seule la partie plantée sera financée : “ la superficie plantée en vigne, délimitée par le périmètre extérieur des souches auquel on ajoute une zone tampon dont la largeur correspond à la moitié de la distance qui sépare les rangs (art 55, paragraphe 1 règlement CE 555/2008).
La demande doit se faire sur Vitiplantation un service de FranceAgriMer entre le 1er Mars et le 30 Avril, réponse au plus tard le 1er Août.
Les travaux pouvant être financés :
Plantation
Surgreffage
Arrachage
Palissage
Adaptation des vignobles
Irrigation lors d’une plantation
Le montant réel est établi après enquête sur la base d’un barème établi par FranceAgriMer. Le montant total peut s'élever à 8800€ /ha en individuel, et 12 300 € / ha dans le cadre d’un plan collectif
En contrepartie de ces aides, les bénéficiaires doivent déposer un dossier PAC les obligeant à s’engager dans certaines démarches environnementales.
Pour cela, le vigneron doit demander un numéro PACAGE à la DDT (direction départementale des territoires), qui sera utilisé par l'administration pour lier les dossiers. La demande peut se faire en ligne sur TelePac.
Les règles à respecter sont appelées BCAE : Bonne Conduite Agricole et Environnementale. Elles s'appliquent pendant les 3 années suivantes à partir du 1er Janvier qui suit le paiement de l’aide.
Le viticulteur doit :
entretenir un minimum ses vignes (tailler, et pas de ronce dans l’inter-rang)
respecter les doses produits phyto, les ZNT, le délai avant récolte (DAR), tenue du registre phyto, local en règle etc
respecter le maintien des particularités topographiques (maintenir la surface environnementale, haies, jachères, alignements d’arbres, fossés, murets, lisières de bois, prairies permanentes de 1% la première année, 3% l’année suivante, 5% la troisième année, le but étant de préserver des espaces naturels géographiques pour héberger la biodiversité et aménager le paysage.
Premièrement, le viticulteur ne peut planter qu’une variété inscrite au catalogue officiel national des variétés de vignes.
Les cépages sont réparties en 3 catégories
A1 - Variétés de cuve
A2 - Variétés de table
B - Uniquement à l’export (seul le matériel de reproduction destiné à l’export peut être produit en France)
Concernant le cahier des charges de l’AOC ou de l’IGP, c’est l’INAO qui fixe la liste des cépages autorisés au sein d’une AOC.
Pour obtenir une AOC, selon l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité), 4 étapes sont à respecter :
Dépôt du dossier comprenant entre autres la dénomination et la description du produit, la délimitation de l'aire géographique ainsi que les éléments prouvant que le produit est originaire de l’aire délimitée, la description de la méthode d’obtention, les références concernant la structure de contrôle, les éléments spécifiques de l’étiquetage et les exigences nationales
Examen du dossier
Transmission au ministère du dossier pour homologation
Enregistrement européen
Pour prétendre à l'obtention d'une IGP, une étape (au moins) parmi la production, la transformation ou l'élaboration d'un produit doit avoir lieu dans une aire géographique délimitée.
Ce signe européen peut aussi être basé sur la réputation d'un produit et sa forte reconnaissance par le public. Celle-ci doit être associée à un savoir-faire ou une qualité déterminée attribuables à l'origine géographique.
Pour le vin, toutes les opérations réalisées depuis la récolte du raisin jusqu'à la fin du processus d'élaboration du vin sont réalisées dans la zone géographique considérée.

Les entreprises viticoles sont immatriculées dans le CVI par les services régionaux de la viticulture de la douane. Chaque exploitation est identifiée à l’aide d’un numéro à 10 chiffres. Toute modification de la structure juridique de l’entreprise, ou du parcellaire du vignoble, ou de l’encépagement doit être déclarée au centre de viticulture dont relève l’exploitation.
Toutes les demandes de plantation se font sur vitiplantation.
https://portailweb.franceagrimer.fr/public/sde_guide_portailusagers_inscription.mp4
A l’occasion de chaque opération de plantation, arrachage, ou surgreffage, le viticulteur doit faire une déclaration préalable d’intention de travaux à effectuer, à adresser au moins 1 mois avant auprès de la DGDDI dont dépend la parcelle concernée. Le vigneron doit fournir une attestation ou bon de livraison du pépiniériste qui confirme la nature du ou des cépages choisis. Après réalisation des travaux, une déclaration de fin de travaux est adressée au même centre de la DGDDI. Modalité de déclaration disponible sur le site.
En France, on peut choisir parmi le Catalogues des espèces et variétés de plantes cultivées et donc parmis les 274 cépages inscrits, sauf en Champagne, ou l’AOC oblige les vignerons à choisir parmis les 8 cépages de l’AOC Champagne, Coteau Champenois ou Rosé des Riceys.
Choix du cépage en fonction du climat régional, il faut même maintenant planter en pensant au changement climatique, cépage clone et porte greffe résistants aux maladies, plus tardifs, résistants au stress hydrique etc.
Certains cépages s’adaptent mieux à certains terroirs, par exemple le gamay se plaît dans les sols granitiques, que l’on retrouve beaucoup dans le Beaujolais.
Le potentiel aromatique du Gewurztraminer est particulièrement bien relevé par des conditions thermiques relativement fraîches comme c’était le cas en Alsace.
Le vigneron va aussi penser aux débouchés commerciaux lors du choix de son cépage. Le Chardonnay étant par exemple très réputé à l’export quand l'Arbane est inconnu de tous.
Il peut donc choisir entre le premier s'il souhaite attaquer le marché mondial, ou le second s'il a envie de faire une cuvée plus spéciale et orienté vers des connaisseurs et amateurs éclairés en quête d’inconnu.
Avant tout, le porte-greffe doit être résistant au phylloxera.
Le 1613 C est très sensible au phylloxera, et le 41B et 333 EM peuvent présenter des faiblesses dans les sols très favorables au phylloxera (terrains calcaires, secs et superficiels).
La résistance au nématodes varie selon l’espèce et doit être prise en compte, surtout, si on replante sur une parcelle court noué.
Les plus résistants sont Nemadex, SO4, 5BB, 8B, 99R, 140 Ruggeri, 44-53, 4010 Cl, et Fercal
Avant de choisir un porte-greffe, il est obligatoire de connaître la nature de son sol. Il doit être adapté à la nature, au pH, au niveau d’humidité, à la profondeur, à la fertilité du terrain et à la pratique culturale de la parcelle sur laquelle il sera planté (enherbement).
L’IPC est sûrement le critère le plus important à prendre en compte. En effet, un mauvais choix de porte greffe sur ce point peut mener à l’arrachage complet de la parcelle dans les 5 premières années de production.
L’IPC tient compte de la teneur en calcaire actif du sol mais aussi de celle du fer extractible.
IPC = calcaire actif en % x 10 000 / (fer facilement extractible en ppm)²
Un IPC fort cause des soucis de chlorose ferrique pouvant bloquer le développement et entraîner la mort lente du cep.
Fercal (fer+calcaire) est un des porte-greffes les plus résistant à la chlorose.

Vitis Vinifera résiste bien au calcaire actif
Vitis Berlandieri résiste bien au calcaire actif assez bien à la sécheresse et confère une bonne vigueur.
Vitis Riparia résiste mal au calcaire actif, résiste bien à l'excédent d'eau mais mal à la sécheresse, et est peu vigoureux (système traçant)
Vitis Rupestris résiste mal au calcaire actif, mal à l'excédent d’eau mais bien à la sécheresse. Il confère une forte vigueur, et à un système plongeant.
Certains cépages et porte greffe sont incompatibles, il faudra vérifier leur compatibilité avant de choisir le porte greffe et le clone.
https://www.plantgrape.fr/fr/varietes/varietes-de-porte-greffes
Le système de conduite désigne l’ensemble des choix effectué par le vigneron pour mener sa vigne :
densité ha
ecartement entre rangs
orientation des rangs
hauteur et forme du tronc
système de taille
système de palissage
charge/souche
conduite du feuillage
contrôle de la production
Encore une fois, étant donné qu’en Champagne les vignerons sont obligés de suivre le CDC de l’AOC, leur choix est très limité.
Dans le reste de la France, les vignerons ont le choix en fonction de leurs objectifs de production, de respecter la réglementation fournie par le CDC de leur AOC, ou celui de leurs IGP, ou de faire ce qu’ils veulent en VDF.
CF cours système de conduite
Le mode d’implantation des souches d’une parcelle est caractérisé par les paramètres suivants :
densité
espace sur le rang
écartement entre les rangs
orientation des rangs
La densité de plantation va jouer sur la concurrence entre les ceps eux-mêmes. Elle va influencer la qualité de la récolte ainsi que le rendement.
Aujourd’hui la plupart des vignobles sont plantés entre 4000 et 10000 pieds/ha.
Les vignobles produisant des vins de qualités sont actuellement plantés entre 5000 et 10000 pieds ha, cependant, la densité aura un impact positif sur la qualité uniquement si on maîtrise le rendement et qu’on le limite à moins de 50 hl/ha (8000 kg) au delà, il aura même l’effet inverse, et aura tendance à fortement appauvrir les sols et à affaiblir les souches.
La distance de plantation aura un fort impact sur la maturité finale.
Les vignes étroites (moins de 2m d'écartement) doivent être basse afin d'éviter l’ombre portée, qui créerait un deuxième facteur de diminution de la maturité.
L’orientation des rangs d’une parcelle est guidé par les éléments suivants :
La topographie du terrain : si la pente est forte, les vignes sont établies en suivant les courbes de niveau (terrassement) ; par contre si la pente est moyenne à faible, la plantation peut se faire dans le sens de la pente.
L’ensoleillement : La meilleure activité physiologique du feuillage est obtenue pour des rangs orientés nord-sud ou nord-ouest-sud-est.
Le parcellaire : La plantation dans le sens de la plus grande longueur de la parcelle ou dans le même sens que les parcelles voisines est souvent retenue en raison de la mécanisation des travaux.
A raisonner selon la conduite, le cépage, le CDC de l’AOC, les objectifs économiques etc etc. (CF chapitre 5 : la taille)
On peut planter pour plusieurs raisons : changer de cépages, augmenter la production, remplacer une parcelle de vigne avec trop de manque ou un problème au niveau de la production.
Pour planter on doit faire une demande d’autorisation de plantation,
Laps de temps après demande d’arrachage
Premièrement avant plantation on fait l’analyse de sol (taux de MO, calcaire actif, texture…)
Deuxièmement on va aller regarder l’exposition, sud ou nord par exemple, topographie (risque de gel…), l’environnement de la parcelle, voir en hiver si y’a des mouillères (drainage).
Test de la bêche, du slip, fosse pédo …
Pour préparer sa plantation, il est impératif d’effectuer une analyse de sol après l’arrachage.
Les critères d’analyse :
Texture
Structure
MO
IPC et calcaire actif et total
Oligo élément (fer/potassium/calcium/phosphore/azote)
Capacité d'Échange Cationique (CEC) et taux de saturation
IAB (indicateur d’activité biologie) / K2 (taux de minéralisation)
C/N (rapport carbone/azote)
Le rapport C/N donne une idée de la vitesse de minéralisation des sols.
Un bon rapport C/N se situe entre 8 et 12, avec un optimum à 10. Il ne garantit pas forcément une bonne activité microbiologique, mais reste un indicateur intéressant concernant le ratio de disponibilité du carbone et de l’azote pour les microorganismes.

N2 + 3H2 = 2NH3
NH3 + H+ = NH4+
NH4+ - H+ = NH3 - H+ = NH2- -H+ = NH2- + O+ = NOH- -H+ = NO2- - E- = NO3-
Des bactéries appelées Rhizobium vont s’installer dans les racines principalement mais aussi sur les tiges et les feuilles des Fabaceae (leguminosae) et créer des excroissance (cécidies) nommées nodosités ou nodules. Elles vont avoir une relation symbiotiques, les bactéries fixatrices d’azotes vont fixer l’azote atmosphérique N2 dans ces nodules, améliorant la captation et les réserves en azote de la plante, et la plante elle, fournit le carbone nécessaire aux bactéries pour leurs métabolismes (sucre).

Sur une parcelle déjà plantée ou sur une friche que l’on récupère, il faut commencer par tout arracher. On commence par raser les ceps (couper tous les bois) puis on tire les bois, on broie, puis on enlève les fils (enrouleur à fils) avant de retirer les piquets (tracteurs + elingues par exemple ou à la main si sol très poreux. Ensuite on arrache les ceps (tracteur + charrue arrachage)
Puis on sort les ceps de la parcelle

On doit aménager sa parcelle en fonction des besoins, nivellement - terrassement, drainage.
Drainage : on pose des tuyaux en travers de la parcelle pour aider à l'évacuation de l’eau.
On doit faire une demande d’autorisation de drainage.
Nivellement pour remettre à plat la parcelle (si anciennement parcelle, casser les tournières, erosion. Terrassement notamment dans certaines régions comme à Banyuls.


Avant plantation on peut en profiter pour faire un travail profond : sous solage par exemple. Le but est de décompacté en profondeur, de fracturer d'éventuelles zones imperméables, ainsi que de permettre l’expansion racinaire en profondeur.
Défoncement : utilisation de charrues profondes. Le but est de remonter les racines pour court noué par exemple). Cependant, cela pose un problème important, cette action de labour profond retourne les horizons, enfouit la MO nécessitant un milieu aérobie, dans un milieu anaérobie, et inversement, expose à l’air des bactéries et champignons ayant un métabolisme anaérobie.
Décompactage : fissuration, fracture le sol sans retourner les horizons (à privilégier).
Ensuite on peut en fonction des analyses redresser le pH (chaulage à l’automne par exemple, puis remonter la MO.

Apport de MO raisonné avant la plantation, faire des apports au fur et à mesure plutôt que bcp au début.
A raisonner selon l’analyse de sol faite pour la plantation.
But :
Améliorer la stabilité structurale du sol, la perméabilité, la profondeur exploitable
Favoriser l’alimentation minérale de la jeune vigne
Corriger certains défauts du sol (acidité, excès calcaire, carence ou toxicité, antagonismes etc)
emmagasiner de la profondeur de réserve.
On peut aussi en profiter pour faire une fumure minérale, et apporter des éléments peu mobiles comme la potasse, le phosphore etc.

On commence par réaliser le tracé (cordeau, GPS) et piquetage
Choix de la technique de plantation : machine / manuelle
Choix du tracé du rang, tournière 
En général on utilise 3 cordeaux, et le théorème de pythagore pour faire un bel angle droit et des rangs droits avec le même écart.

Essayez de planter entre mars et mai, juin au plus tard, sauf pour les plants en pot dans les régions froides qui sont généralement plantées entre mai et juillet.
Coûts de la plantation on compte les 3 premières années avant production
Coûts de préparation, coûts d’installations achat du matériel palissage, des ceps, du travail du sol de la fumure de la main d’oeuvre etc
Généralement raisonné selon cahier des charges de l'appellation, sinon selon objectif de production, praticité de la pratique viticole, coûts de revient et de revente des bouteilles etc
Une fois tout le terrain prêt, le marquage fait, on commence par planter les ceps, on creuse un trou adapté (tarière, bicyclette) on ajoute de l'engrais pour plantation, on oriente l'œil dans le sens du rang, on enfonce suffisamment le plant sans l’enfouir non plus (5 bons centimètres au dessus du sol en gros) et on tasse bien. On arrose le jour même ou le lendemain, puis 5L tous les 15 jours environ. On peut attendre 1 an avant de mettre les tuteurs puisqu’on ne travaillera pas les cavaillons à la machine.
La deuxième année au plus tard, on met en place le palissage pour la
rentrée en production.
Les travaux en vert sont des travaux réalisés pendant la période végétative en vue de compléter la taille d’hiver et le liage et d’assurer un bon équilibre entre partie végétative et organes de production. Ils favorisent une bonne maturation et un meilleur état sanitaire des baies.
Définition :
L’ébourgeonnage consiste à supprimer les pousses indésirables sur le courson, la baguette et le bois de l’année. Le dédoublage fait partie du travail d’ébourgeonnage.
Facteurs influençants :
Climat : Selon le climat et les régions il peut être plus ou moins intéressant d'ébourgeonner
Le cépage : Certains cépages ou clones ont tendance à doubler ou rejaillir.
La vigueur : plus c’est vigoureux plus ça pousse etc
La santé du vignoble : Une parcelle a historique récent de maladie cryptogamique devra être mieux gérée si on veut éviter le développement des maladies, l’ébourgeonnage peut aider.
Objectifs :
Qualité : Maîtrise du rendement, concentration en polyphénols, sucre et acides, dans les brins restants. Cependant, la diminution du rendement reste limitée, car les grappes restantes sont généralement plus grosses et lourdes.
Sanitaire : supprimer judicieusement certains bourgeons permet une meilleure répartition du feuillage
Pérennité (Surtout sur les jeunes vignes) : En réduisant la production, on permet une redistribution de la vigueur dans l’appareil aérien, mais aussi dans les racines qui s'implanteront mieux. De plus, il permet de limiter les plaies de tailles, en enlevant les bourgeons ou la pousse avant que le sarment se lignifie.
Gain de temps à la taille
Comment :
C’est simple, on garde seulement les sarments partant des bourgeons latents conservés à la taille, et un maximum par bourgeon.

Quand :
Dès que possible, c'est-à-dire, dès que les rameaux commencent à pousser. En général, entre le débourrement et la floraison, donc entre mi-avril et mi-mai.
Il ne faut pas le faire trop tard sous peine d’arracher des gros sarments et de créer des plaies voir d’arracher des “languettes”.
Il ne faut pas hésiter à passer tôt quitte à faire un second passage pour enlever ce qui serait ressorti.
L’épamprage s’effectue généralement en même temps que l'ébourgeonnage.
Il consiste à retirer les pampres qui poussent sur la souche ou les charpentes.
Dans les vignes hautes il peut s’effectuer de plusieurs façons :
Manuellement, en frottant à la main, au sécateur, à la serpette ou à l’épampreuse manuelle (ou à manche, ou pesseau ou pamprier, paroir, pigouille…), ou avec des epampreuse à brosse manuelle
Mécanique portatif
Mécanique tracté, avec brosse rotative ou lanière
Chimique : on utilise les propriétés défanants des herbicides : quasi plus utilisé car très phytotoxique





L'épamprage mécanique fonctionne par abrasion ou arrachage des sarments. Pour une efficacité optimale, il faut intervenir lorsque les pampres sont encore tendres (non lignifiées) et si possible d'une longueur inférieure à 20 cm.
Selon les cépages, deux interventions seront nécessaires dans la saison.

Brosse en caoutchouc AVA

Egretier a boucle

Terral à lanières horizontales
Les épampreuses mécaniques peuvent être équipées de guides-fils pour éviter de prendre les fils de palissage, et de capteur de suivi de sol pour les parcelles présentant des défauts de nivellement. Ces machines étant utilisées près du sol, des piquets et des souches, elles sont équipées de dispositifs évitant la casse en cas d'accrochage : une articulation avec un vérin ou un ressort de rappel.

Tunnel d’épamprage chimique
Pour déterminer le débit de l’épampreuse on applique ce calcul :
D = (Q x L x V)/600 avec
(Q) : Le volume par hectare souhaité qui doit être compris entre 400 et 500 litres afin de mouiller correctement les pampres tout en limitant le ruissellement.
(L) : La largeur de travail correspondante à la hauteur du tronc assimilée à une surface plane.
(V) : La vitesse d'avancement qui doit être comprise entre 3 et 4 km/h. Ceci afin d'assurer un débit de chantier correct tout en évitant les phénomènes de rebond.
Attention, le volume théorique (D) calculé correspond à un tronçon (une face). Pour connaître le débit total de la rampe d'épamprage, cette valeur doit être multipliée par 2 (puisqu'une tête d'épamprage comprend 2 tronçons).
Déterminer le débit par buse (d)
Afin de pouvoir choisir correctement le couple buse / pression d'utilisation, il faut connaître le débit théorique par buse (d). Ceci en divisant le débit total de la rampe d'épamprage chimique (D) par le nombre de buses, généralement 4 (certains équipements peuvent être munis de 6 buses).
Choix du couple buse / pression
Il est facilité grâce à l'utilisation d'abaques fournies par les constructeurs de buse. Ces documents fournissent les débits (L/min) des buses en fonction de la pression d'utilisation.
Il faudra privilégier des buses fournissant le débit souhaité (d) à faible pression afin de limiter les risques d'embrun, cette pression doit être voisine de 2 bars.
Toujours dans l'optique de limiter les embruns, l'angle de pulvérisation sera généralement de 80°. Les buses ayant des angles de 60° seront intéressantes lors d'intervention dans des parcelles ayant une hauteur de tronc assez faible.
Réglage et vérification de la pression de travail
Il faudra enfin vérifier sa pression de travail, car une légère variation entre le débit théorique (déterminé lors des phases précédentes) et le débit réel peut être constatée (constante du pulvérisateur). Cette perte de charge est normale, propre à chaque pulvérisateur puisqu'elle dépend de la conception du matériel (filtration, longueur du circuit hydraulique, etc.).
CF Chapitre Choisir son matériel de pulvérisation
Pourquoi :
Limiter l’humidité dans les ceps et l’entassement
Limiter l’effet splash (échelle à mildiou)
Éviter un gaspillage d'énergie à faire pousser des bois inutiles
Éviter les plaies de tailles, surtout sur la souche et le trajet de sève
Favoriser le passage des machines à vendanger, sinon les baies vont tomber sur les pampres et tomber à côté des paniers ou écailles
Attention : en Champagne, comme on pratique des tailles à régénération, on n’épampre pas la souche ! sinon, pas de rachets pour les années suivantes.
Cependant, il peut être intéressant d'épamprer les charpentes en chablis, ou en cordon. Idem en guyot, on peut nettoyer les bras portant la baguette.
Facteurs influençant :
Âge de la vigne : les jeunes vignes rejettent plus que les anciennes
Le cépage : Le merlot par exemple rejette énormément
La vigueur : plus c’est vigoureux plus ça fait des pampres
La vigueur du sarment utilisé pour former le pied de vigne, plus les mérithalles sont long et moins il y a de noeud et donc de points de rejet à sa construction
La taille : si les yeux de la couronne sont bien rasés ou pas quand on taille les pampres qui n’aurait pas été retirés par exemple
Calendrier : avant pampres trop gros et surtout avant pampres lignifiées
Le relevage et le palissage sont des étapes cruciales de la viticulture. Il ne doit pas être négligé ou fait à la va-vite. Le relevage consiste à remonter les fils qui ont été baissés pendant l’hiver et à relever les brins qui pendent. Il à lieu lors du stade de croissance végétative entre le stade F (5 à 6 feuilles étalées) et le stade G (inflorescences séparées), soit au mois de Mai environ en Champagne.
Ensuite vient le palissage (qui peut être fait en même temps selon les viticulteurs). En Champagne, celui-ci consiste à séparer chaque brin, repasser les nouvelles pousses où celles qui étaient trop petites lors du relevage sous les fils et à séparer chaque pied d’une agrafe. Souvent au mois de Juin. Dans la plupart des régions de France, celui-ci consiste uniquement à repasser les brins sous les fils.
Objectifs :
Rentrer les brins dans le rangs pour gérer le volume de la vigne (mécanisation)
Répartir les brins pour optimiser la SFE/SECV
Éviter les entassements de végétation pour réduire la pression maladie
Faciliter la “grimpe” du feuillage vers le haut, vers le soleil, pour aider à son développement.
Limiter l’effet splash des brins qui pourraient pendre au ras du sol
Faciliter le reste des travaux (rognage, traitement etc)
Facteurs favorisants :
Cépage : certains cépages aux ports tombants on d’autant plus besoin d’être palissés qu’ils ont une tendance naturelle à vouloir ramper au sol
Facteur climatique : Plus le début de saison est chaud et humide, plus la vigne va pousser vite, et plus le risque mildiou est élevé. La corrélation de ces deux événements multiplie le risque de problèmes sanitaires.
Mode de conduite : En vigne étroite et basse, il est d’autant plus important de palisser que les brins vont vite se rapprocher du sol et vont vite envahir l’espace de travail (inter-rang). Au contraire, sur des vignes hautes et espacées, on peut plus facilement laisser le temps à la végétation de pousser.
Matériel :
Il existe différents types d’agrafes, comme des agrafes en galvanisé, en fibre de bois, en PLA ou encore en amidon.



Pour accrocher le fil il existe diverses solutions. On peut trouver des piquets intermédiaires avec des encoches ou des dents pour accrocher les fils dessus.
On peut aussi trouver des piquets en bois dans lesquels on à enfoncé des pointes classiques ou type fenox ou des barettes qui dépassent sur lesquelles on pose les fils.


On trouve aussi des écarteurs à relevage automatique type ecatik ou manuelle.
RELEVAGE AUTOMATIQUE AVEC L'ÉCARTEURS ECATIK.


Il existe aussi des étrilles pour porter les fils hors saison et éviter de les laisser traîner au sol pour faciliter notamment la période de travail du sol.

On peut aussi rajouter des écarteur vignes bouts de rangs pour avoir un rang bien palissé des le départ.

Il existe aussi des releveuses à bande pour faire le travail de palissage automatiquement
Quelle releveuse palisseuse choisir ?

On peut généralement la coupler avec une barre de coupe ou des couteaux pour écimer en même temps. On trouve des releveuse à bande, à vis sans fin etc.
Il existe deux principes, soit comme l’écatik, qui relève les fils grâce à des releveurs spécifiques, soit comme la Pellenc, qui remonte les sarments et déploie une ficelle et des agrafes pour palisser (souvent ficelle bleue biodégradable).
Le rognage consiste à couper l'extrémité des rameaux qui poussent en largeur afin de contenir la vigne dans un volume. Il à lieu généralement entre le relevage et le palissage. L’écimage consiste à étêter la vigne. On peut définir une hauteur d’écimage en fonction de différents critères, comme l’ombre portée, la SFE, la hauteur de l’enjambeur, mais aussi les contraintes de type stress hydrique, vigueur de la vigne ou carence azoté des moûts.
Une expérimentation réalisés dans le cadre du CPER 2007-2013 avec le soutien financier de FranceAgriMer et du Bureau Interprofessionnel des Vins du Centre sur l’INFLUENCE DE LA DATE ET DE LA HAUTEUR DE ROGNAGE sur le comportement physiologique de la vigne et la qualité des vins issus de sauvignon - essais 2007-2011 par la Sicavac produits des données intéressantes.

Impact de la hauteur du feuillage sur le potentiel hydrique de la plante
.
Impact de la hauteur du feuillage sur l’assimilation d’azote dans les moûts
En effet, un rognage haut et avant fleur par exemple aura tendance à augmenter la teneur en azote des moûts comparé à un rognage bas après fleur. Mais un rognage haut aura tendance à augmenter la consommation en eau lorsqu’un rognage bas la diminue.
Lors de l’expérimentation menée par la Sicavac, aucune différence significative sur les rendements n’a été relevée selon les modalité de rognage, seule la modalité éclaircissage à 50% présentera une diminution significative de rendement (de l’ordre de 20%).
Ces résultats sont corroborés par les résultats obtenus par Louis Castagno dans ses travaux sur le tressage et les modalités de hauteur de rognage (Castagno Louis. Impact du tressage, et de différentes hauteurs de rognage sur le comportement de la vigne, la maturité, et l’équilibre des moûts issus du cépage Chardonnay. Sciences agricoles. 2022. ffdumas-03942895f).
Le rognage bas permet de produire plus de grappes mais moins lourdes, ce qui revient au même.

Concernant la maturité, sans étonnement la modalité éclaircie possède la maturité technologique la plus élevée, ensuite les modalités rognées basses et notamment, avant fleur, présentent des taux de sucre plus faibles que les rognées hautes.²

La diminution de la concentration en sucre est liée à la base de la SFE et donc à la diminution du rapport feuille/fruit.

D’un point de vue aromatique, la modalité éclaircie est la plus rejetée, elle donne des raisins trop mûrs, des vins plats à cause d’un manque d’acidité et des arômes de surmuris. Cependant, il faut garder à l’esprit que pour avoir des échantillons comparables, les 4 modalités sont vendangées à la même date, et la modalité eclaircit étant mûre avant les autres à dépasser son optimum au moment de la récolte.


La période de rognage aura un effet important sur nos vignes. Il est possible de rogner avant fleurs ou après fleurs. De même, le rognage aura un impact sur la coulure. En pleine fleur, il permet de rediriger la sève vers les fleurs si coulure par exemple. Très stressant pour la plante surtout en pleine chaleur. Démarre les entre-cœurs.

Le tressage est une technique alternative à l’écimage. En effet l’écimage est la technique la plus utilisée pour limiter la pousse en longueur des rameaux.
On limite la pousse principalement pour la mécanisation de la vigne, pour garder des rangs praticables.
Cependant couper l’apex lève ce que l’on appelle la Dominance Apicale. L’apex exerce une forte concurrence vis à vis des autres parties de la plante car elle est riche en organites. De plus, étant le siège des hormones de croissance, et de par la propriété acrotonique de la vigne, une fois celle-ci retirée, l’inhibition des bourgeons sous-jacents est levée.
Les prompts bourgeons vont donc commencer à libérer les entre-coeurs, et la pousse de ceux-ci va à la fois consommer une partie des réserves de la plante (bois et racines) et en même temps créer un besoin en vigueur qui aura comme impact de rediriger le flux de sève vers les entre-coeurs. La croissance de nouvelles feuilles, plus consommatrice que productrice de sucres, aura pour effet de créer un retard de maturation.
De même, là où souvent on ecime et rogne, pour limiter le feuillage et faciliter les traitements, le départ de ces entre-coeurs favorisent l’effet d’entassement et augmentent le risque sanitaire en conséquence.
Un tressage maîtrisé va de pair avec une vigueur maîtrisée. Dans le meilleur des cas, après quelques années pour se régler, un bon tressage permet de supprimer les étapes du rognage, de limiter l’effeuillage et l’éclaircissage. Une fois le dessèchement apicale arrivé, la vigne va pouvoir avancer sur sa maturation plus tôt, sans initiation des prompts bourgeons, ou de façon épisodique.

Il existe plusieurs techniques pour tresser, soit tresser les brins de deux ceps adjacents entre eux ou autour du fil de palissage, soit enrouler les brins de chaque souches indépendamment autour du fil de palissage.

Soit tresser en arcures les brins des ceps adjacents entre eux.

Si les brins sont suffisamment longs et souples, on peut aussi les enrouler autours du fil dans un sens

Plusieurs études menées (Domaine Jacques Prieur, Domaine Arnaud Lambert), montrent que le tressage augmente les rendements, et la concentration en azote (pétiolaire, et mout). Cependant, le tressage aurait aussi tendance à accroître le stress hydrique (plus de feuilles, plus d'évapotranspiration). De même comparativement à une modalité rognée court et échardée, il favoriserait le développement de maladies les années de forte pression cryptogamique. Cependant concernant la maturation on retrouve des résultats assez convergents dans le sens où les vignes tressées seraient matures plus tôt, avec plus de sucre et moins de malique et d’AT en général.
Exemple résultat Jacques Prieur, Meursault



Pourquoi effeuiller la vigne :
Réduire le risque sanitaire (mildiou, botrytis et autres maladies crypto)
Faciliter la récolte (grappes visibles et accessibles estimé à environ 20 à 30% plus rapide + moins de perte d’oublie
Faciliter la pénétration des produits phytosanitaires (taux de recouvrement des grappes sur vigne fortement vigoureuse augmente de 100% en moyenne)
Amélioration de la qualité organoleptique (les raisins exposés au soleil et à la chaleur : augmentation de la synthèse des composés phénoliques et des arômes ; Pour les rouges, plus tanniques, pour les blancs, plus aromatiques). Cependant, en cas de forte chaleur : risque d’échaudage
Réduire la photosynthèse et donc la consommation d’eau de la plante (stress hydrique)
/!\ Attention : Baisse de la mise en réserve pour l’année suivante.
Les principaux facteurs d’influence de l’effeuillage sont : la période à laquelle il est réalisé, son intensité, le cépage, les conditions climatiques de la saison ainsi que le type de matériel (manuelle, thermique…)
Différents type d’effeuillage :
Avant floraison : Perte de rendement (20% en manuel et jusqu’à 40% en mécanique), amélioration organoleptique (environ +5% à 10% en concentration, sucre et AT).
Précoce : risque de millerandage, mais permet l’épaississement des pellicules et augmente la résistance à l’échaudage. En cas d’effeuillage tardif, on augmente le risque de grillure. On effeuille face soleil levant, car les rayonnements UV sont moins forts le matin que l'après-midi (pic de rayonnement UV entre 13 et 15h).
Tardif : Lors de la maturation, quelques semaines avant la récolte, pour diminuer les risques de pourriture grise et aider à la maturation, ou faciliter la récolte.


Type de matériel :
Par soufflerie :

Autre avantage : si vous le faites à un moment où c'est trempé, avant traitement par exemple, l’air peut aider à sécher les bois etc. On peut régler l’inclinaison des buses de soufflage, ainsi que la pression (selon l’épaisseur des feuilles et densité de feuillage) ainsi que la vitesse de rotation des buses (plus lent = plus précis, plus rapide = plus homogène)
Par aspiration :

Aspiration + rouleau

Aspiration + Hélices hélicoïdales (ou pales droites)
Thermique :

Effeuilleuse thermique
On peut régler la température ainsi que le débit d’air. Avantage : pas de blessures mécaniques. Inconvénient : Nécessite d’anticiper car la chute des feuilles n’est pas instantanée (2 semaines environ).
L’écoeurage (ou échardage, rabiotage, émaillage) des vignes consiste à retirer les entre-coeurs.
Le but est multiple :
Éviter que la vigne s’épuise à faire pousser des entre-coeurs inutiles
Réduire l’entassement dû à la pousse des entrecoeurs
Dégager les grappes en conservant les feuilles adultes collectrices d'énergie lumineuse
Il peut être intéressant à mettre en place conjointement à un rognage pour conserver que les bonnes parties du rognage.
L’éclaircissage ou vendange en vert consiste à réduire la production en supprimant des grappes ou baies entre le stade floraison et maturation.
Eclaircissage physiologique : Suppression de fleurs ou de grappes ou grains au stade petit pois. Il peut être manuel ou chimique (utilisation de produit comme l’éthéphon (Sierra).
Période selon la réduction de récolte souhaitée :

Point fort : beaucoup plus rapide que l'éclaircissage manuel.
Point faible : Résultat incertain, difficile à gérer et à prévoir l’année, pas autorisé en bio, polluant.
Eclaircissage mécanique : À l'aide d’une machine à vendanger, environ 30 jours après floraison
Vendange en vert : période optimale avant la véraison après fermeture de la grappe. Prends environ 100 h/ha pour être fait correctement.
Point fort : Augmente le TAVP, efficace pour les vignes très chargées et aérer les grappes. Évite la dilution, améliore la qualité des jus.
Point faible : Augmente le TAVP, temps de travail élevé, mesure corrective mais ne résout pas le problème de l’adaptation de la charge à l’objectif de produit
Il existe différentes maturités à surveiller pour déterminer la date de vendange :
La maturité technologique : est déterminée par le rapport sucre/acide contenu dans le raisin. Souvent calculé au réfractomètre par le vigneron est une composante importante dans le choix de la date de la récolte.
La maturité phénologique : représente la fin du cycle végétatif (= maturation, après véraison et avant chute des feuilles)
La maturité physiologique : Pépins sont prêt à la reproduction et mûres
La maturité polyphénolique : représente la période ou la pellicule sera la plus riche en anthocyanes et où les tanins seront le moins astringents. Facteur important d’un point de vue organoleptique tanin en sous maturité = goût herbacé et astringence = désagréable tanin sur maturité = tanin oxydés (les tanins sont antioxydants, ils se combinent naturellement à l'oxygène, s’ils sont déjà combinés dans le raisin, plus fort risque d’oxydation plus tard dans la vinification et perte de la structure du vin).
La maturité aromatique : on va chercher à ne plus avoir d'arômes végétaux (methoxypyrazines (=goût de poivron) qui disparaissent a plus de 35°C par exemple) et une hausse des aromes varietaux (thiols sur sauvignon blanc par exemple).
La maturité oenologique : est la plus importante, elle est la réunion de toutes les précédentes maturités, elle détermine le stade de maturité souhaité par le vigneron pour la vendange.
Pour determiner le stade de maturité on doit analyser et deguster le raisin, on va regarder la couleur et l’épaisseur de la pellicule (épaisse = pas mûre), on va gouter le jus, sans les pépins et la peau, puis on regardera la couleur des pépins si ils sont plutot jaune ou marron et on pourra les croquer aussi afin d’évaluer la dureté et l’astringeance des tanins. En analyse on regardera le TAVP, l’acidité totale ainsi que le pH du jus de raisin pour se faire une idée de l'évolution de la maturité du raisin. On peut faire des prélèvements soit même dans les vignes afin d’avoir une estimation de la maturité, un peu moins précise qu’en labo mais avec des résultats instantanés et gratuits.
Il y a plusieurs protocoles de prélèvement pour faire le suivi de maturité dans les vignes. Dans l’idéal, les prélèvements doivent commencer à la fin de la véraison pour suivre l’évolution. Deux prélèvements avant vendange sont un minimum. Au début du suivi, un prélèvement par semaine suffit mais, à l’approche des vendanges, deux par semaine deviennent nécessaires pour préciser la maturité optimale. Le mieux est de les faire à jour et période de la journée fixes. Pour permettre une comparaison entre millésimes, le préleveur et la méthode de prélèvement doivent être les mêmes d’une année sur l’autre.
Prélèvement par grappe entière :
• Cueillir au hasard 15 à 20 grappes/parcelle (Toute taille, tout stade de maturité)
• Une grappe maximum/souche
• A tous les niveaux du cep, sur toute la longueur du rang (éviter les bouts de rang et rangs de bordure)
• De chaque côté de l’inter-ligne
Avantages :
• Rapidité
• Renseigne sur l’évolution du botrytis
• Renseigne sur le poids moyen des grappes

Prélèvement par baies :
• Cueillir au hasard 200 baies (Toute taille, tout stade de maturité)
• A tous les niveaux du cep, sur toute la longueur du rang (éviter les bouts de rang et les rangs de bordure)
• De chaque côté de l’inter-ligne
• De chaque côté de la grappe (au dessus, en bas, devant, derrière)
Avantages :
• Plus grande fiabilité si correctement et rigoureusement réalisé
• Écrasement des baies plus facile
Détermination du poids moyen du prélèvement (balance de précision au
gramme près). Détermination de la fréquence d’attaque de botrytis :
nombre de grappes touchées divisé par le nombre total de grappes 
On démarre par les bulles (il ne faut pas trop de sucre 10/11 car il faut refermenter) et on veut souvent un peu d’acidité.
Ensuite les blancs secs et rosés sec, car on cherche plus l’acidité que le sucre en général
Ensuite les rouges plus tard car on cherche souvent moins d’acidité et des tanins plus mûrs et en plus grandes quantités
On termine par les moelleux et liquoreux car on veut beaucoup de sucre, et des raisins bien botrytisés ou passerillés.
Les facteurs météorologiques vont jouer sur les dates de vendanges. La pluie peut apporter de la pourriture grise et diluer les baies, de même une légère pluie après une longue période de sec peut provoquer une petite augmentation de l’acidité dans les baies. Au contraire, l’absence de pluie peut provoquer une perte de rendement, un stress hydrique qui peut induire un blocage de maturité.
Le temps d’exposition au soleil va aussi jouer sur la synthèse des sucres, la température sur la dégradation des acides et l’amplitude thermique sur l’assimilation des tanins.
L’encépagement jouera un rôle (cépage + ou - précoce)
Le parcellaire (latitude, exposition nord ou sud, type de sol, )
ITK (Tressage, taille tardive etc)
La disponibilité du personnel, du matériel, les modalités de récolte (vendange machine, manuelle, égrappage, tri…) joueront aussi sur la date fixée de récolte.
Le cahier des charges selon les AOC (TAVP mini-maxi par exemple)
Le ban des vendanges est l'autorisation administrative de commencer la récolte du raisin. Le terme exact est “lever le ban des vendanges”, c'est-à-dire l'interdiction de commencer à cueillir le raisin.
Il faut s’assurer à l’avance de la disponibilité des hommes : contrats saisonniers, les permanents. Pour les vendanges manuelles : des découpeurs, des porteurs, des conducteurs, des réceptionneurs etc. Pour les récolte machines, il peut falloir des tractoristes supplémentaires.
Pour les vendanges manuelles il faut prévoir les sécateurs, les vendangettes, les sceaux, caisses, hottes, les tracteurs, les bennes, les pressoirs, conquets, cuves etc
Pour les vendanges mécanisées soit on possède tout le matériel sinon si machine en CUMA bien prévoir les dates de disponibilités.
Afin de bien préparer ses vendanges il faut :
Prévoir un ou des chefs d’équipes
Prévoir les rotations coupeurs-porteurs
Donner les consignes de sécurité (eau, crème, tenue de pluie, prévoir trousse de secours, casquette etc), de ramassage (attention au pourri, à l'écrasage, limiter la trituration, pas de caisses qui débordent, pas jeter les grappes etc), de tri etc (pas de feuilles pas de grapillons pas de pourri en fonction des objectifs définis)
Placement en ligne chaque côté du rang en quinconce (pour éviter de couper le doigt d’un copain de l’autre côté du rang)
90 à 120 kg/h/personne ou 500 kg/j jusqu’au double pour les meilleurs à la tâche, pour une année de production où on atteint le rendement butoir de l'appellation et 1 ramasseur pour 5 coupeurs.
La vitesse est influencée par différents facteurs, le rendement par pied, les travaux en vert, l'encépagement, la hauteur de palissage etc. L’ambiance de travail, la consommation d’alcool le midi aura un impact. La météo ainsi que la bonne organisation et les moyens nécessaires (pressoir adapté…) sinon risque de point de ralentissement
Les vendangeurs sont payés au smic soit 12.02/h brute/salarié, chargé environ 16€-17€/h/salarié
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
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Machine à vendanger + option si on veut (différents types de tri etc), + porteur si machine portée
Tracteur + benne
Conducteurs
Réceptionneur vendange
Coupeurs pour les endroits inaccessibles ou qui passent derrière (optionnel)
Cahier des charges AOP/AOC
Technique en fonction de la parcelle (sols portants, écimage, rognage etc)
Etat du raisin (maturité et état sanitaire homogène)
Réglage machine
Vitesse de 3 à 6 km/h en fonction du cépage, mode de conduite etc
Nombre bennes ( la machine s'arrête ou pas)
Protection (sulfitage, inertage, levurage, enzymage …
Il faut compter environ 2h/ha à la MAV pour vendanger (5000 de densité), une MAV coûte entre 150 et 350 k € (dépend si occasion ou neuve, autotractée ou portée etc). Le coût de revient est d’environ 300 € /h
Il faut aussi compter 2h environ de nettoyage tous les jours minimum.
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
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Le grain est composé de trois parties distinctes : la pellicule, ou peau, la pulpe, ou chair, les pépins, ou graines. Pour les cépages champenois, qui se caractérisent par des raisins de petite taille, les proportions en poids entre les trois éléments sont de l’ordre de 9 % pour la pellicule, de 86% pour la pulpe et de 5 % pour les pépins.
X
X
X
La nouaison est une étape clef qui succède à la fécondation. Cette étape est celle qui voit la transformation de l’ovaire fécondé de la fleur en fruit.


De la nouaison jusqu’au début de la véraison l’augmentation du volume de la baie est dû principalement à du grandissement cellulaire.
Les facteurs du grandissement cellulaire sont :
Le nombre de cellules du péricarpe
L’état hydrique et azotée de la vigne
Le nombre de pépins par baie
La concentration en hormones de croissance
La multiplication des cellules de l’ovaire a lieu dans les ovules (4 maximums par baie) en 8 à 12 jours.
Les graines, ou pépins, de la baie de raisin sont les ovules
fécondés.
Les pépins de raisins sont composés pour 36 à 40 % d’eau, 10 à 12 % de graisse-huile, 7 à 8 % de tanin, 34 à 36 % de matières hydrocarbonées, 1 à 2 % de matières minérales et 1 % d’acides gras volatils. Chaque grain renferme normalement 4 pépins, parfois seulement 2 ou 3.
Choisir son pulvérisateur est une étape cruciale et importante pour un vigneron. Dans l’optique de transition écologique, il constitue un levier important concernant la réduction des doses de produits phytosanitaires et de la consommation énergétique. De plus, le changement climatique augmente les itérations de maladies cryptogamiques comme le mildiou, le choix d’un matériel adapté à ses besoins et performant est donc d’autant plus important.
Il existe de nombreux types d’appareils différents

Un pulvérisateur face par face permet un dépôt de produit homogène sur la vigne grâce à sa position, et au réglage du débit des diffuseurs. On trouve des face par face pulvérisant par le dessus du rang, et d'autres pulvérisant directement dans le rang. Les appareils pulvérisant dans le rang permettent une meilleure répartition de la bouillie sur le feuillage. Quand on sait que de nombreuses maladies comme le mildiou “attaque” par le bas (provient du sol, se déclare en premier sur les feuilles basales), on comprend que la pulvérisation par le haut n’est clairement pas la meilleure approche.
L’avantage d’une pulvérisation du dessus c’est l’amélioration de la maniabilité et la limitation de l’encombrement.
Concernant les non face par face, les diffuseurs ne permettent pas de répartir le produit de manière homogène. Il est donc obligatoire d’alterner les rangs de passage pour augmenter l'homogénéité de la répartition du produit avec ce type de pulvé. Au sein des non face par face, on retrouve les jets dirigés et non dirigés. Les jets dirigés étant le pire type de pulvé qui existe c’est de la merde.
Les appareils sont classés en 3 catégories selon la dérive, Faible, Moyen et Élevé.
Dans les faibles on retrouve :
Appareils face par face par le dessus
Pulvérisateur confiné
Face par face avec descente dans le rang et assistance d’air
Dans les moyens :
Face par face sans assistance
Élevé :
Appareils non face par face
L’arrêté du 4 mai 2017 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants définit une ZNT par défaut de 5 mètres aux abord des points d’eau. Cette ZNT concerne tous les produits phytopharmaceutiques (à l’exception des utilisations sur plantes aquatiques ou semi-aquatiques ou sur rizière) et peut être portée à 20 ou 50 m selon l’autorisation de mise sur le marché du produit.
Il est possible de réduire les ZNT de 50 ou 20 m à 5 m sous réserve de respecter 2 conditions simultanées :
1. Présence d’un dispositif végétalisé permanent d’au moins 5 m de
large en bordure des points d’eau :
– arbustif pour les cultures hautes (arboriculture, viticulture, houblon
et cultures ornementales hautes), la hauteur de la haie doit être au
moins équivalente à celle de la culture ;
– herbacé ou arbustif pour les autres cultures.
2. Mise en œuvre de moyens permettant de diminuer le risque pour les
milieux aquatiques.
Ces moyens doivent figurer sur une liste publiée au Bulletin officiel (BO agri). Chaque moyen retenu doit permettre de diviser par au moins trois fois le risque pour les milieux aquatiques par rapport aux conditions normales d’application des produits.
Attention : ne pas confondre les ZNT (zones de non traitement) avec les DVP (Dispositifs végétalisés permanents), ces derniers ne sont pas réductibles.
Sur la base des recommandations de l’Anses, des distances de sécurité ont été instaurées par la modification de l’arrêté du 4 mai 2017 à proximité des zones attenantes aux bâtiments habités, des lieux accueillants des personnes vulnérables (écoles, hôpitaux, maison de retraites,...) et des lieux accueillants des travailleurs fréquemment présents.
En l’absence de mention dans l’AMM, la distance minimale à respecter pour l’application de produits phytopharmaceutiques est de :
20m incompressibles lorsque le produit contient une substance CMR 1 (cancérogène, mutagène, reprotoxique) ou perturbateur endocrinien (liste concernée par cette distance)
10m incompressibles lorsque le produit contient une substance CMR2 (cancérogène, mutagène, reprotoxique probable)
à l’exclusion des produits de biocontrôle, des produits composés
uniquement de substances de base ou de substances à faible risque
:
- 10m pour l’arboriculture, la viticulture, les arbres et arbustes, la
forêt, les petits fruits et cultures ornementales de plus de 50 cm de
hauteur, les bananiers et le houblon
- 5m pour les autres utilisations agricoles et non agricoles.
Les distances appliquées conformément au c) peuvent être réduites dans le cadre de chartes départementales sauf à proximité des lieux accueillants des personnes vulnérables.
Pour protéger les plantes et arthropodes non cibles, certaines AMM prévoient le respect d’une ZNT de 5, 20 ou 50 mètres vis à vis d’une zone non cultivée adjacente.
Contrairement aux ZNT aquatiques ces ZNT ne peuvent être réduites et la réglementation ne prévoit pas le respect d’une ZNT minimale (comme pour les cours d’eau : 5m).
La mention d’étiquetage prévue par le règlement UE n°547/2011 (SPe 3) indique que ces distances doivent être respectées par rapport aux zones non cultivées adjacentes (ZNCA).
Les ZNCA ayant un objectif de préservation des arthropodes et des végétaux non-cibles, on peut les définir comme toute zone végétalisée située à l’extérieur de la parcelle cultivée contiguë à cette parcelle, à l’exclusion des autres parcelles cultivées, des voies de circulation, des zones constituant des mesures de gestion, des zone d’habitations.
On y retrouve donc les bois, les taillis, les fossés, les mares ou les bords de routes larges.
Vieille technologie, utilisée principalement pour le désherbage chimique. La bouillie est aspirée par une pompe puis éclatée au niveau d’une buse. Il n’y a pas de flux pour porter les gouttes. La pression et le type de buse vont déterminer la répartition de la bouillie et la taille des gouttelettes. Avec un appareil à jet projeté, la pression doit être suffisante pour garantir que les gouttes formées auront suffisamment d'énergie pour atteindre le feuillage ciblé. En général, pour le désherbage, on utilise des buses à fente ou jet plat.

Pour les jets portés, la technique est sensiblement la même mais on ajoute un flux d’air qui vient “porter” les gouttelettes formées jusqu’au feuillage. Ceci permet de faciliter la pénétration de la bouillie dans le feuillage.
Pour le pneumatique, la technologie est différente. Pas de buse cette fois-ci, un “filet” de bouillie coule et tombe sur un flux d’air à grande vitesse ce qui va “éclater” la bouillie et former des gouttelettes qui seront aussi portées par le flux d’air.

La vitesse de travail va avoir un impact très important sur l’efficacité de la couverture générale des produits phytosanitaires.

Les appareils face à face à jets portés ou pneumatiques sont ceux qui ont les meilleurs résultats, ce sont les plus efficaces. Ensuite ils peuvent pulvériser dans le rang, ou par le dessus du rang. Dans le rang offre la meilleur efficacité mais est moins facile dans sa mise en œuvre.

Pulvérisateur pneumatique traîné face par face par le dessus Berthoud

Pulvérisateur pneumatique traîné face par face dans le rang Teyme
De manière générale, les deux se valent à peu près. Cependant quelques différences peuvent permettre de faire un choix.
Les jets portés sont généralement plus précis, avec une pulvérisation plus homogène du fait de la buse qui créer les gouttelettes. Les pulvérisateurs pneumatiques sont plus difficiles à régler car ils sont dépourvus de buses.
Les pulvérisateurs pneumatiques consomment plus de GNR, environ 15 à 20% de plus en début de campagne quand les jets portés ne tournent pas au maximum et de l’ordre de 5 à 10% après quand ils sont en charge maximum.
Cependant, un des avantages du pulvérisateurs pneumatique est de pouvoir passer à moins de 150 L/Ha sans perte d’efficacité, ce qui n’est pas le cas avec un pulvérisateur à jet porté.
Il faudra choisir entre gain de temps, contre perte en maniabilité, prix plus élevé et encombrement supérieur.
Les jets portés et pneumatiques sont tous les deux équipés de ventilateurs qui vont consommer de l'énergie pour tourner.
Les réglages dépendent du montage général du pulvérisateur. Les rampes à pendillards sont moins efficaces que les appareils face par face mais ont un bien meilleur rendement efficacité/puissance qui rendent ces appareils toujours d’actualité. Ils permettent d’équiper des vieux tracteurs ou des tracteurs peu puissants. Les appareils à jets portés sont moins sensibles au vent que les appareils pneumatiques. Il est donc possible de modifier le débit d’air en fonction de l’évolution de la croissance végétatif ou au type de traitement pour réduire la consommation de puissance consommée et donc de fuel.

Pendillards viticoles
Le pulvérisateur embarque différents équipements. Une buse de lavage, afin d’optimiser le rinçage des cuves. Une cuve de rinçage, qui a une contenance d’environ 10% du volume totale de la cuve et qui sert à rincer celle-ci (rinçage à la parcelle par exemple). Un couvercle, une cloison anti-roulis, des agitateurs et une vidange.
De plus, un bidon lave-main, contenant de l’eau claire, doit être fixé sur le tracteur et est destiné à l’opérateur en cas de besoin. Il doit être indépendant des autres éléments du tracteur et muni d’un robinet. La contenance doit être supérieure à 15L.
On trouve aussi une pompe, pour pomper la bouillie, et une distribution, pour alimenter les rampes. Il existe aussi des trémies d’incorporation, pour sécuriser les opérations de remplissage et optimiser le mélange.
Aujourd’hui les pulvérisateurs sont accompagnés d’appareils électroniques de contrôle. A l’aide de capteurs ils permettent d’afficher des données tels que la vitesse d’avancement, la pression (en bar), et le volume de bouillie épandue. Grâce au débit proportionnel à l'avancement (DPAE) le débit de liquide varie en fonction de la vitesse d’avancement du tracteur pour garantir un volume d’épandage ou de pulvérisation à l'hectare constant.
Certains boîtiers peuvent aussi gérer le remplissage et le rinçage à la parcelle.
Le contrôle périodique des pulvérisateurs est obligatoire. Depuis le 1er Janvier 2021, les contrôles pulvés sont valables seulement pour 3 ans.
La première visite doit être faite au bout de 5 ans après l’achat du matériel.
Ensuite une liste de réglementation et de normes doivent être respectés :
L'orifice de remplissage doit être à moins de 1.3m du sol ou d’une plate-forme, sinon un incorporateur de produit doit être utilisé. Le diamètre de cet orifice doit être d’au moins 30 cm
Une notice en français évoquant la procédure de maintenance, les précautions utilisateur, la procédure de réglage et de réduction de dérive doit être fournie.
Si l’enjambeur dispose d’une cabine, les conduites de bouillie ne doivent pas passer en cabine. En l'absence de cabine, les conduites doivent être équipées de protecteur plein protégeant l’opérateur en cas de fuite.
Une cuve de 15 litres d’eau propre doit être installée sur l’enjambeur
Les éléments tournants doivent être protégés. Si l'entraînement de la pompe et du ventilateur est commun, alors le système doit permettre le débrayage du ventilateur.
L’appareil doit être stable au remisage
L’opérateur doit être protégé de tout contact avec la bouillie lors de la vidange de la cuve
La pression de service admissible doit être inscrite en rouge sur le manomètre, le circuit doit être muni d’une soupape de sécurité empêchant la pression de dépasser de plus de 20% la pression admissible
Les jets doivent être équipés d'anti gouttes. A la coupure des jets, il ne doit pas s’écouler plus de 2mL en 5mm de bouillie par buse 8 secondes après la coupure
Le volume global de la cuve doit être supérieur de 5% au volume nominal de la cuve.
Fiabilité, précision et lisibilité des instruments de réglages. Dimension et position du manomètre
Les dispositifs de remplissage installés directement sur la cuve ne doivent pas permettre un retour de bouillie dans le réseau
La hauteur de la rampe doit être réglable
Cette liste n’est pas exhaustive de toute la réglementation. En outre, il est aussi recommandé, mais pas obligé, de suivre quelques autres instructions :
La cuve doit disposer d’une surface lisse et non adhérente et la vidange doit permettre l’évacuation du volume présent au fond de la cuve
Le volume résiduel total de bouillie dans le pulvérisateur doit être inférieur à 0.5% du volume nominal de la cuve auquel il faut ajouter 2L/m de rampe
La position des jets est prédéterminée, la différence de débit entre buses ne doit pas excéder 5% de la valeur de référence
Des tamis avec maillage inférieur à 2 mm doivent être installés au remplissage
Les filtres doivent être facilement accessibles et démontable lorsque la cuve est pleine
Un dispositif de mélange permet d'homogénéiser la bouillie. Les écarts de concentration ne doivent pas excéder 15%
Le flux d’air ne doit pas varier de plus de 10% du flux nominal
La cuve de rinçage doit avoir une contenance d’au moins 10% de la capacité totale des cuves ou 10 fois le volume résiduel à diluer
Le rinçage du circuit doit pouvoir être réalisée indépendamment du rinçage des cuves lorsqu’elles sont pleines
Une taille de goutte optimale permet aussi d’assurer un dépôt correct du produit sur le feuillage et de maîtriser la dérive. Il existe 3 indicateurs de la granulométrie des buses :
Le diamètre moyen en volume (VMD) qui permet d’exprimer la taille des gouttelettes selon le volume de bouillie pulvérisé. Correspond a la valeur pour laquelle 50% du volume total du liquide pulvérisé est formé de gouttelettes de diamètre supérieur à la valeur moyenne et donc 50% inférieur.
Le diamètre moyen de sauter (SMD) qui permet d’exprimer la finesse d’une pulvérisation d’après la surface pulvérisée. Correspond au diamètre d’une gouttelette dont le rapport volume/surface est égal au volume total de toutes les gouttelettes par rapport à la surface totale couverte.
Le diamètre moyen en nombre (NMD) qui permet d’exprimer la taille des gouttelettes d’après le nombre de gouttelettes contenues dans une pulvérisation. Cela correspond au fait que 50% des gouttelettes ont un diamètre supérieur au diamètre moyen.
En pulvérisation agricole on utilise généralement le rapport VMD/NMD pour caractériser une buse de pulvérisation
La buse est un élément essentiel du pulvérisateur. Un bon choix de buse permettra une meilleure protection phytosanitaire, un meilleur respect de l’environnement (dérive) et un dosage plus précis et donc une réduction des PPP employés. Les buses remplissent 3 rôles principaux :
Réglage du débit de liquide à une pression donnée
Atomisation de la bouillie en gouttelettes
Dispersion des gouttelettes
Pour commencer à choisir sa buse, il faut d’abord connaître sa dose à appliquer à l'hectare puis choisir un couple calibre/pression adapté.
Il faut cependant éviter les calibres trop petits car le risque de colmatage augmente rapidement avec des calibres trop petits.
Il faudra aussi choisir un type de buse.
https://gutelandwirtschaftlichepraxis.ch/fileadmin/user_upload/6.85-86_buses.pdf
De plus, afin d’atteindre ses performances maximales, les buses doivent être utilisées à la pression recommandée par les fabricants.
Si elles se bouchent, il faut en avoir de rechange et surtout ne pas souffler à la bouche dedans. On en met une de remplacement puis on nettoie l’autre une fois rentrée. On peut utiliser un nettoyeur à ultrason, qui est un outil beaucoup plus efficace que la brosse a dent.
Lors de la mise en œuvre des produits phytosanitaires en viticulture peut rencontrer 3 types de zones réglementées. Les ZNT, les DSPPR (distance de sécurité pour les personnes présentes et les riverains) et les ZNCA. Ces distances pourront être modulées selon le type de produits pulvérisé, le matériel utilisé (buse antidérive etc). Il faut aussi enregistrer ses pratiques, avec un dispositif végétalisé permanent dans la zone des 5m et utiliser des moyens techniques limitant le risque de dérive. Ces moyens doivent figurer sur une liste publiée au BO agri du ministère de l’agriculture.
Pour les appareils avec ventilation, il est important de respecter des vitesses d’avancement comprises entre 4,5 et 5,5 km/h maximum. Pour les appareils pneumatiques, en général, le volume par hectare de bouillie à privilégier se situe entre 120 et 180 L.
Pour les rampes à pendillards il vaut mieux attendre que la rosée soit évaporée car elle réduit la qualité de la pulvérisation.




Pour régler l’inclinaison des diffuseurs, il est conseillé d’utiliser la technique de la plaque de fer rouillée. C’est simple à mettre en place, il suffit d’une plaque de fer rouillée qu’on pose dans un rang, regarder la qualité de la pulvérisation, la bonne répartition et le tour est joué.

Les produits phytosanitaires se dégradent plus ou moins rapidement dans l’eau. L'hydrolyse est influencée par le type de molécule dilué, l’état physico-chimique du milieu (température, pH etc) ainsi que selon la formulation du produit.
L'hydrolyse est renseignée par la demi vie, cela correspond au moment ou 50% de la substance active est hydrolysé, et 50% ne l’est pas.
L’efficacité du traitement dépend fortement des conditions climatiques lors de l’application. L'hygrométrie doit être comprise entre 60 et 95%, la température entre 12 et 20°C et le vent entre force 0 et force 3 sur l'échelle de Beaufort (19km/h). Ne pas traiter sous la pluie, ça ne sert à rien.
On peut visualiser les impacts de la bouillie grâce aux papiers hydrosensibles.
Le tracteur est une invention majeure qui a profondément transformé l’agriculture. Avant son apparition, les travaux des champs reposent essentiellement sur la force animale. À partir de la seconde moitié du XIXᵉ siècle, les premières machines à vapeur ouvrent la voie à la mécanisation, puis le moteur à combustion interne permet la création des premiers véritables tracteurs au début du XXᵉ siècle. Grâce à ces innovations, l’agriculture est entrée dans une ère de productivité et d’efficacité inédite.
Le châssis du tracteur enjambeur est sa colonne vertébrale. Contrairement à un tracteur interligne, il est conçu en forme de “U” inversé, avec un tunnel central suffisamment haut et large pour passer au-dessus du rang de vigne sans l’abîmer. La structure est renforcée pour supporter le poids des équipements (vendangeuse, pulvérisateur, rogneuse…), mais elle doit aussi rester suffisamment compacte et maniable pour évoluer dans des parcelles souvent étroites et pentues notamment en Champagne et en Bourgogne.

Il existe différents types enjambeur, des “cavaliers” capable d’enjamber 1 rang que l’on appel aussi enjambeurs 2 rangs (surface de travail) et des enjambeurs 3 rangs

Placée en hauteur, la cabine du conducteur offre une excellente visibilité sur le rang et les outils. Selon les modèles, elle peut être simple ou climatisée, avec un confort adapté aux longues journées de travail. Le poste regroupe les commandes de conduite (volant, leviers ou joystick hydrostatique) et celles destinées aux outils (commandes hydrauliques, électriques, électroniques). L’ergonomie est pensée pour que l’opérateur puisse contrôler en simultané la progression du tracteur et le fonctionnement des équipements, tout en réduisant la fatigue.

Le moteur est généralement un moteur diesel de forte compacité, capable de fournir une puissance comprise entre 80 et 180 ch selon les modèles. Il entraîne la transmission hydrostatique ou hydraulique, adaptée aux besoins spécifiques de l’enjambeur : vitesse réduite, précision et régularité. La transmission permet de faire varier la vitesse en continu, sans rupture, ce qui est essentiel pour des travaux comme la pulvérisation ou la vendange mécanique. Elle assure aussi la distribution de puissance vers les différents circuits hydrauliques nécessaires à l’entraînement des outils.
Moteur diesel, comment ça marche ?
1 boite de vitesses mécaniques et powershift
L’hydraulique est le cœur de l’enjambeur. Des pompes hydrauliques
entraînées par le moteur alimentent plusieurs circuits à pression et
débit variables. Ces circuits actionnent la levée et le déport des
outils, le fonctionnement des pulvérisateurs, des interceps ou encore
des secoueurs de vendange. L’importance de l’hydraulique réside dans sa
polyvalence : c’est lui qui permet à une seule machine d’assurer des
tâches très différentes. La fiabilité et la capacité des circuits
(souvent plus de 100 L/min de débit) sont des critères
déterminants dans le choix d’un
enjambeur.
Hydraulique - Introduction - TP 1
Les enjambeurs sont montés sur quatre ou parfois trois roues (configuration « tricycle »), avec un écartement réglable selon la largeur des rangs. Les roues motrices sont généralement toutes entraînées, garantissant une bonne motricité dans les terrains accidentés ou humides. La direction peut être avant, arrière, ou encore articulée pour améliorer la maniabilité. Certains modèles sont équipés de suspensions spécifiques pour réduire le tassement du sol et améliorer le confort du conducteur.
L’une des grandes forces de l’enjambeur réside dans ses systèmes d’attelage, placés à l’avant, à l’arrière ou dans le tunnel central. Ces interfaces permettent de fixer différents outils, souvent avec un système rapide. Les outils peuvent être portés, semi-portés ou traînés. Le choix des points d’attache et la capacité de levage déterminent la polyvalence de la machine. De plus, la standardisation des attelages facilite le passage d’un outil à l’autre sans perte de temps.
Enfin, l’enjambeur ne prend tout son sens que par les outils qu’il emporte. On distingue quatre grandes familles :
Les outils de travail du sol (bineuses, interceps, cultivateurs) qui permettent de gérer l’enherbement et d’entretenir le cavaillon.
Les outils d’entretien de la végétation (rogneuses, écimeuses, effeuilleuses) qui servent à maîtriser le développement du feuillage.
Les pulvérisateurs assurent la protection phytosanitaire de la vigne.
Les modules de vendange mécanique, qui transforment l’enjambeur en vendangeuse capable de récolter rapidement les raisins.
Chaque outil s’appuie sur les circuits hydrauliques et la structure portante du tracteur.

Choisir son tracteur
Pour choisir son tracteur enjambeur, il faudra prendre en compte différents critères.
Type d’enjambement
Cavalier ou monorang
Trois roues
Deux rangs
La puissance du moteur
Calcul de la puissance du moteur :
Action Plan Carbone
La pneumatique
Les CPS
Les compétences psychosociales (CPS) sont un ensemble de capacités permettant à une personne de faire face aux exigences et aux défis de la vie quotidienne. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a identifié dix compétences clés, souvent regroupées en trois catégories :
Compétences cognitives :
Savoir résoudre des problèmes
Savoir prendre des décisions
Avoir une pensée créative
Avoir une pensée critique
Compétences émotionnelles :
Avoir conscience de soi
Savoir gérer ses émotions
Savoir gérer son stress
Compétences sociales :
Savoir communiquer efficacement
Être habile dans ses relations
Avoir de l'empathie pour les autres
Situez vous dans ces 10 compétences et décrivez quels sont vos points forts, et quels sont vos points à améliorer. Une fois ceci réalisé, listez au moins 2 méthodes pour améliorer ce qu’il doit l’être que vous pourriez mettre en place.
La roche mère détermine les caractéristiques du sol (plus ou moins perméable, chargé en minéraux etc)
La roche mère à été dégradée par différents facteurs, notamment chimiques, et climatiques.

1ere image : sous l’effet du vent, de la pluie à ph acide du gel du chaud etc la roche mère se fracture se fissure et dans ses micro fissures et fractures des plantes dites pionnières s’installent.

2eme image : Leurs racines continuent de fracturer cette roche (de nombreuses plantes libèrent des ions H+ formés continuellement par l’activité biologique des microbes et des racines) ⇒ Formation d’un horizon d'altération de la roche-mère.
3ème image : La plante meurt et se transforme en dépôt organique sur cette roche mère, de même les espèces vivantes qui sont entre-temps venues coloniser ces plantes meurent aussi etc. L’accumulation de ces dépôts organiques finira par créer une couche organique ou horizon humifère composé de particules de plus en plus fines avec le temps.

4ème image : Enfin les premiers arbres continuent de fracturer la roche mère et de déposer de la matière organique (branche feuille insectes…). De plus, il y a des mouvement entre les strates (infiltration par la pluie…), l’eau qui s’infiltre va emmener les nutriments vers le premier horizon imperméable (lixiviation) souvent c’est la roche mère elle même, et créer ainsi un horizon d’accumulation, riche en nutriment. D’autres phénomènes vont permettre la remontée de ces minéraux (capillarité quand le sol sèche au-dessus, vers de terre…).

Les sols sont composés à 25 % de gaz, 25 % de liquide et 50 % de solide.
On les caractérises par leurs tailles (granulométrie)
P<0.002mm ⇒ Argiles
0.002 à 0.02mm ⇒ Limons fins
0.02 à 0.05mm ⇒ Limons grossiers
0.05 à 0.2mm ⇒ Sables fins
0.2 à 2 mm ⇒ Sables grossiers
2mm à 2cm ⇒ Graviers
2cm à 5cm ⇒ Cailloux
5cm à 20cm ⇒ Pierres
P > 20 cm ⇒ Roches
Les sols sont constitués de 3 types de textures : les argiles, les sables et les limons. On pourra procéder à l'analyse de la texture de nos sols grâce à un tamis ou par sédimentation (dans une bouteille).
Tous les éléments de plus de 2 mm ne sont pas pris en compte dans le triangle des textures. Les éléments grossiers ne sont pas intéressants car plus il y en a, moins il y a de terre fine, donc les sols sont plus pauvres. En effet, ils ont moins de réserves (CAH), et sont plus difficiles à travailler. Cependant ils sont plus drainant ils ont plus d'inertie thermique.
Les sables sont très drainants et leur capacité de rétention d'eau est très faible. Ils stockent peu d'eau mais ils évitent l'excès d'humidité. Ils offrent de bonnes conditions sanitaires, ils sont perméables à l'air ce qui favorise le réchauffement des racines.
Ils permettent une bonne aération du sol. Toutefois les sols sont peu portants et donc difficilement mécanisable le sable est abrasif et use les outils prématurément.
Les limons sont des particules plus fines que les sables. Sous l'effet de la pluie les particules sèchent et durcissent formant des croûtes imperméables à l'air et à l'eau. On appelle ce phénomène croûte de battance.
Les limons ont une forte capacité de rétention d'eau mais se tassent facilement.
Les argiles sont les particules les plus fines, elles donnent beaucoup de propriétés aux sols, elles se positionnent en feuillet et proviennent de la dégradation de la roche mère.
Il existe plusieurs type d’argiles :
Kaoliniques
Smectites
Montmorillonites
…
Propriété des argiles :
Les argiles interviennent fortement dans la rétention des cations (ions h+) car les argiles sont chargés négativement. Beaucoup de nutriments sont des cations.
La CEC (capacité d’échange cationique) est liée à la concentration en argile du sol. Les argiles sont hydrophiles (dû à leurs formes en feuillet qui piègent l’eau), ils ont une forte capacité de rétention d’eau.
Les argiles peuvent se gonfler sous l’effet de l’eau, elles sont modelables (forte plasticité), elles sont adhésives, elles collent sous les bottes et elles ont des propriétés colloïdales : capacité à sédimenter etat dispersé ou état floculé si cations en présence.

La matière organique stable représente entre 1 et 5% des sols, elle se situe principalement en surface au niveau de l’horizon humique. Elle est très importante mais aussi rare et fragile. Elle est composée de entre 50% et 70% de carbone, de 5% d’azote et d’autres éléments.
Elle est stable à l’état naturel, mais sous l’influence du climat et des pratiques agricoles, elle peut rapidement se désagréger.
La matière organique fraîche, composée des feuilles, branches, sarments, animaux morts, déjections animales, couverts végétaux broyés etc va être attaquée par les décomposeurs (champignons, levures, bactéries…). Elle sera transformée en produits transitoires (humus jeune ou MO libre, assez grossier) non lié à des minéraux, 100% organique.
Elle sera partiellement minéralisée ⇒ Humus ⇒ CAH (complexe argilo-humique) : très stable (+1000 ans avec d'être minéralisé), représente jusqu'à 90% de la MO.
Le rapport C/N (carbone sur azote) donne l’indice de minéralisation des sols, soit un indice sur l’activité biologique des sols.
En sol cultivé, le C/N doit se situer entre 8 et 12. Au-dessus de 15, la minéralisation est lente et la matière organique brute s’accumule. Au-dessous de 8, la transformation est rapide, il y a perte d’éléments fertilisants, notamment en produits azotés facilement lessivables

Le CAH est constitué d’argile et d’humus (les deux sont des anions) liés par l’ion calcium (cation). Les anions vont retenir les cations du sol : potassium magnésium, etc faisant des stocks pour la plante.
Si le sol est acide le CAH va avoir du mal à retenir les cations car H+ prendra les places disponibles.
Les racines libèrent des ions h+ qui acidifient les sols. Pour garder un pH entre 6 et 6,5 on chaule régulièrement (inutile sur sol très calcaires) on cherche à garder des sols avec un pH entre 5.5 et 6.5.
Minéralisation : transformation de la matière organique en minéraux
On parle de minéralisation primaire, rapide, qui se fait sur la M.O facilement dégradable, ou secondaire 2 à 3% de l’humus par an. Pour favoriser la minéralisation, il faut de la chaleur et de l’humidité ainsi que des nutriments pour les bactéries.
La solution du sol est composée d’eau, de matériaux en suspension (résidu de dégradation, de la roche mère et des apports) + toutes les autres substances dissoutes.
Les ions h+ se retrouvent dans la solution du sol ou stockés dans le CAH. Quand ils se trouvent dans l'eau, ils sont consommés ou lessivés ou échangés avec le CAH.


L’atmosphère du sol est composé d'oxygène (entre 18 et 20%) et d’azote (78 à 80%) et de CO2 (0.2 à 3%) principalement en surface, l’oxygène se raréfie à mesure que l’on descend (asphyxie racinaire) et selon les types de sols.
La texture d’un sol variera en fonction de sa composition d’un sol sableux à un sol argilo-limoneux.

Permet d’avoir une idée sur la qualité du CAH
Texture sableuse : plus de 60% de sable
Texture limoneuse : plus de 35% de limons
Texture argileuse : plus de 25% d'argiles
On cherche un équilibre entre les textures, les sols les plus faciles à cultiver sont les sols argilo-limoneux.
La structure est la manière dont les sols sont constitués : gros agrégats, petits agrégats, compact, poreux ?
L’idéale c’est la structure grumeleuse ; agrégats visible à l’oeil nu + porosité

Différentes structures :
Sans agrégats :
Particulaire : particule par particule
Massive : Énorme bloc de terre
Avec agrégats :
Fragmentaires : macro-agrégats
Arrondis : grumeleuse (<2cm) ou grenue (<1mm)


On peut aussi trouver des structures Angulaire (prismatique), squameuse (croûte de battance), lamellaire (altération de schiste) etc.

Sol à structure grumeleuse
La stabilité de la structure va dépendre notamment de la qualité des argiles et du taux de matière organique. Elle va aussi dépendre du pH, de la présence ou non de couvert vegetaux, du drainage et de l’écoulement des sols.
La dégradation de la structure est due à divers facteurs :
Compactage due principalement au passage des engins et des hommes et aux facteurs climatiques (pluie). Provoque des difficultés pour l’eau, l’air et la chaleur à s’infiltrer. pour limiter le compactage passer uniquement quand c’est sec et limiter le poids des engins. Sinon en correctif sous solage, enherbement avec plantes primaires.
Semelle de labour : suite au passage de la charrue, sous le sol à cause du socle de la charrue
Manque de régénération de la structure : favoriser la présence de vie microbienne à travers l’apport de MO via des couverts et enherbement ou amendements.
La solution du sol est composé principalement de cations
Calcium Ca2+
Potassium K+
Magnesium Mg2+
Azote ammoniacal NH4+
et tous les oligoéléments type bore, manganèse, fer, molybdène…
La solution du sol est aussi composé d’anions :
Phosphate Po4-
Nitrates No3-
Soufre So4 2-
Le pouvoir adsorbant est la capacité du sol à fixer des ions à sa surface.
La mise en évidence du CAH date de 1850.
L’écart est fonction de l’attraction de l’eau autour des éléments.
Il y a quelques cations dans le CAH. Les anions peuvent se fixer au CAH via des ponts calciques (souvent CA2+) en se fixant sur des cations.
La concentration en ions dans la solution du sol peut varier.
Les enrichissements :
Apports
Minéralisation
Dégradation de la roche mère
Dépôt naturel de MO
Les appauvrissements :
Le lessivage
Dégradation de la structure
Lixiviation
Prélèvements effectués par les plantes
Apport excessif d’un ion
Exportation
Concerne les ions libres ou échangeables. Il y a toujours un équilibre entre les ions de la solution du sol et ceux du CAH (50%/50%).
Si on fait un apport d’un élément dans le sol, le CAH va libérer des cations pour fixer la moitié de l’apport, les éléments libérés vont se fixer à d’autres éléments de la solution. Le CAH va libérer des cations pour retrouver l'équilibre.
CEC (capacité d'échange cationique) : Nombre de places dispo sur le CAH. L’unité est le Meq (milliéquivalent). Les meq est une unité qui tient compte non pas du nombre brut d’atome dans une solution (mol ou mmol, aussi appelé molarité) mais le nombre d’ions dans une solution. Il tient compte de la valence des ions (monovalent, divalent etc. on parle de normalité).
CEC :
>30 très élevé
20 à 30 élevé
10 à 20 moyenne => OK
5 à 10 faible
<5 très faibles
Le taux d’argile va grandement impacter la CEC. Le taux de MO (notamment l’humus) aussi. Jouer sur les apports de MO permet d’améliorer la CEC. Si la cec de nos sols est faible de base alors privilégier des petits apports de MO constant pour éviter le lessivage.
Ions échangeables :
CA2+
K+
Mg2+
Na+
Les ions h+ vont aussi se fixer au CAH, prenant des places aux cations. Le pH du sol aura donc un fort impact sur la nutrition des plantes.
Taux de saturation = nombre d’emplacement ion échangeables/nbr emplacement CAH

pH = potentiel Hydrogène, calcule le nombre d’ions h+ (h3o+) d’une solution.
Si pH trop bas, il y a un risque de dégradation de métaux phytotoxiques.
Facteur qui peuvent augmenter l’acidité des sols:
La minéralisation relâche du h+ dans la solution du sol, le CAH libère du ca2+ pour fixer le h+
Décalcification
Les apports ammoniaqués
Pour désacidifier un sol on peut chauler, c'est-à-dire, apporter de l’oxyde de calcium (CaO) afin de remonter le pH des sols. En dessous de 5.5 de pH le chaulage est nécessaire. Entre 5.5 et 6.5, il est envisageable, au-dessus de 6.5, il est non nécessaire.
Le pouvoir tampon : plus un sol est riche en colloïde, plus il va avoir de pouvoir tampon car il va pouvoir retenir beaucoup d’ions H+. Les sols acides ont du mal à avoir une structure stable, des agrégats se forment moins facilement.
L’entretien mécanique permet de favoriser le développement de la vigne en agissant sur l’amélioration des propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol et en contrôlant la concurrence de l’herbe.
On utilise différents outils pour travailler le sol :
Griffes ou cultivateurs
Lames
Décavaillonneuses
Vibroculteurs
…
On peut travailler les sols principalement pour améliorer leurs structures (agrégats), leurs porosités (aérations, asphyxie, ressuyage…), mais aussi pour gérer l’enherbement, et donc la concurrence nutritionnelle.
Avantages
Fractionnement du sol = éviter les croûtes de battances, ressuyage, infiltration de l’eau
Destruction de l’enherbement
Aération du sol
Enfouissement des amendements
Inconvénients
Dégradation de la structure (retournement des horizons)
Semelle de labour
Érosion
Rend les parcelles moins praticable en cas de pluie
Destruction des racines superficiels
Blessures sur le tronc voir arrachage de ceps
Aggravation de chlorose sur sol calcaire en particulier lors de printemps humides
Remonté en surface des graines non germées d’adventices
Schéma conventionnel :
Chaussage en automne, déchaussage au printemps : intérêts ??
Afin d’évacuer l’eau au milieu du rang, enfouir les ceps pour protéger du gel, recouvrir l’herbe du cavaillon.
Pseudo labour en cours de saison : à pratiquer en début de saison quand sol ressuyé pour porosité du sol, avant les périodes de pluie pour infiltration d’eau, en début de stress hydrique pour casser l’enherbement et la concurrence hydrique (attention sol nue, et sol seche sur plus profond si pas réalisé correctement). 10/15 cm suffisent, 30cm max.
Utilisation de dents pour ouvrir le sol pour aération.
Interceps lames pour désherber le cavaillon
Les mêmes que mécaniques, mais en gagnant un maximum de temps, et en évitant une repousse rapide.
Utilisation de produits herbicides.
Pré-levée, antigerminatifs (Préventif), Post-levée (Curatifs)
Préventifs : Sur sol nus, par absorption racinaire ou sur graines pour empêcher que les adventices se développent
Curatif : systémique le plus souvent, rentre dans le système de la plante et agit selon divers mécanismes (empêche la synthèse des chlorophylles…)
Avantages
Rapide
Efficace
Préventif
Longue durée
Très peu coûteux
Augmentation de la portance des sols
Réduction ruissellement et érosion (par rapport au mécanique) sur faibles pentes
Peu de blessures ceps, et pas racines
Souvent augmentation de rendements
Inconvénients
Réduction de la perméabilité des sols
Érosion dans les fortes pentes, déchaussement des ceps
Pas d’enfouissement des engrais
Contamination des eaux environnantes
Risque de phytotoxicité pour les ceps (dérives)
Difficulté de complantation
Sélectionne des adventices résistantes
Appauvrissement de la biodiversité
Destruction d’un écosystème
Limiter l’érosion
Faciliter le passage du matériel (portance)
Améliorer la structure physicochimique du sol
Réduire la vigueur de la vigne et améliorer la qualité de la récolte
Alternative désherbage
Maîtriser l’enherbement, soit semé soit spontanée, via la tonte, l'éco pâturage, le mulching etc.
Avantages
Réduction érosion
Amélioration du taux de MO et donc CAH et tout ce qui va avec
assèchement des sols humides
Mulch l’été
Amélioration de la faune et la flore
Biodiversité
“filtre vert” pour les produits phyto
Concurrence donc baisse vigueur donc concentration sur charge adapté donc amélioration maturation etc
Diminution chlorose
Racine plongeante
Inconvénients
Maintien une hygrométrie propice aux maladies
Diminution de la disponibilité en azote du sol
Concurrence racinaire
Risque de glissement du matériel en forte porte
Augmentation des risques de gelées de printemps surtout sur vignes basses
Appauvrissement des moûts en azote.
Commencer par faire des analyses de sols régulières et des calculs de fertilisation le plus précis possible.
Aujourd’hui il existe de nombreux moyens de contrôler sa vigueur à la parcelle au m² (greenseeker, OAD etc) et donc de gérer son désherbage et sa fertilisation au cas par cas.
Il faut aussi prendre en compte tous les autres facteurs précédemment cités. On peut aussi faire des analyses pétiolaire ou de moût pour nos décisions de fin de saisons.
La fertilisation a deux buts principaux : satisfaire les besoins de la vigne en éléments minéraux ainsi que maintenir la potentialité du sol, c'est-à-dire, les rendements et la qualité de la récolte.
Si pas de fertilisation, on risque une baisse des rendements à cause de l'appauvrissement du sol. Cet appauvrissement peut être dû à l'érosion des sols, à la consommation des minéraux par la plante, au ruissellement, et à cause de la minéralisation de la matière organique.
A cause des exportations aussi (grappes de raisins au moins, et sarments si on brûle etc). On risque aussi une baisse de la qualité à cause notamment de problèmes physiologiques (faible vigueur, problème de maturité), la vigne est plus exposée aux maladies => impact sur maturité + déviances.
Si pas de fertilisation, il y a un risque de pollution aux produits phytosanitaires et des taux d’hydrocarbure dans les sols plus élevés car moins de micro-organismes dans les sols.
La fertilisation a aussi pour but d’améliorer la structure du sol et favorise l’activité microbienne.
La fertilisation permet en plus de ramener de l’azote et du carbone au sol, de ramener des oligo-éléments comme du fer, du bore etc.
Par an par hectare
Azote : 20 à 70 kg
Phosphore : 3 à 10 kg
Potassium : 25 à 70 kg
Calcium : 40 à 80 kg
Magnésium : 6 à 15 kg
Soufre : 6 kg
Fer : 600 g
Bore : 80 à 150 g
Cuivre : 60 à 120 g
Manganèse : 80 à 160 g
Zinc : 100 à 200 g
La betterave par exemple à besoin d’environ 250 kg d’N /ha /an
Les besoins en azote de la vigne sont modérés (20 à 30 kg/ha selon l’IFV pour une production modérée). Quand on parle de kg/ha on peut aussi parler d’unité d’azote, la vigne à donc besoin de 20 à 30 unités d’azote. La majeure partie de ces 20 à 30 kg d’azote peut être satisfaite par l’azote fourni par la minéralisation de la MO du sol.
L’azote rentre dans la composition des acides aminés (métabolisme), des acides nucléiques (génétique, ADN des cellules végétales), de la chlorophylle (nécessaire à la photosynthèse), et des hormones de croissance (auxines).
Le besoin en azote de la plante commence à la floraison et atteint son paroxysme lors du stade petit pois ainsi qu’à la véraison. Du débourrement à la floraison, la vigne vit sur ses réserves de l’année passée, et n’absorbe quasiment pas d’azote. Une fois la véraison passée, l’absorption continue faiblement avant de s'arrêter.

Cycle d’absorption de l’azote par la vigne
Une carence en azote se traduit par un jaunissement du feuillage de la vigne, un nanisme des feuilles, une faible vigueur ainsi qu'une faible fructification.
Carence en azote selon l’INRA :
Réduction de la vigueur et de la vitalité des souches.
Feuilles : décoloration du limbe variant du jaune au rouge-orangé en fonction des cépages (figure 5). Chute des feuilles.
Sarments : maturité anticipée, aoûtement prématuré.
Baies : diminution de la maturation et de la quantité.

Représentation schématique d'une feuille de vigne présentant une carence en azote (à gauche feuille carencée à droite feuille saine). Décoloration jaune orangé de l'ensemble de la feuille.
Le rôle du phosphore est complexe, il corrige les défauts d’azote, diminue la sensibilité à la coulure et aux maladies cryptogamiques, c’est un régulateur du développement des plantes. Les sarments bien pourvu en P2O5 (anhydride phosphorique) ont de meilleures réserves et ont des bourgeons plus fertiles. Le phosphore est indispensable au bon développement racinaire et donc, est très important pendant les premières années en particulier.
Dans le sol, le phosphore est très peu mobile. On le trouve sous trois formes : libre dans la solution et directement accessible, sous forme adsorbée, lié au CAH (forme échangeable), c’est deux formes représentent la réserve assimilable. La troisième forme est la forme indisponible, sous forme de phosphates insolubles (surtout dans les sols calcaires).
En pour 1000 du poids de terre fine :
sols pauvres <0.12
sols moyens 0.12 à 0.3
sols riches > 0.3
Résultats à interpréter en fonction de la teneur en MO, en argile, et en calcaire.
On ajoute en général le phosphore à la plantation, (on profite du sous solage pour le faire pénétrer en profondeur comme il est peu mobile) pour assurer un développement racinaire idéal. En général ça suffit pour toute la vie de la vigne. Dans les sols les plus riches (très calcaires ou acides), la fumure phosphatée servira à compenser les exportations sur la vie de la vigne (fumure d’entretien du sol). Sur les sols pauvres, le but est d’enrichir le sol, on parle de fumure de redressement.
Les engrais phosphatés sont enfouis par le labour de défoncement avant plantation, sur une vigne en place, ils sont enfouis par sous solage ou en bandes le long du rang.
On trouve sur le marché de nombreux engrais phosphatés (tricalciques, phospal ,bicalciques, superphosphates…), simples ou composés (PK, NP, NPK) issus des mines de phosphates ou des mines de fer. Le plus souvent on utilise des engrais composés type NPK pour le phosphate.
Carence en phosphore selon l’INRA :
Feuilles : accumulation d'anthocyanes dans les pétioles et les nervures qui prennent une teinte violacée, alors que le limbe devient plus foncé. Modification du port de la plante et défoliation prématurée (figure 8).
Baies : diminution de la taille et du nombre de
baies.
Représentation schématique d'une feuille de vigne présentant une carence en Phosphore (à gauche feuille carencée à droite feuille saine). Le limbe est plus foncé et les nervures ont tendance à devenir violacées.
C’est le cation le plus important, il intervient dans les principaux mécanismes de la plante (ouverture et fermeture des stomates etc), il active la croissance, c’est un facteur de vigueur et de rendement.
C’est aussi un facteur de qualité, il intervient au niveau de la production, du stockage et des migrations des sucres dans la plante. Il est très mobile dans la plante et accompagne les molécules organiques dans leurs migrations.
L'excès de potassium à cependant tendance à diminuer l’acidité des vins.
La vigne va stocker du potassium de la floraison à la chute des apex, puis lors de la maturation.
Les besoins journaliers peuvent atteindre 1 à 2 kg par jour pendant la période de croissance, et jusqu’à 3 kg par jour par hectare lors de la maturation pour des vignes très productives.
L'absorption du potassium varie en fonction du cépage et du porte-greffe par exemple il est faible pour 1103P, 41B ou 110R et fort pour SO4 et 44-53.
Dans le sol le potassium se trouve sous trois formes :
libre dans la solution, adsorbé et combiné, inclus dans les minéraux. La vigne absorbe le potassium échangeable qui se trouve à l’état d’ions libres dans la solution du sol ou adsorbé sur des particules solides, dans les feuillets de certaines argiles par exemple. Elle ne représente que 1 à 2 % du potassium total du sol. Le potassium combiné n’est utilisable qu’à long terme, il est libéré par minéralisation sous l’influence des conditions climatiques et des pratiques culturales. Le potassium change de forme en permanence, passant de libre à combiné et inversement. Il existe un rapport mesurant la part d’ion potassium dans la CEC nommé K/CEC.
Il est considéré normal lorsque sa valeur est de :
2% pour les sols très sableux (meq/kg <50)
4% pour les sols à CEC comprise entre 10 et 18 meq/100g (100 a 180 meq/kg)
5% pour les sols très argileux. (meq/kg >200)
Carence en potassium selon l’INRA :
Feuilles : réduction de la croissance, contour du limbe moins découpé et aspect lisse, brillant et légèrement en relief de ce dernier. Présence de petites lésions brunes sur la partie exposée au soleil, aux contours irréguliers. Décoloration inter-nervaire diffuse du limbe (avec une teinte jaune ou rouge en fonction des cépages) (figures 6 et 7). Nécroses et dessèchement du limbe et défoliation dans des cas sévères de carence en K.
Sarments : mauvais aoûtement des sarments, et baisse
de la productivité de la vigne.
Représentation schématique d'une feuille de vigne présentant une carence en potassium (à gauche feuille carencée à droite feuille saine). Présence de lésions brunes internervaires.

Enfin le potassium pose des problèmes d’assimilations d’autres nutriments, on appelle cela antagonisme.
Le magnésium est un composant chlorophyllien et sert de catalyseur lors de la réaction enzymatique de la photosynthèse. De plus, il renforce les parois cellulaires et la peau des baies. On peut apporter la magnésie sous différentes formes :
calcaire dolomitique
chaux magnésienne
sulfate de magnésie
Carence selon l’INRA :
Feuilles : décoloration inter-nervaire des feuilles débutant à la périphérie du limbe. Sur cépages noirs, la décoloration évolue du jaune vers l'orange, puis vers le rouge (figures 1 et 2). Pour les cépages blancs, les feuilles deviennent jaunes (figures 3 et 4).
Les tissus décolorés finissent par se nécroser progressivement à partir du pétiole.
Cette carence se manifeste d'abord sur les feuilles âgées

Représentation schématique d'une feuille de vigne d'un cépage rouge présentant une carence en magnésium (à gauche feuille carencée à droite feuille saine). Présence d'une décoloration rouge internervaire partant du bord du limbe.

Carence en magnésium sur merlot
Sert à la synthèse des protéines. Comme le Mg. Il est utile à la croissance, la fructification et à la formation des parois cellulaires.
Très rare carence, parfois compenser par chaulage sur sols très acides.
Carence selon l’INRA :
Affaissement des tissus internes (cambium, parenchyme...) conduisant à l'effondrement des parties herbacées de la plante.
Feuilles : jaunissement de la périphérie du limbe qui se recourbe vers la face inférieure, se nécrose et montre une apparence déchiquetée.
Racines : diminution de la croissance et modification de la consistance qui devient gélatineuse.
Le soufre est un des composants des enzymes. Il est un précurseur des thiols. Les carences en soufre sont inexistantes au vu de nos pratiques culturales actuelles.
Carences selon l’INRA :
Diminution de la croissance de la vigne.
Feuilles : jaunissement du limbe
Carence ou excès => coulure et millerandage influence la fécondation. Aide au transport des sucres.
Difficile à équilibrer.
Carence selon l’INRA :
Feuilles : décoloration diffuse du limbe qui devient blanc-jaune sur les cépages blancs, et rougeâtres sur les cépages noirs. Le limbe se nécrose en tâches entre les nervures et en périphérie. Il est aussi boursouflé, plus épais et coriace chez les jeunes feuilles.
Rameaux : croissance faible avec des mérithalles plus courts. Présence de nombreuses ramifications en zig zag. Apparition de protubérance sur les rameaux malades qui aoûtent mal, en particulier à leur extrémité supérieure.
Inflorescences : dessèchement et millerandage.
Baies : de consistance molle et de couleur vert sale ; leur pellicule a un aspect ridé.
Indispensable à la photosynthèse (un des constituants de la chlorophylle)
Les carences en fer sont courantes sur sols calcaires, on parle de chlorose ferrique.
Il existe 3 types de chloroses :
La chlorose vraie
La chlorose induite
La chlorose physiologique
La première est dûe à une réelle déficience en fer des sols et est très rare.
La seconde est liée à une indisponibilité du fer présent dans le sol, c'est-à-dire que le fer est là, mais la vigne n’est pas capable de l’absorber. C’est souvent le cas sur les sols très calcaire, car l’assimilation des éléments minéraux se fait plus ou moins selon le pH du sol

Diagramme d’assimilation des éléments minéraux en fonction du pH (Truog, 1948)
Comme on peut le voir sur ce tableau, l’assimilation du fer est quasiment multipliée par 2 à pH 6 par rapport à pH 6.5
La troisième est différente, le fer est bien présent et absorbé par les racines, mais soit la migration vers les feuilles est bloquée (déficience d’acide citrique nécessaire au transfert du fer dû à des réserves glucidique insuffisantes), soit le fer arrivé au niveau des feuilles n’est pas utilisable par la plante (non soluble).
Il est relativement compliqué de différencier le type de chlorose auquel on fait face (sauf la première par analyse de sol), surtout qu’elles ont tendance à être simultanés.

La chlorose ferrique se repère souvent par un jaunissement prononcé des feuilles, avec des nervures qui restent vertes, et des ceps plus chétifs que les autres, ou tous chétifs si problème pour toute la parcelle (mauvais porte greffe par exemple).
On peut régler le problème de différentes manières (chélate de fer pour débloquer l’absorption par exemple kélafer, séquestrène…)
Co-facteur enzymatique dans de nombreux mécanismes de la plante (photosynthèse…).
Les carences en zinc provoque de la coulure et des entre-noeuds courts,
Zn et Mn peu de carences car avant, dans les vignes, on utilisait du Mancozèbe (mn et zn)

Carence en manganèse
Le cuivre intervient dans le métabolisme des protéines de la plante favorisant, entre autres, la synthèse de composés comme le resvératrol, les phénols totaux, les anthocyanes, les peroxydases,…connus pour être des marqueurs de réaction de défense de la vigne.
Le cuivre aurait un rôle dans le métabolisme de l’azote : une carence conduirait à un excédent d’azote soluble attirant les ravageurs et favorisant le développement des maladies.
Les carences en cuivre n'existent pas en viticulture à cause de nos pratiques agricoles.
Les matières fertilisantes se divisent entre Engrais et Amendement, Minéral et Organique.
Définition : Produit organique ou minéral incorporé à la terre pour en maintenir ou en accroître la fertilité. Il peut aussi directement être apporté à la plante en foliaire.
Les engrais sont des apports directs de nutriments à la plante, ils ont un effet rapide, à court terme. Ils nourrissent la plante
Un amendement nourrit le sol à court, moyen ou long terme.
On distingue 3 types d’amendements ou d’engrais :
– Primaire
– Binaire NP, PK
– Ternaires NPK

L’azote peut-être ajouté à différent stades :
sous forme uréique, la forme la plus longue à assimilé par les plantes car elle doit être hydrolysé puis nitrifiée avant d'être assimilable
la forme ammoniacale NH4+, qui est rapidement disponible, il lui suffit d’être nitrifié (par des bactéries de type nitrobacter),
la forme nitrique NO3- (on parle de nitrate ou d’acide nitrique), directement assimilable par les plantes.
Les engrais azotés peuvent comprendre plusieurs formes d’azote, comme décrit dans le tableau ci dessus, par exemple, les ammonitrates, comme leurs noms l’indique, sont composés de 50% d’azote ammoniacal et de 50% d’azote nitrique (nitrates)
Engrais nitrique ou Nitrates, forme préférentielle consommée par les plantes, très lessivables. NO3-
Engrais Ammoniacal forme d’action plus lente, besoin d’être nitrifié mais beaucoup moins lessivable que l’azote nitrique (ou aussi appelé nitrate). NH4+
Les ammonitrates, ce sont les plus utilisés en France, ils contiennent entre 20 et 34.5% d’azote en fonction de ceux à dosage moyen ou haut. C’est un complexe intéressant car il associe l’action rapide de l’azote nitrique avec celle plus lente de l’azote ammoniacal. NH4NO3
Définition : UF : Masse unitaire d'élément fertilisant, généralement 1 kg. Terme utilisé dans certains pays pour exprimer, par des nombres dans l'ordre N-P-K (azote-phosphore-potassium), la teneur d'un engrais composé en ces éléments fertilisants.
Par opposition à l’azote minéral, l’azote organique provient de tout ce qui est organique, animaux, insectes, excréments, plantes, feuilles etc. Il est le constituant majoritaire de l’azote du sol.
Azote organique simple :
Urée ou carbamide, doit être hydrolysé puis nitrifié avant de pouvoir être absorbée par la plante (plusieurs mois) - CH₄N₂O
Azote organique complexe :
sang séché, résidu d'équarrissage, guano poisson/oiseau, minéralisation lente (plusieurs années)
BRF = Bois Raméal Fragmenté = Matière ligneuse fraîche supposée correspondre au sol de la forêt
OK en AB
Définition : Le phosphate est la source naturelle du phosphore. Ce dernier fournit un quart des besoins des plantes en nutriments, permettant leur croissance et leur développement. Le phosphore est utilisé dans plusieurs produits.
Les phosphates naturels ou phosphates tricalciques sont constitués de 25 à 35% P2O5 (pentoxyde de phosphore, unité commune pour doser les phosphates des engrais phosphatés), ils sont issus d’extractions de roches sédimentaires. Ils doivent être employés uniquement dans des sols avec un pH inférieur à 6.5.
OK en AB
Ou phosphate alumino-calcique, 34% P2O5, doivent être employés uniquement dans des sols ayant un pH supérieur à 6.5 (rare)
Les scories de déphosphoration dosent 34% P2O5 et 45-50% CaO (Oxyde de calcium, chaux vive, forme très pure de calcaire), peut s’utiliser partout mais de préférence sur sol acide
Dose 40% P2O5, s’utilise partout mais surtout sur sol très calcaire dans lequel il rétrograde très lentement (passage de l’état soluble (disponible) à l’état solide (indisponible)).
Dose 25 à 40% P2O5, et 20% CaO pour le super concentré ou 45% et 18% pour le super-triple ; à ne pas utiliser en fumure de fond sur sol très calcaire car il rétrograde rapidement dans ces conditions.
Sauf grosse carence c'est rare d'utiliser un engrais phosphaté simple, souvent apport de phosphates via engrais secondaire, P.K par exemple
Sulfate de potassium (K2SO4) =50% de K2O, engrais le moins cher mais libère du chlore donc plutôt sur sols acides. OK en AB
Patenkali : issu des mines alsaciennes, 28% de K2O et 9% MgO, ok pour AB
Chlorure de potassium KCl, 60% de K2O intéressant sur sol très calcaire, peu profond, en sols salés pour limiter le salant, et à préférer pour les apports tardifs
Définition : Opération visant à améliorer les propriétés physiques d'un sol ; substance incorporée au sol à cet effet.
Substance qui a pour effet d'améliorer les propriétés physiques des sols auxquels on l'incorpore et peut en modifier les propriétés chimiques et biologiques pour le rendre plus fertile.
Chaulages : Servent à réguler le pH
Pour baisser l'acidité d'un sol => apport de calcaires broyés, craies, marnes. Basification par dissolution, action peu rapide et dépend de la taille du granulat.
⇒ Chaux pour redresser quand problème, calcaire pour entretien
Apport non lessivable en hiver, apport lessivable juste avant la reprise de l'activité du sol
Définition : Composés organiques carbonés (toujours du carbone), qui sont destinés à l’entretien ou à la restitution de matière organique au sol.
Il y a de multiples formes d'amendement organique (compost, lisier, fumier, boue urbaine …)
On cherche, via l'amendement organique, à stimuler et entretenir la vie microbienne, l’activité biologique, du sol. On a un réseau trophique dans le sol de décomposeur, la base de réseau est la dégradation organique, il leur faut donc la matière à dégrader.
Définition : Un réseau trophique se définit comme l'ensemble des relations alimentaires entre espèces au sein d'un écosystème , par lesquelles l'énergie et la matière circulent.
Tous les décomposeurs depuis le ver de terre ont un rôle dans ce processus.
Si on a plus de MO, on risque des impacts sur la vigueur et la santé de la plante, le sol devient un support de la culture mais n’apporte plus les éléments nutritif.
Le rôle des bactéries est l’humification, (formation humus, constitué d'humine et d’acide fulvique et d’acide humique ). (Voir annexe 1)
L’humus est peu dégradable car ce sont des éléments qui sont en très forte densité. De plus, les molécules qui forment l’humus sont peu ou pas solubles dans les bases et les acides du sol.
Une partie de l’humus va se lier avec des particules très fines d’argile, la partie minéral qui compose l’humus sera beaucoup plus difficile à dégrader et va donc protéger l’humus de la dégradation.
Lors de la dégradation de la matière organique une partie, la matière organique fraîche, est rapidement consommée par la plante. Une partie va composer un stock de MO degradable assez rapidement (quelques mois) et enfin les matières organiques difficilement dégradable (ni fermentescible ni minéralisable) qui vont venir s’humifier et venir remplir les stocks de matière organique très stable du sol (souvent des molécules très carbonés). (Voir annexe 2)
L'amendement organique va jouer sur la structure et la porosité du sol, notamment sur l'aération (profondeur d’enracinement), la capacité de pénétration de l’eau, la stabilité de la structure. Si meilleure porosité alors le sol pourra se réchauffer plus vite, si l’eau pénètre mieux, moins de ruissellement et donc moins d'érosion.
Les amendements organiques vont avoir un impact sur le CAH. Ils vont améliorer la CEC de notre sol, en augmentant la capacité de stockage des ions et donc réduire les risques de lessivage.
Il va y avoir une fixation des polluants sur certaines particules puis une dégradation par certaines bactéries, ainsi les amendements organiques favorisent la dépollution des sols.
De même, elle va permettre la complexation des métaux (rétention des particules lourdes) et ainsi la baisse de la phytotoxicité.
Composé principalement de végétaux en fermentation, on peut faire un compost végétal avec les sous produits de la vigne comme les sarments. L'intérêt est de commencer la dégradation en avance, du coup les bactéries etc auront besoin de moins d’azote pour dégrader la matière. On peut aussi utiliser les marc pour faire du compost. Pour épandre son marc il faut faire des déclarations aux douanes, et des analyses sur taux d’azote et taux d’alcool du marc. Il y a aussi tout ce qui est écorce, BRF, paillage => attention consomme plus d’azote à décomposer qu’en fournit, peut faire une faim d’azote mais bon apport en humus.
Fumier, résidus d’équarrissage, guano… Digestat méthaniseur ⇒ tout ce qui est fermentescible est parti donc éviter.
Fait avec tous les déchets fermentescibles de la ville (poubelle rouge etc) éviter, souvent riches en métaux lourds et PFAS.
EN KG/TONNE
| Amendement | MO | C/N | N | K1 | Apport pour -1% humus |
|---|---|---|---|---|---|
| Fumier de ferme | 157.2 | 17 | 4.5 | 0.3 | 14 |
| Paille blé | 575.8 | 103 | 2.8 | 0.1 | 15.1 |
| Bois de taille | 479.7 | 92 | 2.6 | 0.3 | 6.7 |
| Marc | 220.8 | 21 | 5.3 | 0.5 | 8.5 |
| Compost végétal | 224.6 | 11 | 10 | 0.3 | 6.2 |
En dessous de 10 : minéralisation très rapide, constitue une réserve en azote fugace
10 à 14 : notre objectif, consomme un peu de carbone pour relarguer beaucoup d’azote et créer des réserves intéressantes pour la vigne
Au dessus de 15 : Minéralisation très lente, les micro-organismes vont puiser dans les réserves du sol pour dégrader la MO au lieu au contraire d’enrichir les sols ⇒ c’est le phénomène de faim d’azote
K1 : Coefficient d’humification : quantité d’humus théorique produite par l’amendement, attention variable selon sol, météo, climat.
K2 : Coefficient de minéralisation de la MO en azote.
Biochar
Les antagonismes décrivent les interactions bloquantes entre les ions minéraux dans l’assimilation de ceux-ci par la plante .

Tableau présentant les principales interactions dans l’absorption des éléments nutritifs (via le sol)

Diagramme de Mulder
La Charte de Mulder. La Charte de Mulder exprime l’interaction des éléments. Les lignes pointillées indiquent les relations stimulantes entre les éléments. Les lignes pleines indiquent les éléments antagoniques. Par exemple, le calcium peut entraîner une carence en magnésium, mais l’azote peut résoudre cette carence. Il est donc inutile d’ajouter du magnésium supplémentaire!
A été observée une corrélation entre la teneur en MO et la teneur en argile, en prenant en compte la qualité de la structure du sol. Les résultats sont résumés sur le graphique ci-dessous avec en abscisse l’évaluation de la structure (échelle allant de 1 = bonne structure à 5 = mauvaise structure), et en ordonnée le ratio MO/argile.

Si chaque propriété du sol peut être caractérisée par la seule teneur en MO, c’est bien le ratio MO/Argile qui détermine la qualité structurale globale du sol. Les sols avec une bonne qualité structurale ont généralement un ratio MO/argile plus élevé que les sols avec une mauvaise structure.
La prise en compte du ratio MO/argile et l’évaluation de la structure du sol grâce à la méthode CoreVESS a permis de déterminer des seuils sur lesquels se baser pour orienter les prises de décision, en complément de l’observation terrain.
Les sols avec une bonne qualité de structure ont un ratio MO/argile plus élevé que les sols dont la qualité de la structure est mauvaise. Ceci permet d'établir des critères pour la gestion de la MO sur les parcelles : plus il y a d’argile, plus il faut de MO pour obtenir une bonne structure du sol.
La ligne horizontale représente le seuil de 17% pour le ratio MO/Argile, en dessous duquel les structures sont mauvaises (scores de 4 et 5).
Est proposé un ratio de 24% comme optimum de terrain pour une bonne qualité de structure, et 17% comme objectif raisonnable pour les agriculteurs, atteignable même avec le travail du sol.
Enfin, 12% est un rapport en dessous duquel la qualité de la structure est très probablement médiocre et des mesures doivent être prises pour en améliorer la structure.
Rappel :
K1 : taux de transformation de la matière sèche en humus
ISMO : stabilité de la matière organique dans le sol.
K2 : taux de perte d’humus dû à la minéralisation de l’humus
Première étape : caractériser le sol.
Il faut commencer par effectuer une analyse de sol afin de connaître les caractéristiques physico-chimiques du sol et notamment, la densité apparente. (Annexe 3)
Ensuite calcul de la masse de terre fine :
MTF = Volume de terre (m3) x Densité apparente (Da ou masse volumique apparente en tonne/cm3) x teneur en terre fine (%) = sol - %age de cailloux.

Densité apparente selon la texture du sol pour une profondeur de 30 cm (BAIZE (2000) citant JAMAGNE (1977), MALTERRE et ALABERT (1963))
Pour déterminer le taux de cailloux, on fait une évaluation de la pierrosité du sol. (Annexe 4). Ensuite on calcule la quantité d’humus présent dans le sol de la parcelle (Annexe 5)
Quantité d’humus présent sur 0/30 cm de profondeur de sol (t/ha) : masse de terre fine (t/ha) × taux en MO de l'analyse (%)
Exemple :
Surface : 1 ha ou 10 000 m²
Profondeur du sol 20 cm ou 0.2 m
Volume de terre : 10 000 m²x 0.2 m = 2 000 m3
Volume = largeur x longueur x hauteur
Densité apparente : 1.4 tonne/m3
Teneur en cailloux : 25 %
Masse terre fine = 2 000 x 1.4 x 0.75 = 2 100 tonne/ha
Taux de MO : 1.8%
Objectif : 2%
2 100 tonnes/hectare x 1.8% de MO = 37,8 tonnes / hectare de MO
Objectif : 2100 x 2/100 = 42 tonnes / hectare
42-37.8 = 4.2 tonnes de MO à ajouter pour redresser la parcelle.
Estimation des pertes en humus par minéralisation entre deux apports
On utilise pour ca le coefficient de minéralisation K2, déterminer à partir d’un modèle qui prend en compte différents critères (BAIZE, 2000 : Guide des analyses en pédologie, 2ème édition, Editions INRA, tableau p 188, 266 p.)
Formule de calcule du K2 :
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Pour vérifier son calcule :
CF agrocalculette auréa : https://wiki.aurea.eu/index.php/L%27Agro-calculette_K2

Si on prend un sol avec 13% d’argiles et 10% de calcaire actif et une température annuelle moyenne de 10°C cela nous donne un K2 de 1.53 %, c'est-à-dire que 1.53 % de la MO se minéralise par an.
37.8 tonnes de MO par hectare x 1.53 % = 0.57 tonnes d’humus en moins par an.
Ensuite on estime le gain d’humus par humification naturel

ITAB, 2001 : Guide des matières organiques tomes 1 et 2, deuxième édition, ITAB, avril 200
On retiendra par exemple, 0 kg d’humus/an/ha pour les bois de taille car on les sorts de la parcelle, 250 kg/an/ha pour les feuilles et 120 kg/an/ha pour l’herbe
soit : 0.25 + 0.12 tonnes / an / ha = 0.37 tonnes / an
0.57-0.37 = 0.2 tonnes d’humus perdu par an.
On doit donc apporter 4.2 tonnes de MO supplémentaire pour redresser notre sol + 0.2 tonnes d’humus par an pour en conserver son potentiel.
Soit un engrais organique à 0.2 tonnes de MO / an
un amendement organique de 4.2 tonnes de MO total.
Disons que l’on souhaite redresser le taux de MO de la parcelle en 10 ans.
4.2 + 0.2 x 10 = 6.4 tonnes de MO en 10 ans ou 0.64 t/mo/an/hectare
Étape suivante : calculer la dose du produit organique choisi.
Il faut savoir, premièrement, que les amendements à base de matières végétales ont une valeur humifère, « qui produit de l’humus », supérieure à ceux provenant de matières animales. Un des critères fondamentaux de choix d’un amendement est son rendement en humus, c’est-à-dire son aptitude à donner naissance dans le sol à de la matière organique stable. L’ISMO (Indice de Stabilité des Matières Organiques) est un indicateur, mis au point par l’INRA, qui représente le pourcentage de matière organique stable rapporté à son taux de matière organique totale. Il donne donc une indication sur la quantité de matière organique permettant de reconstituer le stock humique du sol. Plus l’ISMO est élevé, plus l’amendement sera stable dans le sol.
(voir annexe 6 pour classement ISMO et annexe 7 pour la MO par type de produit)
On choisit par exemple d’utiliser un compost de déchets verts qui apporte en moyenne 200 kg/tonnes de MO avec un ISMO à 79% soit environ 200*79/100 = 158 kg/tonne de MO stable.
640 kg de MO/an / 158 kg de MO / tonne de compost = 4.05 tonnes de compost par an / hectare pour remonter de 0.2% de MO en 10 ans
Si on souhaite le faire fractionner pour éviter le lessivage, on peut faire un apport 15 tonnes/hectare la première année, puis 15 tonnes/hectare au bout de 5 ans, puis 10 tonnes/hectare la 10eme année.
Exercice : Sol 1.2% de MO objectif 2%
Surface : 1 ha
Profondeur : 20 cm
Teneur en cailloux : 20%
Rendement tonne de matière sèche par hectare :
Bois : Brûlés
Feuilles : 2 tonnes/ha
Herbe : 1.5 tonnes/ha
Teneur en argile : 30%
Teneur en limon : 30%
Teneur en sable : 40%
Teneur en calcaire total : 4%
Température moyenne annuelle en °C : 14
Établir un plan de redressement de la parcelle en 20 ans maximum, en utilisant un amendement organique.
Annexe 1 : Le sol propriétés et fonctions
1. Calvet R. Le Sol Propriétés Et Fonctions. 1 : Constitution Et Structure Des Sols Phénomènes Aux Interfaces. France agricole; 2003. // Pages 183 à 186 // https://www.google.fr/books/edition/Le_sol/stjPwnBDH-EC?hl=fr&gbpv=1&pg=PA183&printsec=frontcover
Annexe 2 : La matière organique du sol
Les produits organiques utilisables en agriculture en Languedoc-Roussillon - Tome 1 - 2011 - Chambre d’agriculture Occitanie
Annexe 3 : Protocole de Mesure de la masse volumique (densité apparente) du sol, du volume d’eau qu’il contient
Sciences de la vie et de la Terre - Académie de versailles - 2014
https://svt.ac-versailles.fr/IMG/docx/densite_du_sol.docx
Objectif : on cherche à mesurer la densité d’un sol, réfléchir sur sa capacité de rétention en eau, la porosité totale…
Matériel :
Cylindre de volume connu (ex : raccord de tuyau en alu ou en PVC de 50 mm minimum)
Balance
Etuve
Récipient résistant à la chaleur (barquette en aluminium par exemple)
Protocole :
Prélever un échantillon de sol humide à l’aide du cylindre utilisé comme un emporte-pièce.
Préparer un récipient allant à l’étuve. Peser le récipient à vide.
Vider l’échantillon de sol prélevé dans le récipient et peser l’ensemble.
Mettre le récipient avec l’échantillon à l’étuve pour séchage (105°C).
Peser à nouveau. La différence entre la masse humide et la masse sèche donne la masse d’eau contenue dans le sol (et donc le volume).
Résultats :
On peut calculer :
Masse volumique du sol (ou Densité apparente : Da) = poids sec sol / volume cylindre (en g/cm3)
Teneur en eau massique = (poids échantillon humide – poids échantillon sec 105°C) / poids échantillon sec (g/g)
Porosité totale = [masse volumique du solide – masse volumique du sol (densité)] / masse volumique du solide (souvent exprimée en pourcent)
Discussion et exploitation des résultats :
Tous les résultats permettent de réfléchir à la signification de la masse volumique et au calcul de la teneur en eau, de la masse volumique humide et sèche, et de la porosité.
On considère que la masse volumique du solide est de 2,65g/cm3.
En comparant des sols sableux, argileux, limoneux on peut voir qu'ils sont plus ou moins poreux et retiennent plus ou moins d'eau. Cela a des répercussions sur la réserve en eau pour les plantes, leur enracinement, l'aération, etc... et donc sur l'utilisation de ces sols en agriculture. La rétention en eau dépend non seulement de la porosité totale, mais aussi de la distribution de la taille des pores. Plus la taille est petite, moins l’eau est disponible pour les plantes.
Annexe 4 : Evaluation de la pierrosité du sol
https://wiki.aurea.eu/index.php/Evaluation_de_la_pierrosit%C3%A9
20 juillet 2016 - Laboratoire agroscience d’analyse et conseil agro-environnemental


Annexe 5 : Evaluation du taux de MO du sol
La matière organique - IFV Occitanie - Laure Gonthier
https://www.vignevin-occitanie.com/fiches-pratiques/la-matiere-organique/
Pour évaluer la qualité et la quantité des matières organiques d’un sol, il existe plusieurs indicateurs :
Le taux de matière organique accessible par analyse de sol physico-chimique classique. En sols viticoles, les taux de matière organique varient de 0.5 à 2% voire 2.5%.
Le fractionnement granulométrique permet de séparer les MOS en fonction de leur taille et de leur densité, et donc d’identifier la part des matières organiques dites « libres » de la part des matières organiques dites « liées ». La matière organique libre représente des particules de 50 à 2000 micromètres de diamètre. Elle participe à la fertilité du sol en « nourrissant » la biomasse microbienne qui, elle-même, participe à la nutrition des plantes en azote, phosphore… La matière organique liée aux argiles et limons et dont la taille des particules est inférieure à 50 micromètres, constitue l’humus stable du sol aux fonctions essentiellement structurantes. La connaissance de la répartition des matières organiques dans le sol permet d’orienter le choix du type d’apport. La méthode est néanmoins récente et il n’existe pas de référentiel
Ces indicateurs sont à utiliser conjointement et surtout en liaison avec l’observation à la parcelle (structure du sol : phénomène de battance, de ruissellement et d’érosion, d’hydromorphie…, précocité et vigueur de la vigne…).
Annexe 6 : Classement des produits organiques selon leur ISMO

Annexe 8 : Rendement en Matières sèches de différents produits

Annexe 9 : Rappel triangle des textures

Annexe 10 : Coef K1 de différentes matières fertilisantes

L’entretien mécanique du sol à pour but de faciliter le développement de la vigne en détruisant la concurrence et en améliorant certaines capacités physico-chimiques du sol. Le travail mécanique revient en force ces dernières années suite à la prise de conscience des problèmes causés par le désherbage chimique.
Cependant, même si le travail mécanique des sols a des effets positifs sur les capacités physico-chimiques du sol, il a aussi des impacts négatifs à ne pas sous-estimer sur ce dernier.
Il améliore les propriétés des sols :
Amélioration des structures massives des sols par exposition des mottes aux aléas climatiques et fractionnement
Amélioration des conditions de régulation du régime hydrique (l’eau pénètre plus facilement dans les sols…)
Aération du sol et stimulation de la vie microbienne si sols compacts
Enfouissement des amendements et des fumures minérales.
Il améliore le développement de la vigne :
Favorise la plongé des racines (destruction des racines superficielles)
Régulation de l’alimentation en eau de la vigne et amélioration de la résistance à la sécheresse
Suppression de la concurrence herbeuse
Réduction du risques de maladies par enfouissement des inoculums
Protection de la base des troncs contre les grands froids par chaussage des souches (inutile au dessus de -10/-15°C)
Sur les propriétés du sols :
Dégradation de la structure du sol surtout lorsque l’opération est effectuée au mauvais moment (sol pas ressuyé etc)
Ameublissement du sol qui favorise l’érosion
Baisse de la portance du sol
Formation de semelle de labour
Tassement des sols en profondeur
Sur la biodiversité :
Détruit l’habitat naturel de nombreuses espèces
Expose des champignons responsables de la dégradation
Coupe des vers de terre etc
Expose à l’air des bactéries et champignons, changeant ainsi leurs métabolismes
Sur le contrôle des adventices :
Remonté en surface de graines d’adventices
Multiplication par fractionnement et transport des plantes vivaces dans le sens du rang (ronces)
Après les vendanges, et avant les premières gelées, un labour de chaussage ou butage est effectué en versant la terre vers les souches. Le sillon créé, appelé dérayure, sert au ruissellement des eaux vers les allées.

Charrue

Disques emmoteurs

décavaillonneuse

Labour de déchaussage en fin d’hiver
Ce labour est effectué à la sortie de l’hiver quand le sol est ressuyé. Cela consiste à casser la butte de terre formée autour des ceps lors du butage ou chaussage. On utilise une décavaillonneuse ou des lames interceps pour réaliser le déchaussage. Il permet d’enfouir les mauvaises herbes déjà développées, de favoriser l’aération, l’ameublissement et le ressuyage des terres gorgées d’eau, de faciliter la pénétration des eaux de pluie, d’éloigner la végétation du sol, ce qui limite les risques de gel et les premières contaminations mildiou
Façons culturales au printemps et en été
Ensuite, le viticulteur effectue un pseudo-labours (labour superficiel sans retourner les couches) pour ameublir et aplanir le sol.
Les défis liés à l'utilisation des herbicides chimiques, combinés aux contraintes réglementaires croissantes visant à réduire l'empreinte environnementale des cultures, ont suscité un nouvel intérêt chez les agriculteurs pour les techniques de travail du sol mécanique. Cette évolution est particulièrement notable dans le secteur viticole, où les viticulteurs adoptent désormais des approches simplifiées et moins exigeantes que les labours traditionnels, en combinant plusieurs interventions au cours d'un même cycle végétatif.
| Période | Type | Matériel | Observations |
|---|---|---|---|
| Itinéraire technique conventionnel | |||
| Automne | Labour de chaussage | Charrue vigneronne | Peu adapté aux sols battants |
| Fin d’Hiver | Labour de déchaussage | Charrue et déca | 8 à 20 cm selon les régions et les sols |
| Mai | Pseudo Labours | Vibro/Cultivateur | 6 à 15 cm |
| En été | Façons superficielles | Cultivateur | |
| Itinéraire technique par pseudo-labours | |||
| Fin d’hiver | Retournement de l’herbe | Cover crop | Pour éliminer l’herbe |
| Avril | Décavaillonnage | Deca ou intercep | Pour éliminer l’herbe sur le rang |
| Mai | Sous solage | Sous soleuse | Un rang sur 2 à 15/30cm pour éliminer la semelle |
| Juin-Juillet | Façons superficielles | Cultivateurs à dents rigides | |
| Automne | Buttage | Charrue | |

Pour le travail sous le rang
Le but principal du travail sous le rang est de maintenir une surface propre. L'intervention s'effectue quand le sol est ressuyé et encore propre, peu envahi par des adventices.
Il existe plusieurs outils pour effectuer ce travail :
Interceps à lame : le plus souvent en acier, mesurant 35 à 60 cm de long et 8 à 10 cm de large ; les lames travaillent perpendiculairement ou obliquement par rapport au sens d’avancement du tracteur à une profondeur de 3 à 6 cm

Travail à environ 3 km/h pour une bonne qualité, avec palpeur pour commander le replis automatique de la lame lors de la rencontre avec un cep ou un tuteur.
Interceps rotatifs
Même principe, mais nécessite de l'hydraulique pour faire tourner la tête, il en existe de différents types équipé de lame verticales, de disques horizontaux, de fraises ou de herse rotatives

Ces machines nécessitent beaucoup plus d’hydraulique et imposent une vitesse d’avancement moindre (3.5km/h max)
Lexique :
façon culturale \fa.sɔ̃ kyl.ty.ʁal\ féminin
(Agriculture) Travail du sol avec un instrument aratoire mécanique (déchaumeuse, charrue, scarificateur, pulvériseur, herse, bineuse, etc.) ou manuel (houe, bêche, sarcle, hoyau, binette, etc.) d’une culture avant ou après son semis.
Le déchaumage est donc une façon culturale légère, destinée, en remuant la couche superficielle du sol, à enterrer les mauvaises graines, pour qu’elles germent au plus vite. — (« Les Mauvaises Herbes et leur destruction », dans Almanach de l’Agriculteur français - 1932, éditions La Terre nationale, page 86)
aratoire \a.ʁa.twaʁ\ masculin et féminin identiques
(Agriculture) Qui a rapport au labourage, ou aux espaces agricoles labourables.
Les instruments aratoires manquent ; on devrait en distribuer. — (Anonyme, Grèce. - Administration intérieure, Revue des Deux Mondes, 1829, tome 1)
En complément des analyses de sol, on va aussi pouvoir faire des analyses végétatives, qui permettront de nous renseigner sur l’état de la plante à un moment donné.
Production de l’année : 15% de l’azote, 55% du potassium, besoin végétative de l’année : 35% de l’azote, 10 % du potassium, prépa année suivante : 50% azote et 35% du potassium.
Besoin nutritionnel par étape, tableau rythme absorption des éléments minéraux / période de l’année.
On retrouve 3 grands types d’analyses : des analyses foliaire ou pétiolaire correspondant aux stades végétatifs de la plante, des analyses de baies, correspondant aux stades fructifères de la plante, et des analyses hivernales de sarments correspondant à la période de mise en réserve des nutriments.

Il s’agit des analyses de pétioles, de limbes ou de feuilles entières (très peu usitées en France), voir figure 3. Ces analyses sont utilisées pour caractériser la phase végétative (quel est l’état nutritionnel de ma vigne à un moment donné ?) ou répondre à une question précise (les symptômes de décoloration observés sur les feuilles ont-ils une origine nutritionnelle ?).
Quatre périodes de prélèvement sont référencées :
- Véraison : en général le prélèvement se fait à la mi-véraison ; stade le plus normatif, pour lequel les références sont les plus nombreuses et avec le minimum de variabilité de composition des organes ; par contre ne permet pas d’envisager des interventions sur l’année ; utilisé pour la comparaison d’une année sur l’autre ou en suivi de plusieurs prélèvements sur une année
- Floraison : (en général, début stade I ou 23) ; il sera important à ce stade précoce de veiller à bien respecter la règle de prélèvement de feuilles adultes entièrement développées, la composition des organes y étant encore assez variable ; ce prélèvement permet d’envisager d’éventuels apports ultérieurs (par voie foliaire ou irri-fertigation).
- Nouaison : remarques assez proches de celles du stade floraison
- Maturité : période de prélèvement peu usitée, sauf en cas de suivi
Analyse de limbe ou de pétiole ?
Il y a deux façons de répondre à cette question : l’objectif de l’analyse et la praticité. Au départ, l’analyse de pétiole n’était destinée qu’à caractériser les teneurs en cations, potassium et magnésium, à détecter un déséquilibre entre ces deux éléments et expliquer des symptômes visuels (dessèchement de la rafle…). Le pétiole est en effet plus « fin » que l’analyse de limbe sur les cations dans la mesure où il caractérise mieux les flux de potassium. Par contre, le pétiole est moins précis que le limbe sur tous les autres éléments minéraux (voir tableau 1).

Le pétiole est par contre beaucoup plus pratique à prélever, conditionner, transporter et préparer au laboratoire.
Ainsi :
- Si l’objectif de l’analyse concerne un problème de potassium et magnésium : => prélever des pétioles
- Si l’objectif de l’analyse est de vérifier que les conditions nutritionnelles sont correctes, sans problème apparent sur la parcelle, sur la base d’un suivi pluriannuel : => prélever des pétioles
- Dans tous les autres cas (surtout s’il s’agit de l’identification d’un problème éventuel en oligo-éléments, azote ou phosphore ou de la caractérisation d’une parcelle non suivie) : => prélever des limbes.

Comment réaliser une analyse pétiolaire :

Délai pour résultat : environ 1 mois, coût moyen 25/30 € HT
Teneurs souhaitables :
| N | 5 à 8 pour 1000 |
| P2O5 | 1,2 à 1,8 pour 1000 |
| K | 20 à 25 pour 1000 |
| Mg | 4 à 6 pour 1000 |
| K/Mg | 3 à 8 |
| N/P | 2,5 à 3,5 |
Il s’agit des analyses de baies. On distingue deux périodes de prélèvement :
- Courant juillet : pour apprécier la composition minérale des baies, prévoir une éventuelle intervention (azote foliaire le plus souvent pour anticiper des difficultés de fermentation des moûts ou des risques de pertes trop rapides d'acidité et comprendre le fonctionnement de sa vigne). L’utilisation de ces analyses se développe dans la mesure où c’est bien la production et sa qualité qui intéresse le viticulteur. « Belle vigne sans raisin ne vaut rien ».
- A maturité : ces analyses concernent plus les laboratoires d’œnologie et l’aspect qualitatif, même si la connaissance de la composition minérale des baies à la récolte est une information fondamentale pour le comportement en vinification.
Il s’agit des analyses de bois (sarments), utilisées pour apprécier la qualité de mise en réserve. Leur originalité est de prendre en compte non seulement l’aspect minéral mais aussi l’aspect organique (glucides). Cette analyse, qui fait le constat de l’année écoulée et donne le potentiel du cep au redémarrage de la végétation pour l’année suivante, se développe beaucoup. Cela permet d’avoir maintenant de nombreuses références, bien régionalisées. A noter que le prélèvement est maintenant possible à partir de la mi-chute des feuilles, les références étant bien établies.
Protocole analyse de sarments :

Le mildiou, maladie cryptogamique majeure de la vigne, est causé par un parasite qui prospère dans des conditions humides. Introduit en Europe en 1879 via des plants américains, il s’est rapidement répandu, devenant un problème endémique.
Le responsable du mildiou, Plasmopara viticola, est un Oomycète, ou « algue-champignon ». Parasite strict, il se développe uniquement sur des tissus vivants. Microscopique, il produit des spores mobiles grâce à leurs flagelles, qui nécessitent de l’eau pour se propager. Ce lien avec l’humidité explique sa sensibilité aux conditions climatiques.
Feuilles : Apparition de taches jaunes et huileuses (taches d’huile) sur la face supérieure, avec un feutrage blanc en dessous (sporulation). En fin de saison, les feuilles montrent des taches brunâtres polygonales.
Rameaux : Taches brunes fragilisant les nœuds.
Inflorescences : Recouvertes d’un feutrage gris, puis desséchées.
Baies : Présence de taches déprimées brunes (rot brun), évoluant vers une momification.
Les dégâts incluent une perte de photosynthèse, un affaiblissement des ceps et une réduction significative de la récolte.

Feutrage Blanc face inférieur

Tache d’huile face supérieure
Feutrage blanc sur baie

Rot Brun “coup de pouce”

Rot brun, stade final
Forme de conservation : Les oospores (œufs d’hiver) survivent dans les feuilles mortes jusqu’à -20 °C.
Contamination primaire : Au printemps (> 11 °C, humidité), les oospores libèrent des zoospores, transportées par les éclaboussures de pluie et le vent, qui infectent les feuilles proches du sol.
Contamination secondaire : Après 4 à 12 jours, le champignon produit des conidies qui libèrent de nouvelles zoospores, répétant le cycle tout au long de la saison.

Le mildiou se développe entre 20 et 25 °C, avec une humidité supérieure à 80 % et des pluies prolongées. Un feuillage dense ou entassé favorise l’infection en créant un microclimat humide. Certains cépages, notamment ceux à croissance rapide, sont plus sensibles. Un sol nu et la présence de pampres favorisent les contaminations.
Prophylaxie : Éliminer les pampres, effeuiller pour aérer le feuillage, gérer l’eau au sol et surveiller les conditions météorologiques, bien palisser, éviter les entassements.
Traitements :
Chimiques : Préventifs (bouillie bordelaise) ou curatifs (fongicides spécifiques comme le métirame).
Biologiques : Utilisation de microorganismes comme Trichoderma.
Renouvellement après les pluies.
Cépages résistants : Développement et implantation progressifs de variétés tolérantes. (cf Voltis en champagne)
L’oïdium est une maladie cryptogamique qui affecte la vigne, causée par un champignon parasite. Cette pathologie se distingue par sa capacité à se développer dans des conditions plus sèches que le mildiou, bien qu’elle nécessite une certaine humidité pour prospérer. Introduit en Europe dans les années 1850 depuis les États-Unis, l’oïdium a provoqué d'importants ravages dans les vignobles français, particulièrement dans le sud. Il reste une menace constante, entraînant des pertes de rendement et des altérations qualitatives des récoltes.
L’oïdium est causé par Erysiphe necator, un champignon ascomycète. Contrairement au mildiou, il se développe en surface des tissus vivants, formant un mycélium visible à l’œil nu.
Caractéristiques biologiques :
Le champignon ne nécessite pas de présence continue d’eau libre
pour se développer, mais préfère une humidité modérée et des
températures entre 25 et 28 °C. En revanche, des conditions
excessivement humides peuvent inhiber sa croissance. Son cycle est
étroitement lié à la météo et à la sensibilité variétale.
Feuilles : Les feuilles présentent un feutrage grisâtre sur leur face supérieure, associé à une déformation (crispation). Parfois, des taches marron apparaissent.
Rameaux : En hiver, des cléistothèces (structures de conservation du champignon) peuvent être observées sous forme de points noirs.
Baies : L’infection provoque l’arrêt de la croissance de la
pellicule, entraînant des fissures et des éclatements, favorisant les
attaques secondaires (botrytis). Les baies atteintes sont souvent
recouvertes de mycélium grisâtre.
Feutrage face supérieur

Oïdium sur feuille, stade avancé

Mycélium face inférieur

Oïdium drapeau

Lésions brunâtres sur rameau

Lésion sur sarment

Feutrage baie en début de contamination

Baies fendues et feutrage grise
L’oïdium réduit la photosynthèse, entraînant un ralentissement de la croissance. Les attaques sévères peuvent provoquer des pertes importantes de rendement, affecter la qualité des baies et augmenter les risques de maladies secondaires. Répétées sur plusieurs années, ces infections affaiblissent durablement les ceps.
Forme de conservation : Le champignon hiverne sous forme de cléistothèces ou de mycélium dormant dans les bourgeons infectés.
Contamination primaire : Au printemps, les spores issues des cléistothèces ou du mycélium infectent les jeunes organes.
Contamination secondaire : Pendant la saison, le champignon produit des conidies dispersées par le vent, qui assurent des infections successives.
Le cycle se répète rapidement en conditions favorables, surtout par temps chaud avec alternance d’humidité modérée et de sécheresse.

L’oïdium se développe idéalement entre 25 et 28 °C, avec une humidité suffisante pour activer les spores. Les périodes de faible ensoleillement ou les épisodes orageux augmentent les risques. À l'inverse, les rayonnements ultraviolets forts peuvent limiter son expansion. Les vignes à forte densité de feuillage ou mal aérées sont particulièrement vulnérables.
Éliminer les rameaux porteurs de cléistothèces pendant la taille.
Réaliser un effeuillage pour améliorer la circulation de l’air.
Réduire les entassements de feuillage en limitant la vigueur excessive des plants.
Chimiques :
Le soufre est le traitement principal contre l’oïdium. Utilisé en poudre ou en solution, il agit par sublimation pour stopper la germination des spores et déshydrater le mycélium.
Les fongicides spécifiques peuvent être utilisés pour compléter cette action.
Biologiques : Des agents biologiques comme Ampelomyces quisqualis (champignon antagoniste) peuvent être appliqués en bioprotection.
Certains cépages présentent une résistance naturelle à l’oïdium, bien que leur utilisation soit encore limitée. La sélection variétale reste une piste prometteuse.
Le botrytis, ou pourriture grise, est une maladie cryptogamique causée par Botrytis cinerea, un champignon opportuniste capable de s’attaquer à une large gamme de plantes, y compris la vigne. Ce pathogène est particulièrement redouté en viticulture, car il peut gravement compromettre la qualité et le rendement de la récolte, notamment en période de maturation. Cependant, dans des conditions spécifiques, Botrytis cinerea peut également favoriser la production de vins liquoreux, où il est connu sous le nom de « pourriture noble ».
Botrytis cinerea est un champignon polyphage appartenant à la classe des Ascomycètes. Il peut adopter trois comportements :
Parasite : Vit au dépens des tissus vivants de la vigne.
Opportuniste : Tire parti des blessures ou des faiblesses provoquées par d’autres agents pathogènes ou des conditions climatiques.
Saprophyte : Se développe sur la matière organique morte, comme les résidus de taille.
Le champignon se propage grâce à des conidies transportées par le vent ou la pluie. Sa grande adaptabilité et sa variabilité génétique rendent sa gestion complexe.
Fleurs et inflorescences : Le champignon infecte les pièces florales tombées, créant une source d’infection pour les baies en formation.
Baies : Les symptômes incluent un brunissement, une peau molle et une désagrégation progressive. Les grappes peuvent se couvrir d’un mycélium grisâtre caractéristique. Les attaques sévères entraînent une déshydratation totale des baies, les rendant inutilisables.
Feuilles : Des taches brunes irrégulières, semblables à des brûlures, apparaissent parfois.
Pourriture grise : En conditions humides, elle provoque des pertes de rendement importantes et des dégradations qualitatives.
Pourriture noble : En conditions alternant humidité (brouillards matinaux) et sécheresse, le botrytis concentre les sucres et les arômes dans les baies, ce qui est recherché pour les vins liquoreux comme le Sauternes.
Les dégâts sur les grappes compromettent la récolte et augmentent les risques d’infections secondaires (ex. par Penicillium ou Aspergillus).

Botrytis sur feuille

Botrytis sur fleur

Botrytis sur grappe

Penicillium expansum a gauche, Botrytis à droite

Pourriture noble
Forme de conservation : Le champignon hiverne sous forme de sclérotes (structures dormantes) ou de mycélium dans les résidus végétaux.
Contamination primaire : Au printemps, les spores issues des sclérotes sont libérées par le vent ou la pluie et infectent les fleurs ou les jeunes baies.
Contamination secondaire : Pendant la saison, le champignon produit des conidies qui se propagent rapidement, infectant d’autres organes, notamment en cas de blessures ou de conditions favorables.
Le cycle est favorisé par des températures modérées (15-20°C) et une
humidité constante.
Climat : Le botrytis prospère avec des périodes prolongées d’humidité ou de brouillard et des températures modérées. Les alternances chaud-froid favorisent la pourriture noble.
Blessures des baies : Les fissures dues à l’oïdium, les dégâts d’insectes ou les chocs mécaniques augmentent la vulnérabilité.
Cépages sensibles : Ceux à pellicule fine ou grappes compactes (ex. Sauvignon, Chardonnay) sont plus exposés.
Excès de vigueur : Un feuillage dense crée un microclimat humide propice au champignon.
Gestion du feuillage : Effeuillage et ébourgeonnage pour améliorer l’aération des grappes.
Réduction des blessures : Prévention des attaques d’oïdium, des tordeuses et des dommages mécaniques.
Élimination des résidus : Retirer et détruire les bois morts ou les grappes momifiées pour réduire l’inoculum.
Produits chimiques : Utilisation de fongicides spécifiques comme les anilinopyrimidines ou les fenhexamides, appliqués en période critique (floraison, maturation). (anti-bot)
Biocontrôle : Application de microorganismes antagonistes (ex. Trichoderma ou Bacillus subtilis) pour limiter la propagation.
Pour éviter la pourriture grise : Surveillance accrue en période humide et récolte précoce si nécessaire.
Pour favoriser la pourriture noble : Sélection de cépages adaptés et gestion des conditions climatiques (alternance humidité/sécheresse).
Le black rot, ou pourriture noire, est une maladie cryptogamique majeure de la vigne causée par Guignardia bidwellii. Originaire d’Amérique du Nord, il a été introduit en Europe à la fin du XIXᵉ siècle, en même temps que le mildiou et l’oïdium. Initialement sous-estimé en raison des dégâts plus importants causés par ces deux autres maladies, le black rot est devenu un problème croissant, notamment dans les vignobles européens adoptant des pratiques biologiques. Cette maladie, capable d’entraîner des pertes de récolte significatives, est particulièrement problématique dans les climats chauds et humides.
Guignardia bidwellii est un champignon ascomycète qui affecte divers organes de la vigne.
Caractéristiques biologiques :
Le champignon produit deux types de structures reproductrices :
Périthèces : Formes de conservation hivernale contenant des ascospores, responsables des contaminations primaires.
Pycnides : Structures productrices de conidies, responsables des contaminations secondaires.
Les spores se propagent principalement par le vent et la pluie, infectant les jeunes tissus sensibles.
Feuilles : Apparition de taches circulaires brunâtres bordées d’un liseré noir (symptôme « brûlure de cigarette »). Ces taches peuvent fusionner, provoquant un dessèchement.
Rameaux : Taches allongées brun-noir souvent déprimées, fragilisant les rameaux.
Baies : Les baies infectées montrent des taches brunes, évoluant vers une momification complète. En fin de saison, elles peuvent être recouvertes de périthèces, servant d’inoculum pour l’année suivante.

Attaque sur feuille, symptôme “coup de fusil”

Zoom sur une tache, pycnide et liseret noir bien visible

Développement des taches nécrotiques

Lésion sur rameau, vrilles, pétioles avec pycnide

Début d’attaque sur baie

Baies momifiées
Les infections sur feuilles réduisent la photosynthèse, affaiblissant la plante. Les pertes de rendement peuvent atteindre 80 % en cas d’attaque sévère, en raison de la dessiccation des grappes. La qualité des raisins est également dégradée, avec une altération des arômes et des tanins.
Forme de conservation : Pendant l’hiver, le champignon survit dans les périthèces présents sur les baies momifiées ou les résidus végétaux au sol.
Contamination primaire : Au printemps, les ascospores sont libérées des périthèces sous l’effet de la pluie et infectent les jeunes feuilles et inflorescences.
Contamination secondaire : Les pycnides produisent des conidies dispersées par la pluie et le vent, provoquant des infections répétées pendant la saison.
Durée du cycle : Les infections peuvent se produire de manière continue lorsque les températures se situent entre 9 et 30 °C (optimum : 25-26 °C) et que l’humidité reste élevée.

Climat : Le black rot prospère dans des conditions chaudes et humides, avec des périodes prolongées d’humectation (15 à 18 heures).
Présence d’inoculum : Les baies momifiées ou les bois infectés laissés dans la parcelle augmentent la pression de la maladie.
Cépages sensibles : Certains cépages, notamment à peau fine, sont plus vulnérables.
Gestion culturale : Des vignes mal aérées ou des entassements de feuillage favorisent le développement du champignon.
Gestion des résidus : Éliminer et détruire les bois et baies infectés (brûlage ou enfouissement).
Aération des vignes : Effeuillage et ébourgeonnage pour réduire l’humidité et améliorer la circulation de l’air.
Chimiques :
Fongicides préventifs à base de soufre et cuivre ou métirame.
Produits systémiques comme le tébuconazole, appliqués dès les premières taches.
Biologiques : Solutions à base de microorganismes antagonistes (ex. Trichoderma).
Suivre les conditions météorologiques pour identifier les périodes favorables au développement du champignon.
Appliquer les traitements de manière préventive ou avant les pluies prolongées.
L’excoriose, ou maladie des taches noires, est une maladie cryptogamique causée par le champignon Phomopsis viticola. Elle affecte principalement le bois de l’année de la vigne, entraînant des dégâts visibles sur les jeunes rameaux, les bourgeons et parfois les grappes. Bien que moins médiatisée que d’autres maladies comme le mildiou ou l’oïdium, l’excoriose peut réduire significativement les rendements, en particulier si les symptômes apparaissent tôt dans la saison. Sa gestion repose principalement sur la prévention et une vigilance accrue au printemps.
Le champignon Phomopsis viticola appartient à la famille des Diaporthacées.
Caractéristiques biologiques :
Ce champignon colonise le bois de l’année, causant des nécroses et fragilisant les rameaux.
Il produit des pycnides, petites structures noires visibles sur les lésions, qui libèrent des spores en présence d’eau.
L’infection est favorisée par des températures modérées (8 à 18 °C) et une humidité prolongée.
Rameaux : Apparition de taches brunes allongées sur les jeunes rameaux. Ces lésions peuvent évoluer en crevasses ou nécroses, souvent localisées à la base du rameau. Les rameaux atteints présentent parfois un aspect « tablette de chocolat ».
Bourgeons : Les bourgeons situés sur les rameaux infectés sont souvent détruits ou ne se développent pas correctement.
Bois : À terme, blanchiment des rameaux avec présence de pycnides (points noirs caractéristiques).
Grappes : En cas d’infection sévère, les inflorescences peuvent se dessécher.

Excoriose sur rameau

Altération chancreuse à la base du rameau

Attaque sur pédoncule

Sur sarment

Remonte sur pétiole

Sur baie
Réduction du nombre de grappes en raison de la destruction des bourgeons.
Fragilisation des rameaux, augmentant les risques de casse notamment au liage
Perte de rendement liée à une diminution de la vigueur et une mauvaise formation des grappes.
Perte de temps à la taille (choix du bois)
Forme de conservation : Le champignon hiverne dans les bois infectés, où il reste actif jusqu’au printemps.
Contamination primaire : Au printemps, les spores issues des pycnides sont libérées sous l’effet de la pluie et infectent les jeunes rameaux et bourgeons.
Conditions favorables : Températures entre 8 et 18 °C et humidité prolongée (7 à 12 heures d’humectation).
Cycle saisonnier : Les infections se produisent principalement entre le débourrement et le stade 4 feuilles étalées.
Climat : Périodes pluvieuses au printemps avec des températures modérées.
Entassement des rameaux : Un feuillage dense favorise l’humidité et limite la circulation de l’air.
Cépages sensibles : Certains cépages, comme le Grolleau, sont particulièrement vulnérables.
Présence de bois morts : Les rameaux infectés de l’année précédente augmentent la pression de la maladie.
Élimination des bois malades : Retirer les rameaux infectés après la taille et les détruire pour réduire l’inoculum.
Aération des vignes : Ébourgeonnage et effeuillage pour améliorer la circulation de l’air.
Gestion de la vigueur : Limiter les entassements de végétation, surtout sur les parcelles vigoureuses.
Chimiques :
Applications préventives de soufre mouillable ou fosetyl-al stade D.
Fongicides systémiques (fosétyl-Al) pour protéger les jeunes rameaux en conditions à risque.
Fréquence des traitements : Avant les pluies prévues, avec renouvellement si nécessaire (tous les 20mm pour soufre ou produits de contact) en cas de pluies prolongées.
L’esca est une maladie du bois complexe et ancienne, décrite dès l’Antiquité, qui provoque le dépérissement progressif des ceps de vigne. Elle est causée par un ensemble de champignons lignivores qui colonisent les tissus ligneux, affaiblissant la plante au fil des années. Cette maladie est aujourd’hui l’une des principales préoccupations des viticulteurs, car il n’existe pas de traitement curatif efficace depuis l’interdiction de l’arsénite de soude. Les pertes économiques dues à l’esca sont importantes, avec une diminution progressive des rendements et des arrachages prématurés des ceps infectés.
L’esca est causée par un complexe de champignons lignivores, parmi lesquels Phaeomoniella chlamydospora (se conserve grâce à son mycelium et ses pycnides qui vont jouer un rôle dans la pénétration du bois par les plaies de taille, inoculum de la maladie), Phaeoacremonium minimum, P. Aleophilum (produit des conidies qui se conserve sous l’écorce, et joue un rôle dans l’invasion des plaies de tailles, nécrose les tissus) , Fomitiporia mediterranea et Eutypa lata.
Caractéristiques biologiques :
Ces champignons pénètrent principalement par les plaies de taille et colonisent les tissus ligneux.
Ils détruisent progressivement le bois, formant des nécroses internes et favorisant le développement d’un bois spongieux appelé “amadou”.
Les champignons se développent lentement, avec des symptômes visibles souvent plusieurs années après l’infection initiale.
Forme lente :
Feuilles : Apparition de taches tricolores caractéristiques, avec des nervures vertes entourées de zones jaunes, puis rouges ou brunes. Les symptômes sont souvent visibles en été.
Grappes : Dessèchement partiel ou complet, entraînant une perte de récolte.
Bois : Nécroses internes en camembert visibles à la coupe, avec une alternance de zones noires et blanches (amadou).
Forme apoplexique :
Symptômes brutaux : flétrissement rapide des feuilles et des grappes en pleine saison, suivi d’une mort soudaine du cep.

Feuilles touchées par l’ESCA


Bois touché par l’esca avec “amadou”
La forme lente réduit les rendements et la qualité des grappes, tout en fragilisant les ceps. La forme apoplexique peut entraîner une perte immédiate de plusieurs pieds. Les ceps affectés doivent souvent être arrachés, ce qui engendre des coûts élevés pour les viticulteurs.
Forme de conservation : Les champignons survivent dans les bois morts, les résidus de taille ou directement dans les ceps infectés.
Infection : Les spores pénètrent par les plaies de taille ou les blessures mécaniques, où elles colonisent lentement les tissus ligneux.
Développement : L’infection reste asymptomatique pendant plusieurs années avant que les premiers signes n’apparaissent, souvent après un stress environnemental ou physiologique.
Dissémination : Les spores sont transportées par le vent ou les éclaboussures d’eau, surtout en hiver et au début du printemps.
Plaies de taille : Les blessures ouvertes sont la principale porte d’entrée pour les champignons.
Climat : Des hivers doux et humides favorisent la libération et la dissémination des spores.
Bois morts : La présence de ceps abandonnés ou de bois infecté dans la parcelle augmente la pression de la maladie.
Cépages sensibles : Certains cépages, comme le Sauvignon, le Chenin et l’Ugni blanc, sont particulièrement vulnérables.
Pratiques culturales : Les tailles précoces ou les blessures répétées accroissent le risque d’infection.
Élimination des bois infectés : Retirer et brûler les ceps morts ou les résidus de taille pour réduire l’inoculum.
Protection des plaies de taille : Utiliser des mastics antifongiques ou des solutions biologiques (ex. Trichoderma) pour limiter les infections.
Gestion culturale : Favoriser des tailles tardives et éviter les blessures inutiles lors des travaux mécaniques.
Produits chimiques : Depuis l’interdiction de l’arsénite de soude, les traitements chimiques sont limités. Des recherches sont en cours pour développer des solutions moins toxiques.
Biocontrôle : L’ensemencement des plaies avec des champignons antagonistes comme Trichoderma harzianum est prometteur pour ralentir la progression de l’esca.
Traitement Mécanique :
Le curetage consiste à l’aide d’une tronçonneuse, à supprimer le bois mort du pied afin de limiter la présence de bois mort dans le cep endiguant ainsi la propagation des champignons.
Traitements alternatifs :
Recépage : consiste à reconstruire le pied grâce à un pampre pris sur la souche
Surgreffage : Couper au niveau du point de greffe pour greffer un autre cépage par dessus (permet de conserver le système racinaire en place)
L’eutypiose, également appelée "maladie du dépérissement des ceps", est une maladie cryptogamique qui affecte le bois de la vigne. Causée par le champignon Eutypa lata, elle provoque un affaiblissement progressif des ceps, réduisant leur productivité et leur longévité. Cette pathologie, décrite pour la première fois en France au XXᵉ siècle, est aujourd’hui répandue dans la plupart des régions viticoles. L’eutypiose est particulièrement préoccupante en raison de l’absence de traitements curatifs et de son impact économique à long terme.
Le champignon responsable, Eutypa lata, appartient à la classe des Ascomycètes.
Caractéristiques biologiques :
Eutypa lata infecte le bois de la vigne par l’intermédiaire des plaies, principalement celles issues de la taille.
Le champignon produit des spores sexuées, appelées ascospores, qui sont disséminées par le vent et l’eau de pluie.
Dans le bois, il forme des nécroses profondes et libère des toxines, responsables des symptômes observés sur la partie aérienne de la plante.
Rameaux et feuilles :
Rameaux courts, avec des feuilles déformées, chlorotiques (jaunissement) et de petite taille.
Aspect en « balai de sorcière », caractérisé par un regroupement désordonné de rameaux.
Inflorescences :
Dessèchement partiel ou total, entraînant une coulure ou un échec de la fructification.
Bois :
À la coupe, présence de nécroses en forme de secteur (aspect de “camembert”) à l’intérieur du tronc ou des bras.

Nanification d’un bras

Rameaux courts, feuilles déformées et chlorotiques

Nécrose sectorielle

Mérithalles courts, feuilles nécrotiques, nécroses internervaires

Bois mort ayant perdu son écorce, plages noirâtres bosselées
L’eutypiose entraîne une baisse progressive des rendements et une qualité hétérogène des grappes. Les ceps fortement atteints meurent à terme, nécessitant un arrachage prématuré. Les pertes économiques peuvent être significatives dans les vignobles où la maladie est bien installée.
Forme de conservation : Le champignon survit dans les bois morts ou les résidus de taille, sous forme de périthèces.
Infection : Les ascospores sont libérées par les périthèces après une pluie, généralement en hiver ou au début du printemps. Elles pénètrent dans les plaies de taille, où elles germent pour coloniser les tissus ligneux.
Développement : La progression du champignon est lente, les symptômes apparaissant plusieurs années après l’infection initiale.
Dissémination : Le vent transporte les spores sur plusieurs kilomètres, augmentant la pression de la maladie dans les vignobles adjacents.
Plaies de taille : Les blessures ouvertes sont les principales portes d’entrée du champignon.
Conditions climatiques : Les hivers doux et humides favorisent la libération et la dissémination des ascospores.
Présence de bois morts : Les résidus de taille ou les souches abandonnées sont des sources importantes d’inoculum.
Cépages sensibles : Les cépages comme le Sauvignon, le Cabernet Sauvignon, le Chenin et le Chasselas sont particulièrement vulnérables.
Pratiques culturales : Des tailles précoces ou non protégées augmentent le risque d’infection.
Élimination des bois infectés : Retirer et brûler les résidus de taille et les bois morts pour réduire la pression du champignon.
Protection des plaies de taille : Appliquer des mastics antifongiques ou des solutions biologiques à base de champignons antagonistes (Trichoderma).
Pratiques culturales :
Réaliser des tailles tardives pour limiter la période d’exposition des plaies.
Éviter les coupes importantes ou les blessures inutiles.
Biocontrôle :
Utilisation de produits contenant des microorganismes antagonistes, comme Trichoderma, pour limiter la colonisation des plaies.
Ces solutions ont montré des résultats prometteurs dans la lutte préventive contre l’eutypiose.
Traitements chimiques : Les options curatives sont inexistantes. Les interventions se concentrent sur la prévention.
Le Black Dead Arm (BDA), ou "bras mort noir", est une maladie du bois de la vigne souvent confondue avec l’esca. Décrite plus récemment, cette pathologie est causée par un complexe de champignons lignivores qui infectent les tissus ligneux et provoquent un dépérissement progressif des ceps. Contrairement à l’esca, le BDA se distingue par une nécrose noire plus localisée et un développement plus rapide des symptômes. Bien qu’encore mal compris, le BDA est une préoccupation croissante pour les viticulteurs, en raison de son impact économique sur la longévité des vignobles.
Le BDA est causé par plusieurs champignons, principalement Botryosphaeria spp. (ex. Diplodia seriata et Neofusicoccum parvum), qui colonisent les tissus lignifiés de la vigne.
Caractéristiques biologiques :
Ces champignons pénètrent dans les plaies de taille ou les blessures mécaniques.
Ils produisent des pycnides (structures reproductrices) qui libèrent des spores dispersées par la pluie et le vent.
Une fois installés, ils dégradent les tissus ligneux, bloquant la circulation de la sève et affaiblissant la plante.
Rameaux et feuilles :
Apparition de symptômes foliaires similaires à ceux de l’esca, notamment des feuilles jaunies ou rougies avec des nervures vertes persistantes.
Retard de débourrement ou croissance ralentie des rameaux.
Bois :
Nécrose noire localisée, parfois visible à la coupe sous forme de zones sombres bien délimitées.
Absence de zones blanchâtres d’amadou, contrairement à l’esca.
Grappes :
Dessèchement partiel ou total des grappes avant maturation (symptôme de coulure).

Feuilles en cours de dessèchement

Un bras mort et l’autre en train de mourir


Le BDA provoque une baisse progressive des rendements, avec des grappes de qualité inégale. Les ceps infectés deviennent de moins en moins productifs, et leur arrachage devient nécessaire à moyen terme. Cette maladie limite également la durée de vie économique des vignobles.
Forme de conservation : Le champignon hiverne dans les bois morts ou les résidus de taille, où il forme des pycnides.
Infection : Les spores libérées par les pycnides lors des pluies pénètrent les plaies de taille et germent pour coloniser les tissus ligneux.
Développement : L’infection progresse lentement, mais les symptômes peuvent apparaître rapidement après un stress (climatique, hydrique ou mécanique).
Dissémination : Les spores sont dispersées par l’eau et le vent, avec des contaminations accrues en hiver et au début du printemps.
Plaies de taille : Les blessures non protégées constituent la principale porte d’entrée pour les champignons responsables du BDA.
Conditions climatiques : Les hivers humides et doux favorisent la libération et la dissémination des spores.
Présence de bois morts : Les souches abandonnées ou les bois infectés augmentent la pression de la maladie.
Cépages sensibles : Certains cépages, comme le Merlot, le Cabernet Sauvignon et le Chardonnay, sont particulièrement vulnérables.
Stress environnemental : Le stress hydrique ou les blessures mécaniques accélèrent la progression de la maladie.
Élimination des bois morts : Retirer et brûler les rameaux infectés et les résidus de taille pour réduire les sources d’inoculum.
Protection des plaies de taille :
Appliquer des mastics ou des solutions antifongiques pour limiter les infections.
Réaliser des tailles tardives, lorsque les conditions sont moins favorables à la dissémination des spores.
Aération des ceps : Ébourgeonnage et effeuillage pour améliorer la circulation de l’air et limiter l’humidité.
Microorganismes antagonistes : L’application de Trichoderma harzianum ou d’autres agents biologiques sur les plaies de taille peut limiter l’installation des champignons responsables du BDA. (En phase de test)
Le bois noir (BN), ou « stolbur de la vigne », est une maladie phytoplasmique qui affecte la vigne et provoque un dépérissement des ceps, avec des répercussions économiques significatives dans les vignobles touchés. Causée par un phytoplasme, la maladie est transmise par des insectes vecteurs, notamment la cicadelle Hyalesthes obsoletus. Bien qu’elle partage des symptômes avec la flavescence dorée, le bois noir est moins contagieux et n’est pas soumis à une réglementation aussi stricte. Cependant, son impact agronomique est préoccupant dans certaines régions, en raison de la baisse de rendement et de la fragilisation des ceps.
Le bois noir est causé par un phytoplasme (Candidatus Phytoplasma solani), un organisme bactérien sans paroi qui vit dans les tissus conducteurs (phloème) des plantes hôtes.
Caractéristiques biologiques :
Le phytoplasme se multiplie dans le phloème, perturbant la circulation de la sève élaborée.
Il est transmis par Hyalesthes obsoletus, un insecte piqueur-suceur, ou via des repousses de racines infectées.
Le phytoplasme peut également infecter d'autres plantes hôtes, comme l’ortie et le chardon, qui servent de réservoirs.
Feuilles :
Rougissement des feuilles sur les cépages rouges, jaunissement sur les cépages blancs.
Enroulement des feuilles avec épaississement et cassure facile au toucher.
Rameaux :
Lignification incomplète des rameaux à l’automne, donnant un aspect vert et fragile (« bois non aoûté »).
Grappes :
Avortement ou dessèchement partiel des grappes, entraînant une perte de rendement significative.

Cep touché par le bois noir

Grappes desséchées

Contrairement à la flavescence dorée, le bois noir n’est pas transmissible par bouturage, et son cycle est moins dépendant de la vigne. De plus, les symptômes du bois noir sont souvent moins graves et moins étendus dans les parcelles touchées.
Le bois noir entraîne une diminution des rendements, une hétérogénéité de la production et une dégradation de la qualité des raisins. Les ceps infectés peuvent survivre plusieurs années, mais leur vigueur est considérablement réduite.
Réservoirs du phytoplasme : Le bois noir est souvent associé à des plantes adventices comme l’ortie, le liseron et le chardon, qui servent de réservoirs au phytoplasme.
Transmission :
Hyalesthes obsoletus se nourrit sur ces plantes réservoirs, où il acquiert le phytoplasme. En migrant vers les vignes, il transmet l’agent pathogène aux ceps sains.
Les repousses de racines infectées peuvent également jouer un rôle secondaire dans la dissémination.
Propagation : La dissémination est limitée par le mode de vie de l’insecte vecteur, dont les déplacements sont restreints par la proximité des plantes réservoirs et des parcelles viticoles.

Hyalesthes obsoletus
Plantes hôtes réservoirs : Une présence importante d’orties, de chardons ou de liserons à proximité des vignes augmente le risque d’infection.
Population de vecteurs : La prolifération de Hyalesthes obsoletus est favorisée par des conditions chaudes et sèches.
Cépages sensibles : Certains cépages, comme le Chardonnay, le Pinot noir ou le Sauvignon, sont particulièrement vulnérables.
Stress hydrique : Le stress de la vigne peut exacerber les symptômes de la maladie.
Gestion des adventices : Réduire la présence des plantes réservoirs (ortie, chardon, liseron) dans et autour des parcelles pour limiter les sources d’inoculum.
Les traitements insecticides ciblant Hyalesthes obsoletus sont peu efficaces en raison de sa biologie, notamment son cycle de vie principalement souterrain.
Encourager les pratiques culturales favorisant la biodiversité peut aider à réguler les populations de vecteurs.
Renforcer la vigne : Maintenir une fertilisation et une irrigation équilibrées pour réduire le stress hydrique.
Éliminer les ceps gravement atteints : Lorsque les symptômes sont récurrents et graves, arracher les ceps infectés pour limiter leur rôle comme source de propagation.
La flavescence dorée est une maladie grave de la vigne causée par un phytoplasme (Candidatus Phytoplasma vitis), un micro-organisme sans paroi qui infecte le phloème de la plante. Apparue en Europe dans les années 1950, cette maladie est aujourd’hui l’une des plus redoutées en viticulture en raison de son fort pouvoir de contagion et de ses conséquences économiques importantes. Classée comme maladie de quarantaine en Europe, la flavescence dorée fait l’objet d’une lutte obligatoire dans les vignobles touchés, impliquant une surveillance rigoureuse et des mesures strictes pour limiter sa propagation.
La flavescence dorée est causée par le phytoplasme Candidatus Phytoplasma vitis, qui colonise les tissus conducteurs de la vigne, perturbant la circulation de la sève élaborée.
Caractéristiques biologiques :
Le phytoplasme est incapable de vivre en dehors d’un hôte et se transmet principalement par un insecte vecteur, la cicadelle Scaphoideus titanus.
Une fois dans le phloème, il se multiplie et bloque les flux nutritifs, provoquant des symptômes visibles.
Contrairement au bois noir, la flavescence dorée est hautement contagieuse et se propage rapidement dans les parcelles infectées.
Feuilles :
Jaunissement intense des feuilles sur les cépages blancs et rougissement sur les cépages rouges.
Enroulement et épaississement des feuilles, qui deviennent cassantes.
Rameaux :
Lignification incomplète des rameaux en fin de saison (bois non aoûté).
Rameaux verts et fragiles, susceptibles de se casser.
Grappes :
Avortement des fleurs ou dessèchement complet des grappes, entraînant une perte totale de production pour les ceps touchés.

Partie touchée sur cépage rouge et blanc

Aspect des rougissements sectoriels sous le limbe d'une feuille de vigne de cépage rouge.

Problèmes d’aôutements
Les ceps infectés perdent rapidement leur vigueur et leur capacité productive. En l’absence de mesures, la maladie peut se propager à l’ensemble du vignoble, entraînant des pertes de rendement importantes. Les ceps gravement atteints doivent souvent être arrachés.
Réservoirs du phytoplasme : Le phytoplasme survit dans les ceps infectés, mais il peut également coloniser des plantes hôtes secondaires comme l’aulne ou la clématite.
Transmission :
La cicadelle Scaphoideus titanus acquiert le phytoplasme en se nourrissant de la sève des ceps infectés. Une fois infectée, elle transmet le phytoplasme à d’autres ceps en piquant leurs tissus.
Le cycle de transmission est étroitement lié à la biologie de l’insecte.
Dissémination : Les adultes de Scaphoideus titanus sont mobiles et peuvent infecter plusieurs pieds de vigne au cours de la saison, favorisant une propagation rapide.
Présence de l’insecte vecteur : La prolifération de Scaphoideus titanus est un facteur clé dans l’apparition de la maladie. Cet insecte est particulièrement actif dans les régions chaudes en été.
Manque de surveillance : L’absence de détection et de mesures rapides permet à la maladie de s’étendre rapidement dans les parcelles.
Cépages sensibles : Bien que tous les cépages soient vulnérables, certains, comme le Merlot et le Chardonnay, montrent des symptômes plus sévères.
La lutte contre la flavescence dorée est réglementée et inclut :
Surveillance des parcelles : Repérage des ceps infectés grâce à une observation minutieuse des symptômes en été.
Arrachage des ceps malades : Les pieds infectés doivent être éliminés pour empêcher la propagation de la maladie.
Traitements insecticides :
Des traitements obligatoires sont réalisés pour réduire les populations de Scaphoideus titanus.
Ces interventions visent à éliminer les larves au printemps et les adultes en été.
Contrôle biologique : Des recherches explorent l’utilisation d’ennemis naturels ou de pièges pour limiter les populations de vecteurs.
Limiter la vigueur excessive pour éviter les entassements de végétation qui favorisent la présence de l’insecte.
Maintenir une bonne aération des parcelles pour limiter l’habitat du vecteur.
Il existe aussi des méthodes de lutte en expérimentation à base d’huile de vaseline et talc ou argile (le but étant de diminuer le côté “vert” des feuilles que repèrent les cicadelles (activité chlorophyllienne).
Le phylloxéra est un puceron microscopique originaire d’Amérique du Nord, qui attaque principalement les racines de la vigne et, dans certains cas, les feuilles. Il est considéré comme l’un des ravageurs les plus dévastateurs de l’histoire de la viticulture. Au XIXᵉ siècle, il a causé une crise majeure en Europe, détruisant une grande partie des vignobles.
Forme souterraine :
Les formes principales attaquent les racines, provoquant des galles (excroissances) et des blessures qui s’infectent rapidement par des microorganismes pathogènes. Cela entraîne l’affaiblissement progressif, puis la mort des plants.
Forme aérienne (rare en Europe) :
Sur certains porte-greffes ou cépages, le phylloxéra forme des galles sur les feuilles, généralement sans gravité.
Modes de dispersion :
Par le vent, l’eau, les outils viticoles ou le transport des plants infectés.
Sur les racines :
Formation de nodosités et de tubérosités (galles) sur les jeunes racines.
Pourriture des racines secondaires.
Affaiblissement général des ceps : feuilles jaunes, croissance ralentie, réduction des rendements.
Mort progressive des plants.
Sur les feuilles (rare) :
Petites galles jaunâtres ou rougeâtres sur la face inférieure des feuilles, surtout chez certains hybrides américains.

Galles sur feuilles

Galles sur feuille
Porte-greffes résistants :
La solution principale consiste à greffer les cépages européens (Vitis vinifera) sur des porte-greffes issus de vignes américaines résistantes au phylloxéra (par exemple, Vitis riparia, Vitis rupestris, ou leurs hybrides).
Hybridation : Consiste à mélanger le patrimoine génétique des ceps “américains” (riparia, berlandieri etc) avec vinifera.
Prévention :
Contrôler les mouvements des plants pour éviter l’introduction du phylloxéra dans des zones indemnes.
Éviter de planter directement des Vitis vinifera sans greffage (Franc de pieds).
Traitements chimiques ou biologiques :
En sol contaminé, l’usage de produits chimiques est peu efficace.
La lutte biologique n’est pas encore développée pour le phylloxéra.
Gestion des sols :
Utilisation de sols sableux ou inondables (où le phylloxéra ne survit pas bien) pour éviter la propagation.
Désinfection des outils et contrôle strict dans les zones infectées.
La crise du phylloxéra au XIXᵉ siècle a entraîné une perte considérable de vignobles en Europe.
Cela a conduit au développement de la technique du greffage, qui est aujourd’hui universellement adoptée dans la viticulture.
Le phylloxéra reste un problème latent dans toutes les régions viticoles du monde. Bien qu’il soit contrôlé grâce aux porte-greffes résistants, il nécessite une vigilance constante pour éviter sa propagation et ses dégâts.
La cicadelle verte (Empoasca vitis) est un insecte suceur appartenant à la famille des Cicadellidae. Ce ravageur de petite taille est particulièrement nuisible pour la vigne, bien qu’il puisse également s’attaquer à d’autres plantes hôtes. Il cause des dégâts en se nourrissant de la sève des feuilles, entraînant des symptômes spécifiques connus sous le nom de "grillure des feuilles".
Morphologie :
Adulte : Insecte vert clair, de 3 à 4 mm de long, avec une forme allongée.
Larve : Semblable à l'adulte mais plus petite et sans ailes développées.
Cycle biologique :
Les adultes pondent leurs œufs dans les nervures des feuilles.
Les larves émergent et commencent immédiatement à se nourrir.
Plusieurs générations peuvent se succéder chaque année, en fonction des conditions climatiques.
Habitat :
Zones chaudes et sèches, favorables à leur développement.
Se réfugient dans les feuilles et les parties aériennes de la vigne.

Larve de cicadelle

Cicadelle verte adulte
Grillure des feuilles :
Marges des feuilles jaunissant ou rougissant (selon le cépage) avant de se dessécher.
Aspect brûlé des feuilles, souvent sur les parties médianes et inférieures de la vigne.
Réduction de la photosynthèse :
Affaiblissement de la plante, croissance ralentie.
Impact sur la maturation des grappes et diminution du rendement.
Déformation des feuilles :
Les feuilles peuvent se recroqueviller légèrement vers le bas.
Chute prématurée des feuilles :
Lorsque les infestations sont sévères, les feuilles touchées tombent, exposant les grappes au soleil et augmentant les risques d’échaudage.
Climat chaud et sec.
Absence de prédateurs naturels ou de lutte biologique.
Forte densité de plantation, augmentant la disponibilité de nourriture.
Surveillance :
Piégeage et observation des populations pour détecter les premiers signes d'infestation.
Inspection régulière des feuilles pour repérer les larves et les adultes.
Lutte biologique :
Encourager les prédateurs naturels tels que les coccinelles, les chrysopes et les parasitoïdes, oiseaux, chauves-souris etc.
Implantation de bandes fleuries pour favoriser les auxiliaires.
Lutte chimique :
Utilisation d’insecticides spécifiques en cas d’infestation importante, en respectant les périodes d’intervention pour éviter de nuire aux auxiliaires.
Alternance des matières actives pour limiter les résistances.
Les infestations sévères peuvent réduire significativement la production de raisin en impactant le rendement et la qualité des grappes.
Les dégâts indirects incluent une augmentation des coûts de protection phytosanitaire et une sensibilisation accrue de la vigne à d'autres ravageurs ou maladies.
La cicadelle verte est un ravageur à surveiller attentivement, en particulier dans les régions où le climat chaud et sec favorise son développement. Une approche intégrée combinant lutte biologique et surveillance précoce est essentielle pour limiter ses impacts.
Les tordeuses sont des lépidoptères ravageurs qui causent des dégâts importants sur la vigne. Ces insectes, dont les larves se nourrissent des fleurs, des baies ou des feuilles, peuvent affecter directement les rendements et favoriser l'installation de maladies secondaires comme le botrytis. Les deux espèces principales concernées en viticulture sont :
Petit papillon nocturne de couleur gris-brun.
Les larves, responsables des dégâts, sont jaunes ou verte clair avec une tête brunâtre
Hivernation :
Eudémis passe l’hiver sous forme de chrysalide cachée sous les écorces de la vigne, les feuilles mortes ou les débris végétaux.
Printemps :
Émergence des adultes (fin mars à avril) :
Les papillons adultes apparaissent lorsque les températures dépassent 10-12°C.
Ponte :
Les femelles déposent leurs œufs sur les inflorescences de la vigne ou à proximité des bourgeons.
1ʳᵉ Génération (génération inflorescence) :
Les larves éclosent et se nourrissent des boutons floraux, causant des dégâts directs.
Développement larvaire : 3 à 4 semaines.
Transformation en chrysalides pour une deuxième génération.
Été :
2ᵉ Génération (génération baies) :
Les adultes émergent en juin-juillet.
Les larves de cette génération attaquent les jeunes baies, perforant leur peau et les vidant.
Ces blessures favorisent les infections par le botrytis ou d'autres champignons.
Fin d’été/début automne :
3ᵉ Génération (génération grappes mûres) (selon les régions) :
Les larves attaquent les baies mûres, souvent en petits groupes.
Ces dégâts sont les plus graves car ils affectent directement la qualité de la vendange.
En automne, les larves de cette dernière génération se transforment en chrysalides pour hiverner.
Les larves perforent les boutons floraux, les baies ou les grappes.
Favorise le développement de pourritures, notamment le botrytis (pourriture grise), piqûre acétique.
Perte directe de récolte due à la destruction des baies.
Surveillance :
Piégeage des papillons à l’aide de pièges à phéromones pour suivre les vols.
Observation des dégâts sur les grappes.
Lutte biologique :
Confusion sexuelle : Diffusion de phéromones pour perturber l’accouplement des adultes.
Utilisation d’organismes auxiliaires (Trichogrammes, micro-guêpes parasitoïdes).
Lutte chimique :
Traitements insecticides ciblés en fonction des seuils de nuisibilité.
Respect des périodes de sensibilité (stades de développement des larves).


Dégâts sur baies


Larves sur inflorescence


Abdomen
Papillon similaire à l’eudémis, de plus petite taille et à coloration plus claire (brun-jaune avec des bandes transversales).
Larves jaune clair à tête brun foncé.
Hivernation : Chrysalides dans les écorces ou sous les débris au sol.
Nombre de générations : 2 par an :
1ʳᵉ génération (printemps) : Inflorescences.
2ᵉ génération (été) : Baies.
Très similaires à ceux de l’eudémis :
Perforation des boutons floraux et des baies.
Grappes exposées aux moisissures, notamment le botrytis.
Méthodes similaires à celles utilisées contre l’eudémis : confusion sexuelle, piégeage, traitements biologiques ou chimiques.
Tordeuse de la grappe (Clysia ambiguella) : Parente proche de l’eudémis.
Tordeuse de la feuille (Sparganothis pilleriana) : Peut causer des dégâts mineurs sur les feuilles.
| Caractéristique | Eudémis (Lobesia botrana) | Cochylis (Eupoecilia ambiguella) |
|---|---|---|
| Taille | 6-8 mm | 5-6 mm |
| Couleur | Gris-brun | Jaune-brun |
| Générations | 2 à 3 | 2 |
| Attaques principales | Inflorescences, baies, grappes | Inflorescences, grappes |
Confusion sexuelle : Stratégie écologique très efficace dans les vignobles à forte densité.
Biocontrôle : Lâcher de Trichogrammes ou recours à des traitements à base de Bacillus thuringiensis.
Pratiques culturales : Maintenir un bon état sanitaire en limitant l'humidité et en évitant la surdensité des plantations.
Les tordeuses de la vigne exigent une gestion rigoureuse pour minimiser les pertes économiques et éviter la propagation de maladies secondaires, en particulier le botrytis. Une approche intégrée, combinant surveillance, biocontrôle et confusion sexuelle, est essentielle pour un contrôle efficace.
L’érinose est une maladie physiologique causée par un acarien microscopique, Colomerus vitis (anciennement Eriophyes vitis). Ce ravageur provoque des déformations caractéristiques sur les feuilles de la vigne sous forme de boursouflures et de feutrage blanc.
1. Symptômes de l’érinose
Face supérieure des feuilles :
Présence de boursouflures plus ou moins volumineuses.
Coloration rougeâtre sur les cépages rouges et vert-jaune sur les cépages blancs.
Face inférieure des feuilles :
Apparition d’un feutrage blanc, devenant brun avec le temps.
Augmentation de l’épaisseur du limbe foliaire.
Autres symptômes possibles :
Dans les cas graves, une attaque sur les jeunes grappes peut provoquer des déformations et ralentir le développement des baies.
2. Facteurs favorisant l’érinose
Printemps doux et humide favorisant l’éclosion des larves.
Présence d’écorces rugueuses sur la vigne, offrant un refuge aux acariens pour l’hivernation.
Faible population d’acariens prédateurs (comme Typhlodromus pyri), qui limitent naturellement Colomerus vitis.
3. Lutte et prévention contre l’érinose
Élimination des sarments morts et écorces rugueuses après la taille.
Favoriser la présence d'acariens prédateurs (Typhlodromus pyri).
Introduction d’acariens prédateurs dans les parcelles sensibles.
Maintien de la biodiversité pour favoriser les régulateurs naturels des acariens.
Traitements acaricides spécifiques en début de saison si l’infestation est très forte.b
Éviter les traitements systématiques qui détruisent aussi les auxiliaires.

Colomerus Vitis est aussi un des vecteurs identifiés du GPGV Grapevine Pinot Gris Virus, une maladie de plus en plus problématique.
Ces ravageurs de l'ordre des lépidoptères, comme leur nom l'indique, s'attaquent plus particulièrement aux bourgeons et jeunes feuilles, au stade de chenilles. Celles-ci appartiennent à différentes familles : Geometridae, Erebidae, Noctuidae, Sphingidae et Zygaenidae
Phalène à losanges ou boarmie. La chenille ne possède que 2 paires de fausses pattes, d'où son déplacement caractéristique. Elle est très active au printemps lors du débourrement.

Les chenilles de cette famille appelées aussi chenilles hérissonnes, sont très poilues. Les papillons, souvent cachés dans la végétation, ont des ailes postérieures très colorées. Ces insectes sont pourvus d'un organe produisant des ultrasons. Les dégâts dus à ces espèces sont rarement importants.


Ces papillons, surtout actifs la nuit, ont des ailes repliées en forme de chape, dont les antérieures sont souvent plus foncées que les postérieures qui elles peuvent être très colorées. Les chenilles, plus ou moins grises selon le stade et l'espèce, s'enroulent dès qu'elles sont dérangées. Ces chenilles ont des mœurs nocturnes et demeurent cachées dans le sol pendant le jour. On ne s'aperçoit de leur présence que par les ravages causés aux jeunes pousses, les plus grands dommages étant constatés en avril-mai. Les espèces rencontrées sont différentes selon le climat.



Ces beaux papillons à ailes peu développées et à corps énorme, à vol stationnaire, sont des ravageurs occasionnels de la vigne. Les dégâts causés par les chenilles grandes et épaisses sont toujours limités. En fait, ces espèces ne sont pas inféodées à la vigne et leur habitat normal est constitué surtout de plantes sauvages comme les gaillets ou les épilobes, mais aussi le sarrasin. La chenille, dans cette famille, porte un éperon sur l'avant dernier segment de l'abdomen.



Grand Sphinx de la vigne, ou Sphinx rose

Hyles Lineata Sphinx commun de la vigne, l’espece la plus nuisible pour la culture.

D. Porcelus Petit sphinx de la vigne
Theresimima ampellophaga (Bayle-Barelle, 1808), zygène de la vigne ou procris mange-vigne (anc. Zygaena ampellophaga) est connu depuis l'antiquité comme un ravageur du vignoble, mais qui est préoccupant surtout dans le centre de l'Europe. En France sa présence est limitée à la Provence et les dégâts sont sans gravité. Les petites chenilles mangent au printemps les jeunes bourgeons puis les feuilles en croissance, en s'attaquant au milieu du limbe.




Les facteurs favorables à la présence de ces ravageurs vous sont présentés sur le tableau joint. Par ailleurs, parmi les auxiliaires utiles on peut citer des prédateurs comme les carabes, passereaux et chauves souris qui consomment chenilles ou papillons, les chrysopes et hémérobes qui s'attaquent plus particulièrement aux œufs et petites chenilles. Les hyménoptères parasitoïdes et mouches tachinaires se développeront au dépend des œufs et des chenilles.
En 2005, il a été montré que ni la confusion sexuelle, ni l’enherbement, ni même l’application d’insecticides l’année passée n’a eu d’incidence sur ces populations. Ces résultats se confirment en 2021.
Selon les études menées par le Comité Champagne en 2005, le seuil d’intervention est de : 15 % de ceps avec au moins un bourgeon mangé
Ensuite suivre les recommandations de l’union champagne.
Court-noué de la vigne
Le court-noué est une maladie virale grave causée par des Népovirus, principalement le Grapevine Fanleaf Virus. Ce virus est transmis aux racines de la vigne par un nématode vecteur appelé Xiphinema index.
1. Symptômes
Sur les feuilles :
Déformations en éventail (aspect de nervures écartées).
Jaunissement et marbrures.
Sur les sarments et le cep :
Raccourcissement des entre-nœuds (zig-zag).
Port buissonnant et développement irrégulier.
Moindre vigueur et affaiblissement progressif du cep.
Sur les grappes :
Forte réduction de la production.
Petites baies et coulure fréquente.
2. Transmission et cycle biologique
Le virus hiverne dans la vigne infectée et dans le sol via les nématodes vecteurs (Xiphinema index).
Au printemps, les nématodes s’activent et peuvent infecter de nouvelles racines.
Propagation par le matériel végétal (greffons et porte-greffes contaminés).
3. Moyens de lutte
Utilisation de plants certifiés indemnes du virus (sélection clonale).
Surveillance et analyse des sols avant plantation (présence de nématodes).
Rotation culturale avant la replantation (jachère longue (7 ans ou + conseillé) pour éliminer les nématodes).
Repiquage inutile dans les zones infestées.
Des pistes concernant l’utilisation de porte-greffes résistants (CF Nemadex d’Alain Bouquet) ou de plants prémunis sont en voie de recherche
L’utilisation de plantes nématicides pour réduire le développement des nématodes dans les parcelles (moutarde blanche, sainfoin…)
Il n’existe aucun traitement curatif, d’où l’importance de la prévention.

“Tâche” dans la parcelle

Différence entre un cep atteint et un cep sain
Amensalisme : L’amensalisme correspond à une interaction biologique dans laquelle un organisme subit un effet défavorable sur sa valeur sélective, alors que l’autre n’est pas affecté. Cette relation peut être intra ou interspécifique et se rencontre principalement chez les végétaux et les microorganismes.
Il existe principalement deux types d’amensalisme :
Compétition unilatérale : un organisme accède de manière préférentielle à des ressources limitantes (lumière, eau, nutriments, espace), ce qui entraîne une contrainte pour un second organisme sans effet en retour sur le premier. Ce cas est fréquent dans les communautés végétales structurées en strates.
Allélopathie négative : aussi appelé antibiose, un organisme libère des composés chimiques dans le milieu, susceptibles d’inhiber la germination, la croissance ou le métabolisme d’autres organismes. Par exemple, les noyers sécrètent de la juglone, toxique pour de nombreuses plantes.
Dans certains cas, ces substances peuvent intervenir dans des mécanismes de défense, mais l’interaction est qualifiée d’amensale uniquement si l’organisme émetteur ne présente pas de modification mesurable de sa valeur sélective.
L’amensalisme se distingue des autres interactions écologiques par son caractère asymétrique strict (−/0), sans bénéfice pour l’organisme non affecté.
En cas de bénéfice, comme pour la sécrétion d’alcool par les levures saccharomyces ont parle plutôt de compétition par interférence ou de parabiose antagoniste.
Compétition par interférence :
Forme de compétition dans laquelle un organisme affecte directement un
autre en entravant son accès aux ressources, non pas par simple
exploitation, mais par des actions actives ou des effets directs. Cela
inclut, par exemple, la production de substances toxiques, des
comportements agressifs, ou l’occupation physique de l’espace.
Contrairement à la compétition par exploitation (indirecte), l’effet sur
le compétiteur résulte ici d’une interaction immédiate. Cette
interaction est généralement de type (−/−), mais peut tendre vers (−/+)
si l’un des organismes tire un avantage net de l’inhibition de
l’autre.
Parabiose antagoniste :
Interaction entre organismes, le plus souvent des microorganismes, dans
laquelle l’un produit des composés (antibiotiques, toxines, métabolites
inhibiteurs) qui nuisent à un autre organisme coexistant dans le même
milieu. Cette relation est dite « antagoniste » car elle entraîne un
effet négatif sur au moins un partenaire, et elle est souvent associée à
un bénéfice indirect pour l’organisme producteur (réduction de la
compétition).







































L’arrêté du 16 juin 2009 mentionne que tout agriculteur est tenu d’enregistrer les applications phytosanitaires effectuées sur son exploitation, afin d’assurer la traçabilité des produits et d’en faciliter le contrôle. A partir du 1er janvier 2026 les exploitations devront détenir les informations de leur registre au format électronique.



L’Indicateur de Fréquence de Traitements phytosanitaires (IFT) suit l’utilisation des produits phytopharmaceutiques (pesticides) à l’échelle d’une exploitation agricole ou d’un groupe d’exploitations.
En comptabilisant le nombre de doses de référence appliquées par hectare lors d’une campagne culturale, l’IFT permet d’évaluer l’usage de ces produits, qu’il s’agisse d’un ensemble de parcelles, d’une exploitation ou même d’un territoire.
Il peut aussi être décliné par catégories de produits (herbicides, fongicides, insecticides et acaricides, etc.).
Pour l’agriculteur, l’IFT est un outil qui permet d’évaluer les progrès réalisés dans la réduction de l’usage des pesticides et de situer ses pratiques par rapport à la référence territoriale.
Il s’inscrit également dans la mise en œuvre de politiques publiques – comme le plan Ecophyto et le projet agroécologique – en visant une performance économique, environnementale et sociale.
Le calcul de l’IFT repose sur la quantité réelle de produit appliquée, enregistrée dans le cahier de suivi phytosanitaire, et s’exprime par la formule suivante :
Dose appliquée x surface traitée
IFT = ___________________________________
Dose de référence x surface de la parcelle
La dose de référence, issue des doses homologuées, se décline en deux types :
À la cible : spécifique à chaque produit, culture et fonction visée, permettant un calcul plus précis.
À la culture : utilisée lorsque l’information sur la cible n’est pas renseignée, correspondant à la plus faible dose de référence à la cible.
Pour obtenir l’IFT total d’une parcelle, il suffit d’additionner l’IFT de tous les traitements réalisés entre deux récoltes, y compris ceux effectués en interculture. Dans le cas de traitements sur semences, bulbes ou plants, une valeur de 1 est ajoutée, ajustée en fonction de la proportion traitée.
L’IFT joue également un rôle central dans divers dispositifs publics. Les Mesures Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC) encouragent la réduction de l’usage des pesticides dans le cadre des programmes de développement rural, en fixant une valeur maximale d’IFT à respecter, moyennant une aide financière sur cinq ans. La certification HVE et les diagnostics agroécologiques intègrent l’IFT pour valoriser les démarches d’amélioration des pratiques (nombre de points selon IFT).
Le calcul de l’IFT repose sur un référentiel commun constitué par des doses de référence. Ces doses, définies soit à la cible, soit à la culture, ne reflètent pas nécessairement la bonne pratique agricole, mais servent à standardiser les calculs dans le cadre d’actions publiques. Les référentiels, propres à chaque campagne culturale depuis 2014/2015, sont consultables sur l’Atelier de calcul de l’IFT ou sur data.gouv.fr.
Pour HVE, il faudra obtenir 10 points dans la thématique phytosanitaire.
Les points sont accordés sur les IFT herbicide et hors herbicide selon un tableau de ce type :

et ensuite selon des critères :
CMR1 : Interdit
CMR2 : Autorisé, mais si non-utilisés, +1 point en herbicide et +1 en non herbicide
L’utilisation d’OAD type BSV : +1 point
L’utilisation de méthodes alternatives peut rapporter jusqu’à 3 points. Les points sont attribués en fonction de la surface concernée par l’utilisation de cette méthode alternative (>25% = 1pt, >37.5% = 1.5 pts, >50% = 2 pts, >62.5% = 2.5 pts, >75% = 3 pts). Par exemple :
Le % de SAU non traitée permet d’obtenir des points (les parcelles en jachère, prairie temporaire ou non exploitée sont comptabilisées dans la SAU non traitée). (1 point de 5% à 15% de SAU non traitée, puis 1 point de plus par tranche de 10%, jusqu’à 10 points)
Le % de surface couvert en inter-rang peut rapporter jusqu’à 3 points. (1 pt de 25% à 50%, 2 pts de 50% à 75%, 3 pts > 75%). Le couvert végétal doit être présent sur l’ensemble de la campagne.
Un sol est considéré comme couvert s’il porte :
une culture d’automne, une culture d’hiver, une prairie (temporaire ou permanente),
un couvert spontané ou implanté sans fertilisation
un mulch
Le couvert peut être maîtrisé par action physique comme tonte, broyage, roulage. Un couvert végétal défané (sécheresse ou roulage) présentant un paillage naturel reste un couvert végétal.
La destruction chimique des couverts est interdite.
L’utilisation de matériel ou équipement permettant de limiter les fuites dans le milieu rapporte 1 point par matériel (plafonné à 2 points). Dans liste fermée proposée dans le référentiel nous pouvons citer par exemple :
paillasse de préparation des produits
volucompteur programmable anti débordement
système anti goutte
cuve de rinçage embarquée
1 - Fongicides
| Mode d’action | Explication | Famille | Molécules | Exemples commerciaux (vigne) | Remarques |
|---|---|---|---|---|---|
| QoI (respiration mitochondriale) | Inhibition du transfert d’électrons au niveau du complexe III (cytochrome bc1), bloquant la production d’ATP → mort rapide du champignon | Strobilurines | Azoxystrobine, Trifloxystrobine | Quadris, Flint | Résistance élevée |
| SDHI | Inhibition de la succinate déshydrogénase (complexe II), perturbant la respiration cellulaire | Carboxamides | Boscalid, Fluxapyroxad | Cantus, Sercadis | Large spectre |
| IBS (DMI) | Blocage de la synthèse de l’ergostérol (membrane cellulaire), entraînant une membrane non fonctionnelle | Triazoles | Tébuconazole, Myclobutanil | Folicur, Systhane | Fongistatique |
| IBS (amines) | Inhibition d’enzymes de la biosynthèse des stérols → perturbation membranaire | Morpholines | Spiroxamine | Prosper | Spécifique oïdium |
| Inhibition de la mitose | Liaison à la tubuline → blocage de la division cellulaire | Benzimidazoles | Carbendazime | (ancien usage) | Résistances fréquentes |
| Inhibition paroi cellulaire | Blocage de la synthèse des composants de la paroi (cellulose/glucanes) | CAA | Mandipropamid | Revus | Anti-mildiou |
| Synthèse acides nucléiques | Inhibition de l’ARN polymérase → arrêt de la multiplication cellulaire | Phénylamides | Metalaxyl | Ridomil | Systémique |
| Multi-site (cuivre) | Action sur plusieurs enzymes et protéines → perturbation globale du métabolisme | Cuivre | Cuivre | Bouillie bordelaise | Faible résistance |
| Multi-site (soufre) | Perturbation de la respiration et des protéines cellulaires | Soufre | Soufre | Thiovit | Oïdium |
| Défenses naturelles (SDP) | Activation des mécanismes de défense de la plante (SAR) | Phosphonates | Fosétyl-Al | Aliette | Effet indirect |
2 - Herbicides
| Mode d’action | Explication | Famille | Molécules | Exemples commerciaux | Remarques |
|---|---|---|---|---|---|
| Inhibition EPSPS | Blocage de la voie du shikimate → empêche la synthèse des acides aminés aromatiques | Glyphosate | Glyphosate | Roundup | Systémique total |
| Inhibition ALS | Blocage de la synthèse des acides aminés essentiels → arrêt croissance | Sulfonylurées | Rimsulfuron | — | Résistance élevée |
| Inhibition ACCase | Blocage de la synthèse des lipides → destruction des membranes | FOP/DIM | Fluazifop | Fusilade | Graminées |
| Inhibition PSII | Blocage de la photosynthèse → accumulation d’énergie toxique | Triazines | Simazine | (interdit) | Historique |
| Inhibition PSI | Production de radicaux libres → destruction cellulaire rapide | Bipyridyles | Paraquat | (interdit) | Très toxique |
| Inhibition PPO | Accumulation de composés toxiques → destruction membranes | Diphenyléthers | Oxyfluorfène | Goal | Contact |
| Inhibition pigments | Blocage caroténoïdes → photo-oxydation | Isoxazoles | Isoxaflutole | — | Blanchiment |
| Auxines synthétiques | Déséquilibre hormonal → croissance anarchique mortelle | Phénoxy | 2,4-D | — | Sélectif |
3 - Insecticides
| Mode d’action | Explication | Famille | Molécules | Exemples commerciaux | Cible vigne |
|---|---|---|---|---|---|
| Inhibition AChE | Accumulation d’acétylcholine → paralysie nerveuse | Organophosphorés | Chlorpyriphos | (interdit) | Vers |
| Modulation canaux sodium | Ouverture prolongée → hyperexcitation puis paralysie | Pyréthrinoïdes | Deltaméthrine | Decis | Vers de grappe |
| Agonistes nicotiniques | Activation continue des récepteurs → paralysie | Néonicotinoïdes | Acétamipride | Mospilan | Pucerons |
| Récepteurs nicotiniques (différents) | Stimulation nerveuse puis paralysie | Spinosynes | Spinosad | Success | Lépidoptères |
| Récepteurs ryanodine | Libération Ca²⁺ → contraction musculaire incontrôlée | Diamides | Chlorantraniliprole | Coragen | Eudémis |
| Régulateur de croissance | Perturbation mue → mort larvaire | Diacylhydrazines | Méthoxyfénozide | Runner | Larves |
| Toxine digestive | Destruction intestin → arrêt alimentation | Bactéries | Bacillus thuringiensis | Dipel | Bio |
| Inhibition chitine | Blocage formation cuticule | Benzoylurées | Téflubenzuron | Nomolt | Croissance |
4 - Acaricides
| Mode d’action | Explication | Molécules | Exemples commerciaux | Cible |
|---|---|---|---|---|
| Inhibition développement | Blocage embryogenèse et mues | Clofentezine | Apollo | Œufs |
| Inhibition respiration | Blocage chaîne mitochondriale → mort énergétique | Bifenazate | Floramite | Tétranyques |
| Inhibition lipides | Perturbation synthèse lipidique | Spirodiclofen | Envidor | Acariens |
| Canaux chlore | Paralysie nerveuse | Abamectine | Vertimec | Polyvalent |
Les traitements phytosanitaires regroupent l’ensemble des méthodes et produits appliqués pour protéger la vigne des menaces naturelles que sont les ravageurs, les maladies et les adventices. Ils font partie intégrante de la viticulture moderne et visent à maintenir les plantes en bonne santé tout en garantissant un bon rendement agricole. Ces traitements incluent l’utilisation de produits chimiques, de solutions biologiques et de méthodes mécaniques, chacun ayant un rôle spécifique et complémentaire pour lutter contre les différents types de nuisibles. On les retrouve dans tous les types de viticulture, bio, conventionnel, biodynamie ou nature.
Les traitements phytosanitaires répondent à plusieurs objectifs principaux :
En réduisant les pertes dues aux ravageurs et maladies, les traitements contribuent directement à augmenter la quantité de raisins récoltés par hectare, ce qui améliore la rentabilité et l’efficience des surfaces cultivées.
La qualité est un aspect essentiel pour les consommateurs et les marchés. Des raisins bien protégés contre les parasites et les maladies produisent des vins de meilleure qualité, sans déformations ou imperfections qui pourraient en diminuer la valeur marchande (Botrytis, Oïdium, Piqûre acétique).
En garantissant des récoltes plus saines et abondantes, les traitements phytosanitaires contribuent à la sécurité alimentaire, un enjeu mondial crucial. Moins de pertes et des récoltes plus abondantes permettent de répondre à la demande croissante en produits agricoles, réduisant ainsi les risques de pénuries.
Même si le vin n’est pas un aliment de première nécessité, comme les céréales et les légumes, la viticulture est un secteur majeur de l’économie agricole française, qui emploie environ 450 000 personnes en France, tous secteurs confondus (avec les saisonniers).
Bien que les traitements phytosanitaires soient essentiels, leur utilisation doit être raisonnée. Une approche raisonnée prend en compte les impacts environnementaux et veille à minimiser les résidus dans les sols, l’eau et les produits consommés. L’agriculture durable repose de plus en plus sur l’utilisation de méthodes de lutte intégrée, qui combinent des solutions chimiques, biologiques et mécaniques pour protéger les cultures tout en préservant les écosystèmes.
Dans le domaine de la viticulture, les pratiques phytosanitaires ont évolué de manière spécifique pour répondre aux besoins et aux défis uniques de la culture de la vigne. Historiquement, la vigne est une culture sensible à divers agents pathogènes et nuisibles, ce qui a poussé les vignerons à développer des méthodes de protection adaptées. Cette évolution suit un parcours similaire à celui de l’agriculture en général, mais avec des particularités propres au vignoble.
Au début, les vignerons utilisaient des solutions naturelles pour protéger les vignes contre les maladies et ravageurs. Des méthodes traditionnelles comme l’application de soufre pour lutter contre l’oïdium ou la bouillie bordelaise (mélange de sulfate de cuivre et de chaux) contre le mildiou ont été largement adoptées. Ces traitements, découverts au XIXe siècle, étaient parmi les premiers produits phytosanitaires utilisés de façon systématique dans le vignoble.
Outre les traitements, certaines pratiques culturales, comme l’ébourgeonnage, le palissage et l’effeuillage, ont également été employées pour améliorer l’aération des grappes et limiter ainsi la prolifération des maladies. Ces pratiques mécaniques et biologiques étaient fondées sur l’observation et l’expérience, ce qui a permis aux vignerons de faire face aux premières épidémies tout en préservant leur culture.
Au XXe siècle, avec les progrès de la chimie et l’industrialisation de l’agriculture, des produits de synthèse plus puissants ont été introduits dans les vignobles. Les fongicides, herbicides et insecticides de synthèse se sont largement diffusés dans les années 1950-1970 pour lutter contre les principales maladies de la vigne, telles que le mildiou, l’oïdium, et la pourriture grise. L’utilisation de pesticides chimiques a permis de réduire les pertes et d’augmenter les rendements, répondant à la demande croissante pour le vin dans de nombreux marchés.
Cependant, cette intensification a eu des effets indésirables : accumulation de résidus chimiques dans les sols, pollution des nappes phréatiques, apparition de résistances chez certains agents pathogènes et impact sur la biodiversité du vignoble. Progressivement, les préoccupations environnementales et de santé publique ont suscité une réflexion sur les limites de ces produits.
Face aux effets négatifs des produits de synthèse et à la pression des consommateurs pour des vins plus respectueux de l’environnement, la viticulture s’est orientée vers des pratiques plus durables. Aujourd’hui, de nombreux domaines viticoles adoptent des solutions de biocontrôle et des méthodes culturales préventives pour limiter l’usage de produits chimiques.
Le biocontrôle en viticulture s’appuie sur des solutions naturelles pour gérer les nuisibles. Par exemple, l’introduction de prédateurs naturels comme les coccinelles pour contrôler les populations de pucerons ou l’usage de phéromones pour la confusion sexuelle, une méthode qui perturbe le cycle reproducteur de certains ravageurs (notamment les vers de la grappe, via Rak, ou Puffer). En complément, des traitements naturels comme les extraits de plantes (ortie, prêle) et les huiles essentielles sont utilisés pour renforcer la résistance naturelle des vignes (PNPP : Préparations Naturelles Peu Préoccupantes).
L’agriculture biologique et la biodynamie se sont également développées dans le vignoble, visant à réduire au minimum les intrants chimiques et à favoriser un écosystème plus équilibré. Les vignerons adoptent des pratiques de lutte intégrée (ou IPM), qui combinent des interventions préventives, biologiques et, en dernier recours, l’application limitée de produits de synthèse.
En outre, la gestion des sols et la biodiversité sont de plus en plus intégrées dans les pratiques viticoles durables. Enherbement, plantation de haies et préservation des auxiliaires naturels du vignoble contribuent à maintenir un environnement sain pour la vigne et les micro-organismes du sol, qui jouent un rôle clé dans la qualité des vins.
Les pratiques phytosanitaires en viticulture sont en pleine mutation, et les domaines viticoles cherchent de plus en plus à adopter des méthodes respectueuses de l’environnement. Cette transition répond aux exigences des consommateurs et des marchés, mais également aux enjeux environnementaux pressants.
Les produits phytosanitaires se déclinent en plusieurs catégories, chacune ayant un rôle spécifique dans la protection des cultures contre divers types de nuisibles ou agents pathogènes. Ces produits sont généralement classifiés en fonction de leur cible principale, mais de plus en plus, l'agriculture moderne se tourne également vers des alternatives biologiques et des méthodes de biocontrôle pour limiter l'impact environnemental.
Les produits phytosanitaires sont généralement regroupés dans les catégories suivantes : herbicides, insecticides, fongicides, acaricides et nématicides. Chaque catégorie cible un type particulier d'organismes nuisibles pour les cultures.
Dans le domaine de la viticulture, les herbicides jouent un rôle important pour maîtriser les mauvaises herbes qui peuvent concurrencer les vignes en termes d’eau, de nutriments et de lumière. Toutefois, leur utilisation doit être raisonnée et adaptée aux particularités de la vigne, car un usage excessif ou inapproprié peut affecter la biodiversité du sol et la santé des vignes.
Herbicides systémiques : Les herbicides systémiques sont utilisés avec prudence, car ils pénètrent dans les mauvaises herbes par les feuilles ou les racines et se déplacent à travers toute la plante jusqu'à la racine, ce qui les rend efficaces pour éliminer des plantes vivaces, comme le chiendent ou le liseron. Cependant, leur application doit être localisée pour éviter tout risque de contact avec la vigne. Le glyphosate, par exemple, est parfois utilisé en traitement dirigé pour éviter que les mauvaises herbes ne repoussent.
Herbicides de contact : Ces herbicides agissent uniquement sur les parties des plantes directement traitées, détruisant les tissus végétaux touchés sans pénétrer dans la plante. Ils sont particulièrement utiles pour maîtriser les mauvaises herbes annuelles qui émergent au printemps.
Herbicides sélectifs : Ces produits visent des types spécifiques de mauvaises herbes sans affecter la vigne. Par exemple, des herbicides sélectifs peuvent cibler les graminées (comme le chiendent) qui sont particulièrement envahissantes dans les vignobles. Ils sont souvent choisis pour éviter tout impact sur la vigne et favoriser une gestion intégrée des mauvaises herbes.
Herbicides non sélectifs : Ces herbicides, qui détruisent toutes les plantes avec lesquelles ils entrent en contact, sont appliqués avec soin en viticulture. Ils sont généralement utilisés en fin de saison ou dans les rangs de vignes au repos, avant la croissance active de la vigne, afin de nettoyer efficacement les zones envahies.
En viticulture, les herbicides pré-levés (ou antigerminatifs) sont utilisés avant que les mauvaises herbes aient émergé du sol. Ces produits sont appliqués généralement en début de saison, souvent après la taille et avant la reprise de la végétation, afin de créer une barrière chimique dans la couche supérieure du sol. Cette barrière empêche les graines d’adventices de germer ou de se développer.
Mode d'action : Les herbicides pré-levés forment une couche active dans le sol qui empêche la germination des graines. Ils ne sont pas absorbés par les racines des plantes existantes, ce qui signifie qu’ils ne touchent pas directement les vignes établies, mais seulement les adventices à venir.
Cible : Ces herbicides sont efficaces contre une large gamme de mauvaises herbes annuelles et peuvent être sélectifs en fonction du produit choisi. Ils sont particulièrement utiles pour maîtriser les espèces d’adventices qui germent au printemps et qui risquent de concurrencer la vigne pour l’eau et les nutriments.
Moment d'application : En viticulture, l’application d’herbicides pré-levée se fait idéalement après les pluies hivernales et avant le début de la croissance active des adventices.
Durée d'efficacité : La durée de protection varie en fonction du produit et des conditions climatiques, mais elle peut durer plusieurs semaines à quelques mois. Cependant, une pluie trop intense peu de temps après l’application peut lessiver le produit et diminuer son efficacité.
Avantages : Les herbicides pré-levés permettent de limiter le développement des mauvaises herbes sans nécessiter des interventions répétées, ce qui réduit la main-d'œuvre pour le désherbage manuel ou mécanique. Ils sont aussi utiles pour maintenir les rangs de vigne propres, facilitant l’entretien du vignoble.
Précautions : Il est important d’appliquer ces herbicides avec précision pour éviter de nuire aux cultures ou aux organismes du sol. Ils doivent être utilisés de manière raisonnée, en tenant compte de la biodiversité et des besoins écologiques du vignoble. Il est aussi important de les associer à d’autres pratiques de gestion intégrée.
Outre les herbicides chimiques, les viticulteurs adoptent de plus en plus de méthodes alternatives pour maîtriser les mauvaises herbes de manière plus respectueuse de l’environnement.
Désherbage mécanique : Le désherbage mécanique, utilisant des outils comme les griffes interceps et les herses, est une pratique répandue en viticulture biologique pour éliminer les mauvaises herbes sans recourir aux herbicides. Cette méthode favorise l'aération du sol et réduit la dépendance aux produits chimiques, bien qu'elle demande des interventions régulières et soit plus coûteuse en main-d'œuvre.
Paillage : Appliquer une couche de paillis organique ou minéral autour des pieds de vigne limite la croissance des mauvaises herbes en bloquant leur accès à la lumière. Le paillage est une technique écologique qui contribue aussi à conserver l'humidité du sol.
Enherbement maîtrisé : Laisser pousser certaines herbes sélectionnées entre les rangs de vigne peut limiter le développement des mauvaises herbes tout en renforçant la biodiversité du sol. Cette pratique favorise un écosystème plus équilibré et permet de réduire l’érosion des sols dans les vignobles en pente.
Les insecticides sont utilisés pour lutter contre les insectes nuisibles aux cultures, tels que les pucerons, les charançons, et les chenilles. Ces produits peuvent agir par contact direct, ingestion, ou respiration, selon le type de formulation. Les insecticides peuvent être naturels (comme ceux à base de pyrèthre) ou de synthèse. Leur usage doit être maîtrisé pour éviter les phénomènes de résistance chez les populations d’insectes et pour réduire les effets négatifs sur les insectes utiles, comme les pollinisateurs.
Les fongicides ciblent les champignons pathogènes, responsables de maladies fréquentes dans les cultures agricoles, comme le mildiou, l'oïdium ou la pourriture grise. Ces produits agissent de manière préventive ou curative et sont souvent appliqués de manière répétée pour limiter la prolifération des spores fongiques, surtout en période humide. On distingue les fongicides de contact, qui protègent les surfaces extérieures de la plante, et les fongicides systémiques, qui circulent à l’intérieur de la plante pour une action plus en profondeur.
Les acaricides sont des produits utilisés pour contrôler les acariens, de petits arthropodes qui s’attaquent aux feuilles, aux fruits et parfois aux racines des plantes. Les acariens peuvent causer des déformations et des pertes de rendement importantes. Les acaricides sont formulés pour agir rapidement, bien que leur usage doit être limité pour éviter de perturber les populations d’acariens prédateurs, qui jouent un rôle régulateur dans l’écosystème.
Les nématicides ciblent les nématodes, des vers microscopiques qui s’attaquent aux racines des plantes et nuisent à leur croissance en les privant de nutriments et qui peuvent être vecteur de viroses comme le court noué.
Face aux préoccupations croissantes concernant les impacts environnementaux des produits de synthèse, les biopesticides et les produits de biocontrôle sont de plus en plus plébiscités en agriculture. Ces alternatives reposent sur des mécanismes naturels pour contrôler les ravageurs et maladies, réduisant ainsi les effets secondaires sur l’écosystème.
Les biopesticides regroupent des produits d'origine naturelle, tels que les extraits de plantes, les micro-organismes, ou les substances organiques, qui permettent de lutter contre les nuisibles sans avoir recours aux produits de synthèse. Les produits à base de Bacillus thuringiensis (un micro-organisme produisant une toxine insecticide) sont très répandus en agriculture biologique, notamment pour le contrôle des chenilles et des insectes lépidoptères.
Les macro-organismes comprennent les insectes et autres organismes vivants introduits dans les cultures pour réguler naturellement les populations de nuisibles. Par exemple, les coccinelles sont souvent utilisées pour lutter contre les pucerons, tandis que certaines espèces de guêpes parasitoïdes permettent de limiter les populations de chenilles nuisibles. Cette méthode est appelée lutte biologique par auxiliaires de culture, et elle contribue à un contrôle efficace et respectueux de l’environnement.
Les substances naturelles incluent des extraits végétaux, comme les pyrèthre, qui ont des propriétés insecticides, fongicides ou répulsives. Ces substances sont souvent utilisées en agriculture biologique, car elles offrent une alternative aux produits de synthèse et se dégradent plus rapidement dans l’environnement. Leur efficacité peut cependant être plus limitée, d’où l’importance de bien les intégrer dans une stratégie globale de gestion des nuisibles.
Les phéromones sont des substances chimiques émises par les insectes pour attirer leurs congénères, notamment pour la reproduction. En diffusant artificiellement des phéromones dans les cultures, les agriculteurs peuvent induire une confusion sexuelle chez certains ravageurs, comme la tordeuse de la vigne, en perturbant leur cycle de reproduction. Cette technique est couramment utilisée en viticulture et permet de réduire les populations de nuisibles de manière non toxique, sans impact sur les autres espèces.
La diversité des produits phytosanitaires disponibles permet aux agriculteurs de choisir des solutions adaptées aux problèmes spécifiques de leurs cultures. Cependant, une gestion raisonnée de ces produits, appelée lutte intégrée (ou Integrated Pest Management - IPM), est essentielle pour limiter les impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine. La lutte intégrée combine différents types de traitements et techniques, favorisant les solutions de biocontrôle et les biopesticides, pour une protection efficace et durable des cultures.
Les produits phytosanitaires sont classés en fonction de leur mode d’action, c’est-à-dire la manière dont ils pénètrent dans la plante.
Les produits de contact agissent uniquement sur les parties de la plante ou de l'organisme qu'ils touchent directement. Ils ne pénètrent pas dans les tissus et n'atteignent pas les racines ou les parties non exposées de la plante. Leur effet est donc localisé.
| Mode de pénétration | Ces produits forment une couche protectrice sur la surface de la plante, et toute partie non traitée reste vulnérable. |
| Exemples | Certains herbicides de contact sont utilisés pour détruire les mauvaises herbes en brûlant leurs tissus exposés ; des fongicides de contact sont également appliqués pour protéger les feuilles et les tiges contre les champignons. |
| Avantages | Moins de risques de résidus dans la plante et moins de contamination dans le sol. |
| Limites | Nécessitent des applications fréquentes, car ils peuvent être lessivés par la pluie ou dégradés rapidement. |
Les produits systémiques sont absorbés par les tissus de la plante et se déplacent dans l'ensemble de l'organisme. Ils agissent donc à l'intérieur de la plante et atteignent même les parties non directement pulvérisées.
| Mode de pénétration | Ils pénètrent par les feuilles, les racines ou les tiges et se déplacent via le système vasculaire (xylème et phloème) vers les différentes parties de la plante. |
| Exemples | Le glyphosate, un herbicide systémique, est absorbé par les feuilles des mauvaises herbes et descend jusqu’aux racines, assurant une destruction complète. Certains fongicides systémiques se déplacent également dans toute la plante pour offrir une protection contre les infections internes. |
| Avantages | Efficacité accrue, surtout pour les plantes vivaces, et durée d'action prolongée, car le produit agit même après l’application initiale. |
| Limites | Risque de développement de résistances plus élevé et possibilité de résidus dans les récoltes si le produit n'est pas bien dégradé. |
Les produits pénétrants, aussi appelés translaminaires, sont absorbés par les tissus de la plante mais ne se déplacent pas dans toute la plante comme les produits systémiques. Ils se propagent localement dans les tissus proches de la zone d’application, souvent d'un côté de la feuille vers l'autre.
| Mode de pénétration | Ces produits pénètrent la surface de la plante, se déplacent sur une courte distance, mais ne voyagent pas dans le système vasculaire. |
| Exemples | Certains fongicides pénétrants, comme ceux à base de strobilurines (groupe QoI - Quinone outside Inhibitors), sont appliqués sur le dessus des feuilles et diffusent à travers la feuille pour offrir une protection interne sans atteindre les autres parties de la plante. |
| Avantages | Bonne efficacité contre les maladies des feuilles, comme les taches foliaires ou l’oïdium, et moins de risque de lessivage. |
| Limites | Ne protègent que les parties où ils ont été appliqués, et une nouvelle application est souvent nécessaire pour les parties non couvertes. |
En viticulture et dans d'autres domaines agricoles, alterner les produits selon leur mode d’action est crucial pour éviter le développement de résistances chez les ravageurs et les agents pathogènes. Par exemple, l’usage de fongicides de contact peut être alterné avec des produits systémiques ou pénétrants pour maximiser l’efficacité et minimiser les risques écologiques.
Les produits phytosanitaires sont composés de trois éléments principaux : les principes actifs, les adjuvants et les agents de formulation.
Les principes actifs sont les substances qui agissent directement sur les cibles telles que les mauvaises herbes, les maladies et les insectes ; par exemple, on utilise le cuivre et le soufre pour les fongicides, ainsi que le glyphosate pour les herbicides.
Les adjuvants sont des composés qui améliorent l'efficacité du produit, comme les agents mouillants qui assurent une meilleure adhérence aux feuilles ou les surfactants qui garantissent une couverture uniforme.
Les agents de formulation, quant à eux, stabilisent le produit, facilitent son application et protègent le principe actif. Ils permettent également une diffusion et une application homogènes dans le vignoble.
Ces composants sont essentiels pour garantir l'efficacité des traitements tout en s'inscrivant dans une démarche de viticulture durable.
Une bonne formulation permet une application uniforme du produit sur les vignes, même sur les surfaces cireuses des feuilles. Cela est crucial pour les traitements fongicides, car les maladies telles que le mildiou et l'oïdium nécessitent une couverture complète des feuilles et des grappes pour un contrôle efficace. Les formulations améliorées limitent aussi les pertes du produit par évaporation, ruissellement, ou dégradation.
L’analyse des risques et le diagnostic des problèmes sanitaires repose sur une observation régulière et rigoureuse des parcelles pour identifier rapidement tout signe de dégradation de la santé des vignes.
L’observation attentive des vignes permet de détecter des signes précoces de maladies ou d’infestations de ravageurs. En identifiant ces signes dès leur apparition, le viticulteur peut intervenir de manière ciblée, ce qui permet de limiter la progression du problème et d’optimiser l’utilisation des traitements.
Pour confirmer un diagnostic, le viticulteur peut utiliser différentes méthodes : des observations visuelles, des tests rapides de détection pour certains pathogènes, ou encore des analyses en laboratoire pour les cas complexes. Les seuils de nuisibilité constituent un élément clé de cette stratégie. Ces seuils représentent des niveaux de présence de maladies ou de ravageurs au-delà desquels une intervention devient nécessaire pour éviter des pertes de rendement ou de qualité.
En combinant l’observation, le diagnostic précis et le respect des seuils de nuisibilité, nous pouvons ajuster nos pratiques et traiter que lorsque cela est indispensable.
Il existe de nombreux OAD permettant d’aiguiller le chef de culture dans ses choix, on notera notamment différents fondamentaux, tel que, le suivi hebdomadaire du BSV, le recours à des techniciens de la chambre d’agri, les réunions bout de parcelles du syndicat etc. Cependant, le bon vigneron est capable d’analyser les différentes données compilées pour faire ses propres choix, sans suivre à la lettre les recommandations (intéressées) de son vendeur de produits phytosanitaires préféré.
Le choix des produits phytosanitaires doit être fait en fonction d’objectifs précis, en tenant compte de la culture, du stade de développement de la vigne, et de l’efficacité prouvée des solutions disponibles. La sélection des produits phytosanitaires repose aussi sur l’évaluation de leur impact environnemental. Ce critère est essentiel pour une approche durable, car il permet de limiter les effets néfastes sur les écosystèmes environnants, y compris les pollinisateurs, les organismes aquatiques, et la biodiversité globale du vignoble.
Enfin, la toxicité et la rémanence des produits sont des facteurs clés. La toxicité détermine le niveau de danger pour les humains et les animaux, tandis que la rémanence correspond à la durée durant laquelle le produit reste actif dans l’environnement.
Pour les enjambeurs ont choisi en général selon plusieurs critères :
Maniabilité, stabilité et adaptation des équipements. Ensuite selon nos besoins :
Le nombre de rangs enjambés (cavalier, 2 rangs, 3 rangs)
La puissance dont nous avons besoin
Pour les tracteurs interlignes les critères seront différents. On choisira d’abord selon la largeur des rangs (les tracteurs interlignes ne sont pas à voies variables) et selon les travaux à effectuer.
Pour les travaux de traction
Mieux vaut un tracteur lourd disposant d'un empattement long et des
roues, avant et arrière, dont les dimensions sont capables de créer "du
développement", c'est-à-dire de la capacité de traction.
Pour les travaux de transport ou de manutention
Les qualités demandées sont différentes de celles demandées lors de
travaux de traction. On recherchera un tracteur plus léger, offrant une
bonne visibilité.
Pour les travaux à la prise de force
On veillera à ce que le régime de couple maximal délivré par le moteur
soit le plus proche possible du moteur normalisé de prise de force. Ceci
afin d'obtenir la vitesse de rotation désirée sans être trop assujetti
aux variations de terrain (veines de terre plus argileuses, montées...)
Une boîte de vitesses bien étagée sera nécessaire pour certains travaux
nécessitant de faibles vitesses d'avancement.
Pour le besoin en puissance il existe une formule à appliquer :
Ptrav=Ppente+Poutils+Paux
Moteur= Ptrav/Rtrans + 15
R trans = rendement de la transmission, mécanique = 90%, hydrostatique = 80%
| Pente en % | 10 | 20 | 30 | 40 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Vitesse | 3 | 5 | 3 | 5 | 3 | 5 | 3 | 5 |
| 1T | 6 | 7 | 7 | 9 | 8 | 10 | 9 | 12 |
| 2T | 7 | 9 | 9 | 12 | 11 | 16 | 13 | 19 |
| 3T | 8 | 11 | 12 | 16 | 15 | 21 | 17 | 26 |
| 4T | 9 | 12 | 14 | 20 | 18 | 26 | 22 | 33 |
| 5T | 11 | 14 | 16 | 23 | 21 | 32 | 26 | 39 |
| 6T | 12 | 16 | 18 | 27 | 24 | 37 | 30 | 46 |
| 7T | 13 | 18 | 20 | 30 | 27 | 42 | 34 | 53 |
| 8T | 14 | 20 | 22 | 34 | 31 | 48 | 38 | 60 |
outils :
| Outils | Puissance consommée en CV |
|---|---|
| ventilation pulvé | 25 à 40 |
| pendillard | 8 |
| broyeur a sarments | 35 |
| rogneuse 1 rang | 10 |
| travail du sol animé | 15 |
| travail du sol non animé | 15 |
Aux : moteur hydraulique : 5 à 20cv
climatisation : 8 à 10cv
Une gamme de tracteur et d’enjambeur électrique et électrique autonome est en train de se développer.

On retrouve comme fournisseurs, Naio, Yanmar, Alpo, Kremer, Technoma, et bien d’autres.

Les capteurs jouent un rôle central dans la surveillance donc dans la protection des cultures. Ainsi, des technologies diverses, incluant les caméras, les pièges intelligents, se retrouvent dans de nombreux agroéquipements. Dans ce cas, elles équipent les pulvérisateurs, robots, plateformes aux champs, drones… Ces technologies emploient des méthodes telles que l’intelligence artificielle (IA), l’apprentissage automatique et l’analyse de données massives. De plus, ces méthodes d’analyses se pilotent par des logiciels tels que les systèmes d’aide à la décision (DSS). Autre exemple : les systèmes d’information de gestion agricole (FMIS) en temps réel ou en temps quasi réel.
Des caméras rouge-vert-bleu (RVB), multispectrales et hyperspectrales surveillent les cultures sous forme d’image. Ces technologies combinent les différentes bandes du spectre électromagnétique. Par ailleurs, les spectroradiomètres et les capteurs de biomasse fournissent des mesures ponctuelles de la vigueur des cultures.
Les caméras thermiques mesurent la température de la biomasse et évaluent la pression des ravageurs.
La détection et la télémétrie par la lumière (LIDAR) calculent des distances. Elles fournissent des informations relatives à la structure géométrique des cultures
Des stations météorologiques basées sur l’Internet des objets (IoT) et les pièges intelligents aident à la prédiction. Par exemple, ces technologies aident à la détection des ravageurs et des maladies.
Quand on parle du gel d’hiver en viticulture, on parle des périodes de gel intervenant avant le débourrement.
Ils font généralement peu de dégâts mais peuvent aller jusqu’à provoquer la mort de la souche dans des cas extrêmes. On considère en général que le gel d’hiver peut faire des dégâts à partir de -15°C. Certains cépages résistent à des températures plus basses que d'autres, c’est en partie pour cela qu’on ne retrouve pas les mêmes cépages selon les latitudes.
Une méthode efficace de protection reste de butter les vignes à l’hiver. La terre agira comme une couche isolante et les protégera des températures négatives.

Les vignerons redoutent le gel depuis toujours, mais ce problème est de plus en plus fréquent, non pas qu’il gèle plus qu’avant ou plus tôt qu’avant, simplement à cause du changement climatique, les vignes ont tendance à débourrer plus tôt dans l’année et sont donc sensibles plus tôt dans la saison, à des périodes où le gel à toujours été présent. En général, on dit qu’il peut geler jusqu’aux Saints de Glace.

Cette croyance remonte au Ve siècle après JC (ces trois saints ont d’ailleurs été remplacés lors du IIe concile oecuménique du Vatican en 1965). D’après la croyance, la lune rousse de cette période provoquerait une chute des températures à cette époque, même si les relevés météorologiques de ces dernières années ne le prouvent pas, en plaine, il n’a gelé en moyenne qu’1 an sur 3 à cette période, et à des températures limites (-1/-2°C). On peut imaginer que les modifications du climat liées au réchauffement climatique rendent de toute façon les périodes de gel de plus en plus imprévisibles.
Lune rousse : Lunaison d’après Pâques. Selon les croyances de l’époque, une nuit de pleine lune sans nuages après Pâques annonce une gelée nocturne faisant “roussir” les jeunes pousses.
Il existe un dicton dans l’aube qui dit : « Lune rousse, vide bourse, récolte point n’est arrivée, que lune rousse ne soit passée… ».
Il existe deux grandes catégories de gel, radiatif et advectif. Ils peuvent avoir lieu en même temps mais il y a toujours une forme des deux qui est dominante sur l’autre.
C’est le type de gel qui est le plus commun des deux au printemps. Il se fait par accumulation d’air froid au sol, il à lieu lorsque le ciel est dégagé et qu’aucun nuage ne retient les rayonnements thermiques du sol qui se libèrent la nuit après s’être accumulés la journée. La chaleur monte et le froid descend s’accumulant au sol.
Si le taux d’humidité est élevé alors il en résulte ce que l’on appelle gelée blanche, si le taux d’humidité est faible alors ce sera une gelée noire.
Les gelées noires sont souvent beaucoup plus violentes que les gelées blanche car le faible taux d’humidité exacerbe la chute des températures

Les dégâts d’un gel radiatif peuvent varier selon l’intensité du gel, mais il va en général griller une grande partie des bourgeons débourrés en dessous de -2°C.
Les facteurs aggravant sont simples : précocité du cépage (génétique, vigueur, age des vignes), amplitude thermique entre la journée et la nuit, ciel dégagé et pas de vent.
⇒ S’équiper de stations météorologique et de thermomètres et d’une bonne assurance
Et suivre la météo dans la période de sensibilité est la première chose à faire.

Les méthodes de lutte sont diverses et variés, mais en retrouve entre autre :
⇒ Taille en deux temps ou tardive
Consiste à tailler une première fois en vigne, sans couper les baguettes et les coursons, et à repasser au stade pointe verte pour éplucher et couper les baguettes et les coursons à la bonne longueur.
⇒ Liage tardif
Plus on lie tard la vigne, plus on accentue le phénomène de acrotonie, couplé à une taille de fiancaille, permet de retarder la sortie des bourgeons les plus basales.
⇒ Tondre avant débourrement.
Peut réduire l’impact du gel sur les vignobles enherbé. Attention, il est conseillé d'éviter de tondre pendant une période de risque de gel.
⇒ Éviter d’installer des haies en bas des pentes dans les zones gélives.
Ca parait logique mais c’est toujours bon de le rappeler.
⇒ La production de fumée ou de brouillard
Pour éviter que la chaleur du sol “monte” mais qu’elle reste piégée entre le sol et le nuage ainsi créé.
Matériel : souvent utilisé par les vignerons, la paille humide permet de créer de la fumée rapidement et massivement.

Avantage : pas chère, facile à se procurer, pas de produit chimique, c’est beau et on aime tous cramer des trucs
Inconvénient : pollue quand même, gaspillage, peu efficace et si le vent tourne de sens ou si pas de vent du tout (ce qui est souvent le cas pour ce type de gelée) ne sert absolument à rien.
Il existe d’autres solution comme Fog Dragon

Avantage : ca fait pareil mais on peut cramer des ceps de vignes aussi, et pas besoin de vent grâce à la soufflerie
Inconvénient : ça coûte une blinde (30K le barbecue ca pique), ça crame du GNR, ca tasse les sols et ça reste pas très efficace.
⇒ Les bougies
Bougie anti-gel à placer dans les vignes pour protéger du gel. Fonctionne en réchauffant l'atmosphère et en créant un dôme de fumée pour retenir les IR du sol.
Une bougie dure environ 8h, peut-être allumée au moment où il faut protéger et refermée après pour protéger deux nuits par exemple. Existe de base à partir de paraffine issue de l’industrie pétrochimique (ça pue et ca pique les yeux mais ça fume bien). Il existe aussi des versions autorisées en bio comme les stopgel verte constitué de cire naturelle (stéarine souvent issu de l’huile de palme ou de coco).


Avantages : permet de protéger en localiser même des petites surfaces, fonctionne très bien pour les gels jusqu’à -5°C
Inconvénients : Coûte une blinde (environ 200 bougies/nuit/hectare, environ 11€ HT pour une bougie paraffine et 16€ HT la bougie verte, je vous laisse calculer s'il faut protéger 5ha pendant 5 nuits par exemple). Nécessite de la main d'œuvre pour installer, renouveler, allumer et éteindre les bougies.
⇒ Les fils chauffants
Les câbles chauffants permettent de protéger les bourgeons des lattes couchées sur les fils de baguettes. Ils nécessitent une installation longue et onéreuse (4 semaines environ d’installation pour une parcelle). L’idée est simple, le câble chauffe et empêche les bourgeons de geler.






Idée de tarifs : 500€ les 100m (compliqué de trouver des prix), ce qui peut couter assez chère à l’installation mais au final le coût de revient à l’hectare en fonctionnement étant bas, et l’installation étant généralement garantie 20 ans, finit par être plutôt concurrentiel par rapport aux autres méthodes.
Avantage : aucune main d'œuvre nécessaire, peut s'autonomiser.
Inconvénients : Installation longue et coûteuse à l’instant T.
⇒ Cable infrarouge
A peu près la même idée que les câbles chauffants, mais cette fois-ci, on utilise la technologie infrarouge pour chauffer la plante.
Avantage : sensiblement les même que pour les câbles chauffants, consomme moins d'énergies
Inconvénients : montage et démontage tous les ans.



Nécessite en plus une unité de contrôle IR permettant de distribuer l'énergie aux tubes. Automatisable avec capteur de température.
⇒ Chaufferette
Dans la même lignée que les bougies, servent à réchauffer l’ambiance.
Il faut environ 150 chaufferettes à l'hectare, protéger jusqu’à -5°C environ, alimenté par des briquettes (copeaux et sciures de bois compressé en général). Chaque chaufferette peut être chargée de 15kg max de briquette pour une protection de 8 à 10h environ.
Environ 200€ la chaufferette, l’avantage c’est qu’elles sont réutilisables.
Briquette environ 400 € la tonne.

Existe des versions adaptable sur éolienne
⇒ Hélicoptère
On fait venir un hélicoptère au dessus des vignes pour brasser l’air et éviter l’accumulation d’air froid au sol
Avantage : efficace pour les gels radiatifs, permet de couvrir une surface importante, pas chère par rapport à d’autres systèmes, pas besoin d’investir dans du matériel, peut couvrir des parcelles à fortes pentes.
Inconvénient : pas très écolo, ni agréable pour les voisins si vous avez des parcelles proches d’habitation, ne fonctionne pas pour les gels advectifs
⇒ Eolienne
Même principe que l’hélicoptère mais sur une tour
Coût d’installation : 50 000€ avec la dalle béton et la cuve à gaz (pour la faire tourner), + environ 2j de travail et 300€ / tour / an pour l’entretien. Et plutôt 30/40 000 € pour les plus petites à moteur diesel.
Chaque tour couvre environ 3 ha.


⇒ L’aspersion
On asperge de l’eau sur les bourgeons, Les bourgeons sont ainsi pris dans une poche de glace mais l’eau à l'intérieur de la poche reste liquide, même à une température inférieure à 0°C. Technique de la surfusion : La surfusion est l'état d’une matière qui demeure en phase liquide alors que sa température est plus basse que son point de solidification. C'est un état dit métastable, c'est-à-dire qu'une petite perturbation peut suffire pour déclencher abruptement le changement vers la phase solide. De plus, il faut continuellement arroser jusqu’à ce que la température extérieure soit supérieure à 0°C, pour par que la poche de glace fonde trop vite et que le bourgeon humide gel directement.


Ils existent d’autres moyens de lutte comme :
⇒ Les bâches anti gels (interdite dans la plupart des AOC)

⇒ Les aspirateurs à froid (aspire l’air froid au raz du sol et l’envoi en l’air), coûte entre 15 et 30K€, fonctionne avec une prise de force.

⇒ Frostguard et autres canons chauffants


Heat ranger, le canon oscillant
⇒ Le drone type Protégel
C’est comme l’hélicoptère mais on peut cartographier les parcelles et il peut suivre un plan programmer. Il peut être équipé de brûleurs à gaz. 25 000€ le drone environ

⇒ La gaine chauffante
Ca chauffe, y’a des trous, ca chauffe les bois.

Plutôt un gel d’hiver, beaucoup plus rare que le gel radiatif au printemps, il est causé par un “vent” très froid. Une grande masse d’air froid dû à un décrochage polaire par exemple, se déplace et gel tout sur son passage.

Il est beaucoup plus difficile de lutter contre ce type de gel, tout ce qui repose sur les mouvements d’air (éolienne, hélicoptère…) ne fonctionne pas, de même que ce qui repose sur la production d’un écran de fumée pour éviter la diffusion de la chaleur thermique du sol vers l’atmosphère.
Les mêmes que pour le gel radiatif
Les câbles chauffants, infrarouges, les bougies, les chaufferettes et l’aspersion.
https://www.youtube.com/watch?v=DfxeNsWYMag
Souvent localisé, les dégâts peuvent-être extrêmement importants. Jusqu’à 100% des bois, feuilles et bourgeons de l’année. Dans des cas extrêmes, ils peuvent même faire éclater les baguettes et mettre en péril la survie de la souche.

Bordeaux, 2018.

Reuilly, 2023
⇒ Filets anti grêle
Autorisé depuis 2018 par l’INAO suite aux résultats de l'expérimentation menée en Bourgogne jusqu’en 2015, ils coûtent environ 20 000€ l’hectare à l’installation.

Ces filets sont positionnés après la taille et le liage, au plus tard pendant la croissance végétative, car après ils sont compliqués à installer. Ensuite ils resteront jusqu’à quelques jours avant les vendanges, où ils seront relevés pour faciliter la récolte.
Ces filets permettent à la fois de protéger contre le gel, mais modifient aussi la manière d'appréhender les différentes tâches au cours de la saison.
https://www.youtube.com/watch?v=4P3jaPZB0iY
⇒ Les ballons
Couplés à des solutions de détection des cellules orageuse (type skydetect)
permet d'envoyer des ballons dans les nuages pour faire tomber l’eau en pluie et non en grêle.
Gonflés à l’hélium ils embarquent des torches remplies de sels hygroscopiques. Un déclencheur permet de faire exploser le ballon à la hauteur souhaitée, libérant les sels, et provoquant la formation de pluie.
Coût : environ 1200 € au départ pour le gonflage à l’hélium, 800€ par an pour l’abonnement à la solution de détection des cellules orageuses et environ 1500 € de ballons par orage.
Fonctionne à 60% environ selon le fabricant.

⇒ Cheminée à l’acétone enrichie en argent ou générateur de vortex

Ces générateurs de vortex ou "générateurs de particules glaçogènes" se composent d'une bouteille d'air comprimé qui met sous pression une solution contenant de l'acétone et de l'iodure d'argent. Cette solution est vaporisée grâce à un gicleur jusqu'à une cheminée cylindrique à la base de laquelle se trouve un brûleur.
La flamme, à 800°C, permet alors au mélange gazeux contenant des particules d'iodures d'argent de s'élever rapidement dans les airs.
Les particules d’eau vont se former autour des millions de particules d’argent et former beaucoup de petits grêlons, limitant les dégâts (environ 30 à 40%).
(source : science et avenir, Générateur de vortex : comment fonctionne l'arme anti-grêlons)
Prix : environ 10K€ la cheminette
Le terme couvert végétal en agriculture désigne généralement un ensemble de végétaux recouvrant le sol d’une parcelle cultivée. Il s’oppose à un sol nu désherbé chimiquement, mécaniquement ou manuellement.
On distingue 2 grands types de couverts :
Les couverts permanents ⇒ n’est jamais détruit, c’est le cas en agriculture de conservation par exemple
Les couverts temporaires ⇒ Le couvert est détruit au cours de la saison lorsqu’il fait concurrence ou selon les objectifs du couvert, et est renouvelé tous les ans durant l’automne et le printemps généralement (pour la viticulture).
Chacun de ces types peut ensuite être soit spontané, c'est-à-dire qu’il pousse spontanément grâce à la banque de graine du sol, soit semé, manuellement à la volée, ou mécaniquement grâce à un semoir.
On retrouve 3 grandes familles dans les couverts :
Fabaceae :
Poaceae
Brassicaceae
Mais aussi bien d'autres, notamment des fleurs de plusieurs familles pour les semis Mellifère, qui rentrent dans le cahier des charges de labels, Bee Friendly par exemple.

Semi mélange avec phacélie
Les couverts végétaux jouent de nombreux rôles :
Amélioration de la structure des sols (brassicaceae,poaceae)
Augmentation de la MO
Augmentation de l’azote dans les sols (fabaceae)
Réduction de l’érosion grâce au maillage racinaire
Protection du sol contre le soleil direct
Augmentation de la capacité de rétention en eau
Diminution de l’effet splash et ressuyage plus rapide
Augmentation de la biomasse et de la biodiversité du vignoble
Image de marque Oenotourisme
Respect des réglementations (AOC Champagne)
Amélioration de la portance des sols
Augmentation de la vie du sol (exsudats racinaires, mycorhize…)
Cependant la mise en place d’un couvert végétal, spontané ou semé, peut créer de la concurrence avec la vigne (eau et azote principalement) et donc accentuer des manques de vigueur ainsi que le stress hydrique sur des périodes difficiles. Cependant, la mise en place d’enherbement dans le courant de l’année est la meilleure solution pour améliorer la capacité au champ du sol.
Il est aussi important de maintenir le volume du couvert dans des proportions souhaitables pour éviter de créer d’autres problèmes (augmentation du risque de gel, augmentation des risques cryptogamiques, notamment mildiou, si les herbes rejoignent le feuillage de la vigne…)
Le choix du couvert va se faire selon les besoins du sol et de la parcelle. Il faudra donc prioriser les objectifs du couvert tout en prenant en compte les contraintes (matériel disponible par exemple, ou type de sol)
Les dates de semis peuvent varier notamment en fonction des objectifs ou des graines utilisées, mais aussi des conditions climatiques.

Conditions de germination des couverts végétaux
Le matériel et surtout ses réglages peuvent eux aussi varier, selon de quoi on dispose au domaine, mais aussi en fonction du type de graines semé.

Exemple en grande culture
Le plus souvent en viticulture on utilise des semoirs électriques à semi direct ou à dents.

Démo de semis direct de couverts végétaux en viticulture
Il faut faire attention aux différents diamètres de graines mais aussi au profondeur et aux conditions de germination lorsque l’on fait un mélange de graines.
La encore la période de destruction peut varier, selon les objectifs, selon les espèces plantées, selon la météo de l’année ou selon l’état des vignes. Par exemple, si on à planter de la féverole pour remonter l’azote de nos sols, le meilleur moment pour la détruire est juste avant ou au commencement de sa floraison, ce qui n’est pas forcément le cas pour une autre plante. On pourra aussi détruire ou coucher une graminée au moment ou elle sera assez haute pour pailler correctement.
La méthode la plus répandue est certainement le broyage, avec un broyeur à marteau par exemple, on peut aussi selon les variétés, tondre, ou bien passer les griffes ou la déchaumeuse par exemple. Il est aussi possible de laisser le gel détruire le semi pour certains couverts d’automne.
Une autre méthode consiste à passer un rouleau dessus pour pincer les brins et forcer un paillage, on appelle cette méthode Mulchage.
Démonstration de destruction de couverts végétaux
Orbis - Roll'N'Sem - Destruction par mulching de couverts végétaux dans le vignoble champenois
La méthode Merci est une méthode qui consiste à couper un raz 1m² du couvert végétal puis séparer les espèces qui composent le couvert par famille, de peser les espèces famille par famille et à rentrer les données dans un calculateur pour ensuite avoir une idée des rendements en minéraux du couvert.
Dessinez :
Un sinus pétiolaire en lyre :
Un sinus pétiolaire en lyre à bords superposés :
Un sinus pétiolaire à base dégarnie :
Donnez 3 exemples de cépages possédant chacun un types de sinus situé ci dessus :
Qu’est-ce qu’une feuille orbiculaire ? Réniforme ?
Donnez une caractéristique morphologique pour chacun des porte-greffes suivants :
Riparia ⇒
Berlandierie ⇒
Rupestris ⇒
Lequel de ces trois porte greffe à le plus petit IPC
Lequel confère le plus de vigueur ?
Quel croisement entre deux de ces porte-greffes donne les porte-greffes les plus résistants à la sécheresse.
Quel croisement donne des portes-greffes dits qualitatifs ?
Le chardonnay comme le pinot noir sont des cépages de première époque, que signifie ce terme ? En quoi est-ce important ?
Rappeler ce qu’est un metis ?
Donner les parents de chaque porte-greffe suivant :
161-49c
110R
Fercal
SO4
101-14
333 EM
Précisez pour chaque feuille ses particularités : la forme générale, le nombre de lobes de la feuille, le type de sinus, la couleur etc




La définition de l’adjectif adventice est : “Qui ne fait pas naturellement partie de la chose.” On peut par exemple parler de problèmes adventices, pour désigner des problèmes venus de l’extérieur. C’est donc plutôt intéressant de comprendre qu’on utilise le terme de plantes adventices, qui veut littéralement dire “plante qui ne fait pas naturellement partie de la chose” alors que ces plantes adventices sont, justement, les plantes qui poussent naturellement dans nos milieux cultivés, qui eux, sont artificiels.
Cette contradiction lexicale n’est pas anodine. Elle témoigne de l’évolution des mentalités agricoles, en particulier depuis la seconde moitié du XXe siècle. L’expression courante « mauvaises herbes », souvent appliquée à ces mêmes plantes, en est un autre symptôme : elle traduit une perception utilitariste et appauvrie du vivant, dans laquelle toute manifestation naturelle échappant au contrôle de l’homme est perçue comme nuisible.
Or, ces plantes que l’on s’empresse d’éradiquer sont bien souvent les révélatrices des déséquilibres de nos sols. Elles constituent une réponse spontanée, parfois réparatrice, à des systèmes de culture épuisants pour les écosystèmes.
C’est pourquoi, par souci de rigueur étymologique et de justesse écologique, je me permets de nommer ces adventices par un terme plus approprié : plantes sauvages.
Il existe deux grandes catégories de plantes : les plantes annuelles et les plantes vivaces :
Les plantes vivaces sont capables de survivre plusieurs années. Elles se reproduisent souvent de manière végétative (par leurs racines, tiges ou rhizomes) et repoussent chaque année. Parmi elles, on retrouve le chiendent, le liseron, les chardons, l’érigéron, etc.
Les plantes annuelles, quant à elles, accomplissent leur cycle de vie en une seule saison. Elles germent, poussent, fleurissent, produisent des graines, puis meurent. La reproduction se fait uniquement par graines. De nombreuses plantes annuelles colonisent les vignes, telles que la folle avoine, l’orge des rats, les chénopodes, les amarantes, les digitaires sanguines ou encore le pied-de-coq.
On en vient donc à leurs rôles. Leur présence est naturelle puisque la flore pousse là où son développement est propice, et à l’état naturel des choses, l’écosystème est bien fait, car les plantes pionnières vont permettre l’installation des plantes secondaires par la préparation du sol pour celles-ci (CF le cours sur le sol, chapitre formation des sols).
Généralement, à l’état naturel des choses, lorsque les conditions le permettent (climat, type de sol, biome) les sols vont vers un état stable et équilibré.
La grande majorité des Brassicaceae ont des racines pivots, puissantes qui leur permettent de s’implanter dans des sols tassés.

A : Racines fasciculés B : Racine Pivotante
Ces racines vont justement permettre de décompacter les sols en surface. Les Brassicacées (aussi appelées crucifères) sont majoritairement des plantes annuelles. Certaines espèces sont utilisées comme engrais vert pour améliorer la structure du sol, comme le radis fourrager ou la moutarde blanche.
On y retrouve l’Alysson blanc, l’Ibéris penné ou encore le Colza.

Des plantes ayant besoin de très peu d’azote dans les sols car elles peuvent puiser dans l’azote atmosphérique, vont s’installer dans les sols pauvres en azote. Elles stockent l’azote dans leurs nodules et libèrent de l’azote dans les sols lors de leur mort. Ainsi, elles permettront aux sols pauvres en azote de s’enrichir en azote, et d’autres plantes pourront ensuite s’installer naturellement dans ces sols.
Elles ont un rôle majeur en agro-écologie notamment concernant la diminution de l’utilisation d’engrais chimiques importés. On y retrouve quelques plantes compagnes.

On retrouve dans les asteraceae (ou composées) de nombreuses plantes permettant d’améliorer la structure du sol comme le pissenlit et sa racine pivotante, qui va permettre le décompactage des sols
Certaines espèces de cette famille, comme l'armoise, possèdent des propriétés allélopathiques, ce qui veut dire qu'elles sécrètent des substances nuisibles à la croissance des autres plantes, on peut les utiliser pour réguler la pousse des autres plantes sauvages. Certaines espèces ont aussi tendance à pousser en “tapis” végétatif, recouvrant les sols, les préservant de l’érosion et empêchant la pousse d’autres plantes.
De plus, elles jouent un rôle important auprès des insectes pollinisateurs, soutiennent le réseau trophique de nos parcelles et attirent les auxiliaires (carabes, coccinelles). On y retrouve entre autres les chicorées très présentes dans nos parcelles.

https://www.youtube.com/watch?v=ZdzuuLyfIrQ
Des plantes avec des racines traçantes permettant de former un maillage racinaire permettent aux sols d’être mieux structurés, de mieux retenir l’eau (capillarité) et de résister à l’érosion et au lessivage. De plus, elles peuvent être couchées ou fauchés pour former un paillage naturel des sols. On y retrouve de nombreuses céréales et herbes.
Elles sont aussi très importantes dans les cycles du carbone et de l’azote.
On y retrouve de nombreuses plantes comme le brome, l’avoine, ou l’orge des rats.

La famille des Labiées regroupe beaucoup de plantes aromatiques, dont certaines qu’on retrouve régulièrement dans les vignes comme la menthe sauvage. Un bon nombre d'entre elles libèrent des composés volatils qui repoussent les ravageurs ou inhibent la germination de mauvaises herbes. Elles sont souvent utilisées en plantes compagnes (comme le thym). De plus, ce sont souvent des plantes peu consommatrices en nutriment et en eau. Certaines produisent des exsudats et des huiles essentielles stimulant la vie du sol.
Les rosacées compte en son sein, aussi bien des plantes herbacées que des arbres et arbustes, notamment fruitiers. On y retrouve les pommiers, poiriers, cerisiers, pruniers, pêchers, abricotiers etc ainsi que les rosiers, fraisiers, reines des prés, benoîtes potentilles et pimprenelles…
Si on se concentre sur les plantes herbacées, elles jouent différents rôles dont notamment un important rôle auprès des insectes pollinisateurs, mais pas seulement car elles jouent souvent des rôles d’abris pour la faune utile (auxiliaires).
Pour la partie arboricole, elle joue un rôle extrêmement important dans la structuration du paysage agricole, notamment dans la formation de haie, l'hébergement de prédateurs etc. De nombreuses espèces sont liées à la vigne depuis très longtemps comme les pêches de vigne.
On y retrouve beaucoup de plantes potagères très connus comme les tomates, les pomme de terre, aubergine, piments et poivrons mais aussi des plantes comme la belladone, le tabac et un bon nombre d'espèces toxiques.
De très nombreuses plantes sauvages que l’on trouve dans les vignes sont des apiaceae ou Ombellifères qui tire leur nom de leurs fleurs caractéristique en forme d’ombelle. On y retrouve notamment les carottes sauvages, le persil, l’anis, le cerfeuil, le fenouil, la coriandre, la ciguë, la grande berce, le caucalis ou encore l’aneth des moissons (ridolfia segetum).

On se rend compte à travers ces différents mécanismes que certaines de ces plantes sont particulièrement intéressantes pour équilibrer nos sols.
Cependant, certaines de ces plantes sauvages, bien qu’interessantes ne sont pas ou très peu compatibles avant nos objectifs de production. En effet, certaines plantes trop consommatrices en eau ou en azote vont faire concurrence avec la culture que nous avons implantée et vont réduire le rendement effectif de nos parcelles.
C’est pour cette raison que l’utilisation de portes greffes vigoureux à très vigoureux peut être intéressante. En effet, si on souhaite pouvoir à la fois atteindre nos objectifs de production, et à la fois enherber nos vignes, on ne peut pas opter pour des portes greffes à faible vigueur.
De même, même si la mise en place d’un enherbement va limiter la vigueur disponible pour nos pieds de vignes, il y aura de surface couverte par la végétation (couvert végétal du sol + SECV), plus la demande en eau sera élevée. Ainsi, il faut des sols avec une bonne réserve hydrique pour supporter ce type de culture. Rappelons que la mise en place d’un enherbement va participer à améliorer la capacité de rétention en eau de notre sol sur le long terme.
De même ce couvert végétal “spontané” que vont représenter les plantes sauvages laisser dans notre agrosystème peut être reguler. Pour les parcelles travaillant en conventionnel, il existe des herbicides sélectifs, capables d’éliminer seulement certaines espèces.
Il existe encore d’autres familles comme les Malvaceae (Mauve à petites fleurs), Polygonaceae (Emex Épineux par exemple), Papaveraceae (Coquelicots, pavots à opium…) etc.


https://draaf.auvergne-rhone-alpes.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/GUIDE_ADVENTICE_WEB-1_cle4e8f79.pdf
Vocabulaire :
Monocotylédone : Se dit d'une plante dont la plantule ne comporte qu’une seule “feuille”. Cette “feuille” appelée cotylédon n’est pas vraiment une feuille, c’est une structure de réserve provenant directement de la graine également capable de faire la photosynthèse en début de vie de la plante. Elle disparaît lorsque les feuilles sont capables de produire suffisamment d'énergie pour prendre le relais. On retrouve notamment parmi les monocotylédones la famille des Poaceae.

Les Dicotylédones : Les Dicotylédones sont les plantes dont la plantule présente deux cotylédons. Une grande majorité des dicotylédones sont munies de racines pivots, ainsi on retrouve notamment les Brassicaceae

On désigne sous le terme de “Banque de graines du sol” ou “Crypto-banque de graines” l’ensemble des graines dormantes conservées par les sols. Cette réserve se constitue naturellement au fil du temps et est principalement alimentée par les espèces de plantes annuelles. La longévité des graines varie de quelques années à plusieurs siècles selon les espèces. Les graines de Lotus et en particulier, Nelumbo Nucifera sont célèbres pour pouvoir rester à l’état de dormance pendant plus de 1000 ans, avant de germer si elles se retrouvent dans les bonnes conditions.
La levée des graines de plantes bio-indicatrices se fait donc quand les conditions de germinations de ces graines sont atteintes.
Les plantes bio indicatrices sont donc des plantes sauvages qui poussent spontanément dans les sols selon des conditions particulières nous donnant ainsi des informations sur les types de sols ou elles poussent. Elles sont souvent le marqueur de types de sols précis ou d'excès ou de manque d’un ou plusieurs éléments dans le sol, comme la matière organique, fraîche ou archaïque, ou encore l’azote ou l’eau.
Il est très important de connaître les conditions de germination de ces plantes pour mieux comprendre l’état de ses sols et repérer les anomalies afin de pouvoir les corriger.
https://www.permaculturedesign.fr/wp-content/uploads/2017/05/Plantes_bio-indicatrices.pdf
https://frayssinet.fr/wp-content/uploads/2021/03/Mini-guide-des-plantes-bio-indicatrices.pdf
https://www.bionouvelleaquitaine.com/wp-content/uploads/2022/02/Plante-bio-indicatrice.pdf
La technique des plantes appâts est simple : planter une plante partageant les mêmes bioagresseurs que ceux de notre culture avec un cycle décalé pour attirer le prédateur sur cette plante plutôt que sur nos cultures.
Les plantes préventives sont sélectionnées car elles sont non seulement sensibles aux mêmes maladies que nos plantes cultivées, voire même encore plus sensibles, ou exprimant les symptômes plus tôt. Très utilisé autrefois, leurs usages se sont perdus.
Il reste quelques vestiges de ces techniques en viticulture et notamment les fameux rosiers en bout de rang. De nombreuses personnes pensent qu’ils servent à attirer le mildiou sur eux plutôt que sur la vigne, alors que le mildiou de la vigne est une espèce qui lui est inféodée, c'est-à-dire qu’elle n’attaque que la vigne. Le mildiou de la tomate par exemple, ne contaminera pas la vigne et inversement.
Par contre, les rosiers étant très sensibles au mildiou et à l’oïdium, il était utilisé pour prévenir les vignerons de son apparition. Bien que le mildiou du rosier et de la vigne ou que l'oïdium de la vigne (erysiphe necator) et celui du rosier (erysiphe poeltii) ne soient pas les mêmes, les conditions pour leurs développements, elles, sont identiques. Donc si l'oïdium se développe sur les rosiers, c’est que les conditions pour qu’il se développe sur la vigne sont présentes, et pareillement pour le mildiou.
De plus, ils peuvent servir d’habitat pour la biodiversité, augmentent le nombres d'espèces différentes dans vos parcelles, et sont franchement beaux en période de floraison. Cela peut être un atout marketing et commercial de taille sur les parcelles à proximité du domaine ou utilisées pour des balades oenotouristiques par exemple, en plus de pouvoir perpétuer une ancienne tradition viticole (penser à planter différentes variété de rosiers pour multiplier la diversité génétique de vos parcelles, c’est encore mieux).
Ceci étant dit, la technique n’est pas fiable, les spores de mildiou sur la vigne peuvent être présents en grandes quantités sans que ceux du rosier soient présents.

Guide de reconnaissance des adventices (dicotylédones, graminées et vivaces) : photos de plantules, nuisibilité et efficacité des méthodes de lutte.
Fichier PDF de 60 pages (6,5 Mo). Source : Chambres d’agriculture de la Creuse, de la Haute-Vienne et des Pyrénées-Atlantiques, plan Écophyto (2016).
Une trentaine de plantes bio-indicatrices fréquentes dans les vignobles : ce qu’elles révèlent de l’état du sol et leurs usages en phytothérapie.
Fichier PDF de 28 pages (18 Mo, le téléchargement peut prendre un peu de temps). Source : Bio Nouvelle-Aquitaine, Agrobio Gironde, FNAB.
CCF APP
C2.2 S'insérer dans un environnement professionnel
Modalité de l’épreuve : Oral de 30 minutes, avec 10 minutes pour présenter son projet professionnel et 20 minutes de questions sur la présentation.
La présentation s’appuie sur la réalisation d’un dossier qui ne sera pas évalué, mais qui devra être remis aux jury au moins 1 semaine avant l’épreuve.
Le dossier sera composé d’au moins deux parties. La première partie concerne le premier critère d’évaluation, c'est-à-dire, l’analyse des attentes, des exigences et des opportunités des milieux professionnels pour s’y insérer. L’apprenant devra présenter différents types de métiers envisageable après l’obtention d’un BTSA Viticulture-Oenologie. Il devra présenter au moins deux métiers, dont, un métier cible (celui qu’ils souhaiteraient à court, moyen ou long terme) et un métier émergent (nouveaux métiers comme biérologue) ou en tension (où la demande est supérieur à l’offre).
Dans une deuxième partie, l’étudiant devra se présenter professionnellement (porte-folio avec compétences, connaissances, atouts, objectifs, activités etc). Il devra aussi, après avoir présenté ses atouts, présenter ses faiblesses, ses défauts (d’un point de vue professionnel) et les analyser. Ensuite, il devra faire le point sur son évolution depuis son arrivée en BTS à Aujourd’hui. Enfin, il devra présenter un parcours possible (voie de formation ou autre) afin d’atteindre le métier cible présenté dans la partie 1. Si le métier cible est directement accessible à la sortie du BTS, il devra présenter des formations professionnelles annexes qui pourraient compléter son profil (CACES, Tractoriste…).
| Capacité | Critères | Indicateurs | Note | Commentaire | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
C2.2 S’insérer dans un environnement professionnel |
Analyser des exigences et opportunités de l’environnement professionnel | Présentation d’un métier émergent ou en tension et du métier cible | |||||
| Explication du parcours pour atteindre son métier ou un métier émergent | |||||||
| Explication de pourquoi ce métier cible, ou pourquoi ce métier est émergent ou en tension. | |||||||
| Identification de ses acquis, potentialités et aptitudes | Rédaction d’un retour réflexif construit et de son analyse | ||||||
| Qualité et complétude du Portfolio | |||||||
| Présentation voie de formation future et parcours souhaité | |||||||
| Note finale | |||||||
Un produit est considéré comme biologique, uniquement s'il est un produit agricole ou une denrée alimentaire issu de l’agriculture biologique et que de fait, il répond aux exigences de la législation européenne, notamment :
aucune utilisation de produits chimiques de synthèse (pesticides, engrais, désherbants...),
aucune utilisation d’OGM,
respect du bien-être animal (transport, conditions d’élevage, abattage…),
pour les produits transformés, une quantité de 95 % au moins des ingrédients issus de l’agriculture biologique.
Dans le détail, les produits pouvant être concernés par la certification bio sont :
les produits agricoles non transformés (par exemple : céréales, légumes, fruits, coton, lait, œufs, animaux),
les produits agricoles transformés destinés à l’alimentation humaine (par exemple : pain, fromages, plats cuisinés, vins…),
les aliments destinés aux animaux (par exemple : tourteaux de soja),
les semences et matériels de reproduction végétative.
L’agriculture biologique est née d’une multitude d’initiatives d’agronomes, de médecins, d’agriculteurs et de consommateurs qui, dans les années 1920, ont généré de nouveaux courants de pensées reposant sur des principes éthiques et écologiques, et initié un mode alternatif de production agricole.
Le philosophe autrichien Rudolf Steiner énonce sa conception de l’agriculture en juin 1924. Ses thèses sont développées par le biochimiste et agronome Erhenfried Pfeiffer, qui remet en cause les méthodes de l’agriculture moderne. C’est la naissance du courant dit « Biodynamique » (la marque Demeter). Hans Muller, homme politique suisse, préconise dès 1930 l’autonomie des producteurs, le retour à la terre et les circuits courts entre producteurs et consommateurs. Ses théories sont complétées par le médecin suisse Hans Peter Rusch. En 1940, l’agronome anglais Albert Howard publie à son tour des théories sur la fertilité des sols et sur l’emploi d’engrais obtenus à partir de ressources renouvelables et compostées.
Très rapidement, deux tendances se dessinent : un mouvement agricole lié aux activités économiques qui approvisionnent les producteurs en intrants plus respectueux de l’environnement et conformes aux valeurs paysannes (la méthode Lemaire-Boucher, basée sur l’utilisation d’une algue calcaire, le lithothamne) et un mouvement associatif d’agriculteurs et de consommateurs (Nature et Progrès).
En France, les principaux courants se sont initialement développés dans l’Est autour de la biodynamie, dans l’Ouest avec la méthode Lemaire-Boucher et dans le Sud avec Nature et Progrès. Outre Demeter, certains d’entre eux étaient plus spécialement reliés à Bio Suisse, d’autres à la Soil Association au Royaume-Uni.
Le développement de l’agriculture biologique connaît un essor avec l’émergence de nouveaux courants d’idées et de changements sociologiques importants (résistance à la société de consommation, prise de conscience des limites des ressources de la planète et crise pétrolière) à l’approche des années 70.
Les premiers cahiers des charges privés définissant les pratiques de l’agriculture biologique, établis par les différentes associations en place, apparaissent en 1972. Les différents acteurs s’organisent peu à peu en syndicats professionnels, comme la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique) qui voit le jour à la fin des années 70, et créent le GRAB (Groupe de Recherche en Agriculture Biologique).
Les pouvoirs publics reconnaissent l’existence d’une « agriculture n’utilisant pas de produits chimiques, ni pesticides de synthèse » dans le cadre de la loi d’orientation agricole de juillet 1980, complétée par le décret du 10 mars 1981. En mars 1985, cette agriculture alternative est officiellement baptisée « agriculture biologique », permettant l’homologation à l’échelon national de cahiers des charges, et le logo AB apparaît cette même année, expression de la volonté de fédérer et outil pour aller plus loin avec une démarche de visibilité pour les consommateurs.
Le mouvement se poursuit avec l’adoption d’une réglementation européenne en plusieurs étapes le 24 juin 1991, qui reprend les principes et définitions des textes législatifs français et leur application dans un premier temps aux productions végétales, et depuis le 24 août 2000, aux productions animales.
Les produits biologiques, certifiés dans un pays de l’Union européenne par une autorité désignée ou un organisme certificateur agréé par l’autorité compétente, peuvent alors être commercialisés dans n’importe quel Etat membre.
L’agriculture biologique est enfin définie et reconnue dans toute l’Europe, les échanges sont facilités et les consommateurs rassurés par l’harmonisation des mentions sur l’étiquetage.
Afin de recevoir la certification bio il faut qu’un organisme de certification vous la délivre. Ces organismes doivent être certifiés par l’INAO, voici la liste :

Dès le choix de l’organisme certificateur effectué, tout opérateur doit également notifier son activité auprès de l’Agence BIO, ce qui lui permet de figurer sur l’annuaire officiel des opérateurs en agriculture biologique.
Un crédit d’impôt à la bio est possible lors de la déclaration de revenus au printemps si :
au moins 40% du chiffre d’affaire de l’exploitation découle de l’activité d’agriculture biologique,
et la somme des aides bio et du crédit d’impôt ne dépasse pas 4.500 €
Attention, les organismes ne sont pas forcément certifiés pour tous les secteurs de production.
Le contrôle du bio se fait d’abord au départ par l’agence de certification qui vient contrôler le respect des cahiers des charges.
Ensuite, l’entreprise doit déclarer ses activités bio auprès de l’agence Bio
Enfin, ils sont contrôlés par la DGCCRF de façon permanente sur la production commercialisée en France.
De plus on retrouve deux labels officiels qui permettent au consommateur de vérifier la traçabilité des produits, le label AB (français) ainsi que le label Eurofeuille (européen).


Le programme Ambition Bio 2027 annoncé en 2024 réaffirme la volonté du gouvernement français de pousser encore plus à la transition de l’agriculture vers le Bio.
Une feuille de route opérationnelle
Au-delà de la mise en cohérence et de la visibilité des différentes stratégies de politique publique impliquant le secteur bio, le programme Ambition Bio 2027 définit une feuille de route opérationnelle de 27 actions prioritaires déclinées en mesures concrètes qui s’articulent autour de 3 axes :
« stimuler la demande de produits biologiques et renforcer la confiance des consommateurs » (axe 1) ;
« consolider et développer des filières biologiques résilientes et ancrées dans les territoires » (axe 2) ;
« accompagner les opérateurs face aux enjeux sociétaux et environnementaux d'aujourd'hui et de demain » (axe 3).
Ces axes se traduisent par des mesures concrètes qui seront appliquées dès 2024 et poursuivies jusqu’en 2027, telles que:
Le déploiement d’une campagne massive de communication et de promotion de la consommation de produits biologiques sur tout le territoire français ;
La réalisation de plusieurs études, notamment sur les aménités environnementales (éléments naturels de l’espace représentant un attrait pour les habitants et les touristes) liées au mode de production biologique et sur la prospective économique de l’agriculture biologique à l’horizon 2040 ;
La mobilisation de plusieurs fonds d’aides publiques, telle que le fonds « Entrepreneurs du Vivant », en faveur de l’installation et de l’investissement en agriculture biologique ;
La mobilisation de la recherche pour renforcer les performances agronomiques et l’innovation dans les filières biologiques, à travers, par exemple, l’émergence d’un réseau mixte technique (RMT) dédié à l’agriculture biologique, ou le programme inter-Instituts Techniques Agricoles « Synergies Bio – non Bio » regroupant 13 instituts techniques.
Une gouvernance rénovée
Tirant les enseignements des précédents programmes Ambition Bio, cette feuille de route est le fruit d’un travail collectif réalisé entre les services de l’administration et les opérateurs de l’agriculture biologique. Au cours de l’année 2023 et 2024, le comité de pilotage constitué s’est réuni pour réaliser un bilan du précédent programme et élaborer les trois grands axes du prochain plan. Au cours de cette période, trois groupes de travail ont été constitués pour chacun de ces axes, chacun co-présidé par deux personnalités désignées et représentatives des différentes familles de l’agriculture biologique.
Ceci étant dit, de nombreuses controverses ont entaché l’image du Label Bio ces dernières années.
La biodynamie est une méthode de culture holistique qui va bien au-delà de l'agriculture biologique en intégrant des pratiques spirituelles et astrologiques. Elle vise à créer des fermes autosuffisantes où les interactions entre le sol, les plantes, les animaux et les êtres humains sont équilibrées et harmonieuses. Cette approche repose sur l'idée que chaque ferme est un organisme vivant unique, où chaque élément joue un rôle vital pour le bien-être de l'ensemble.
La biodynamie a été fondée par Rudolf Steiner, un philosophe et occultiste autrichien, connu pour ses travaux en anthroposophie. En 1924, à la demande d'un groupe d'agriculteurs inquiets de la dégradation de leurs terres et de la qualité de leurs produits, Steiner donna une série de conférences connues sous le nom de "Cours aux agriculteurs". Ces conférences ont jeté les bases de la biodynamie, introduisant des concepts innovants tels que les préparations biodynamiques, l'importance des cycles cosmiques et l'interconnexion des éléments naturels.
L'anthroposophie, développée par Rudolf Steiner au début du 20eme, est une philosophie spirituelle et ésotérique qui cherche à combiner les connaissances scientifiques avec la recherche spirituelle. Fondée comme un chemin de connaissance spirituelle, l'anthroposophie s'inspire de la philosophie idéaliste allemande, du christianisme, du mysticisme et des traditions occultes européennes. Steiner décrit l'être humain comme composé de quatre corps (physique, éthérique, astral et moi) et en constante évolution spirituelle à travers diverses incarnations. L'anthroposophie propose également une méthode d'investigation spirituelle appelée "science spirituelle" pour explorer les réalités suprasensibles.
Elle a inspiré des approches holistiques en éducation (pédagogie Waldorf), en médecine (médecine anthroposophique) et en agriculture (agriculture biodynamique), ainsi qu'en art et architecture, cherchant à harmoniser les aspects spirituels et matériels de l'existence humaine pour favoriser une conscience spirituelle plus élevée.
L'un des principes fondamentaux de la biodynamie est l'utilisation des cycles lunaires et cosmiques pour guider les pratiques agricoles. Selon Steiner, les positions des astres influencent la croissance des plantes et la fertilité du sol. Par exemple, la lune montante est favorable pour les activités de croissance telles que la plantation et le semis, tandis que la lune descendante est propice à la récolte et à l'application des préparations biodynamiques.
Les cycles lunaires jouent un rôle crucial dans la biodynamie. Ils sont divisés en phases croissantes et décroissantes, chacune ayant des effets différents sur les plantes. La lune croissante, lorsqu'elle passe de la nouvelle lune à la pleine lune, est considérée comme une période de croissance et d'expansion, idéale pour semer et planter. La lune décroissante, de la pleine lune à la nouvelle lune, est une période de consolidation et de maturation, propice à la récolte.
En biodynamie, les constellations du zodiaque sont également prises en compte. Elles sont classées en quatre groupes : les signes de feu (Bélier, Lion, Sagittaire) influencent les fruits et les graines ; les signes de terre (Taureau, Vierge, Capricorne) affectent les racines ; les signes d'air (Gémeaux, Balance, Verseau) ont un impact sur les fleurs ; et les signes d'eau (Cancer, Scorpion, Poissons) sont liés aux feuilles. En planifiant les activités agricoles en fonction de ces influences, les agriculteurs peuvent optimiser la qualité et la productivité de leurs cultures.
Les préparations biodynamiques sont des substances spéciales utilisées pour améliorer la vitalité des sols et des plantes. Elles sont appliquées en petites quantités mais sont considérées comme extrêmement puissantes.
Préparation 500 (Bouse de corne) : Cette préparation est faite en remplissant une corne de vache avec de la bouse, puis enterrée pendant l'hiver. Au printemps, la bouse est déterrée et utilisée pour dynamiser le sol. Elle favorise la formation de l'humus et stimule l'activité microbienne.
Préparation 501 (Silice de corne) : De la poudre de quartz est insérée dans une corne de vache et enterrée pendant l'été. Cette préparation, une fois dynamisée dans l'eau, est pulvérisée sur les plantes pour améliorer la photosynthèse et renforcer leur résistance aux maladies.
Les préparations compost sont ajoutées au tas de compost pour enrichir sa valeur nutritive et accélérer la décomposition. Elles incluent des substances comme la camomille, l’ortie, l’écorce de chêne, le pissenlit, la valériane et l’achillée millefeuille, chacune ayant des propriétés spécifiques pour équilibrer les processus biologiques dans le compost.
La mémoire de l'eau est un concept controversé qui suggère que l'eau peut "retenir" des informations ou des propriétés des substances avec lesquelles elle a été en contact, même après que ces substances aient été diluées au point de ne plus être présentées de manière détectable. Ce concept est souvent associé à l'homéopathie et a été popularisé par le chercheur Jacques Benveniste à la fin des années 1980. Bien que largement débattu et critiqué dans la communauté scientifique, l'idée de la mémoire de l'eau trouve une certaine résonance dans les pratiques biodynamiques.
En biodynamie, la notion de mémoire de l'eau se manifeste principalement à travers l'utilisation des préparations biodynamiques, qui sont souvent dynamisées dans l'eau avant d'être appliquées au sol ou aux plantes. Le processus de dynamisation implique de mélanger une préparation dans l'eau pendant une période prolongée, en créant un vortex puis en changeant brusquement la direction de l'agitation. Ce procédé est censé imprégner l'eau des qualités spécifiques de la préparation biodynamique.
La dynamisation est considérée comme une manière de transférer les propriétés curatives et énergétiques des préparations biodynamiques à l'eau, qui, à son tour, transmet ces propriétés au sol et aux plantes lorsqu'elle est appliquée. Bien que le mécanisme exact de ce transfert soit encore mal compris et que des preuves scientifiques robustes manquent, de nombreux praticiens de la biodynamie rapportent des améliorations significatives dans la santé des sols et des cultures grâce à ces pratiques.
Le concept de mémoire de l'eau reste largement contesté dans la communauté scientifique, où il est souvent perçu comme manquant de fondements empiriques solides. Les critiques soulignent l'absence de mécanismes explicatifs clairs et la difficulté à reproduire les résultats de manière fiable.
Point vocabulaire :
Eutrophisation : L'eutrophisation (du grec ancien : εὖ / eû, « bien », et de τροφή / trophḗ, « nourriture ») est le processus par lequel des nutriments s'accumulent dans un milieu ou un habitat (terrestre ou aquatique)
https://www.youtube.com/watch?v=4Juqr6wdMNk
Le calendrier biodynamique est un guide pratique pour les agriculteurs. Basé sur les cycles lunaires et les positions planétaires, il indique les jours propices pour semer, planter, récolter et appliquer les préparations biodynamiques.

Pour utiliser le calendrier biodynamique, les agriculteurs doivent d'abord identifier les phases lunaires et les positions des constellations. Le calendrier précise ensuite les jours et les heures favorables pour chaque type de travail agricole.
LES JOURS FLEUR ET LES JOURS FRUIT
Ce sont ceux où l’on travaille idéalement sur la plante : taille, ébourgeonnage, épamprage, travaux en vert, rognage et bien sûr, vendange.
LES JOURS FEUILLE ET LES JOURS RACINE
Ce sont ceux où l’on touche le moins à la plante : on fait par exemple le tirage des bois de taille. En jours racine on effectue des travaux favorisant le système racinaire, comme le labour ou le piochage.

“Nous avons également représenté la lune croissante et lune décroissante dans le mois, deux phases lunaires qui influent sur la sève des plantes. Période non favorable (nœud lunaire) : la lune ainsi que les mouvements d’autres planètes génèrent des périodes moins propices à la vie, ces moments sont à éviter pour tous les travaux directs sur la vigne comme le labour, la taille… On n’effectue pas les mêmes travaux selon ces rythmes.”
Source : domaine de la Vougeraie
Le compost biodynamique est enrichi avec des préparations spécifiques pour dynamiser les processus microbiologiques. Il est souvent appelé "or noir" en raison de sa capacité à améliorer la fertilité du sol.
Le processus de compostage commence par la collecte de matières organiques comme les restes de cultures, le fumier et les déchets de cuisine. Ces matériaux sont ensuite disposés en couches alternées avec des préparations biodynamiques pour accélérer la décomposition. Le compost est retourné régulièrement pour assurer une aération adéquate et une décomposition uniforme.
On peut ajouter de l’Achillée Millefeuille (502, favorise la disponibilité du potassium et des oligo éléments, placé dans une vessie de cerf), de la camomille (503, améliore la stabilité du calcium, insérées dans des intestins de boeuf et enterrées pour fermenter), de l’ortie (504, renforce l’activité microbienne et l’azote du compost, fermentée dans le sol pendant une année entière), écorce de chêne (505, apport de calcium, placée dans un crâne de ruminant et enterrée dans des zones humides), pissenlit (506, régulation de la croissance et équilibrage de la silice, insérée dans une mésentère de vache et enterrées) et valériane (507, stimule l’activité du phosphore et protègent contre les maladies et le gel, pulvérisé sur le tas de compost).
Le compost est formé en couches alternées de matières vertes (facilement dégradables, azote dispo) et brune (matière ligneuse, carbone). Les préparations biodynamiques sont réparties à différents points du tas de compost pour assurer une distribution uniforme des bienfaits.
Ensuite, il faut dynamiser et aérer le compost, en retournant régulièrement celui-ci.
Le compost biodynamique améliore la structure du sol, augmentant sa capacité à retenir l'eau et les nutriments. Il favorise également la biodiversité microbienne, essentielle pour la santé des plantes. En enrichissant le sol, le compost biodynamique contribue à la production de cultures plus robustes et plus nutritives.
La biodynamie favorise la santé des sols par plusieurs moyens :
Augmentation de la matière organique : Les pratiques biodynamiques enrichissent le sol en matière organique, améliorant sa structure et sa capacité de rétention d'eau.
Activité microbienne : Les préparations biodynamiques stimulent l'activité des micro-organismes, essentiels pour la décomposition de la matière organique et la libération des nutriments.
Équilibre des nutriments : Les préparations compost aident à équilibrer les niveaux de nutriments dans le sol, évitant les carences et les excès.
Les aliments produits en biodynamie sont souvent considérés comme supérieurs en termes de goût et de valeur nutritionnelle. Les pratiques biodynamiques favorisent la formation de composés bénéfiques dans les plantes, tels que les antioxydants, qui améliorent la qualité des aliments.
La biodynamie est une pratique agricole qui favorise une durabilité et une résilience accrues des systèmes agricoles. Elle se distingue par plusieurs caractéristiques essentielles qui contribuent à ces objectifs.
En adoptant des méthodes naturelles pour fertiliser le sol et protéger les plantes, la biodynamie minimise l'utilisation de pesticides et d'engrais chimiques. Les préparations biodynamiques, le compost et les pratiques culturales adaptées permettent de maintenir la fertilité du sol et de contrôler les maladies et les parasites de manière écologique. Cette approche réduit non seulement l'impact environnemental des activités agricoles, mais améliore également la qualité des aliments produits.
De plus, la biodiversité est au cœur de la biodynamie. En encourageant la diversité des cultures et des pratiques agricoles, cette méthode crée des écosystèmes agricoles plus résilients. Les fermes biodynamiques intègrent souvent des haies, des arbres, des prairies et des zones humides, qui fournissent des habitats pour une multitude d'espèces bénéfiques. Cette diversité biologique contribue à la résilience des cultures face aux maladies, aux parasites et aux conditions climatiques extrêmes, et améliore également la stabilité des écosystèmes agricoles.
La biodynamie fait face à plusieurs défis :
Reconnaissance scientifique : Bien que de nombreuses pratiques biodynamiques aient des effets positifs démontrés, certaines idées, comme l'influence des cycles cosmiques, sont encore controversées dans la communauté scientifique.
Formation et éducation : La complexité des pratiques biodynamiques nécessite une formation approfondie des agriculteurs. Le manque de ressources éducatives et de programmes de formation spécialisés peut être un obstacle pour ceux qui souhaitent adopter cette méthode.
Temps et main-d'œuvre : La biodynamie demande un investissement significatif en temps et en main-d'œuvre, ce qui peut être difficile pour les agriculteurs ayant des ressources limitées.
Malgré ces défis, la biodynamie connaît une popularité croissante grâce à plusieurs facteurs. D'abord, la demande des consommateurs pour des produits cultivés de manière durable et éthique ne cesse d'augmenter, portée par une sensibilisation accrue aux enjeux environnementaux et de santé.
De plus, certaines régions soutiennent activement l'agriculture biodynamique en offrant des subventions et des programmes d'incitation, ce qui encourage les agriculteurs à adopter ces pratiques.
Enfin, la recherche continue en biodynamie promet de fournir des preuves scientifiques supplémentaires de ses bénéfices et de développer de nouvelles techniques pour améliorer son efficacité, renforçant ainsi la crédibilité et l'adoption de la biodynamie à plus grande échelle.
Bien que l'agriculture biodynamique soit souvent louée pour ses pratiques durables et holistiques, elle a également suscité des critiques et des préoccupations concernant certaines de ses pratiques et croyances. L'utilisation de préparations biodynamiques, telles que l'enterrement de cornes de vache remplies de fumier (préparation 500) ou de fleurs de camomille dans des intestins de vache, repose sur des principes ésotériques sans preuves scientifiques solides.
Ces pratiques sont souvent perçues comme pseudoscientifiques. De plus, la planification des travaux agricoles en fonction des cycles lunaires et planétaires n'a pas de base scientifique, et les critiques soulignent que ces pratiques ressemblent davantage à l'astrologie qu'à des méthodes agricoles rationnelles.
Certains détracteurs estiment que l'agriculture biodynamique, en raison de son lien avec l'anthroposophie de Rudolf Steiner, peut dériver vers des pratiques sectaires, avec une adhésion parfois perçue comme dogmatique et peu ouverte à la critique. Il y a des cas où des fermes biodynamiques fonctionnent en communautés relativement fermées, renforçant l'impression d'un environnement sectaire.
Le label Demeter est un label de certification pour les produits issus de l'agriculture biodynamique, une méthode agricole développée à partir des principes de l'anthroposophie de Rudolf Steiner.

Il existe d’autres labels, comme biodyvin.
https://www.demeter.fr/wp-content/uploads/2024/03/FT-2024-Demeter-Viticulture-et-vinification.pdf
Liens :
https://rsarchive.org/ ⇒ Archive steiner
https://demeter.net/ ⇒ Site officiel avec cahier des charges etc
https://www.domainedelavougeraie.com/fr/biodynamie.r-692/philosophie.r-719/ ⇒ exemple de domaine, mise en place, et calendirer
https://anthroposophy.org/learn-more/ ⇒ L’anthroposophie
https://www.geo.fr/environnement/biodynamie-definition-principes-et-domaines-dapplication-193785 ⇒ Les dérives
La certification environnementale des exploitations agricoles répond au besoin de reconnaître les exploitations engagées dans des pratiques particulièrement respectueuses de l’environnement.
A l’origine la certification environnementale, créée en 2011, comporte 3 niveaux et deux voies, A et B. La voie B à été supprimée car elle était jugée trop permissive, et le niveau 1 aussi car il était inutile.
Seul le niveau 3 permet l’obtention du label HVE.
Pour s’engager dans la certification il est possible de le faire soit personnellement (tout seul, on se débrouille en gros), soit collectivement (souvent proposer par les caves coop par exemple, plusieurs vignerons passent HVE en même temps et profite de l’entraide et d’un accompagnateur de la cave coopérative pour les aider).
La Commission nationale de certification environnementale (CNCE) a été créée le 25 octobre 2011 pour suivre la mise en œuvre du dispositif. Elle est composée de représentants de l’État, des syndicats agricoles, d’associations agréées pour la protection de l’environnement, de l’industrie agro-alimentaire, de la distribution et d’organisations de consommateurs.
La CNCE a notamment défini les plans de contrôle qui établissent le cadre précis permettant la certification des exploitations agricoles pour chacun des niveaux du dispositif.
Niveau 1 : respect des exigences environnementales de la conditionnalité et réalisation par l’agriculteur d’une évaluation de l’exploitation au regard du référentiel du niveau 2 ou des indicateurs du niveau 3.
Le niveau 1 a été supprimé par le Décret n°2023-990 du 25 octobre 2023 - art. 1
Niveau 2 : respect d’un référentiel comportant 16 exigences, efficientes pour l’environnement.
Niveau 3 : qualifié de « Haute Valeur Environnementale », il est fondé sur des indicateurs de résultats relatifs à 4 axes principaux : la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la gestion de la fertilisation et la gestion de l’irrigation.
A partir du 1er janvier 2023, la version V4 d’octobre 2022 est entrée en vigueur : toutes les nouvelles certifications (y compris les renouvellements à compter de cette date) s’effectuent sur la base de ce référentiel révisé.
Cependant l’ancien référentiel (version V3 de décembre 2016) reste en vigueur pour les exploitations certifiées avant le 1er janvier 2023 jusqu’à la fin de leur cycle de certification de 3 ans.
Afin de se voir attribuer la certification, il faut obtenir un certain nombre de points lors d’un audit. Il faut obtenir une moyenne minimum de 10 dans chacun des 4 indicateurs de la grille.

Pour le bloc biodiversité seront évalué différents critères dont :
Les infrastructures agro-écologiques (haies, mares, fossés, mur en pierre, jachères, bandes enherbées, prairies permanentes…)
La taille des parcelles (somme des surfaces des parcelles de taille inférieure à 6 ha, surface prairie permanentes, SAU, ratio…
Le poid de la culture principale (surface de la culture principale, et ratio SAU/culture principale)
Nombre d’espèces végétales cultivées
Nombre d'espèce animales élevées
Présence de ruches
Espèces menacées cultivées
Qualité biologique du sol (analyse microbio, test de la bêche par l’OPVT)
Pour la partie phytosanitaire :
Utilisation de produits phyto classés CMR1 ou CMR2
Surfaces non traitées
IFT
Surveillance active des parcelles
Méthode alternative
Conditions d’application des traitements (matériel…)
Diversité spécifique et variétale (nombre de clones…)
Couvert végétal inter-rang
Recyclage et traitement des eaux d’irrigation
Pour la partie fertilisation il faudra effectuer en premier lieu un bilan azoté, selon la méthode de calcul Balance Globale Azotée (BGA). On prendra en compte :
Les apports d’azote (engrais minéraux, organiques…)
Les sorties
La part d’azote apporté et la part d’azote organique
Utilisation d’OAD (outil PPF (plan prévisionnel de ferti), ODP (outil de pilotage))
Part de la surface concernée par les OAD
Pourcentage de la SAU non fertilisée
Part de légumineuse dans la SAU
La surface couverte des sols (zone vulnérable, couverture globale, inter-rang…)
Pour l’irrigation :
Nombre de parcelles irriguées
Nombre total d’apport en eau
Date et période
Méthode d’irrigation
Facteur déclenchant l’irrigation
Origine de l’eau
Matériel utilisé
Culture irriguée
Variété irriguée
Autres pratiques réduisant les besoins en eau
Rendement de la parcelle
Utilisation d’OAD
Adhésion à une démarche collective
Pratique agronomique pour économiser l’eau
Part des prélèvement en période d’étiage (l’inverse d’une crue)
A la suite de cette évaluation, on obtiendra donc un nombre de points par item, et il faudra au moins 10 points par items pour être éligible à la certification HVE 3.
La certification VDC Viticulture Durable en Champagne, est une certification créée par la filière Champenoise, pour les entreprises viticoles Champenoise. Ce référentiel est reconnu par le ministère de l’agriculture et, comme pour les certifications environnementales nationales, l’audit de l’exploitation et l’attribution de la certification sont réalisés par un organisme certificateur indépendant agréé.
Ce référentiel est articulé autour de 99 critères, certains repris du référentiel HVE mais d’autres vont plus loin : 59 critères sont spécifiques aux ambitions champenoises.
Les critères du référentiel VDC se regroupent autour de 6 grands axes :

L’acquisition de la certification se fait en trois temps : d’abord, le respect de la réglementation, prérequis à toute démarche de certification. Ensuite, l’évolution de ses pratiques, pour prétendre à la certification Haute Valeur Environnementale (HVE). Enfin, la mise en place d’actions pour répondre aux exigences spécifiques de la Champagne, en plus de la certification HVE.

Référentiel VDC (PDF)Vidéo : la certificationVidéo : l’empreinte carboneVidéo : l’empreinte eauVidéo : la biodiversité
L’approche systémique est une méthode d’analyse scientifique qui considère tout phénomène comme un système, c’est-à-dire un ensemble organisé d’éléments en interaction dynamique, orienté vers une finalité et en relation constante avec son environnement. Contrairement à l’approche analytique classique, qui tend à décomposer un objet en parties isolées, l’approche systémique privilégie une vision globale et cherche à comprendre les relations, les interdépendances et les régulations qui structurent l’ensemble.
Son développement s’inscrit au XXᵉ siècle avec les travaux de Ludwig von Bertalanffy, fondateur de la théorie générale des systèmes, et de Norbert Wiener, initiateur de la cybernétique. Ces courants ont mis en évidence des principes communs à différents champs du savoir, qu’il s’agisse de la biologie, de l’économie, de la psychologie ou des sciences de l’ingénieur. Ils ont notamment montré que tout système se caractérise par sa totalité – il est plus que la simple somme de ses parties –, par l’existence de relations d’interdépendance entre ses composants et par des mécanismes de rétroaction qui assurent sa régulation et son équilibre.
L’intérêt scientifique de cette approche réside dans sa capacité à rendre compte de la complexité. Plutôt que d’isoler les phénomènes, elle met en lumière les interactions et les processus globaux qui génèrent des comportements émergents. C’est pourquoi elle est utilisée dans des domaines très variés : en biologie pour l’étude des organismes vivants et des écosystèmes, en sciences sociales pour analyser les familles, les organisations ou les sociétés, en économie pour comprendre les marchés, et en ingénierie pour concevoir et réguler les systèmes techniques et de communication.
Prenons l’exemple d’une forêt. Si l’on adopte une approche analytique classique, on peut étudier séparément les arbres, les animaux, les sols ou encore le climat. Cette méthode fournit des connaissances précises, mais partielles. L’approche systémique, au contraire, envisage la forêt comme un écosystème, c’est-à-dire un système complexe constitué d’éléments vivants (plantes, animaux, micro-organismes) et non vivants (air, eau, minéraux), en interaction permanente entre eux et avec leur environnement.
Dans ce cadre, l’intérêt ne réside pas seulement dans l’étude des composants, mais surtout dans les relations qui les unissent. Les arbres, par exemple, produisent de l’oxygène et de la matière organique, qui nourrissent d’autres organismes ; les animaux participent à la dispersion des graines ; les micro-organismes décomposent la litière et fertilisent le sol. Les flux d’énergie et de matière circulent à travers ces interactions, assurant l’équilibre global du système.
Un événement externe, comme une sécheresse ou la déforestation, modifie ce réseau de relations et perturbe l’ensemble de l’écosystème. L’approche systémique permet alors de comprendre comment le système s’adapte, par quels mécanismes il peut retrouver un équilibre (homéostasie) ou, au contraire, comment il risque de s’effondrer.

Quels sont les 4 axes autour desquelles la révolution agricole va prendre forme après la seconde guerre mondiale ?
Quels sont les problèmes posés par chacun de ces axes ?
Pourquoi la viticulture est souvent pointée du doigt et doit être particulièrement exemplaire vis à vis des autres cultures et des consommateurs ?
Qu'est qu'une approche analytique ? et une approche systémique ? Quelles différences majeures retrouve-t-on dans la manière d'aborder les deux ?
Qu'est-ce qu'une intervention exogène ? Pourquoi est-il intéressant de les limiter ? Quels sont les outils à disposition des vignerons pour apprendre à gérer et limiter ces interventions ?
Que pensez-vous du changement climatique ? Pensez vous que la viticulture moderne existera toujours dans 20 ans ?
Chapitre 2 :
La réglementation viticole constitue un ensemble structuré de normes et de principes législatifs visant à régir divers aspects de la production de vin. Cette régulation, essentiellement présente dans les régions viticoles notables telles que la France, cherche à assurer la qualité, la cohérence et la distinctivité des produits vinicoles, tout en abordant des enjeux tels que la préservation des terroirs, la traçabilité et les considérations environnementales.
La réglementation viticole, héritière de traditions pluriséculaires, a trouvé son ancrage dans la nécessité de définir des normes pour protéger l'authenticité des vins et l'identité des terroirs.
Les premières lois encadrant la production viticole en France remontent au 19e siècle, avec l'introduction de règlements visant à réguler et à améliorer la qualité des vins. La crise phylloxérique, qui a ravagé les vignobles européens dans la seconde moitié du 19e siècle, a conduit à une réflexion approfondie sur la nécessité de protéger les vignobles et d'assurer la qualité des vins.
En 1855, la classification des vins de Bordeaux a été établie, créant une hiérarchie des meilleurs crus, notamment dans la région du Médoc. Cette classification, toujours en vigueur aujourd'hui, a marqué le début d'une reconnaissance officielle de la qualité des vins basée sur des critères spécifiques.
Le 30 juillet 1935, la France a adopté la première loi spécifique régissant les appellations d'origine contrôlée (AOC) pour le vin. Cette loi établissait des critères stricts, y compris l'origine géographique, les cépages autorisés, les rendements de production, et les méthodes de vinification. Cette législation a jeté les bases du système d'appellations d'origine contrôlée qui est devenu un modèle non seulement pour les vins français, mais aussi pour d'autres produits agricoles.
Ainsi, ces premières lois ont jeté les bases de la régulation et de la protection des vignobles, en mettant l'accent sur l'importance de l'origine géographique et des méthodes de production spécifiques pour assurer la qualité et l'authenticité des vins. Ces principes ont été ultérieurement élargis à d'autres produits agricoles à travers le concept d'appellations d'origine contrôlée.
L'objectif premier de cette régulation réside dans la mise en place de mécanismes normatifs permettant de définir les caractéristiques distinctives des vins en fonction de leur origine géographique, favorisant ainsi la reconnaissance des appellations et le maintien de la réputation des terroirs.
Ces systèmes définissent des aires géographiques précises où les conditions de production, telles que les cépages autorisés, les pratiques culturales, et les méthodes de vinification, sont strictement réglementées pour garantir la spécificité des vins.
L'histoire des Appellations d'Origine Contrôlée (AOC) remonte au début du 20e siècle en France, où ces labels de qualité ont été créés pour protéger et valoriser les produits agricoles et alimentaires traditionnels liés à des régions spécifiques. L'idée était de préserver l'authenticité des produits en garantissant leur origine géographique et en définissant des critères stricts de production. La première AOC, décernée au Roquefort en 1925, a marqué le début d'un système de reconnaissance et de régulation qui s'est étendu à d'autres produits, tels que le vin, le fromage, et diverses spécialités régionales. Au fil du temps, de nombreux pays ont adopté des systèmes similaires pour protéger leurs appellations d'origine, contribuant ainsi à la préservation des savoir-faire locaux, à la promotion du terroir, et à l'instauration de la confiance des consommateurs dans la qualité des produits labellisés AOC. Aujourd'hui, les AOC demeurent un symbole de l'attachement aux traditions et de la préservation du patrimoine gastronomique.
La création des Appellations d'Origine Contrôlée (AOC) est un processus méticuleux visant à garantir la qualité et l'authenticité des produits agricoles ou alimentaires spécifiques ancrés dans des traditions régionales. Tout commence par l'identification du produit en question, qu'il s'agisse de vin, de fromage, ou d'autres denrées. Une étude minutieuse de la zone géographique est ensuite entreprise pour délimiter avec précision la région d'origine du produit. Les critères de production, englobant des éléments tels que les méthodes agricoles et les pratiques de transformation, sont définis rigoureusement. Ces conditions sont consignées dans un cahier des charges détaillé, soumis aux autorités compétentes, notamment à l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) en France. La validation par l'INAO confirme que le produit respecte les normes définies et possède des caractéristiques distinctives liées à sa région d'origine. La publication du cahier des charges au Journal officiel officialise alors la création de l'AOC. La surveillance continue, à travers des contrôles réguliers, garantit que les producteurs maintiennent les standards établis, assurant ainsi la préservation du patrimoine gastronomique et culturel associé à chaque AOC.
Les cahiers des charges, documents détaillés accompagnant chaque AOC ou AOP, établissent des critères spécifiques relatifs aux aspects viticoles, œnologiques et qualitatifs. Ces critères, rigoureusement définis, garantissent une production harmonisée et de qualité.
C'est au début du XXe siècle que le concept de "cahier des charges" a été formellement introduit pour régir la production de vin et d'autres produits agricoles.
Le cahier des charges est un document détaillé qui énonce les règles et les critères que les producteurs doivent suivre pour bénéficier d'une appellation d'origine contrôlée (AOC).
Le cahier des charges d'une AOC inclut des éléments tels que les cépages autorisés, les rendements par hectare, les pratiques culturales, les méthodes de vinification, la durée de vieillissement, et d'autres critères spécifiques à chaque région. Ce document est soumis à une autorité de contrôle, souvent un organisme public comme l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) en France, qui s'assure que les producteurs respectent ces normes.
Ainsi, le cahier des charges est un instrument essentiel pour maintenir la qualité, l'authenticité et la spécificité des produits, tout en préservant les traditions viticoles propres à chaque région.
La réglementation encadre la sélection des cépages autorisés, adaptés aux spécificités des terroirs. Ceci vise à préserver l'identité variétale des vins et à éviter des problèmes liés à des cépages produisant par exemple beaucoup de méthanol ou autres alcools supérieurs.
Avant la crise phylloxérique, les vignobles étaient plantés avec une grande diversité de cépages locaux. La lutte contre le phylloxéra a introduit de nouveaux cépages et des variétés hybrides, marquant un changement significatif. Le besoin de greffer et de planter presque tout le vignoble en quelques années ont obligé les vignerons et les pépiniéristes à se tourner vers des clones agréés. Ceci à provoquer le déclin de la diversité des cépages plantés en France. Les réglementations AOC, au début du XXe siècle, ont établi les cépages autorisés dans chaque région, préservant ainsi les traditions locales. Plus récemment, des tendances modernes et une mondialisation croissante ont vu l'émergence de cépages internationaux. Parallèlement, les changements climatiques ont incité à l'exploration de cépages adaptés à des conditions en mutation. Malgré ces évolutions, la diversité des cépages et le rôle central des réglementations restent des caractéristiques fondamentales du paysage viticole français.
Tous les vignerons Français sont contraints de planter des cépages inscrits au catalogue officiel des cépages s’ils veulent pouvoir les vinifiés et commercialiser leurs vins (en AOC ou pas).
La régulation détaille les techniques œnologiques autorisées, incluant des aspects tels que les taux de sulfitage, les méthodes de fermentation, et les conditions de vieillissement en fût de chêne, contribuant à maintenir une cohérence qualitative.
Des organismes de contrôle agréés sont mandatés pour assurer la conformité des producteurs aux normes établies. Ces entités effectuent des vérifications régulières pour garantir le respect des cahiers des charges, chacun ayant des responsabilités spécifiques dans le cadre des Appellations d'Origine Contrôlée (AOC) et des indications géographiques protégées (IGP). Voici quelques-uns des principaux organismes impliqués dans le contrôle et la réglementation viticole en France :
Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO) : L'INAO est un organisme public placé sous l'autorité du Ministère de l'Agriculture. Il est chargé de définir et de contrôler l'application des règles relatives aux AOC, IGP, et labels de qualité agricole en France. L'INAO valide les cahiers des charges définissant les critères de production spécifiques à chaque AOC et supervise les organismes de contrôle.
Comités Interprofessionnels (CIVB, CIVP, etc.) : Chaque région viticole a son propre comité interprofessionnel, regroupant des représentants des producteurs, négociants, et d'autres acteurs du secteur. Ces comités travaillent en collaboration avec l'INAO pour élaborer les cahiers des charges des AOC et participent à la gestion des règles et des pratiques viticoles au niveau régional.
Organismes de Défense et de Gestion (ODG) : Les ODG sont des entités locales responsables de la mise en œuvre des cahiers des charges des AOC au niveau régional. Ils sont chargés de contrôler et de garantir le respect des règles par les producteurs et les opérateurs de la filière viticole.
Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) : La DGCCRF, relevant du Ministère de l'Économie, intervient dans le contrôle des fraudes et veille à l'application des règles commerciales et des normes de qualité, y compris celles liées aux vins et aux spiritueux.
Agences régionales : En complément des organismes nationaux, certaines régions peuvent avoir des agences ou conseils régionaux dédiés au contrôle et à la promotion des produits viticoles locaux.
Ces organismes jouent un rôle crucial dans le maintien de la qualité, de l'authenticité, et de la traçabilité des vins français, en veillant à ce que les producteurs respectent les normes établies par les règles établies.
Les vins conformes reçoivent une certification officielle, matérialisée souvent par des étiquettes spécifiques. Cette certification atteste de la conformité aux normes édictées, renforçant la crédibilité des vins sur les marchés nationaux et internationaux.
La réglementation doit évoluer pour permettre l'adaptation aux changements climatiques, autorisant des pratiques culturales et des cépages mieux adaptés aux nouvelles réalités climatiques.
L’entré de certains cépages résistants dans les CDC des AOC, les recherche sur des portes greffes résistants à la sécheresse, les expérimentation sur des modes de conduites adaptés à la chaleur, sur l’amélioration de la capacité de rétention en eaux des sols, sur la diminution du facteur ETP (evapotranspiration potentiel) sont menées partout dans le monde et particulièrement en France afin de pouvoir prendre le virage nécessaire à l’adaptation de la viticulture à ce changement de climat qui se met déjà en place.
L'intégration de normes environnementales et de responsabilité sociétale dans la réglementation témoigne de la volonté du secteur de répondre aux préoccupations contemporaines.
Cependant, les reports de loi type interdiction du glyphosate, nous permettent de nous demander si l'intérêt du gouvernement pour l’environnement est réel et non qu’un prétexte politique pour les diverses élections qui ponctuent la vie citoyenne.
Les discussions portent sur l'équilibre entre la préservation des traditions et la nécessité d'innover pour rester concurrentiel sur le marché mondial. La recherche continue à explorer des moyens d'améliorer la qualité des vins tout en maintenant la diversité et la spécificité des terroirs.
Exercice de fin d’année : à partir d’un cas concret de domaine en Vallée du Rhône (AOP Clairette de Die), préparer la plantation d’une parcelle et la gestion de ses trois premières années.
Fichier PDF de 8 pages (2,4 Mo).
Cette épreuve évalue les capacités du bloc de compétences 7 : Proposer une stratégie de production vitivinicole.
Critères d’évaluation :
Lisibilité de la stratégie
Rigueur de l’évaluation de la durabilité du système vitivinicole
Bien-fondé des marges de progrès identifiées
Critères d’évaluation :
Validité du système vitivinicole proposé
Présentation des conséquences de la mise en place du nouveau système
Identification des freins et leviers à la mise en place du nouveau système
Cette épreuve ponctuelle terminale orale individuelle s’appuie sur un dossier et une fiche de synthèse produits par le candidat.
L’épreuve évalue les démarches scientifiques et techniques mises en œuvre par le candidat pour traiter une problématique technico-économique vécue dans l’organisation ou l’entreprise du secteur vitivinicole dans laquelle il a réalisé une ou plusieurs périodes de formation (en stage ou en apprentissage). Le terme problématique doit être entendu au sens large (situation problème, questionnement, projet…).
La problématique traitée a une relation étroite avec le référentiel d’activités et les situations professionnelles significatives du champ de compétences « Pilotage stratégique de la production ».
Le candidat est évalué sur sa capacité à répondre à une problématique vitivinicole relevant de la stratégie de production.
Les réponses apportées ne peuvent être abordées de manière exclusivement bibliographique. Elles nécessitent la mise en place et la justification, au niveau BTSA, d’une véritable méthodologie de résolution du problème.
Les éléments de méthodologie et les évolutions proposées doivent être en accord avec le fonctionnement et les valeurs de l’organisation ou entreprise concernée.
L’ensemble des dimensions de la durabilité est exploré par le candidat.
Le dossier, de 15 pages maximum annexes comprises, traite d’une problématique technico-économique vécue par le candidat dans une organisation ou une entreprise dans laquelle il a effectué une ou plusieurs périodes de formation (stage ou apprentissage). Il présente notamment :
la stratégie de production actuelle, son évaluation et ses marges de progrès,
la proposition d’évolution du système de production actuel ainsi que le jeu de contraintes retenu par le candidat.
La fiche de synthèse, de deux pages A4 maximum, présente les points essentiels de l’étude :
le contexte,
la problématique,
l’évaluation du système initial,
la proposition d’évolution du système de production actuel.
Le dossier et deux exemplaires de la fiche de synthèse sont transmis à un seul des deux évaluateurs, selon les modalités communiquées par l’autorité académique. Lors de l’harmonisation de l’épreuve, le second évaluateur prendra connaissance du contenu de la fiche.
Tout candidat n’ayant pas transmis son dossier et les fiches ne sera pas autorisé à présenter l’épreuve E7. Le candidat sera alors considéré comme non évaluable à l’épreuve.
L’oral, d’une durée de 30 minutes, comprend :
10 minutes de présentation par le candidat de sa problématique contextualisée, de la méthodologie déployée pour y répondre, de sa proposition d’évolution du système et de son analyse réflexive sur la proposition et sur la méthodologie déployée ;
20 minutes d’entretien avec le jury durant lesquelles le candidat est amené à préciser et/ou à approfondir des éléments présentés à l’oral ou dans son dossier.
L’usage d’un support de communication sous format papier ou numérique (PDF sur clé USB avec copie papier en secours) est autorisé pour l’épreuve E7. La salle d’examen est équipée d’un tableau, d’un vidéoprojecteur et d’un ordinateur.
L’évaluation est réalisée à l’aide de la grille d’évaluation présente en annexe 1, par deux évaluateurs :
un enseignant/formateur en viticulture-œnologie,
un enseignant/formateur en sciences économiques sociales de gestion (SESG-GE) intervenant dans la spécialité.
Grille d’évaluation de l’épreuve E7 du BTSA Viticulture-Œnologie (capacités C7.1 et C7.2).
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Document d’accompagnement du référentiel de formation
Inspection de l'Enseignement Agricole
Diplôme : BTSA Viticulture Œnologie
Module : M7 Stratégie de production vitivinicole
Source : Inspection de l’enseignement agricole (septembre 2021).
Les documents d’accompagnement ont pour vocation d’aider les enseignants et les formateurs à mettre en œuvre l’enseignement décrit dans le référentiel de diplôme en leur proposant des exemples de situations d’apprentissage et ainsi développer les capacités visées. Ils ne sont pas prescriptifs et ne constituent pas un plan de cours. Ils sont structurés en items recensant les savoirs mobilisés assortis de recommandations pédagogiques.
L’enseignant, le formateur a toute liberté de construire son enseignement et sa stratégie pédagogique à partir de situations d’apprentissage différentes de celles présentées dans les documents d’accompagnement. Il a aussi la liberté de combiner au sein d’une même situation d’apprentissage la préparation à l’acquisition d’une ou de plusieurs capacités.
Les compétences informatiques et numériques telles que définies par le cadre de référence des compétences numériques issues du DIGCOMP de l'Union Européenne sont mobilisables dans chacune des capacités intermédiaires de ce bloc.
Quels que soient les scénarios pédagogiques élaborés, l’objectif est l’acquisition des capacités du référentiel de diplôme. Cela nécessite de ne jamais perdre de vue l’esprit et les principes de l’évaluation capacitaire.
C7.1. Évaluer une stratégie de production
C7.2. Proposer une évolution du système de production de l’entreprise
Cet enseignement répond au champ de compétences « Pilotage stratégique de la production » dont la finalité est de « Concevoir un système de production multi performant, en accord avec les valeurs et objectifs de l’entreprise ». La fiche de compétences correspondante peut utilement être consultée.
L’enseignement lié au module M7 « Stratégie de production vitivinicole » est centré sur la compréhension du pilotage stratégique du système vitivinicole. Ce système est défini comme « l’ensemble des modalités techniques mises en œuvre sur une portion de territoire traitée de manière homogène pour produire une matière première et élaborer un vin à partir de cette matière première ». C’est un sous-ensemble du système de production de l’entreprise. La cohérence entre l’itinéraire d’élaboration du vin et la conduite de la vigne dans une vision globale de la stratégie de production est au cœur de ce module.
Puisque le système vitivinicole est fixé pour une portion de territoire « traitée de manière homogène », se pose la question de savoir quel degré de précision il faut prendre en compte pour déclarer des modalités d’action homogènes, c’est le problème du choix de la dimension spatio-temporelle du système. Cette dimension est variable selon les finalités portées par le système analysé mais aussi selon les effets ou les impacts du système qui sont pris en compte.
Cela peut aller de l’étude du système de culture ou de celle du processus d’élaboration et de conservation d’un vin au chai considéré au niveau d’une entreprise, jusqu’à la prise en compte « d’unités agrophysionomiques » plus étendues comme le terroir ou le bassin versant, échelles pertinentes pour étudier les impacts environnementaux ou les facteurs liés aux appellations par exemple.
De même, le concept de système vitivinicole peut être considéré sur une durée annuelle (la campagne) ou pluriannuelle. On réserve aux modules 4 et 5 l’échelle de temps courte (pilotage de la production) pour centrer le module 7 sur un temps plus long, avec des décisions générant des évolutions du système à moyen et long terme (vision stratégique par opposition à une vision tactique).
La notion de stratégie est attendue ici à l’échelle du système vitivinicole considéré comme sous-système de l’entreprise ; la stratégie d’entreprise relevant quant à elle du chef d’entreprise. Toutefois, le diplômé du BTSA la prend en compte comme un élément de contexte dans le cadre duquel il définit la stratégie du système vitivinicole.
L’enseignement s'appuie largement sur l’étude d’une diversité de situations concrètes, vécues ou analysées en pluridisciplinarité que ce soit pour l’analyse d’un terroir, pour les démarches de diagnostic de durabilité d’un système vitivinicole ou pour les propositions d’amélioration de ce système.
Ce module est potentiellement concerné par des activités pluridisciplinaires relevant des thématiques suivantes :
| Capacité évaluée | Critères d’évaluation | Savoirs mobilisés | Disciplines hors pluridisciplinarité |
|---|---|---|---|
| Évaluer une stratégie de production |
| Evaluation de la stratégie de production | Sciences économiques sociales et de gestion, Sciences et techniques de la vigne et du vin, STA/Productions végétales |
La capacité est atteinte si l’apprenant :
Le système vitivinicole est un objet complexe qui questionne des éléments techniques, économiques, sociaux, sociétaux… C’est l’objet d’étude principal pour les capacités C71 et C72 et ce système constitue l’axe du module M7. La notion de système vitivinicole est un objet qui peut recouvrir différentes réalités et être vu à différentes échelles : entreprise, bassin versant, paysage viticole, terroir, filière….
Ce système s’exprime par l'ensemble des techniques mises en œuvre, des moyens de production et des productions en intégrant la production de raisin et de vin. Les aspects financiers de l’entreprise et les aspects commerciaux relèvent d’une autre échelle de système qui, bien que n’étant pas ici l’objet d’étude principal, sont pris en compte.
Pour les capacités C7.1 et C7.2, la formation prend appui sur des situations concrètes. Ces deux capacités sont facilement liées : état des lieux et son évaluation (C7.1) ; reconception pas à pas, reconception en rupture (C7.2).
L’approche stratégique est vue ici au niveau de l’entreprise avec la focale du système vitivinicole et passe par l'identification des objectifs qui ont conduit au système actuel, d’objectifs stratégiques, du plan d’action et du tableau de bord qui guident les choix.
La caractérisation des systèmes vitivinicoles implique la définition de critères (composantes naturelles et humaines, organisation, ...). En complément une approche sensible peut être mobilisée pour caractériser certains systèmes vitivinicoles (paysage viticole ou terroir).
L’accent est plus particulièrement mis sur l’approche écologique du paysage qui permet une compréhension globale de cette organisation et l’étude de son fonctionnement : identification et localisation des éléments du paysage (taches, matrice, corridors, lisières), délimitation d’unités écologiques et analyse des structures spatiales (diversité, hétérogénéité, fragmentation, contiguïté et connectivité), mitage, infrastructures ... Ces notions, complétées par des éléments de méthode d’étude, peuvent être abordées lors d’activités pluridisciplinaires consacrées à l’analyse d’un paysage viticole ou d’un terroir. Les outils numériques tels que les SIG permettant les caractérisations de l’espace sont abordés.
Afin de repérer les interactions entre trois composantes au sein d’un système : le milieu, l’activité production de raisins et l’activité de production de vins, les situations de formation comprennent une part importante de travail de terrain (observations, étude de documents, recueil et analyse de dires d’experts…). Les interactions sont explorées dans leur diversité mais toujours avec comme finalité la mise en évidence de systèmes imbriqués (système vitivinicole, système entreprise, filière, territoire, bassin versant…)
Tout niveau pertinent questionnant le système vitivinicole, englobant l’entreprise a vocation à être exploré.
Cet item est traité en étroite liaison avec le précédent : la finalité de l’étude des composantes et des interactions est de montrer la cohérence du système vitivinicole dans son contexte. En lien avec les enjeux à différentes échelles, la logique de territoire et les objectifs hiérarchisés qui lui sont attachés, les traits saillants de la stratégie portée par les systèmes vitivinicoles étudiés sont mis en évidence. L’état actuel du système est la résultante d’une stratégie implicite ou explicite mise en œuvre depuis plusieurs années. Il est important d’arriver à caractériser cette stratégie de production passée pour comprendre l’état actuel du système. Différentes questions peuvent servir de guide pour caractériser une stratégie :
La stratégie passée est-elle en cohérence avec les enjeux et logiques de territoire ? Est-elle en synergie ? Est-elle pour partie en décalage, voire en opposition ? sur quels points ? ce décalage a-t-il toujours été présent ?...
La mise en évidence des croisements possibles de la stratégie de systèmes vitivinicoles avec d’autres logiques : filière, tourisme, urbanisation, aménagements… est attendue. On peut s’appuyer sur l’analyse de territoires à l’aide de SIG permettant une représentation graphique de données croisées. Exemples de situation où la stratégie vitivinicole croise des logiques de territoire : Cognac, Champagne, pays d’Oc...
Un travail prenant en compte différentes focales (échelles d’espace, de temps, filière, ...) et suivant différents axes de lecture (territoire, temps, technique, économique, social…) est nécessaire pour montrer la cohérence de la stratégie. L’approche est nécessairement systémique et aboutit à la schématisation de cette cohérence en ayant pris soin de caractériser le système vitivinicole étudié.
Vus à partir de cas concrets à l’échelle de l’entreprise, les déterminants, objectifs, valeurs et règles de décision sont liés entre eux et au contexte. Des éléments tels que le dépérissement du vignoble, les attentes sociétales dont la limitation des intrants, le changement climatique..., peuvent être mis en évidence ici. Une formalisation de type schémas décisionnels permet de montrer le caractère complexe et contextualisé du processus de décision.
La durabilité dans ses différentes dimensions constitue une grille de lecture à mobiliser pour l’évaluation d’une stratégie de production. Cette évaluation comprend non seulement la mesure des performances d’un système technique (réponse à des enjeux et des attentes portées par des acteurs externes au système) mais aussi la mesure de la réussite de ce système (réponse à des enjeux et attentes portés par le pilote du système). Les aspects financiers et commerciaux de l’entreprise ne font pas l’objet d’une évaluation mais sont des composantes à part entière du contexte à prendre en compte dans l’évaluation
On pourra s’appuyer sur des outils existants pour retenir des indicateurs en lien avec la finalité de l’évaluation, les objectifs, valeurs, contexte, caractéristiques technico-économiques et sociales du système entreprise étudié.
La mesure des performances de la stratégie doit être rapprochée des finalités de cette stratégie. La notion de multi performance est centrale ici (discussion de la pertinence et de la validité des indicateurs). Indicateurs SMART pour Spécifique, Mesurable, Acceptable, Réaliste, Temporellement défini. Il est important de bien sélectionner les indicateurs, de s’assurer de leur validité (degré de confiance que l’on peut leur accorder et fiabilité de leur mise en œuvre et de leur mesure notamment temporelle) et de leur pertinence (qui s’apprécie en fonction du contexte et de l’environnement).
Sur un (des) système(s) bien caractérisé(s) et contextualisé(s), des outils tels que la matrice SWOT (forces faiblesses, menaces opportunités) peuvent constituer une grille d’analyse. Cette analyse visant à identifier des marges de progrès est plus particulièrement approfondie sur les indicateurs actuels perçus comme non satisfaisants. Dans une vision globale et avec comme souci la limitation de leur dégradation, une vigilance est portée sur les indicateurs actuels perçus comme satisfaisants (notion de compromis).
| Capacité évaluée | Critères d’évaluation | Savoirs mobilisés | Disciplines hors pluridisciplinarité |
|---|---|---|---|
| Proposer une évolution du système vitivinicole de l’entreprise |
| Stratégie de production alternative | Sciences économiques sociales et de gestion, Sciences et techniques de la vigne et du vin, STA/Productions végétales |
La capacité est atteinte si l’apprenant :
Alors que la capacité C7.1 s’attache à la réalisation d’une évaluation, d’un diagnostic et de scénarios d’évolution de systèmes vitivinicoles, la capacité C7.2 concerne les plans d’action.
Les attentes sont multiples, parfois complexes. Elles peuvent porter sur le produit fini et/ou sur son mode de production. Elles émanent d’acteurs multiples, porteurs d’enjeux ou pas. Ces enjeux peuvent être territorialisés ou pas et être empreints ou a minima pourvoyeurs de questions à enjeux de sociétés
Les notions clés sont : enjeux, attentes multiples, questions à enjeux de société, lien au territoire et aux acteurs.
A partir de cas concrets variés, il s’agit d’identifier les attentes, l’objet ou les objets de ces attentes, les acteurs, les enjeux, les questions à enjeux de société avec lesquels le professionnel compose pour prendre ses décisions à l’échelle du système vitivinicole. Tenant compte des attentes du client et des attentes sociétales, les décisions sont prises par le professionnel conformément à ses objectifs et ses valeurs traduits en finalités portées par le système. Il est important de montrer que ces décisions sont le fruit de compromis et qu’elles sont non normatives mais « sur-mesure » et situées. A ce titre on peut les qualifier d’évolutives et adaptatives.
Les éléments de nature très diverse tels que la charte avec les riverains, la charte d’engagement départementale, la loi Egalim, les incertitudes des marchés « export », les approches en volume et en valeur et la fragilité des marchés… sont déterminants pour traiter cet item qui peut rejoindre sur certains volets, des questions d’intermédiation professionnels/société civile.
« La bioéconomie englobe l’ensemble des activités liées à la production, à l’utilisation et à la transformation de bioressources. Elles sont destinées à répondre de façon durable aux besoins alimentaires et à une partie des besoins matériaux et énergétiques de la société et à lui fournir des services écosystémiques » (source : « Une stratégie bioéconomie pour la France » ADEME). Les processus mis en œuvre au vignoble ou au chai sont pourvoyeurs de bioressources –ou encore biomasses- il s’agit d’identifier ces bioressources et de montrer leur contribution aux enjeux du développement durable et le potentiel qu’elles représentent en terme d’amélioration des performances du système.
La notion de co-produits et de leur devenir est centrale dans cet item.
La démarche stratégique suppose la fixation d’objectifs de moyen terme, en accord avec les valeurs de l’entreprise, ses démarches volontaires (ex: engagement RSE) et réglementaires. La démarche stratégique est accompagnée de la définition d’un plan d’actions et d’indicateurs (constitutifs d’un tableau de bord) permettant le suivi dans le temps de la mise en place de la démarche. Les indicateurs doivent être des grandeurs mesurables, certains sont reliés à d’autres par des relations de causalité. L’évolution de leur valeur peut conduire à des réajustements du plan d’actions selon une démarche en boucle de progrès (roue de Deming). Il ne s’agit pas en effet de suivre sans contrôle, ni sans alternatives, le plan d’action initial.
La grille d’analyse ESR (Hill et McRae, 1995) ou la qualification de stratégie “ex” (qui fait référence à l’utilisation d‘intrants) / stratégie “in” (qui implique une écologisation forte du système) peuvent constituer une première grille de lecture des scenarii. Elle permet de mesurer leur degré de rupture avec le système initial. L’analyse de systèmes suivant la grille ESR ou leur qualification de “ex” ou de “in” ne sont pas une fin en soi. Ces outils d’analyse et de qualification visent à fournir un cadre commun pour montrer non seulement la diversité et toute la nuance des scenarii mais aussi leur nécessaire lecture à la lumière du jeu de contraintes qui prévaut aux choix technico-économiques retenus.
En formation, la reconception et l'évaluation multicritères d’un système vitivinicole en envisageant différents scenarii est un moyen de former les apprenants à l’analyse systémique contextualisée. La mise en évidence et l’explicitation du jeu de contraintes retenu sont indispensables pour pouvoir juger de la validité des propositions et de l'exhaustivité de leur analyse.
Suivant la même méthodologie, en évaluation l’apprenant peut élaborer différents scenarii en amont de sa proposition d’évolution du système vitivinicole de l’entreprise. Ce travail préalable à la proposition qu’il a retenue, peut l’aider :
Les scenarii visent à améliorer la durabilité environnementale, économique et sociale du système. Ils augmentent sa résilience face aux variations de marché et aux conditions de milieu, tout en assurant par exemple des conditions de travail non dégradées, une meilleure formation de la main d’œuvre ainsi qu’une meilleure insertion dans l’économie locale. En lien avec la multiperformance (environnementale, économique, sociale, sanitaire), la reconception doit prendre en compte les principes de l’agroécologie. A ce titre, les scénarios élaborés visent notamment une moindre dépendance voire une autonomie vis-à-vis des ressources non renouvelables et la préservation voire la restauration de l’état des ressources naturelles communes (eau, sol, air, biodiversité, santé commune...). Suivant des démarches agroéocologiques, l’atteinte de ces objectifs passe par la mobilisation de processus écologiques en substitution d’intrants non renouvelables, la maximisation des services écosystémiques rendus et la minimisation des « dysservices ».
Ces démarches de reconception privilégient les raisonnements systémiques, en considérant le système vitivinicole dans ses différentes dimensions : dynamique des écosystèmes, ancrages territoriaux, insertion dans des filières, etc. La notion de leviers à effets partiels est éclairée ici dont l’association voire la synergie est recherchée, toujours avec comme finalité la performance et la réussite du système.
Stratégie en accord ou en léger décalage avec la stratégie actuelle de l’entreprise, l’évolution pas à pas est possible si le diagnostic ne montre pas d’urgence à agir à court ou moyen terme et que la volonté du pilote ne se situe pas dans une stratégie de rupture.
Stratégie en rupture rapide avec la stratégie actuelle, ce type d’évolution peut paraître plus risqué que la stratégie d’évolution pas à pas. Toutefois d’une part cette prise de risque supérieure n’est pas systématique et d’autre part, l’évolution en rupture est parfois nécessaire dans des contextes où la demande du marché évolue rapidement, ou si des éléments climatiques, ou d’ordre sociétal, voire réglementaire (interdiction de certaines molécules par exemple) rendent le système actuel trop fragile voire caduque. Les systèmes innovants (ex : vitivoltaïsme, éoliennes verticales) peuvent répondre à des enjeux qui dépassent la viticulture-œnologie (changement climatique, économie d’eau…).
Il s’agit ici d’évaluer ex-ante les systèmes reconçus pour vérifier qu’ils répondent aux objectifs qui leur sont assignés en lien avec les enjeux et attentes préalablement identifiées. Inscrit dans une recherche de multiperformance, les systèmes reconçus doivent être socialement acceptables. Un travail approfondi est nécessaire sur la sélection d’indicateurs à même de pouvoir montrer la multiperformance des systèmes reconçus. Si certains de ces systèmes peuvent être mis en œuvre, l’évaluation ex-post peut alors être réalisée. Dans ce cas, un travail sur l’analyse des écarts peut être conduit. La mise en œuvre de systèmes vitivinicoles innovants, les leviers d’action et les freins rencontrés peuvent constituer des supports pertinents pour conduire le module M8.
Cette épreuve évalue les trois capacités du bloc de compétences 8 : Accompagner le changement technique.
Critères d’évaluation :
Lisibilité de la problématique technique accompagnée et de la méthodologie retenue
Ampleur de la prise de recul sur la démarche et sur les résultats
Critères d’évaluation :
Rigueur du traitement de données brutes
Validité de l’interprétation des données
Critères d’évaluation :
Qualité de la valorisation de références
Adaptation des conseils à la situation
Cette épreuve ponctuelle terminale orale individuelle s’appuie sur deux fiches produites par le candidat à partir de situations professionnelles impliquant un processus de changement technique qu’il a vécues durant sa formation de niveau 5.
Ce processus de changement technique n’est pas piloté par le candidat, mais il y participe en qualité d’acteur.
Il est piloté par un ou plusieurs animateurs de projet et peut impliquer une ou plusieurs organisations ou entreprises du secteur vitivinicole.
Tout processus de changement technique, quel que soit son état d’avancement, est recevable.
Il peut concerner le secteur viticole, vinicole ou vitivinicole.
Les deux fiches, de deux pages A4 maximum chacune, s’appuient sur une ou plusieurs expériences vécues par le candidat :
une fiche porte sur la production de références techniques ;
l’autre porte sur la formulation de conseils en vue d’éclairer des prises de décision dans un contexte d’accompagnement du changement technique.
La dimension agroécologique est obligatoirement impliquée dans les fiches présentées par le candidat.
Le candidat mobilise la méthodologie de son choix : expérimentation factorielle, essai système, enquête, travail bibliographique… Si nécessaire, la fiche peut comprendre une annexe.
Le candidat peut adopter la posture « d’observateur éclairé ».
La production de références techniques d’une part et la formulation de conseils d’autre part s’intègrent :
soit dans un même plan d’action (ou processus d’accompagnement) pour un même changement technique,
soit dans deux plans différents pour un même changement technique,
soit dans deux changements techniques différents.
Le processus de changement technique impliqué est mis en évidence dans chacune des deux fiches. Elles présentent a minima la problématique accompagnée et les éléments clés de la méthodologie d’accompagnement dans laquelle la production de références techniques et la formulation de conseils s’inscrivent.
Les fiches, nominatives, sont remises en trois exemplaires par le candidat aux évaluateurs lors de son entrée dans la salle d’évaluation. Les évaluateurs disposent d’un temps de prise de connaissance de 10 minutes avant le passage du candidat.
Tout candidat qui ne fournit pas de fiche aux évaluateurs ne peut prétendre présenter l’E8. Il sera considéré comme absent – non évaluable. Cette mention sera portée au procès-verbal.
L’oral, d’une durée de 40 minutes, comprend :
10 minutes de présentation par le candidat, durant lesquelles il s’attache à montrer le lien entre chacune des deux situations présentées et le processus d’accompagnement du changement technique en jeu ;
30 minutes d’entretien avec le jury durant lesquelles le candidat est amené à préciser et/ou à approfondir des éléments présentés lors du premier temps de son exposé.
Seules les fiches du candidat, en impression papier au format A4, peuvent être utilisées comme support de communication pour l’épreuve E8.
L’évaluation est réalisée à l’aide de la grille d’évaluation présente en annexe 2, par trois évaluateurs :
un enseignant/formateur de sciences et techniques de la vigne et du vin,
un professionnel du secteur vitivinicole,
un enseignant/formateur de mathématiques ou, à défaut : biologie-écologie, physique-chimie, sciences et techniques des équipements, sciences et techniques agronomiques/productions végétales, ou technologies de l’informatique et du multimédia (TIM).
L’absence du professionnel ne peut rendre opposable la validité de l’évaluation.
Grille d’évaluation de l’épreuve E8 du BTSA Viticulture-Œnologie (capacités C8.1, C8.2 et C8.3).
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Document d’accompagnement du référentiel de formation
Inspection de l'Enseignement Agricole
Diplôme : BTSA Viticulture Œnologie
Module : M8 Accompagnement du changement technique
Source : Inspection de l’enseignement agricole (septembre 2021).
Les documents d’accompagnement ont pour vocation d’aider les enseignants et les formateurs à mettre en œuvre l’enseignement décrit dans le référentiel de diplôme en leur proposant des exemples de situations d’apprentissage et ainsi développer les capacités visées. Ils ne sont pas prescriptifs et ne constituent pas un plan de cours. Ils sont structurés en items recensant les savoirs mobilisés assortis de recommandations pédagogiques.
L’enseignant, le formateur a toute liberté de construire son enseignement et sa stratégie pédagogique à partir de situations d’apprentissage différentes de celles présentées dans les documents d’accompagnement. Il a aussi la liberté de combiner au sein d’une même situation d’apprentissage la préparation à l’acquisition d’une ou de plusieurs capacités.
Les compétences informatiques et numériques telles que définies par le cadre de référence des compétences numériques issues du DIGCOMP de l'Union Européenne sont mobilisables dans chacune des capacités intermédiaires de ce bloc.
Quels que soient les scénarii pédagogiques élaborés, l’objectif est l’acquisition des capacités du référentiel de diplôme. Cela nécessite de ne jamais perdre de vue l’esprit et les principes de l’évaluation capacitaire.
C8.1. Formaliser un plan d’action en faveur du changement technique
C8.2. Produire des références techniques
C8.3. Formuler des conseils
Cet enseignement répond au champ de compétences « Accompagnement technique » dont la finalité est de « Conduire des actions techniques permettant à des décideurs d’élaborer leur stratégie d’entreprise dans un contexte de transition agroécologique ». La fiche de compétences correspondante peut utilement être consultée.
L’accompagnement technique mobilise des moyens comme la mise en place d’expérimentations, d’actions techniques, afin d’en extraire des données fiables, qui seront valorisées en informations objectives permettant à des décideurs d’élaborer leur stratégie d’entreprise dans un contexte de transformation agro-écologique. L’accompagnement technique a pour finalité de contribuer au cheminement d’acteurs vers des systèmes performants et résilients et répondant aux enjeux actuels et à venir.
Les changements dont il s’agit dans ce module sont d’ordre technique. La formation prépare les futurs techniciens supérieurs à accompagner des changements qui dépassent le changement de technique (on ne se situe pas au changement « unitaire » de type une pratique ou une technique nouvelle qu’elle soit ou non innovante) mais à un changement qui touche tout le système pour en faire un système innovant, performant et résilient. La réflexion sur la question de l’innovation à l’échelle du système traverse les trois capacités relevant de ce module et peut même en constituer le fil rouge. A partir d’exemples observés sur le terrain, la formation permet au titulaire du diplôme d’identifier et d’agir au niveau de la méthodologie qui peut être mise en place pour faire évoluer les systèmes (C8.1), au niveau de la production de références pour outiller la co- construction de systèmes performants et résilients (C8.2), au niveau des formes de conseil pour accompagner les décideurs à conduire leur stratégie d’entreprise vers de tels systèmes (C8.3).
A l’interface du triptyque ingénieur (clairement positionné sur du conseil stratégique1suivant la définition de l’ordonnance publiée au JO du 25 avril 2019), chef d’entreprise, citoyen, le technicien en viticulture-œnologie a une place particulière dans l’accompagnement au changement. Il n’est pas le pilote de la méthodologie d’accompagnement de l’individu ou du groupe mais participe à cet accompagnement en qualité d’opérateur de terrain au plus près du chef d’entreprise.
Accompagnement2est entendu au sens de la posture d’acteur « impulseur », de facilitateur, de technicien force de proposition aux côtés des décideurs du changement de pratiques viticoles et/ou vinicoles.
L’enseignement s’appuie sur des situations concrètes vécues en stage ou en apprentissage ou sous forme d’études de cas, sur des activités pluridisciplinaires intra et/ou inter-modulaires. Ce module est conduit sur du temps long et mobilise des savoirs issus des autres modules professionnels pour le contenu scientifique et technique. Les outils de démarche de projet relevant du module M2 peuvent être remobilisés dans le module M8. L’enseignement lié à la capacité C22 « S’insérer dans un environnement professionnel » mais aussi à d’autres capacités du domaine du tronc commun ou du domaine professionnel peuvent constituer des opportunités pour repérer des partenaires impliqués dans des démarches d’accompagnement technique.
Ce module est potentiellement concerné par des activités pluridisciplinaires relevant des thématiques suivantes :
1Ce conseil stratégique a pour objet de fournir aux agriculteurs « les éléments leur permettant de définir une stratégie pour la protection des végétaux » qui est fondée « sur un diagnostic comportant une analyse des spécificités pédoclimatiques, sanitaires, environnementales des espaces concernés ». Il prend également en compte « l’organisation et la situation économique de l’exploitation et comporte une analyse des moyens humains et matériels disponibles, ainsi que des cultures, des précédents culturaux et de l’évolution des pratiques phytosanitaires ».
2Cf. la notion d’accompagnement dans le champ professionnel https://cairn.info/revue-savoirs-2009-2-page-11.htm#
| Capacité évaluée | Critères d’évaluation | Savoirs mobilisés | Discipline |
|---|---|---|---|
| Formaliser un plan d’action en faveur du changement technique |
| Appropriation et analyse du processus de changement technique | Sciences et techniques de la vigne et du vin |
La capacité est atteinte si l’apprenant s’approprie une méthodologie d’évolution du système élaborée par un tiers et s’il montre des qualités d’analyse de la situation professionnelle concernée. Le processus d’accompagnement du changement peut être centré sur un individu ou un groupement de producteurs : viticulteurs, vignerons, une cave coopérative. Simultanément, l’apprenant mobilise des processus de mutualisation.
Les trois capacités du module M8 sont articulées autour du changement technique c’est à dire celui qui s’exprime sur le terrain par des changements de pratiques ou de système d’un individu ou d’un collectif. La capacité C81 porte sur le plan d’action en lien avec ces changements qui peuvent être portés par des individus ou des collectifs. La capacité C82 porte sur l'expérimentation pour décider et la capacité C83 sur le conseil à proprement parler.
A la fois observateur et acteur du changement, le titulaire du BTSA n’est pas le pilote de ce processus. L’animateur du projet conduit le processus de changement : il anticipe, définit les modalités et met en place la démarche de transformation. Les changements peuvent se situer à différents niveaux (des pratiques à la reconception de système) et donner lieu à autant de plans d’actions que de changements à mener (façons de produire, conditions de travail, organisation, savoir-faire de l’entreprise, stratégie de l’entreprise, système vitivinicole...).
La formation et donc l’évaluation de la capacité C81 sont centrées sur les plans d’action en lien avec le/les changement(s) technique(s).
La préparation à l’atteinte de la capacité C81, comme tout le module M8 peut être conduite sous la forme de mises en situations couplées à des apports théoriques pour aboutir à une « formation action » au cours de laquelle les apprenants seraient acteur d’un processus de changement. Il faut mettre les apprenants dans une autre posture que celle de « prescripteur » ce qui implique de développer des capacités d’observation, d’écoute active et de veille pour collecter des données, formuler de nouvelles questions, émettre des hypothèses, retourner voir les acteurs pour valider ou invalider ces hypothèses, répondre aux questionnements nouveaux, suivant une démarche exploratoire. L’apprenant est en posture d’observateur éclairé dans un processus d’accompagnement. C’est l’animateur ou le porteur de projet avec son groupe qui définit la stratégie et sa mise en œuvre, ce n’est ni l’apprenant, ni l’enseignant formateur.
Certains lieux et situations sont particulièrement adaptés pour conduire tout ou partie de ce module : domaine de l’établissement, domaines partenaires, collectifs de viticulteurs ou de vignerons engagés dans un processus de changement, collectifs constitués (GIEE, DéPhy, réseau de vignerons engagés sur la question du dépérissement du vignoble par exemple…). Les expériences en stage ou en apprentissage peuvent également fournir du matériau pour conduire cet enseignement.
L’agroécologie est au cœur des changements actuels. Elle est le moteur de l’invention car elle réinterroge les savoirs, la manière d’aborder les problèmes et par voie de conséquence la construction des connaissances et les pratiques. Dans cette situation de transition agroécologique, la nature du conseil, la façon de le porter et de l’apporter ont aussi changé.
En lien avec la capacité C7.1. du module M7, une approche historique et géographique de l’évolution des systèmes vitivinicoles en incluant la prise en compte des espaces non productifs du vignoble peuvent apporter des clés à la compréhension des systèmes vitivinicoles actuels. Il s’agit ici de se poser la question : pourquoi au cours des temps, des systèmes qui donnaient satisfaction ont-ils été ou sont-ils remis en question ?
D’autres questions associées à cette problématique peuvent guider la réflexion sur la transition agroécologique en viticulture-œnologie :
Certaines questions lient les trois capacités du module M8 :
Différents niveaux de changement peuvent être mis en œuvre : depuis l’adaptation pas à pas jusqu'au changement en rupture. La grille de lecture ESR peut fournir une clé de caractérisation de ces changements qu’ils touchent des pratiques ou le système vitivinicole dans sa globalité. Au-delà de cette double caractérisation (niveau de changement et objet atteint), il s’agit d’identifier à partir d’analyses de situations concrètes, les enjeux, les déterminants du changement, les freins mais aussi les leviers au changement :
En lien avec les déterminants, les freins et les leviers au changement, peuvent être éclairés ici, à l’aide d’une grille d’analyse des situations :
L’appropriation du projet par l’apprenant concerne la problématique traitée par un collectif de professionnels mais aussi les solutions imaginées, celles écartées et celles retenues.
L’appropriation par l’apprenant de la problématique traitée par le collectif passe notamment par l’identification:
L’appropriation par l’apprenant des solutions imaginées passe notamment par l’identification :
L’analyse de réunions à l’aide de grilles qui peuvent être co-construites est une activité pédagogique qui doit permettre de faire émerger ces éléments en lien avec :
Les invitations à la réunion et les comptes rendus constituent aussi des matériaux intéressants pour repérer les éléments posés, les éléments discutés et la méthodologie de travail.
Prenant appui sur des situations concrètes, il s’agit de mettre en lumière la démarche méthodologique mobilisée dans le cadre de l’accompagnement d’un changement. Le projet est la réponse aux préoccupations d’un individu ou d’un collectif, en termes d’actions. Ces actions peuvent être individuelles ou collectives. Le projet est analysé dans sa dimension technico-économique mais aussi dans sa dimension humaine.
L’apprenant doit faire émerger les facteurs de réussite de la conduite du changement (identification et dépassement des freins, adhésion des acteurs, vision claire et partagée des objectifs poursuivis, adéquation du niveau de performance attendu au regard des enjeux, moyens mobilisés, mise en mouvement des acteurs, étapes impliquant du collectif ou de l'individuel, communication sur le diagnostic initial, sur la démarche, sur les étapes et les résultats, posture des animateurs de projet et des autres acteurs…).
L'élaboration de schémas décisionnels et de fiches logiques d’action (fiches qui donnent à voir ce qu'un pair a mis en place) peuvent constituer une phase intermédiaire vers la formalisation du plan d’action. Ce dernier, que l’on peut aussi nommer méthodologie retenue ou feuille de route, émerge d’une analyse fine et située d’un processus d’accompagnement du changement en cours ou abouti.
| Capacité évaluée | Critères d’évaluation | Savoirs mobilisés | Disciplines |
|---|---|---|---|
| Produire des références techniques |
| Production de références et d’informations techniques | Sciences et techniques de la vigne et du vin, Mathématiques |
La capacité est atteinte si l’apprenant suit une expérimentation, traite numériquement des données issues d’expérimentation, d’essais factoriels, d’essais systèmes, d’enquêtes, … dans le but de produire des références techniques valides, fiables et pertinentes. A ce titre, les outils mathématiques, statistiques et informatiques d’aide à la décision sont mobilisés. L’apprenant doit être capable de mettre en perspective les données avec les questions qu’il s’est posées et de distinguer les nouvelles questions soulevées par les résultats qu’il a obtenus. Ces références sont réellement produites par le candidat et s’inscrivent dans le cadre d’un accompagnement technique. A ce titre elles constituent des « actions d’accompagnement ».
Les références dont il s’agit sont des moyens, des outils d’échange de pratiques et de reconception de systèmes et ont pour finalité d’aider les individus ou le groupe à progresser dans leur réflexion et dans leur prise de décision. A ce titre, les références sont des ressources de l'accompagnement. Elles sont issues de données qualitatives ou quantitatives en lien avec des changements techniques précis et situés. La collecte, la gestion, le traitement et l'analyse des données sont attendus dans la préparation à cette capacité. Pour passer du statut de données à celui de références, un travail d’analyse de la validité et de la robustesse de ces valeurs quantitatives comme qualitatives est indispensable. Les références pourront alors être valides et fiables. Elles sont situées et datées.
Ces données peuvent avoir différentes origines : expérimentation système, essai factoriel, bibliographie, dires d’experts, enquêtes, traque d’innovation... Elles sont en lien avec un processus de changement. Aussi, la formalisation de la ou des problématiques technique(s) étudiée(s) est indispensable pour relier ces données aux questions auxquelles elles contribuent à répondre. La validité de ces données est également questionnée en lien avec leur dispositif d’acquisition. La mise en place de dispositifs permettant de recueillir des données (essai factoriel, expérimentation système, démonstration, exploitation de données ouvertes en ligne (base de données), enquêtes…) et la réflexion sur les variables à renseigner et sur leur pas de temps sont attendus ici.
Sont notamment attendues :
| Capacité évaluée | Critères d’évaluation | Savoirs mobilisés | Discipline |
|---|---|---|---|
| Elaborer des conseils |
| Formulation de conseils | Sciences et techniques de la vigne et du vin |
La capacité est atteinte si l’apprenant trie, hiérarchise et met en forme des informations valides, les valorise auprès d’un public cible. Cette diffusion contribue au développement de systèmes résilients et durables, dont la performance attendue permet de répondre aux enjeux actuels et émergents liés à des approches agroécologiques. La notion de conseils attendue en capacité C83 doit s’entendre au sens d’orientation, d'éclairage de la prise de décision des professionnels par rapport à l’adoption ou pas du changement. La notion de conseil n’est pas entendue au sens de préconisations ou prescriptions. Le BTSA pose sur le changement socio-technique support de l’accompagnement, un regard suivant différents angles visant à éclairer dans leur choix les professionnels accompagnés. Ces conseils sont des réponses sur mesure laissant les professionnels accompagnés libres de leurs choix, dans le cadre du conseil stratégique.
La nature même du conseil et la posture du conseiller revêtent différentes formes : de descendant, décontextualisé et individuel à sur-mesure avec la volonté de permettre au décideur ou à un collectif de cheminer depuis sa préoccupation jusqu’à sa décision. C’est cette dernière posture qui est qualifiée ici de conseil au sens d’aide à la réflexion et à la décision d’un collectif ou d’un individu. Ce conseil , articulé avec le conseil stratégique, est situé et intègre tous les enjeux. Allant jusqu’à être co-construit avec lui, il permet au décideur de prendre sa décision de manière éclairée et responsable dans un contexte de transition agroécologique. Ce conseil se situe donc dans la perspective de (re)donner l’autonomie décisionnelle aux viticulteurs, vignerons, les rendant ainsi acteurs de leurs changements. Le savoir est mobilisé dans une logique d’action.
Cet item recouvre :
La multi performance et la résilience des systèmes sont des fils rouges de la communication dans le contexte de changement. Une phase d’observation, analyse de situation outillée est nécessaire avant une mise en œuvre concrète par les apprenants.
Différents types de conseils (collectif, individuel, spécialisé, généraliste, stratégique (trajectoire), à froid annuel (prévisionnel), spécifique à chaud (adaptation), issus de la mutualisation…) sont abordés en lien avec leur finalité. Leur pertinence est interrogée dans le cadre d’un processus d’accompagnement en situation de transition agroécologique.
Un conseil pertinent met en cohérence les objectifs de l’exploitant, les enjeux du territoire et les plans d’action plus généraux. Il implique une démarche de diagnostic maîtrisée à différentes échelles et prend en compte l’incertitude liée à la transition agroécologique. La construction dans un premier temps d’arbres exhaustifs de réponses techniques possibles face à un problème pour, dans un second temps, repérer ce qui est exploré ou pas peut constituer une situation d’apprentissage intéressante. L’outil GECO peut constituer une ressource pertinente pour construire des arbres exhaustifs. Tester auprès d’un autre groupe un arbre recensant les réponses explorées par un groupe peut aussi constituer une situation d’apprentissage pertinente. Ces situations permettent de prendre conscience que les réponses sont “sur-mesure” et que les déterminants et solutions acceptables sont différents d’un groupe à un autre et de fait que le conseil doit être situé et finement adapté.
Ainsi, pour pouvoir aider un producteur ou un collectif de producteurs dans sa réflexion et dans ses choix, le conseiller doit intégrer les mécanismes de prise de décision. Pour ce faire, il :
La place du BTSA en qualité de conseiller fait l’objet d’une réflexion qui vise à le positionner au plus près du producteur ou d’un collectif qu’il accompagne au sens défini par le Petit Robert, dictionnaire de la langue française, 2004 : « Se joindre à quelqu’un pour aller où il va, en même temps que lui ; conduire, escorter, guider, mener ». Le verbe accompagner est composé de « ac », préfixe latin qui veut dire rapprochement proximité, de « cum » : avec et « panis » : pain ce qui veut dire « qui mange son pain avec ».
Cet item d’ouverture peut constituer la synthèse du module 8. Il renvoie sur :
Cette dimension humaine est importante à prendre en compte dans l’accompagnement du changement. A ce titre, elle fait partie de la formation mais n’est pas exigible en évaluation.
Epreuve CCF 4.4, 5.4 et 6.2 : Dossier
Vous devrez réaliser un dossier répertoriant les différentes étapes du processus de production viticole et vinicole de votre entreprise et évaluer l’itinéraire technique suivi par votre entreprise. Elle devra mettre en avant les choix et décisions effectués par votre entreprise et s'expliquent parfois par le millésime ou des conditions particulières.
Un travail est attendu sur :
- la définition des dimensions évaluées (axes de la durabilité, enjeux ou objectifs poursuivis, attentes de la part d’acteurs du territoire ou de politiques, attentes du pilote du système…),
- la sélection d’indicateurs de performance, de réussite et de durabilité en différenciant indicateurs de moyens et indicateurs de résultats,
- la mise en œuvre de l’évaluation,
- l’analyse des écarts entre les résultats attendus et les résultats obtenus,
- des pistes d’amélioration (en lien avec le module M7 notamment). L’analyse mobilise la formalisation de chaînes causales (diagnostic de causalité).
Le diagnostic global, c’est-à-dire y compris les coproduits générés par le processus de production, est mis en œuvre.
Exemples d’indicateurs de performance, de réussite et de durabilité (liste non exhaustive)
▪ Indicateurs de performance technico-économique :
- écart au rendement objectif
- rendement
- écarts de tri
- indicateurs liés à la qualité de la vendange (réflexion sur des indicateurs prédictifs de cette qualité et protocole de recueil des données)
- éléments du coût partiel de production du raisin, marges et coûts
▪ Indicateurs de performance environnementale :
- consommation énergétique (énergie fossile, énergie renouvelable)
- efficience énergétique
- émission de gaz à effet de serre
- consommation en eau
- IFT
- bilan N
- indicateurs liés à la gestion des effluents
- bilan carbone
- analyse de cycle de vie
▪ Indicateurs de performance sociale :
- pénibilité du travail
- nombre d’emplois ETP générés
- contribution à la qualité des paysages et à l’image du terroir (lien avec le M7).
▪ Indicateurs de réussite :
- atteinte des objectifs visés (préciser ces objectifs)
▪ Indicateurs économiques de durabilité :
- Marges
- Efficience économique
▪ Indicateurs sociaux de durabilité :
- Contribution à l’emploi
- Temps de travail
- Toxicité pour l’applicateur
▪ Indicateurs environnementaux de durabilité :
- Consommation en énergie
- Efficience énergétique
- Risques de transfert de pesticides dans les eaux superficielles
- Risques de transfert de pesticides dans les eaux souterraines
- IFTT
- IFTHH
Indicateurs Oenologique :
| Indicateurs de performance technico-économique | Indicateurs de performance environnementale : |
|---|---|
| - critères de l’analyse sensorielle | - consommation énergétique (énergie fossile, énergie renouvelable), eau, efficience énergétique... |
| - paramètres et équilibres entre-elles des variables physico-chimiques | - indicateurs liés à la gestion des effluents vinicoles, bourbes, lies, des emballages de produits œnologiques… |
| - médailles /récompenses | - émission de gaz à effet de serre |
| - volume produit | - bilan carbone |
| - délai de production, de stockage | - analyse de cycle de vie. |
| - éléments du coût partiel de l'atelier vinification, marges et coûts. |
| Indicateurs de performance sociale : | Indicateurs de réussite : |
|---|---|
| - pénibilité du travail | - atteinte des objectifs visés (préciser ces objectifs) |
| - nombre d’emplois ETP générés | - certification réponse au cahier des charges (bio, HVE, Demeter...). |
| - ancienneté du personnel | |
| - contribution à la qualité des paysages et à l’image du terroir (lien avec le M7). |
| Indicateurs économiques de durabilité | Indicateurs sociaux de durabilité |
|---|---|
| Coût de production par hectare ou par hectolitre (€) | Nombre d’emplois créés ou maintenus (en équivalents temps plein) |
| Marge brute de l’atelier vinification (€ par hL produit) | Conditions de travail (nombre d’heures travaillées par semaine, pénibilité, exposition aux risques) |
| Rentabilité des investissements environnementaux (ex. : retour sur investissement des panneaux solaires) | Implication dans le territoire (participation à des projets locaux, collaborations avec d’autres acteurs) |
| Dépendance aux aides publiques (% du chiffre d’affaires financé par des subventions) | Formation et qualification des employés (% d’employés ayant suivi une formation annuelle) |
| Part de la commercialisation en circuit court (% des ventes en direct) | Acceptabilité sociale des pratiques viticoles |
| Indicateurs environnementaux de durabilité |
|---|
| Consommation d’eau par hectolitre de vin produit (L/hL) |
| Empreinte carbone par bouteille produite (kg CO₂/bouteille) |
| Quantité de déchets générés et taux de valorisation (kg de déchets par hL et % recyclé) |
| Utilisation d’intrants chimiques (quantité de pesticides, engrais, SO₂ utilisés) |
| Biodiversité dans le vignoble (surface enherbée, nombre d’espèces recensées) |
Les outils informatiques doivent être utilisés pour calculer des indicateurs chiffrés et enregistrer les données ; le tableur est ici largement mobilisable.
A la suite de cette analyse, vous devrez proposer une réponse alternative à l'échelle de l’itinéraire technique.
Les propositions de réponses alternatives portent sur la qualité et/ou le rendement, la réponse à d’autres objectifs avec comme stratégies l’efficience, la substitution ou la reconception.
Ces propositions visent conjointement deux volets :
- l’efficience de l’itinéraire technique en repérant les valeurs des indicateurs qui doivent être améliorées et en prévoyant celles qui risquent de se voir dégradées par le nouveau scénario ;
- La réponse à des enjeux différents (ex : préserver davantage les ressources) ou à des objectifs différents (nouveau produit attendu impliquant une qualité de vendange différente, suppression d’une molécule impliquant de repenser le système) qui peut mobiliser une démarche de reconception qui dépasse l’itinéraire technique pour toucher tout le système vitivinicole et/ou convoquant un temps long.
Pour la partie gestion :
Vous devez effectuer le diagnostic global de l’exploitation en termes de Qualité, sécurité et environnement.
Cela passe par une analyse précise des mesures volontaires ou légales mises en place sur votre exploitation d’alternance pour assurer la qualité de ses produits ou ses services, la sécurité de ses salariés et ses process de fabrication, ainsi que la volonté de mettre l’environnement au centre de ses préoccupations.
Il est conseillé de réaliser :
Un diagnostic interne de l’entreprise en identifiant ses forces et ses faiblesses en termes de QSE.
Un diagnostic de l’environnement de l’entreprise en mettant en lumière les opportunités et les menaces que celui-ci présente au regard de la QSE.
Veillez idéalement à suivre la trame suivante :
1- Présentation succincte de votre structure d’alternance. (5 à 10 lignes.)
(Statut juridique et nombre d’associé, SAU, aire de production, modèle économique, rendements, etc)
2 - Diagnostic interne et externe de l’exploitation viticole avec évidemment une orientation Q.S.E.
3 - Mise en lumière des carences et propositions de pistes d’amélioration.
Le diagnostic global induit une analyse de l’ensemble des activités de :
Vignes (Production)
Cuverie (Vinification)
Stockage.
Toutes les pistes d’améliorations doivent être réalistes et réalisables, avec le cas échéant un chiffrage en termes de :
Coût total.
Financement (Prêt ou auto financement)
Amortissement de l‘investissement.
Si financement, calcul des frais financiers sur la période du prêt.
Si autofinancement, vérification de la CIFI.
| Capacité | Critères | Indicateurs | Note | - | -- | + | ++ | Commentaire |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| C4.4 Évaluer à posteriori un itinéraire technique | Choix et utilisation des indicateurs de performance et de réussite de l’itinéraire technique | Indicateur de performance technico-économique : Rendements hecto/hectare, nombre de bouteilles par an, prix de ventes, gamme, marchés globaux, AOC, bilan azoté, Efficience économique + indicateur de réussite technico-économique + indicateur de durabilité économique |
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Indicateur de performance écologique : IFT, CO2, Labels environnementaux, attentes du secteur, gestion des effluents, consommation énergétique (GNR, électricité, gaz…), consommation d’eau + indicateur de réussite écologique + indicateur de durabilité écologique. |
||||||||
Indicateur de performance sociale : Taux d’embauche saisonnière, confort de travail, EPI, label RSE, UTH, attentes du secteur, respects des normes, règles, loi etc. implication dans le tissu local + indicateur de réussite sociale + indicateur de durabilité sociale. |
||||||||
Choix et mise en œuvre des outils de diagnostic |
Outils de diagnostic approprié | |||||||
| Outils de diagnostic correctement utilisé | ||||||||
| Lien de causalité entre les interventions, lien entre outils choisis et la performance évaluée, interaction interfactorielle. | ||||||||
Qualité de l’interprétation des résultats |
Mesure les écarts entre attendu et réalisé (rendement, sécurité au travail, maladie, qualité…), proposition de remplacement ou d’amélioration. | |||||||
| Proposition d’amélioration du processus de production viticole, vinicole ou mise en place d’une stratégie d’efficience | ||||||||
| Cohérence entre la proposition et le contexte interne et externe de l’entreprise |
CCF EIL
Capacité C2.3 module EIL
Épreuve :
L’épreuve se déroule sous forme d’un oral (15 minutes de présentation, 15 minutes de questions). L’épreuve aura pour but d’analyser la capacité des apprenants à s’adapter à des enjeux ou à des contextes particuliers. Lors de cette épreuve, les apprenants devront proposer un projet oenotouristique s’inscrivant dans la Côte des Bar, et ayant pour but de faire rayonner cette dernière notamment via la mise en avant de son terroir unique.
Cette oral devra s’appuyer sur un support visuel obligatoire au choix de l’étudiant.
Cette épreuve s’axera autour de deux parties principales. Une première partie qui présentera le terroir dans lequel évolue l’entreprise où s’effectuera le projet oenotouristique, une présentation rapide de l’entreprise (histoire qui pourrait servir un côté marketing type storytelling, très important quand on parle d’oenotourisme), les activités principales et secondaires (si il y en a) de l’entreprise, les canaux de distributions, la part de vente au national et à l’export (avec les 5 principaux pays par exemple), les réseaux dont elle fait partie ainsi que les moyens de communication dont elles dispose actuellement. Tout ceci devra déboucher sur une analyse stratégique de l’entreprise et du marché (SWOT, PESTEL, 4P, 5 forces de Porter, 7S ou autre outil de leur choix).
Cette analyse de la stratégie de l’entreprise et de son contexte devra déboucher sur un projet oenotouristique répondant à un besoin, à une opportunité, à une menace, ou une carence de l’entreprise.
Pour la création de son projet, l’apprenant devra respecter les bases du droit de l'événementiel et respecter les règles basiques de l’organisation d'événement oenotouristique.
Il devra aussi prévoir un plan marketing, c'est-à-dire, commercialisation du produit événementiel, avec un plan de communication, une stratégie marketing et commerciale (personas…), un rétroplanning par exemple.
Il devra ancrer son projet dans la Côte des Bar via la participation des acteurs locaux, où la création d’évènements incluant des acteurs locaux (Cap’c, Office de Tourisme de Bar sur Seine…)
Il devra prévoir les supports de communication (bandeaux pour les réseaux sociaux, flyer, PLV, cartons d’invitation…) qu’il présentera soit sur son support visuel, soit en physique, directement aux membres du jury. Pour cela, il utilisera des outils de graphisme simples (CANVA, IA ou autres…).
Enfin, en cas d’inauguration, de pique-nique, ou de dégustation en tout genre, il devra faire appel à ses connaissances pour proposer une mise en place (choix des vins, verres, température, conditions ambiantes) et un accord met et vin si possible.
Il faudra aussi présenter un budget prévisionnel ainsi que la partie logistique chiffrée.
Grille d’évaluation Jury - CCF EIL du 24/03/2026 BTSA VO2 Bar Sur Seine
Nom: Prénom:
Capacité évaluée : C2.3 S’adapter à des enjeux ou des contextes particuliers |
Critère | Réponse souhaitée | -- | - | -/+ | + | ++ | Note | Commentaire | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Mise en oeuvre d’une analyse réflexive personnelle | Objectif 2 : Géologie Pédologie |
Capable de répondre à une question sur le terroir de la côte des bars (type de sol majoritaire par exemple), et son impact ou comment se sont formés les sols de la Champagne | 0 | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | |||
| Objectif 3 : Droit de l'événementiel | Le projet respecte les normes d’organisation d’un événement, et la communication se fait dans les limites prévues par la Loi Evin | 0 | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | ||||
| Objectif 4 : Théorie de l’Oenotourisme | Capable de définir l’Oenotourisme, et de donner des exemples de produits oenotouristiques (visite de cave, itinérance, balade et rando, fêtes et evenement, tourisme d’affaire | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | ||||
| Objectif 5 : Stratégie et Marketing | Swot bien réalisé qui induit la problématique et donc le projet mis en place pour y répondre Marketing défini, personas définis, |
0 | 1 | 2 | 3 | 4 | ||||
| Objectif 6 : Communication de l’Oenotourisme | Moyen de communication utilisé, adéquation aux personas définis, Cohérence au projet et au budget, faisabilité, modélisation des moyens de communication | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | ||||
| Objectif 8 : Gestion de projet | Qualité et cohérence du projet Approche financière et réalisme économique du projet Complétude des informations et des éléments |
0 | 1 | 2 | 3 | 4 | ||||
| Commentaire Général : | Note Finale : | |||||||||
Note de service DGER/SDES/2022-79, 28/01/2022
Direction générale de l'enseignement et de la recherche – Service de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation – Sous-direction de l'enseignement supérieur – Bureau des formations de l'enseignement supérieur
Date de mise en application : 01/09/2022
Diffusion : Tout public
Cette instruction abroge : DGER/SDESR/N2009-2125 du 15/12/2009 : Définition des épreuves et des modalités d'évaluation du BTSA option " Viticulture-Œnologie " (VO).
Cette instruction ne modifie aucune instruction.
Cette épreuve évalue les capacités du bloc de compétences 7. : Proposer une stratégie de production vitivinicole.
| Capacités évaluées | Critères d’évaluation |
|---|---|
| C7.1. Evaluer une stratégie de production |
|
| C7.2. Proposer une évolution du système de production de l’entreprise |
|
Cette épreuve ponctuelle terminale orale individuelle s’appuie sur un dossier et une fiche de synthèse produits par le candidat.
L’épreuve évalue les démarches scientifiques et techniques mises en œuvre par le candidat pour traiter une problématique technico-économique vécue dans l’organisation ou l’entreprise du secteur vitivinicole dans laquelle il a réalisé une ou plusieurs périodes de formation (en stage ou en apprentissage). Le terme problématique doit être entendu au sens large (situation problème, questionnement, projet…).
La problématique traitée a une relation étroite avec le référentiel d’activités et les situations professionnelles significatives du champ de compétences « Pilotage stratégique de la production ».
Le candidat est évalué sur sa capacité à répondre à une problématique vitivinicole relevant de la stratégie de production.
Les réponses apportées ne peuvent être abordées de manière exclusivement bibliographique. Elles nécessitent la mise en place et la justification, au niveau BTSA, d’une véritable méthodologie de résolution du problème.
Les éléments de méthodologie et les évolutions proposées doivent être en accord avec le fonctionnement et les valeurs de l’organisation ou entreprise concernée. L’ensemble des dimensions de la durabilité est exploré par le candidat.
En accord avec le descriptif ci-dessus, le dossier de 15 pages maximum annexes comprises, traite d’une problématique technico-économique vécue par le candidat dans une organisation ou une entreprise dans laquelle il a effectué une ou plusieurs périodes de formation (stage ou apprentissage).
Dans le dossier sont notamment présents :
La fiche de synthèse de deux pages A4 maximum présente les points essentiels de l’étude : contexte, problématique, évaluation du système initial, proposition d’évolution du système de production actuel.
Le dossier et deux exemplaires de la fiche de synthèse sont transmis à un seul des deux évaluateurs, selon les modalités communiquées par l’autorité académique. Lors de l’harmonisation de l’épreuve, le second évaluateur prendra connaissance du contenu de la fiche. Tout candidat n’ayant pas transmis son dossier et les fiches ne sera pas autorisé à présenter l’épreuve E7. Le candidat sera alors considéré comme non évaluable à l’épreuve.
L’oral, d’une durée de 30 minutes comprend respectivement :
L’usage d’un support de communication sous format papier ou numérique (PDF sur clé USB avec copie papier en secours) est autorisé pour l’épreuve E7. La salle d’examen est équipée d’un tableau, d’un vidéoprojecteur et d’un ordinateur.
L’évaluation est réalisée à l’aide de la grille d’évaluation présente en annexe 1, par deux évaluateurs : un enseignant/formateur en viticulture-œnologie et un enseignant/formateur en sciences économiques sociales de gestion (SESG-GE) intervenant dans la spécialité.
Cette épreuve évalue les trois capacités du bloc de compétences 8 :
Accompagner le changement technique.
| Capacités évaluées | Critères d’évaluation |
|---|---|
| C8.1. Formaliser un plan d’action en faveur du changement technique |
|
| C8.2. Produire des références techniques |
|
| C8.3. Formuler des conseils |
|
Cette épreuve ponctuelle terminale orale individuelle s’appuie sur deux fiches produites par le candidat à partir de situations professionnelles impliquant un processus de changement technique qu’il a vécues durant sa formation de niveau 5. Ce processus de changement technique n’est pas piloté par le candidat mais il y participe en qualité d’acteur. Ce processus est piloté par un/des animateur(s) de projet et peut impliquer une ou plusieurs organisation(s) ou entreprise(s) du secteur vitivinicole. Tout processus de changement technique quel que soit son état d’avancement, est recevable. Il peut concerner le secteur viticole, vinicole ou vitivinicole.
Les deux fiches, de deux pages A4 maximum chacune, s’appuient sur une/des expérience(s) vécue(s) par le candidat. Une fiche porte sur la production de références techniques, l’autre porte sur la formulation de conseils en vue d’éclairer des prises de décision dans un contexte d’accompagnement du changement technique. La dimension agroécologique est obligatoirement impliquée dans les fiches présentées par le candidat.
Pour la production de références, le candidat mobilise la méthodologie de son choix : expérimentation factorielle, essai système, enquête, travail bibliographique.... Si nécessaire, la fiche sur la production de références techniques peut comprendre une annexe.
Pour la situation sur la formulation de conseils, le candidat peut adopter la posture “d’observateur éclairé”.
Les deux situations, c’est-à-dire la production de références techniques d’une part et la formulation de conseils d’autre part, s’intègrent :
Le processus de changement technique impliqué est mis en évidence dans chacune des deux fiches. Elles présentent a minima la problématique accompagnée et les éléments clés de la méthodologie d’accompagnement dans laquelle la production de références techniques et la formulation de conseils s’inscrivent.
Les fiches, nominatives, sont remises en trois exemplaires par le candidat aux évaluateurs lors de son entrée dans la salle d’évaluation. Les évaluateurs disposent d’un temps de prise de connaissance de 10 minutes avant le passage du candidat. Tout candidat qui ne fournit pas de fiche aux évaluateurs ne peut prétendre présenter l’E8.Il sera considéré comme absent- non évaluable. Cette mention sera portée au procès-verbal.
L’oral, d’une durée de 40 minutes comprend respectivement :
Seules les fiches du candidat, en impression papier en format A4 peuvent être utilisées en qualité de support de communication pour l’épreuve E8.
L’évaluation est réalisée à l’aide de la grille d’évaluation présente en annexe 2, par trois évaluateurs : un enseignant/formateur de sciences et
techniques de la vigne et du vin, un professionnel du secteur vitivinicole et un enseignant/formateur de mathématiques ou à défaut :
L’absence du professionnel ne peut rendre opposable la validité de l’évaluation.
🔍 Touche une grille pour l’agrandir, touche-la encore pour revenir.
Une grille d’évaluation est construite pour chaque capacité à évaluer.
Le choix des critères d’évaluation retenus est adapté aux expériences professionnelles, support de l’analyse du candidat.
Les critères sont précisés par des indicateurs : c'est ce qui doit être regardé pour évaluer le degré de maîtrise du critère. Comme leur nom l'indique, ils sont indicatifs et éventuellement non exhaustifs. A ce titre, ils sont mobilisés au regard de la situation effective d’évaluation.



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Texte repris du PDF officiel de 35 pages (Direction générale de l’enseignement et de la recherche, ministère de l’Agriculture). En cas de doute, c’est le PDF qui fait foi.
Webinaire du lundi 27 novembre 2023 consacré aux épreuves E7 et E8 du BTSA Viticulture-Œnologie : cadre réglementaire, supports, évaluation orale, lecture de la grille et exemples.
Fichier PDF de 42 pages (1,3 Mo).
FAQ suite au Webinaire E7-E8 du 27 novembre 2023
Important : L'appropriation de la Note de service (NS) DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022 et du référentiel de diplôme est indispensable pour former et évaluer les candidats.
Réponses aux questions posées par les participants lors du webinaire du 27 novembre 2023
Est-il possible de faire une analyse comparative de plusieurs pistes pour répondre à la problématique ?
Oui c’est possible. La méthodologie est à l’initiative du candidat. Il doit répondre aux capacités et aux critères de la grille d’évaluation. Ces éléments de cadrage ainsi que les attendus de l’épreuve décrits dans la note de service DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022 constituent des guides pour la préparation de l’épreuve.
Pour l’exemple 1 du webinaire, faut-il expliquer pourquoi l’entreprise est passée aux IGP ?
Rappel de l’exemple 1 : L'entreprise a choisi dans sa stratégie de ne plus produire d'AOP mais des IGP. Prendre alors l'itinéraire de production d’IGP. Il a alors été mis en lumière que le choix de l'IGP implique l'atteinte de rendements de 80 hL/ha au lieu des 60 hL/ha en AOP. Indicateurs possibles : rendements (voir les déclarations de récolte) sont-ils atteints ? Pour ce faire, ils ont dû utiliser plus d’engrais : unités N/ha, plus de remplacements de ceps (nombre de ceps achetés...), heures de travail supplémentaires dans les vignes, évolution des arrêts de travail…
Oui, dans cet exemple cela fait partie de la contextualisation. Les axes développés dépendent de la problématique retenue.
Dans cette étude, il n’y a plus d’expérimentation, ce serait une étude bibliographique ?
Attention, dans la E7 il n’y a pas d'expérimentation (cf. note de service DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022L’exemple est pour un BTSA TC et non VO ?
L’exemple n’a pas vocation à se suffire à lui-même. Il n’est pas un modèle et ne dit rien de la manière de le traiter. La finalité pour l’entreprise peut être commerciale si cela impacte la production. L’étude doit être technique (cf. note de service DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022). Pour autant, des marqueurs commerciaux peuvent être retenus.
Une problématique main d'œuvre est-elle envisageable ?
Oui, c’est possible mais il faut que la stratégie visée soit large. En effet, il faut explorer la durabilité suivant ses trois piliers (pas forcément tous avec le même poids cependant). Extrait de la NS DGER/SDES/2022-79 page 6 : “L’ensemble des dimensions de la durabilité est exploré par le candidat.”
Les équipes peuvent s’emparer de la grille d’évaluation et du descriptif des attendus de l’épreuve construire une grille qui répondrait à la question : quelles sont les conditions à remplir pour qu’une problématique soit recevable en E7 du BTSA VO ?
Le dossier doit forcément s’appuyer sur le lieu de stage ou bien peut-il s’appuyer sur l’entreprise personnelle de l’apprenant ?
La NS DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022 est explicite à ce sujet : “L’épreuve évalue les démarches scientifiques et techniques mises en œuvre par le candidat pour traiter une problématique technico-économique vécue dans l’organisation ou l’entreprise du secteur vitivinicole dans laquelle il a réalisé une ou plusieurs périodes de formation (en stage ou en apprentissage). “ (extrait du paragraphe “descriptif de l’épreuve”).
Pour l'E7 si on résume, on part d'une problématique qu'on contextualise, on analyse ensuite l'existant et on l'évalue par rapport à notre problématique ?
Il faut contextualiser, déterminer une stratégie technique à évaluer en mobilisant des indicateurs pertinents, puis proposer des évolutions suite au diagnostic établi. On évalue le système vitivinicole (cf DA thématique pour cerner le contour de ce système) dans son contexte. Il faut également faire des propositions d’évolution du système vitivinicole pour répondre à la problématique.
La présentation PTT du candidat n’est-elle plus obligatoire ?
Pour l’épreuve E7 le PPT est autorisé, ce qui ne veut pas dire qu’il est obligatoire. “L’usage d’un support de communication sous format papier ou numérique (PDF sur clé USB avec copie papier en secours) est autorisé pour l’épreuve E7. La salle d’examen est équipée d’un tableau, d’un vidéoprojecteur et d’un ordinateur.” extrait de la NS DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022.
(Attention, ce n’est pas possible pour l’E8).
Les pages, les fiches de synthèse sont-elles comprises ?
Non, il faut se référer à la NS DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022.
Y-a-t-il des critères de mise en page ?
Non, il faut se référer à la NS DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022.
Pages de gauche du dossier ?
Pas de recto verso possible dans le dossier.
Durée de l’oral et nombre de pages limités mais non évalué ?
Tous ces critères sont dans la NS DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022. Le jury note un ensemble, en se référant à la grille d’évaluation (capacités et critères).
Date d’envoi du dossier ?
Pour la session de juin 2024, le 13 mai 2024 est la date de remise à l’établissement pour les élèves scolarisés, 14 mai pour les autres. Ces dates d’envoi seront précisées chaque année par les MIREX par voie de note de service.
Les grilles d’évaluation existent elles déjà ?
Oui à la fin de la note la note de service DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022.
Le dossier de 15 pages est-il évalué ? Y-a-t-il une répartition des points entre l’écrit et l’oral ?
Les critères sont évalués au travers de l’écrit et de l’oral, c’est une approche capacitaire. Ce qui n’est pas trouvé à l’écrit ou dans le temps de présentation du candidat doit être questionné à l’oral lors de l’entretien.
Comment évaluer le candidat si la consigne de nombre de pages n’est pas respectée ?
Dès lors que le dossier et l’oral répondent aux critères de la grille, le nombre de pages n’est pas un critère. Pour réaliser la notation, le jury va s’appuyer sur les capacités et les critères. C’est une notation d’ensemble qu’il réalise. Le nombre de pages autorisé est pour le candidat un repère à respecter qui permet de répondre aux attentes de l’épreuve.
Est-il possible de produire et diffuser un vrai rapport (en exemple) afin de bien comprendre le niveau de détail attendu sur chaque rubrique ?
Non car il y a autant de manières de produire un rapport que de candidat, de problématique, d’entreprise support, de système vitivinicole, de contexte, d’axes développés par le candidat… Proposer un rapport type reviendrait à figer un modèle ce qui est contre-productif dans une approche contextualisée, au même titre qu’un plan type.
Quelle sera la composition des jurys E7 E8 ? Est-il possible que les enseignants et formateurs issus des formations semestrialisées soient convoqués ?
Oui, tous les enseignants et formateurs peuvent être amenés à être évaluateur qu’ils soient issus d’une formation semestrialisée ou non. En outre, ce temps d’évaluation est aussi un temps d’acculturation aux attendus des capacités du bloc de compétences et peut à ce titre nourrir la réflexion des enseignants et formateurs qu’ils enseignent en formation semestrialisée ou pas.
Il n’y a plus de cours de comptabilité à proprement parler, comment faire référence au bilan et compte de résultat ? Comment faire une vraie analyse économique ?
On peut travailler (en pluri par exemple) les SIG ou tout indicateur économique mobilisable pour évaluer la stratégie. Il est possible d’étudier le bilan et le compte de résultats avec les principaux ratios mais sans entrer dans le détail. Il est possible de faire une analyse économique et financière avec seulement quelques ratios. L'objectif est que l’apprenant fasse la relation entre la partie technique et les parties économique et financière. La préparation aux capacités visées permet de travailler des contenus relevant de la comptabilité, dans une approche capacitaire, contextualisée.
Comment fait-on quand les entreprises ne souhaitent pas transmettre les données économiques ?
C’est une obligation de l’entreprise de stage ou d’apprentissage. Un maître de stage ou un maître d’apprentissage a aussi une responsabilité en termes de préparation aux examens. En cas de refus, l’apprenant peut néanmoins s’appuyer sur des données d’exploitations similaires (données bibliographiques sur ce point particulier, approche et/ou reconstitution des données à partir de références...).
Est-il nécessaire de faire une étude AGEA ?
L’AGEA n’est pas obligatoire. C’est un outil qui peut être mobilisé au service d’un questionnement. L’AGEA reste donc un outil et n’est pas une fin en soi. L’AGEA peut donner une méthodologie pour déterminer les finalités, les objectifs… et être une ressource pour des indicateurs mobilisables en E7. La vision prospective et stratégique doit être aussi outillée.
Question sur la notion de système : quel est le niveau de zoom à donner à une problématique ?
cf. DA thématique ressources.
Pour l’E7, c’est une stratégie globale qui est travaillée suivant une approche systémique (ex : respecter la réglementation en termes environnemental) et non un “point de détail” appartenant à cette stratégie (par ex, dans cet esprit, “la [seule] baisse de la fertilisation azotée”).
Est-ce que la thématique peut être la même en E7 et E8 ? Le même sujet ? (ex : mise en place de l’enherbement?)
Le support entreprise ou collectif d’acteurs peut être le même mais l’E7 traite du pilotage stratégique du système vitivinicole alors que l’E8 traite de l'accompagnement du changement technique. En E7= le quoi (quelles solutions ?) et en E8 = le comment (le chemin, les actions ponctuelles, l’analyse des freins…).
Exemple autour de la diminution des coûts de production…diminution des charges énergétiques en cave + gestion de l’eau.
En E7, le candidat évalue (indicateur : consommation de l’eau en cave, facture gaz, électricité) et on propose de façon globale des solutions.
En E8, le candidat peut zoomer sur des pratiques d’hygiène visant à réduire l’utilisation de l’eau pour répondre à la capcité C 8.2 en mettant en place un essai ou une collecte de données brutes autour de nouvelles techniques : vapeur / ozone…).
Si l'étudiant choisit la même problématique pour E7 et E8, la contextualisation sera identique. Est-ce un problème pour l'évaluation ?
Le terme de problématique est propre à l’E7. Si la question porte sur le support, non aucun problème, si le candidat a le même support entreprise ou collectif d’acteurs. Attention dans l'analyse de contexte, le candidat doit sélectionner les éléments en lien avec la C7 pour l’E7 et avec la C8 pour l’E8. D’ailleurs dans la vraie vie, les deux sont liés : personne ne recherche des solutions (E7) en dehors d’une démarche de changement (E8) ce qui montre bien que le même support est possible. Les évaluateurs sont différents pour chacune des deux épreuves.
Est-ce que la 8.1 n’est pas redondante avec les 2 autres ?
Non : la 8.2 = traitement de données ; la 8.3 = le média utilisé pour valoriser les résultats… ; la 8.1 = le plan d’action (le cadre général et le méthodologie globale) cf critères d’évaluation.
Est-ce que le 8.2 doit obligatoirement être en lien avec le 8.1 et le 8.3 ?
cf. NS DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022 “Les deux situations, c’est-à-dire la production de références techniques d’une part et la formulation de conseils d’autre part, s’intègrent :
- soit dans un même plan d’action (ou processus d’accompagnement) pour un même changement technique,
- soit dans deux plans différents pour un même changement technique,
- soit dans deux changements techniques différents.”
Extrait du paragraphe fiches.
L'E 8 est-elle obligatoirement en lien avec un problème agroécologique ?
L’extrait de la NS DGER/SDES/2022-79, page 7 : “La dimension agroécologique est obligatoirement impliquée dans les fiches présentées par le candidat.”
Un protocole d’expérimentation est-il recommandé ou pas obligatoire ?
L’expérimentation n’est pas obligatoire, les résultats peuvent être bibliographiques, dès lors qu’il y a traitement de données et démarche expérimentale.
cf NS DGER/SDES/2022-79 et DA thématique de mathématiques
Une analyse statistique est-elle recommandée ou pas obligatoire ? Comment faire des statistiques à partir d’une bibliographique ?
Les statistiques ne sont pas obligatoires. C’est un travail sur les données qui est attendu. cf grille d’évaluation.
L’étudiant ne traite que des données bibliographiques ?
Un travail sur les données est attendu, que ces données soient bibliographiques ou issues d’une expérimentation conduite par le candidat. C’est possible que les données soient purement bibliographiques mais il faut impérativement contextualiser ces données brutes pour qu'elles deviennent des références et qu’elles soient éventuellement utilisables pour l'entreprise. Le travail sur les données réalisé par le candidat doit lui permettre de tester la fiabilité et la robustesse des données mais aussi le transfert possible dans la situation de son entreprise. (cf DA M8 pour identifier la différence entre des données et des références).
Quelle est la rigueur scientifique dans cette démarche ? Quelle validité scientifique ?
Cf NS DGER/SDES/2022-79. Il faut que le candidat démontre ses compétences en termes de conduite expérimentale (démarche expérimentale) et de traitement de données. Si les données sont bibliographiques, il doit être en mesure d’expliquer comment elles ont été obtenues, quel traitement mathématique elles ont ou devraient avoir subi, quelles sont les conditions expérimentales qui ont permis l’obtention de ces données, quelles sont les limites ou le périmètre de validité de ces données, etc.
Comment prendre du recul si dans les essais il n’y a pas de témoin ? Pour une expérimentation en viticulture, le témoin n’est-il pas indispensable ?
Identifier les fragilités ou pas liées au manque de témoin (et quel type de témoin ? pour comparer ou pas à quelles références ?) mais aussi les raisons de l’absence d’un témoin sont déjà une partie de l’analyse réflexive. Pas de témoin n’est pas synonyme de manque de rigueur. Dans les expérimentations système par exemple, il n’y a pas de témoin à proprement parler pour autant, la prise de recul est possible (https://ecophytopic.fr/sites/default/files/upload-documents-entity-import-csv/2017_Guide_experimentateur_systeme_Havard_et_al_version_numerique1.pdf). Des dires d’expert peuvent se substituer à un témoin et on peut citer bien d’autres situations où un témoin non traité par exemple n’a pas de sens. Il est de toute façon assez rare qu’une exploitation (voire les instituts techniques…) réalise des expérimentations en multipliant les modalités (car problème de cuverie, problème d’approvisionnement de raisins…).
Le média est au choix du candidat. Il cherchera le média qui est le plus en accord avec la manière de penser et de décider de celui qu’il accompagne Si celui-ci a besoin de “voir” que telle technique peut donner des résultats et le convaincre d’avancer, l’apprenant choisira le média “mise en place d’un essai simple”, parfois “avec les moyens du bord”, sans avoir forcément deux modalités par exemple.
Comment les données brutes sont-elles mises à l’épreuve du contexte ?
Il faut trouver des éléments de comparaison fiables : terroir, cépage, pratiques culturales et analyser (analyse réflexive) la robustesse des données dans le cas étudié.
Comment évaluer la pertinence des références utilisées si elles ne peuvent pas être présentées ?
Il est possible que le candidat attache une annexe à la fiche production de références : “ la fiche sur la production de références techniques peut comprendre une annexe” Extrait de la NS DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022.
Le jour de l’oral, évaluateurs et candidat disposent de ces fiches.
Certains auraient pu faire des expérimentations mais on leur a dit que ce n'étaient pas forcément nécessaire. Il y aura des inégalités ?
Les expérimentations ne sont pas obligatoires, donc si les données bibliographiques sont solides, pas de problème. C’est la NS DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022 qui fait foi.
Et si l’entreprise n’a pas de plan d’action défini, notamment dans le cas d’une petite structure ?
Le plan d’actions ne doit pas obligatoirement relever de l’entreprise. Elle s’inscrit dans la réglementation, dans un territoire, dans un questionnement, parfois le plan d’action n’est pas formalisé, c’est au candidat de le faire émerger.
Les fiches sont justes support d’évaluation, elles ne rentrent en aucun cas dans la notation ?
L’épreuve est évaluée par capacité au travers de ces fiches et de la prestation orale du candidat.
Ne sont-elles pas envoyées avant aux examinateurs pour avoir le temps d'analyser le traitement des données brutes ?
Extrait de la NS DGER/SDES/2022-79 : “Les fiches, nominatives, sont remises en trois exemplaires par le candidat aux évaluateurs lors de son entrée dans la salle d’évaluation. Les évaluateurs disposent d’un temps de prise de connaissance de 10 minutes avant le passage du candidat.”
2 fiches A4 sont demandées, beaucoup de synthèse... Quelle est la différence entre ces 2 fiches ? (analyse et plan d’action dans la 1ère et proposition et résultat dans l’autre)
Cf NS DGER/SDES/2022-79 : “Une fiche porte sur la production de références techniques, l’autre porte sur la formulation de conseils en vue d’éclairer des prises de décision dans un contexte d’accompagnement du changement technique.” Les deux fiches contiennent des éléments de contexte relatifs à l’entreprise, la stratégie de changement, le plan d’actions. L’apprenant présente le média qu’il a retenu pour convaincre, éclairer la décision, ainsi que les limites ou freins rencontrés.
Le candidat aura-t-il la possibilité d’avoir un support numérique pour son oral ?
“Seules les fiches du candidat, en impression papier en format A4 peuvent être utilisées en qualité de support de communication pour l’épreuve E8.” cf NS DGER/SDES/2022-79
Les fiches qui sont en recto verso comptent bien pour 1 fiche ?
Le format est au choix du candidat pourvu que cela fasse maximum 2 A4 (exemple : 1 A3 ou 2 pages A4 ou 1 feuille recto verso A4).
Le candidat peut-il apporter des documents supplémentaires le jour de l’oral ?
Il peut apporter des annexes pour les données.
En semestrialisation nous ne sommes pas contraint par la forme ?
Non, cf DGER/SDES/2022-79. Il est donc possible de faire un support mais il ne peut pas être évalué en tant que tel sauf si la C3.3 est évaluée dans cette SE.
10 semaines de stage ne sont-elles pas peu d’expérience pour atteindre ce niveau ?
Ce n’est pas 10 mais 12 à 16 semaines dont 10 sur la scolarité pour les étudiants en formation initiale scolaire. Les équipes doivent intégrer que le stage est une modalité de formation et ce titre, il est très important qu’elles investissent l’annexe de stage pour les étudiants et l'explicitation du rôle de ces PFMP avec le maître d’apprentissage ou de stage.
Y aura-t-il un professionnel dans les jurys d’examen ?
Cf NS DGER/SDES/2022-79 du 28/01/2022 : Les professionnels ne sont présents qu’en E8.
Comment vont se passer les examens de cette première session, sachant que nous venons seulement d'avoir toutes ces informations ? Pour les étudiants qui passent en juin, c’est trop tard ?
La NS DGER/SDES/2022-79 est publique et a été publiée avant même que la formation ne débute (9 mois avant), les Sessions institutionnelles de lancement (SIL) et leurs productions en ligne sont disponibles sur chlorofil depuis 2022. Enfin, c’est la seule fois dans l'histoire des rénovations qu’il y a un tel webinaire.
Est-ce que l'on pourrait refaire une visio de synthèse après les épreuves terminales pour recadrer ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas ?
Cela n’est pas prévu, néanmoins il y aura un retour post CNCC en novembre 2024.
Le tourisme prend des formes très variées (loisirs, affaires, santé, culture…), ce qui rend cette activité difficile à définir simplement. La définition de référence est celle de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT, appelée ONU Tourisme depuis 2024) :
« Le tourisme comprend les activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs séjours dans des lieux situés en dehors de leur environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une année, à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs. »
On retient donc trois critères : un déplacement en dehors de son environnement habituel, une durée de moins d’un an, et un motif qui peut être personnel (loisirs) ou professionnel (affaires).
L’industrie touristique est organisée en cinq sous-secteurs, qui travaillent ensemble pour construire l’offre proposée au visiteur :
Hébergement : hôtels, auberges, gîtes, hôtellerie de plein air (campings), fermes-auberges, chambres d’hôtes, Airbnb…
Restauration : restaurants, tables d’hôtes, traiteurs, bars, boîtes de nuit…
Transport : compagnies aériennes, location de voitures, taxis, VTC, croisières, train, vélo…
Activités : œnotourisme, agrotourisme, ski, golf, tourisme d’aventure ou culturel, congrès, festivals, salons…
Services de voyages : privés (agences de voyages, voyagistes, tour-opérateurs, guides) ou institutionnels (offices de tourisme, CDT, CRT…).
On classe le tourisme selon la motivation principale du voyageur : tourisme d’affaires, de santé, d’agrément, scientifique, culturel, écologique ou sportif. L’œnotourisme se rattache surtout au tourisme culturel, puisqu’il repose sur la découverte d’un patrimoine et d’un savoir-faire.
Figure 1 : Les différents types de tourisme selon la motivation du voyageur
Le tourisme durable cherche à concilier trois dimensions : l’environnement (préserver les ressources naturelles et la biodiversité), le social (respecter les habitants et leur culture) et l’économie (apporter des retombées viables pour le territoire).
Figure 2 : Schéma du développement durable du tourisme
L’OMT précise que le tourisme durable ne doit pas oublier le visiteur :
« Le tourisme durable doit également maintenir un haut niveau de satisfaction des touristes et leur permettre de vivre des expériences intéressantes, en les sensibilisant aux problèmes de développement durable et en leur faisant mieux connaître les pratiques de tourisme durable. »
Pour un domaine viticole, c’est l’occasion de présenter ses pratiques pendant la visite : enherbement, biodiversité, certification environnementale (HVE, bio…), gestion de l’eau et des déchets.
Le projet européen VINTUR, à l’origine de la Charte européenne de l’œnotourisme, définit l’œnotourisme comme :
« La thématique des ressources et services touristiques d’intérêt, existants ou potentiels, dans une zone viticole. »
Une autre définition, plus centrée sur l’exploitation :
« Le tourisme vitivinicole a pour but la visite de la propriété afin de découvrir la culture du monde viticole, l’élaboration des vins, la dégustation des produits et l’acquisition commerciale de ces mêmes produits. »
Plus simplement, l’œnotourisme c’est la rencontre entre des exploitants viticoles et des touristes venus pour :
déguster,
acheter,
comprendre le vin et son environnement.
Le champ d’activités de l’œnotourisme comprend :
la visite de caves, de domaines, de châteaux et des Maisons des vins des appellations ;
l’itinérance, de type « route des vins » ;
les balades et randonnées dans les paysages viticoles ;
les fêtes, événements et activités autour du vin ;
le tourisme d’affaires (réunions suivies de dégustations…) ;
les prestations d’agritourisme chez les vignerons : chambres d’hôtes, camping à la ferme, table d’hôtes, cours de dégustation, de cuisine… ;
les visites de monuments, de musées de la vigne et du vin, des arts et traditions populaires locales, des paysages… ;
et toute autre offre alliant le monde du vin et celui du tourisme.
L’œnotourisme ne profite pas qu’aux vignerons, il développe tout le réseau des professionnels locaux :
l’hébergement : hôtels, campings, gîtes ;
les restaurants et les bars ;
les guides, les balades en voitures anciennes, à vélo, à cheval… ;
les autocaristes, les loueurs de voitures et de vélos ;
tous les commerces annexes : petits commerçants, marchés, moyenne et grande distribution locale.
Un visiteur venu pour le vin va dormir, manger, se déplacer et acheter sur place : c’est tout le territoire qui en profite.
En 2023, la France a accueilli environ 12 millions d’œnotouristes, qui ont réalisé 33,6 millions de visites dans les lieux dédiés au vin. Avec environ 10 000 caves ouvertes à la visite, l’œnotourisme est devenu une vraie activité économique : la fréquentation a augmenté en moyenne de 20 % depuis 2016 (+29 % pour les clientèles internationales). On compte 45 % de visiteurs étrangers (Britanniques, Belges et Américains en tête) et 5,4 milliards d’euros de dépenses, dont 1,8 milliard directement dans les activités œnotouristiques et 3,6 milliards en dépenses autour (hébergement, restauration, transports, culture) (Deloitte pour Atout France et Vin & Société, 2025).
Attention à ne pas confondre visiteurs et visites : un même œnotouriste visite en moyenne près de trois lieux pendant son séjour. Certains documents plus anciens parlent de « 12 millions de visites », ce qui n’est pas la même chose.
Plusieurs facteurs expliquent ce développement :
la crise économique, la COVID et la guerre ont favorisé le tourisme intérieur ;
l’instabilité de certains pays touristiques (pourtour méditerranéen, Maghreb, Europe de l’Est) pousse les touristes vers des pays plus stables comme la France.
La motivation des touristes a évolué vers :
des voyages à thème ;
une recherche d’identité, d’authenticité, de racines ;
un contact direct avec le producteur ;
un engouement pour les productions responsables ;
le désir de comprendre comment sont élaborés les produits que l’on consomme.
Le vin répond parfaitement à ces attentes : c’est un produit lié à un lieu, à une histoire et à des personnes.
Atouts :
environ 58 100 exploitations viticoles (2022), dont près de 10 000 caves ouvertes à la visite ;
des régions viticoles qui changent tous les 70 km environ ;
le contact direct avec le viticulteur ;
l’authenticité et une histoire différente dans chaque cave ;
des activités à taille humaine, intégrées dans leur environnement.
Faiblesses :
un accueil peu ou pas normalisé ;
une offre très disparate ;
des personnes à l’accueil peu formées (langues étrangères, techniques de vente…) ;
une logistique pas toujours de qualité (signalétique, horaires d’ouverture) ;
une offre parfois « artisanale » par rapport à l’Espagne, à l’Italie ou aux pays du Nouveau Monde.
D’après l’étude d’Atout France « Tourisme et vin » (2010), le visiteur type d’un domaine viticole en France est :
un homme (59 %) ;
français (61 %) ;
âgé d’environ 46 ans (un âge moyen stable depuis 2001) ;
de catégorie socioprofessionnelle élevée (CSP+), avec des revenus plutôt élevés ;
qui se déplace en voiture ;
en couple dans près de la moitié des cas, en famille (26 %) ou entre amis (22 %) ;
qui consomme régulièrement du vin (75 % au moins une fois par semaine).
Attention, ces chiffres datent de 2010 : la part de visiteurs étrangers est passée de 39 % à 45 % (voir 2.4). On voit aussi apparaître une clientèle plus jeune, de 20 à 25 ans.
Tous les visiteurs ne viennent pas chercher la même chose. L’étude d’Atout France (2010) distingue quatre grands profils, qui n’attendent pas le même lien avec le vigneron. Savoir les reconnaître permet d’adapter son discours.
Les épicuriens : 40 % des visiteurs
Ils recherchent la sollicitation des sens : plaisir, bien-être, importance de l’esthétique (40 % de visiteurs internationaux).
Fort pouvoir d’achat, consommateurs réguliers de vin.
Activités centrées sur le vin : 65 % viennent pour déguster et acheter, 50 % pour visiter des caves.
Lien avec le vigneron : mode « convivial ».
Les classiques : 24 % des visiteurs
Patrimoine, histoire, culture : le vin n’est pas le but de leur séjour. Ils apprécient les visites guidées du terroir.
Ils aiment les rencontres sur les marchés locaux et avec les artisans. 72 % sont français.
Leur consommation est moins régulière et les retombées économiques sont moindres.
Lien avec le vigneron : mode « social ».
Les explorateurs : 20 % des visiteurs
Le vin est pour eux une alchimie, une œuvre d’art. Ils cherchent à être initiés en petit comité aux secrets du vigneron.
Ils veulent dénicher des vignerons peu connus et ont des revenus légèrement supérieurs à la moyenne.
73 % sont des consommateurs réguliers, leur activité est centrée sur la dégustation, l’achat de vin et la gastronomie française.
Lien avec le vigneron : mode « amical ». Retombées économiques importantes.
Les experts : 16 % des visiteurs
Le vin est pour eux une science, un processus, un savoir-faire technique.
Leur motivation est d’entrer dans un cercle de connaisseurs. Forte proportion d’hommes, revenus inférieurs à la moyenne.
Consommateurs réguliers (71 %), ils font souvent des séjours dans les vignobles (environ 5 séjours sur les 5 dernières années). L’achat est un peu en retrait par rapport aux autres groupes.
Lien avec le vigneron : mode « pédagogique ».
Où vont les œnotouristes ?
D’après l’étude d’Atout France publiée en 2025 (données 2023), les 12 millions d’œnotouristes se répartissent ainsi selon le type de lieu visité :
exploitations viticoles et maisons de négoce : 82 % (environ 10 millions) ;
caves coopératives : 12 % (1,4 million) ;
musées et événements : 5 % ;
Maisons des vins : 1 %.
Un visiteur dépense en moyenne 72 € par visite (79 € chez un exploitant viticole). Pour les exploitants qui accueillent du public, les visiteurs représentent en moyenne 26 % du chiffre d’affaires : l’œnotourisme n’est donc pas un simple « plus », c’est une vraie source de revenus.
Quelles activités pratiquent-ils ?
Il n’existe pas aujourd’hui de chiffres nationaux récents sur les activités pratiquées. L’Observatoire des clientèles de Bourgogne-Franche-Comté Tourisme (2021-2023, 1 332 œnotouristes interrogés) donne une bonne idée des comportements :
dégustation de vins ou visite de cave : 85 % ;
restaurant gastronomique : 57 % ;
visite de villages viticoles : 55 % ;
balade dans le vignoble : 46 % ;
visite de lieux de production d’autres produits régionaux : 45 % ;
marchés du terroir : 37 % ;
événements liés au vin ou à la gastronomie : 22 % ;
stages d’œnologie ou lecture de paysage : environ 5 %.
Dans cette même enquête, les œnotouristes voyagent surtout en couple (54 %), dépensent en hébergement marchand environ 202 € par personne et par jour (contre 136 € pour l’ensemble des touristes) et donnent une note de 9 sur 10 à l’accueil des viticulteurs, mais seulement 7,3 sur 10 au prix des vins.
Ces chiffres concernent une seule région, et un vignoble très connu : à vous de chercher les données de l’observatoire de votre propre région (comité régional ou départemental du tourisme) pour les comparer.
Les études plus anciennes, de la fin des années 2000, donnaient déjà la même tendance : tous les visiteurs dégustent et la grande majorité visite la cave, alors que la visite des vignes, l’hébergement, les initiations œnologiques et les repas restent beaucoup moins développés. Ce sont autant d’opportunités pour se démarquer.
Figure 3 : Activités pratiquées par les visiteurs dans les exploitations viticoles (données de la fin des années 2000)
Une étude OpinionWay réalisée en février 2026 pour les Vignerons Indépendants de France (1 052 personnes représentatives des Français de 18 ans et plus) montre un fort potentiel encore peu exploité :
seuls 32 % des Français ont visité un domaine viticole au cours des trois dernières années ;
parmi ceux qui ne l’ont pas fait, environ un sur deux se dit intéressé par une visite dans les prochaines années ;
au total, 66 % des Français ont déjà pratiqué l’œnotourisme ou souhaitent le découvrir ;
76 % s’intéressent à des activités qui vont au-delà du seul univers du vin.
Ce qui attire les visiteurs :
La première attente est la rencontre avec le vigneron. Viennent ensuite la beauté du lieu, les visites en petit groupe, les formules tout compris et la réputation du domaine. Les activités jugées les plus attractives mêlent découverte, gastronomie, immersion et rencontre :
la visite du chai et de la cave ;
la dégustation ;
la découverte du vignoble ;
les expériences gourmandes ;
l’hébergement au domaine ;
la rencontre avec le vigneron.
Ce qui freine les visiteurs :
Le prix : des tarifs jugés trop élevés. OpinionWay invite à lire ce frein avec prudence : il traduit surtout une difficulté à percevoir la valeur de l’expérience proposée. Une offre qui donne envie fait souvent oublier le prix.
La peur de ne pas s’y connaître : beaucoup craignent de ne pas être assez connaisseurs pour profiter d’une visite ou d’une dégustation.
La réservation : devoir réserver longtemps à l’avance décourage les visiteurs qui décident au dernier moment.
Le manque d’informations : horaires, tarifs, contenu de la visite… quand l’information est introuvable ou floue, le visiteur va ailleurs.
L’accès : domaines éloignés, difficiles à trouver, sans transport ou mal signalés.
Comment les Français choisissent un domaine :
Ils s’appuient d’abord sur les moteurs de recherche, puis sur les recommandations de leurs proches, les offices de tourisme et les avis en ligne. La visibilité sur internet, la réservation en ligne et des informations claires sont donc indispensables (voir partie 8.1).
Ce qu’il faut en retenir pour construire son projet :
mettre en avant la rencontre avec le vigneron, qui est la première attente ;
rassurer les débutants : une offre accessible, ludique, sans jargon, où l’on a le droit de « ne pas s’y connaître » ;
justifier son prix en expliquant clairement ce que comprend l’expérience (durée, nombre de vins, collation, rencontre…) ;
proposer des créneaux souples et une réservation simple, en ligne ;
soigner sa présence sur internet (fiche Google, site, réseaux sociaux, avis) et son accès (signalétique, itinéraire).
Ces freins sont aussi un bon point de départ pour remplir la rubrique « freins » de vos personas (voir 4.8) et la case « faiblesses » de votre SWOT.
Un projet œnotouristique naît de la rencontre entre la demande des touristes en milieu rural (cadre préservé, paysages, culture, produits du terroir) et l’offre de l’exploitation agricole (aménités environnementales, manifestations rurales, services agritouristiques et produits agricoles).
Figure 4 : Rencontre entre la demande touristique de ruralité et l’offre agricole
Les raisons de se lancer dans l’œnotourisme sont nombreuses :
améliorer la notoriété ;
augmenter le chiffre d’affaires ;
améliorer l’image de l’exploitation ;
fidéliser la clientèle ;
préserver le patrimoine, restaurer les bâtiments destinés à l’accueil du public ;
créer une activité supplémentaire sur l’exploitation ;
donner une activité à un membre de la famille ;
adhérer à une démarche collective (label, route des vins…).
Localisation : position du domaine par rapport aux flux de visiteurs potentiels (axes routiers, sites touristiques et culturels, agglomérations…).
Attrait de la propriété : charme, originalité, intérêt historique ou technique…
Espaces disponibles : surfaces extérieures ou couvertes, exploitables et aménageables pour accueillir du public.
Diversification : possibilité et envie de développer et vendre d’autres produits (épicerie fine, produits dérivés, petite restauration…).
La matrice SWOT (ou FFOM en français) permet de faire le diagnostic de l’entreprise. Elle croise les éléments internes à l’entreprise (qu’elle maîtrise) et les éléments externes (son environnement, qu’elle ne maîtrise pas), qu’ils soient favorables ou défavorables :
Strengths (forces) : ce que le domaine fait bien ;
Weaknesses (faiblesses) : ce qui lui manque ;
Opportunities (opportunités) : ce que l’environnement peut lui apporter ;
Threats (menaces) : ce qui peut lui nuire.
Figure 5 : La matrice SWOT
Exemple : une cave placée sur la Route touristique du Champagne (force) mais sans personne parlant anglais à l’accueil (faiblesse), dans une destination labellisée Vignobles & Découvertes (opportunité), face à la baisse de la consommation de vin (menace).
Un SWOT n’est pas une fin en soi : il doit faire ressortir un besoin, et c’est ce besoin qui justifie le projet. Pour passer de l’un à l’autre, on suit quatre étapes.
Étape 1 : remplir le SWOT avec des faits
Chaque case doit contenir des éléments vérifiables (chiffres de vente, avis clients, fréquentation, données de l’office de tourisme…) et non des impressions. On s’appuie sur ce qu’on a appris de l’entreprise et de son territoire.
Étape 2 : hiérarchiser
On ne garde que les deux ou trois éléments les plus importants par case. Un SWOT de quarante lignes ne fait ressortir aucune priorité.
Étape 3 : croiser les cases
C’est le croisement des éléments internes et externes qui fait apparaître les pistes de projet :
Forces + Opportunités : comment utiliser mes forces pour profiter d’une opportunité ? (stratégie offensive)
Faiblesses + Opportunités : comment une opportunité peut m’aider à corriger une faiblesse ?
Forces + Menaces : comment mes forces peuvent limiter une menace ?
Faiblesses + Menaces : quel est le risque le plus urgent à traiter ? (stratégie défensive)
Étape 4 : formuler la problématique
La problématique se rédige sous forme de question, qui reprend l’entreprise, le besoin identifié et l’objectif visé : « Comment [l’entreprise] peut-elle [répondre au besoin] afin de [atteindre l’objectif] ? ». Le projet œnotouristique est la réponse à cette question.
Exemple : un domaine de la Côte des Bar a un très beau point de vue sur ses vignes (force) mais une clientèle vieillissante qui achète de moins en moins (faiblesse). Le territoire attire de plus en plus de randonneurs et de cyclistes (opportunité). Problématique : « Comment le domaine peut-il valoriser ses paysages viticoles pour attirer une clientèle plus jeune et active, et renouveler sa clientèle ? ». Le projet pourrait être une balade vigneronne à vélo, avec une dégustation au milieu des vignes.
La problématique doit rester réaliste et à la mesure de l’entreprise : on ne propose pas un hôtel cinq étoiles à un domaine de trois hectares.
Le SWOT et le PESTEL ne sont pas les seuls outils d’analyse stratégique. D’autres méthodes existent, comme les 5 forces de Porter ou le modèle des 7S de McKinsey : à vous de vous renseigner si vous préférez les utiliser.
L’analyse PESTEL étudie l’environnement global de l’entreprise selon six familles de facteurs : politiques, économiques, sociaux, technologiques, écologiques et législatifs.
Figure 6 : L’analyse PESTEL
Appliquée à l’œnotourisme, on peut par exemple citer :
Politique : aides régionales au tourisme, soutien des collectivités ;
Économique : pouvoir d’achat des visiteurs, coût des travaux d’aménagement ;
Social : baisse de la consommation de vin, recherche d’authenticité et d’expériences ;
Technologique : réservation en ligne, réseaux sociaux, visites virtuelles ;
Écologique : changement climatique, certifications HVE ou bio ;
Législatif : loi Évin, normes ERP et accessibilité, licences.
Marketing stratégique : sert à fixer les objectifs marketing (image de marque, augmentation du chiffre d’affaires, notoriété, crédibilité…).
Marketing opérationnel : fixe les actions et les moyens pour atteindre les objectifs du marketing stratégique. Au-delà de créer l’envie, il s’agit de créer un comportement (l’achat, la visite).
Marketing d’influence : c’est utiliser l’image de quelqu’un pour améliorer la sienne.
Marketing direct : téléphone, e-mailing, internet, SMS, réseaux sociaux… tous les moyens pour transformer l’intention d’achat en achat et lever le doute qui peut rester dans l’esprit du client.
Marketing relationnel : créer un lien entre le client et la marque pour lui montrer qu’on s’intéresse à lui (club, newsletter, invitations…).
Un persona est un portrait fictif mais réaliste d’un client type. Il permet de savoir précisément à qui l’on s’adresse, et donc de choisir les bonnes activités, le bon prix et les bons canaux de communication. Un projet qui s’adresse « à tout le monde » ne touche en général personne.
Où trouver les informations ?
auprès de l’entreprise : fichier clients, ventes au caveau, réservations, questions posées par les visiteurs ;
dans les avis en ligne (Google, TripAdvisor…) et les commentaires sur les réseaux sociaux ;
auprès de l’office de tourisme ou du CDT, qui ont des données sur la fréquentation du territoire ;
par un petit questionnaire ou des échanges avec les clients ;
dans les études sur les œnotouristes, comme les quatre profils vus en partie 3.3.
Ce que doit contenir un persona :
Identité : un prénom, un âge, une situation familiale, un lieu de vie (et éventuellement une photo) ;
Situation : profession, niveau de revenus, budget loisirs ;
Rapport au vin : fréquence de consommation, niveau de connaissance, profil (épicurien, classique, explorateur, expert) ;
Motivations : ce qu’il vient chercher (se détendre, apprendre, partager un moment, découvrir un terroir…) ;
Freins : ce qui pourrait l’empêcher de venir (prix, distance, peur de ne pas s’y connaître, enfants à occuper…) ;
Habitudes : quand et comment il voyage, avec qui, combien de temps ;
Canaux d’information : où il s’informe et comment le toucher (Instagram, Facebook, presse locale, office de tourisme, bouche-à-oreille…).
On se limite à deux ou trois personas par projet : un persona principal, pour qui le projet est conçu, et un ou deux secondaires.
Exemple de persona :
Claire, 34 ans, vit à Troyes avec son compagnon. Cadre dans une banque, elle a un bon pouvoir d’achat et sort souvent le week-end avec des amis. Elle boit du vin une à deux fois par semaine, sans être une spécialiste, et a parfois peur de « dire une bêtise » pendant une dégustation. Elle cherche des moments conviviaux et originaux, avec de belles photos à partager. Elle s’informe surtout sur Instagram et par ses amis. C’est une épicurienne : elle attend un lien convivial avec le vigneron.
Pour Claire, on proposera plutôt une activité courte et ludique en fin d’après-midi, avec un prix clair, réservable en ligne et mise en avant sur Instagram, qu’une dégustation technique de deux heures sur la vinification.
Le mix marketing regroupe les quatre leviers sur lesquels l’entreprise agit pour toucher sa cible : le Produit, la Place (distribution), le Prix et la Promotion (communication).
Figure 7 : Le mix marketing ou les 4 P
Produit :
L’objectif final du marketing produit est que le public cible achète le produit, encore et encore. Il faut pour cela :
réaliser des études de marché ;
analyser les concurrents ;
développer le positionnement du produit ;
créer la feuille de route du produit ;
développer l’identité visuelle et le ton de la communication ;
gérer les lancements de produits ;
attirer de nouveaux clients.
Place (distribution) :
Où sont vendus les produits ? Par quels circuits (GD, CHR, cavistes, vente directe) ?
Sur quels marchés (régional, national, export…) ?
Quelle politique de distribution, quel mode de vente (VRP, distributeurs…) ?
Quelles contraintes logistiques (stockage, transport…) ?
Quels moyens humains sont nécessaires ?
Prix :
Prix de détail, prix de gros, prix public, prix pro…
Promotions pour écouler des stocks.
Prix des services : visite, dégustation gratuite ou payante.
Objectif visé : prise de parts de marché, fidélisation, consolidation…
Prix d’appel ou gamme premium ?
Promotion (communication) :
C’est le choix de l’image, des messages et du type de marketing. La mise en place d’une stratégie de marketing digital passe par plusieurs étapes :
définir ses buyer personas (voir 4.8) ;
définir ses objectifs ;
choisir ses outils de marketing digital ;
évaluer les canaux existants et les ressources disponibles ;
évaluer et planifier le contenu interne (site web, réseaux sociaux…) ;
évaluer et planifier le contenu externe (notoriété, bouche-à-oreille, avis clients…) ;
évaluer et planifier les médias payants.
Attention, toute communication autour du vin doit respecter la loi Évin (voir chapitre 3).
Le business plan permet de définir précisément son projet œnotouristique :
Quelle est la finalité du projet ?
Quelles stratégies seront mises en œuvre : objectifs à moyen et long terme, cibles, moyens financiers et humains ?
Quelle rentabilité financière est espérée ?
Quels sont les objectifs chiffrés de cette nouvelle activité ?
Le business plan est complété par un tableau de bord qui fixe les objectifs par activité.
Quelles activités : visites, balades, dégustations, événements, vente de produits… ?
À quelle fréquence : en continu, à certaines périodes, uniquement le week-end ?
Seul ou avec des partenaires ?
Combien de personnes pour la mise en place, l’accueil, la gestion et l’entretien des activités ?
Quelle politique tarifaire ?
Quel statut fiscal et juridique pour l’activité touristique ?
Comment organiser la boutique : surface, aménagement, nombre et type de références… ?
Comment mettre en œuvre la stratégie de promotion et de commercialisation des produits et services ?
Le domaine est la vitrine de l’entreprise, tout ce que voit le visiteur participe à l’image des vins :
un domaine entretenu : fleuri, pelouse tondue, feuilles ramassées, parking balayé, vignes visitées bien palissées et complantées… ;
une signalétique claire et en parfait état, un bon éclairage ;
des horaires et jours d’ouverture affichés… et respectés ;
une boutique adaptée et bien pensée pour l’accueil du public.
Avant toute installation ou création d’un espace d’accueil, il est indispensable de se renseigner sur les normes :
accueil des personnes en situation de handicap, sécurité incendie, sorties de secours (réglementation des ERP, voir chapitre 2) ;
normes sanitaires, notamment si l’on sert des denrées alimentaires ;
assurances, licences (débit de boissons, organisateur de spectacles…).
Un éclairage adapté : suffisant mais pas éblouissant.
Un fond blanc, des murs blancs.
Des tables de différentes hauteurs pour les personnes en fauteuil ou qui préfèrent être assises. Une dégustation uniquement debout au comptoir n’est pas accessible à tous, une alternative doit être prévue.
Des crachoirs contrastés par rapport aux tables pour les personnes malvoyantes.
Un revêtement de sol lisse, non glissant et sans obstacle.
La marque d’État Tourisme & Handicap répond à la demande des personnes en situation de handicap qui veulent pouvoir choisir leurs vacances et leurs loisirs en toute liberté. Elle garantit un accueil efficace et adapté à leurs besoins. Les critères d’évaluation ont été élaborés ensemble par les professionnels du tourisme et les représentants des personnes handicapées.
Un accueil souriant, en allant vers les visiteurs, et en présentant les activités auxquelles ils peuvent participer.
La règle des 4 × 20 en commerce : les 20 premières secondes, les 20 premiers gestes, les 20 premiers mots et les 20 premiers centimètres. Le premier contact est aussi digital : un e-mail sans fautes et une signature complète et propre.
Un espace d’accueil en accord avec le domaine, l’exploitant et sa philosophie.
Des photos des étapes de l’élaboration, du raisin au vin, avec des éclairages de qualité. Éviter les présentations vieillies et défraîchies.
Des chaises et des bancs pour les personnes âgées ou handicapées, de l’eau, des toilettes accessibles et propres.
Des espaces d’accueil intérieurs et extérieurs toujours propres et convenablement chauffés.
Entrer en contact avec les visiteurs, engager la conversation, faire connaissance et évaluer leur niveau pour adapter son discours (voir les quatre profils, partie 3.3).
Expliquer le métier de vigneron, les étapes de la dégustation et les notions mal connues : terroir, tanins, sulfites… Savoir répondre aux questions fréquentes.
Raconter son histoire, celle de son vignoble : le storytelling.
Le storytelling donne un caractère authentique à la visite et fait rêver les visiteurs. Il peut s’appuyer sur des histoires réelles (le mythe du fondateur, la création de l’entreprise) ou sur des histoires imaginées autour de la marque ou du produit. Cette stratégie est très utilisée dans le secteur du luxe.
Rester toujours positif, même face aux problèmes : les visiteurs ont aussi les leurs.
Bien former la personne qui vous remplace, pour transmettre vos connaissances, votre expérience et votre philosophie.
Garantir des conditions de dégustation optimales : verres INAO (ou équivalents) propres, vins servis à bonne température, crachoirs, fiches de dégustation, fiches techniques, tarifs…
Prévoir un accueil spécifique pour les enfants afin d’attirer les familles : aire de jeux, coloriages, dégustation de jus de raisin, jeux d’arômes, participation à des événements (vendanges…).
Très prisée par les visiteurs, elle permet de parler du terroir et du travail de la vigne :
créer si possible un conservatoire des cépages de la région ;
encadrer soi-même le groupe si possible. Sinon, mettre en place une signalétique adaptée : nom des cépages, types de taille, âge des vignes, types de sols, aires de pique-nique… ;
prévoir une zone dédiée aux enfants : jeux, animations, éléments d’exposition pédagogiques.
C’est le rêve de tout amateur de vin.
Le chai à barriques est le lieu qui fait le plus rêver : organiser sa visite et soigner les éclairages.
La cuverie doit être accessible sans danger (tuyaux, pompes, filtres, sols humides…), propre, et la visite ne doit pas gêner les personnes qui y travaillent.
Prévoir un sens de visite.
Informer et former le personnel à la présence de visiteurs.
En dehors des festivités organisées par les appellations, elles permettent de se différencier de ses confrères. Il faut :
choisir la belle saison pour montrer les vignes (de mai à septembre) ;
planifier l’événement en évitant une date déjà prise par un confrère voisin.
Les « journées vendanges » :
participation réelle des visiteurs aux vendanges (sécateurs, paniers, comportes, mains colorées, mal au dos…) ;
participation active au pressurage, dégustation des jus, voire élaboration d’un assemblage à partir de vins finis.
Prestation payante ? L’éternel débat :
la dégustation destinée à la vente reste en principe gratuite ;
par contre, il paraît normal de faire payer une prestation qui demande de passer du temps avec les visiteurs pour expliquer, montrer, éduquer, écouter… et vendre (aujourd’hui, comptez souvent quelques euros pour une dégustation simple, parfois offerte en cas d’achat, et de 8 à 25 € pour une visite guidée avec dégustation) ;
une prestation payante implique en retour un accueil professionnel irréprochable.
Cours de dégustation ou de cuisine : selon le niveau technique de l’animateur, le temps disponible, les langues parlées et les installations (salle de dégustation, cuisine équipée…).
Location de salles : les domaines ont souvent des lieux de charme pour organiser des événements, séminaires, cocktails, mariages…
Restauration sur place : en complément des dégustations (planches de charcuterie et de fromages), restauration à la ferme ou restaurant intégré.
Le Château Castigno, dans le Languedoc, propose à travers sa Castigno Wine School une gamme de prestations qui monte en gamme selon la durée et le contenu, de la simple visite-dégustation au stage œnologique.

Figure 8 : Grille des prestations de découverte du Château Castigno (2018) 🔍 Touche la grille pour l’agrandir, touche-la encore pour revenir.

Figure 9 : Grille des stages et week-ends au Village Castigno (2018) 🔍 Touche la grille pour l’agrandir, touche-la encore pour revenir.
On voit bien la logique : plus la prestation demande de temps et d’implication du domaine, plus elle est valorisée.
Inauguration, pique-nique vigneron, soirée dégustation ou portes ouvertes : dès qu’un projet œnotouristique prévoit de servir du vin, le service doit être pensé à l’avance. C’est souvent le moment dont les visiteurs se souviennent le plus, et un vin mal servi gâche le travail de toute une année.
Le choix des vins dépend du moment, du public et de ce que l’on veut mettre en avant :
en apéritif ou en accueil, on privilégie un vin frais et facile : effervescent, blanc sec ou rosé ;
pour une dégustation commentée, on présente une gamme cohérente (trois à six vins), qui raconte quelque chose : un cépage, un terroir, des millésimes, des parcelles… ;
pour un repas, on choisit les vins en fonction des plats (voir 7.5) ;
on pense toujours à proposer des boissons sans alcool (jus de raisin, eau, softs) : c’est une obligation dans les débits de boissons, et c’est indispensable pour les conducteurs et les enfants (voir chapitre 3).
On sert les vins de façon à ce que chaque vin ne soit pas écrasé par le précédent :
les blancs avant les rouges ;
les vins légers avant les vins puissants ;
les vins jeunes avant les vins plus âgés ;
les vins secs avant les vins doux ou liquoreux ;
les effervescents se placent en général en début de service, à l’apéritif, mais un champagne de garde ou un millésime peut aussi accompagner un plat.
Un vin servi trop chaud paraît lourd et alcooleux, un vin servi trop froid perd ses arômes. Les températures indicatives sont les suivantes :
Effervescents (crémant, champagne brut sans année) : 6 à 8 °C, et 8 à 10 °C pour un champagne millésimé ou de garde ;
Blancs secs et légers, rosés : 8 à 10 °C ;
Grands blancs de garde (Chablis premier cru, grands Bourgogne blancs…) : 11 à 13 °C ;
Rouges légers et fruités (pinot noir jeune, Coteaux champenois, Irancy…) : 14 à 16 °C ;
Rouges charpentés et de garde : 16 à 18 °C ;
Vins doux et liquoreux, ratafia : 8 à 10 °C.
En extérieur l’été, le vin se réchauffe vite dans le verre : on le sert un ou deux degrés plus frais et on prévoit des seaux à glace avec de l’eau et des glaçons (plus efficace que les glaçons seuls). Il faut sortir les rouges du chai à l’avance pour qu’ils ne soient pas servis trop froids en hiver.
Les verres :
le verre INAO (ou ISO) est le verre de référence pour la dégustation : il est neutre et permet de comparer les vins ;
pour un événement plus festif, on peut utiliser des verres plus grands et plus élégants, en forme de tulipe, qui concentrent les arômes ;
pour le champagne, la flûte garde bien les bulles mais laisse peu s’exprimer les arômes : de plus en plus de maisons servent dans un verre tulipe ou un verre à vin blanc ;
les verres doivent être propres, secs, sans odeur de produit vaisselle ou de placard, et tenus par le pied ;
on prévoit au moins un verre par personne (plus quelques verres de rechange), ou un verre par vin si la dégustation est comparative.
Les quantités :
Pour une dégustation, on sert environ 3 à 5 cl par vin, soit 15 à 25 services par bouteille de 75 cl. Pour un verre à l’apéritif ou au repas, on compte environ 10 à 12 cl, soit 6 à 7 verres par bouteille. On prévoit toujours un peu plus que ce qui a été calculé.
Le reste du matériel :
tire-bouchons, bouchons hermétiques pour les bouteilles entamées, carafes si besoin ;
seaux à glace, serviettes de service ;
crachoirs, eau, pain ou biscuits neutres entre les vins ;
fiches techniques et tarifs des vins servis.
Les conditions ambiantes :
une lumière suffisante et si possible naturelle pour observer la robe des vins, des nappes ou un fond blanc ;
un lieu sans odeurs parasites (cuisine, fumée, parfum, produits d’entretien) ;
une température agréable, à l’abri du soleil direct et du vent pour les événements en extérieur ;
un niveau sonore qui permet d’écouter le vigneron ou l’animateur.
Le service du champagne :
ouvrir la bouteille sans bruit : on retire le muselet en gardant le pouce sur le bouchon, on tient la bouteille inclinée à 45° et on tourne la bouteille, pas le bouchon ;
ne jamais diriger le bouchon vers une personne ;
servir en deux fois pour éviter que la mousse ne déborde, en remplissant le verre aux deux tiers environ.
Un bon accord met en valeur à la fois le plat et le vin. On peut jouer sur deux logiques :
l’accord par harmonie : le vin et le plat se ressemblent (un vin rond avec un plat crémeux, un vin fruité avec un dessert aux fruits) ;
l’accord par contraste : le vin et le plat s’opposent pour s’équilibrer (un vin vif et acide avec un plat gras, un vin liquoreux avec un fromage salé comme un bleu).
Quelques règles simples :
accorder l’intensité : un plat délicat avec un vin délicat, un plat puissant avec un vin puissant ;
l’acidité du vin équilibre le gras, le sel et la friture ;
les tanins des rouges s’associent bien aux protéines (viandes rouges), mais deviennent durs et métalliques avec le poisson ou le fromage de chèvre ;
le dessert doit être moins sucré que le vin, sinon le vin paraît acide ;
l’accord régional fonctionne souvent bien : les vins et les produits d’un même terroir ont grandi ensemble.
Quelques exemples classiques :
champagne blanc de blancs avec des fruits de mer ou des huîtres ;
champagne blanc de noirs ou rosé avec de la charcuterie, une volaille ou des fruits rouges ;
champagne avec un Chaource, fromage de la Côte des Bar ;
Chablis avec des huîtres ou un poisson ;
pinot noir de Bourgogne avec un bœuf bourguignon, un jambon persillé ou des œufs en meurette ;
ratafia de Champagne avec un dessert aux fruits ou un biscuit rose de Reims.
Pour un événement, on fait simple : deux ou trois accords bien choisis et expliqués aux visiteurs valent mieux qu’un menu compliqué. N’hésitez pas à associer un traiteur, un restaurateur ou des producteurs de votre territoire.
proposer systématiquement de l’eau et une alternative sans alcool ;
prévoir de quoi manger dès qu’on sert de l’alcool ;
mettre à disposition des crachoirs et encourager à les utiliser lors des dégustations ;
proposer des éthylotests et penser au retour des visiteurs (navette, covoiturage, conducteur désigné) ;
ne pas servir d’alcool aux mineurs ni à une personne en état d’ivresse (voir chapitre 3 : La loi Évin).
Selon une enquête de l’AFIT (Agence française de l’ingénierie touristique, devenue ODIT France en 2005 puis intégrée à Atout France en 2009), à la question « Comment avez-vous connu ce domaine viticole ? » :
51 % : bouche-à-oreille ;
22 % : office de tourisme ;
17 % : dépliants, brochures ;
10 % : autres.
Cette enquête date d’avant 2005, donc d’avant les avis en ligne et les réseaux sociaux. Le message reste valable : le bouche-à-oreille est le premier canal, et la qualité de l’accueil est la meilleure des publicités. Aujourd’hui, ce bouche-à-oreille passe aussi beaucoup par les avis Google, TripAdvisor et Instagram : renseignez-vous sur les observatoires de votre comité régional du tourisme pour avoir des chiffres récents.
Créé en 2009, le label Vignobles & Découvertes est attribué pour une durée de 3 ans par Atout France, après recommandation du Conseil supérieur de l’œnotourisme. Il récompense une destination touristique et viticole qui propose une offre de produits touristiques multiples et complémentaires (hébergement, restauration, visite de cave et dégustation, musée, événement…), qui facilite l’organisation du séjour du client et l’oriente vers des prestations qualifiées.
Le label correspond à une marque collective, dont la gestion et la procédure d’attribution sont encadrées par un règlement d’usage. On compte aujourd’hui 74 destinations labellisées en France, qui regroupent 2 902 caves et domaines (près de 30 % des caves ouvertes au public) et 8 770 acteurs engagés.
CRT (Comité régional du tourisme) : promotion à l’échelle de la région. Exemples : Tourisme Alsace, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Hauts-de-France, Champagne-Ardenne.
CDT (Comité départemental du tourisme, souvent appelé aujourd’hui ADT) : promotion à l’échelle du département. Exemples : Haute-Garonne Tourisme, Côte-d’Or Tourisme, Tarn, Pyrénées-Orientales, La Champagne (Aube).
Office de tourisme, parfois spécialisé dans le vin : accueil et information au plus près du visiteur. Exemples : Châteauneuf-du-Pape, Vosne-Romanée, Saint-Émilion, Épernay, Pauillac-Médoc.
L’œnotourisme valorise le patrimoine local, notamment grâce au développement des routes des vins :
la Route des vins d’Alsace (1953) : 170 km, membre de l’association des Sites remarquables du goût, avec la visite de sites, de caves, de villes et de villages ;
la Route touristique du Champagne, à travers les grandes maisons et les vignerons ;
les Routes des vins de Bourgogne : Mâconnais-Beaujolais, Route des Grands Vins (Côte chalonnaise), Route des Grands Crus (Côte de Beaune et Côte de Nuits), Route des vignobles de l’Yonne (Chablis) ;
la Route des vins du Médoc, de Gaillac…
Quelques exemples d’événements qui font vivre les territoires viticoles :
la Saint-Vincent ;
la Percée du vin jaune ;
les fêtes des vins et les confréries bachiques ;
le Marathon du Médoc ;
les Sarmentelles ;
la vente des Hospices de Beaune ;
la Paulée d’Anjou et Anjou Vélo Vintage ;
VVR (Vignes, Vins, Randos) ;
les Œnogourmandes ;
le Champagne Day, les Champagne Party ;
l’agenda de la Côte des Bar en Champagne et la Route du Champagne en fête.
Voici quelques exemples d’offres œnotouristiques proposées aujourd’hui, classées par grandes tendances (2023).
Offres classiques :
pique-nique vigneron ;
déjeuner ou dîner au domaine ;
vente de produits locaux (en boutique, en panier) ;
atelier assemblage ;
chasse au trésor, jeu de piste dans les vignes ;
visite de nuit ;
week-end vendanges ;
club avec adhésion (fidélité, offres spéciales) ;
visite et dégustation privées.
Tendance durable :
visite en véhicules éco-responsables (vélos, trottinettes électriques, segways, rosalies…) ;
visite commentée et sensibilisation au développement durable, présentation de la certification environnementale du domaine.
Tendance slow / good :
slow food tour (tour collectif des producteurs et vignerons des environs) ;
séjour digital detox et vins ;
vinothérapie ;
randonnée sur les sentiers du vignoble ;
cours de yoga au domaine ou dans les vignes.
Tendance « vivre une expérience » :
tour du vignoble à cheval, en montgolfière ou en voiture de collection ;
séjour de type « safari » avec visites de caves et dégustations ;
logement insolite dans le vignoble (roulotte, yourte, foudre…) ;
escape game œnologique ;
immersion visuelle et éléments interactifs (projection vidéo immersive) ;
musée ;
repas servi par un chef au milieu des vignes ;
dégustation à l’aveugle, accords mets et champagne inattendus, sabrage.
Tendance exclusivité :
événements exclusifs avec un groupe d’invités réduit ;
événements privés sur mesure au domaine.
Workation :
séjour télétravail au domaine (hébergement, wifi, dégustation et dîner) ;
espace de coworking dans le vignoble.
Offres famille :
séjour clé en main pour une famille ;
application mobile pour les enfants ;
atelier confiture de cépage ;
ateliers créatifs (aquarelle, sculpture, dessin…).
Œnotourisme virtuel :
visite en ligne en direct ;
visite virtuelle (réalité virtuelle, photos panoramiques 360°…) ;
dégustation en ligne (box livrée et dégustation en vidéo).
Atout France (2010). Tourisme et vin : les clientèles françaises et internationales, les concurrents de la France. Comment rester compétitifs ? Paris : Atout France, collection Marketing touristique.
Atout France. Tourisme et vin : réussir la mise en marché. https://www.atout-france.fr/fr/catalogue/etudes-publications/tourisme-et-vin-reussir-la-mise-en-marche
Atout France. L’œnotourisme (fiche filière et chiffres clés). https://www.atout-france.fr/fr/print/pdf/node/280
Atout France. Le label Vignobles & Découvertes. https://www.atout-france.fr/fr/print/pdf/node/281
Atout France (2014). Destination Vignobles 2014, dossier de presse. https://www.atout-france.fr/sites/default/files/imce/dp_destination_vignobles_2014.pdf
Atout France, Pôle Œnotourisme. Plan d’action 2026 (chiffres de l’œnotourisme, Deloitte pour Atout France, 2025). https://www.cotedor-attractivite.com/sites/default/files/PoleOenotourismeATOUTFRANCE.pdf
Deloitte pour Vin & Société (2025). L’impact de l’œnotourisme en France. https://www.vinetsociete.fr/etude/impact-oenotourisme-france/
Vin & Société (2024). L’œnotouriste, un touriste pas comme les autres. https://www.vinetsociete.fr/article-filere/oenotouriste-profil/
FranceAgriMer (2025). Les chiffres clés de la filière viti-vinicole. https://www.franceagrimer.fr/sites/default/files/2025-12/20251121_CC%20VITI%20VINICOLE%20%202025.pdf
Bourgogne-Franche-Comté Tourisme (2025). Observatoire des clientèles touristiques, rapport 2023 : filière œnotourisme. https://pros.bourgognefranchecomte.com/uploads/2025/07/bfc_tourisme_rapport2023_filiere_oenotourisme_v2.pdf
Deloitte pour Vin & Société (2025). Étude de la filière œnotourisme et de ses impacts. https://www.cotedor-attractivite.com/sites/default/files/2025_Etudefiliereoenotourismeetimpacts_V&S_Deloitte.pdf
OpinionWay pour Vignerons Indépendants de France (2026). Les Français et l’œnotourisme. https://www.vignerons-independants.com/services-et-avantages/boostez-votre-oenotourisme/etude-nationale-opinionway
Réussir Vigne (2025). Œnotourisme : un débouché en croissance de 20 % en 7 ans. https://www.reussir.fr/vigne/oenotourisme-un-debouche-en-croissance
L’Œnothèque. Les 4 profils types d’œnotouristes. http://www.loenotheque-lesite.com/fr/4-profils-types-oenotouristes
Organisation Mondiale du Tourisme (ONU Tourisme). Définition du tourisme.
Projet européen VINTUR (2006). Charte européenne de l’œnotourisme. Réseau européen des villes du vin (RECEVIN).
Château Castigno (2018). Castigno Wine School : grilles des prestations et des stages.
Le Routard. Les 60 ans de la Route des vins d’Alsace. https://www.routard.com/fr/mag/dossier/a/les-60-ans-de-la-route-des-vins-d-alsace
Monsejour. Combien coûte une dégustation de vin en France ? Tarifs et conseils pratiques. https://www.monsejour.com/vin/combien-coute-degustation-vin-france-tarifs.html
L'organisation d'un événement, qu'il soit culturel, sportif ou professionnel, nécessite une connaissance approfondie des réglementations en vigueur.
Ce cours vise à fournir les bases essentielles du droit de l'événementiel, afin de préparer à organiser des projets événementiels œnotouristiques conformes à la législation.
Nous aborderons divers aspects tels que la capacité d'accueil, l'organisation des secours, l'accessibilité, les normes électriques et à combustion, les autorisations nécessaires, les responsabilités et assurances, les droits d'auteur et la protection de l'environnement.
Les Établissements Recevant du Public (ERP) sont des lieux où des personnes extérieures à l'entreprise ou à l'organisation peuvent se rendre pour diverses activités. Ces établissements sont classés en différentes catégories en fonction de leur nature et de leur capacité d'accueil.
La classification des ERP est essentielle pour déterminer les normes de sécurité et les obligations légales qui s'appliquent à chaque type d'établissement.
Les ERP sont répartis en cinq catégories, allant de la 1ère à la 5ème, en fonction du nombre de personnes qu'ils peuvent accueillir :
1ère catégorie : Plus de 1 500 personnes
2ème catégorie : De 701 à 1 500 personnes
3ème catégorie : De 301 à 700 personnes
4ème catégorie : Moins de 300 personnes, à l'exception des établissements de 5ème catégorie
5ème catégorie : Établissements dont l'effectif du public ne dépasse pas le seuil fixé par le règlement de sécurité pour chaque type d'exploitation
En plus de ces catégories, les ERP sont également classés en types, en fonction de leur activité :
J (structures d'accueil pour personnes âgées ou personnes handicapées)
L (salles d'auditions, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usage multiple)
M (magasins de vente, centres commerciaux)
N (restaurants et débits de boissons)
O (hôtels et pensions de famille)
P (salles de danse et salles de jeux)
R (établissements d'éveil, d'enseignement, de formation, centres de vacances, centres de loisirs sans hébergement)
S (bibliothèques, centres de documentation)
T (salles d'expositions)
U (établissements sanitaires)
V (établissements de culte)
W (administrations, banques, bureaux)
X (établissements sportifs couverts)
Chaque type d'ERP est soumis à des règles spécifiques en matière de sécurité incendie, d'accessibilité, et d'organisation des secours. Il est crucial pour les organisateurs d'événements de connaître la classification de leur établissement afin de respecter les normes en vigueur et d'assurer la sécurité des participants.
Les chapiteaux et structures temporaires sont couramment utilisés pour les événements en plein-air.
Voici les principaux aspects à considérer :
Les chapiteaux doivent être conformes aux normes de sécurité en vigueur, telles que la norme NF P 91-360 pour les chapiteaux, tentes et structures. Ils doivent être installés de manière à résister aux conditions météorologiques (vent, pluie, neige).
Les chapiteaux doivent être solidement ancrés au sol pour éviter tout risque de renversement. Les ancrages doivent être adaptés au type de sol et aux conditions météorologiques.
Les chapiteaux doivent disposer de plusieurs issues de secours, clairement signalées et facilement accessibles. Les voies d'évacuation doivent être dégagées et suffisamment larges pour permettre une évacuation rapide et sécurisée.
Les installations électriques dans les chapiteaux doivent être conformes aux normes de sécurité. Les câbles doivent être protégés par des gaines ou des passe-câbles, et les équipements électriques doivent être adaptés à l'usage prévu.
Les chapiteaux doivent être régulièrement inspectés pour s'assurer de leur conformité aux normes de sécurité. Des contrôles doivent être effectués avant, pendant et après l'événement pour vérifier l'état des structures et des équipements.
Le calcul de la capacité d'accueil d'un établissement est une étape cruciale dans l'organisation d'un événement. Il permet de déterminer le nombre maximum de personnes pouvant être accueillies en toute sécurité. Ce calcul repose sur plusieurs critères, notamment la surface disponible, le type d'activité prévue, et les normes de sécurité en vigueur.
Pour les espaces clos, la règle générale est de prévoir 1 personne par mètre carré.
Par exemple, une salle de 200 m² pourra accueillir jusqu'à 200 personnes.
Cependant, ce ratio peut varier en fonction de l'activité. Pour des événements nécessitant des sièges, comme des conférences ou des spectacles, il faut compter environ 0,7 à 0,9 personne par mètre carré, en fonction de la disposition des sièges.
Cependant, ce ratio peut varier en fonction de l'activité et de la disposition des personnes :
Debout (cocktail, exposition) : 1 personne par mètre carré.
Assis (conférence, spectacle) :
Chaises alignées : 0,7 à 0,9 personne par mètre carré.
Chaises avec tables (banquet) : 0,5 à 0,7 personne par mètre carré.
Assis avec tables rondes (repas, réunion) : 0,8 à 1 personne par mètre carré.
Assis en classe (formation, cours) : 0,6 à 0,8 personne par mètre carré.
Le nombre de sorties de secours est également un facteur déterminant. Les normes de sécurité imposent un certain nombre de sorties en fonction de la capacité d'accueil.
Par exemple, pour un établissement de 3ème catégorie (de 301 à 700 personnes), il est nécessaire de prévoir au moins deux sorties de secours. Ces sorties doivent être facilement accessibles et bien signalées.
En général, on estime qu'une UP1 (largeur de 0,60 m) permet l'évacuation de 60 personnes par minute. Par exemple, un couloir de 1,20 m de large permettra l'évacuation de 120 personnes par minute.
Le temps d'évacuation est un critère crucial pour la sécurité des occupants. En général, les normes de sécurité prévoient que l'évacuation complète d'un établissement doit pouvoir être réalisée en un temps raisonnable, souvent fixé à 5 minutes pour les établissements de petite et moyenne taille, et jusqu'à 10 minutes pour les établissements plus grands ou complexes.
Ce temps doit être calculé en fonction de la capacité d'accueil, du nombre de sorties de secours, et de la largeur des voies de circulation.
Il est également important de prendre en compte les espaces de circulation. Les voies de circulation doivent permettre une évacuation rapide et sécurisée en cas d'urgence.
La largeur des voies de circulation est particulièrement importante. Les normes de sécurité préconisent une largeur minimale de 1,20 m pour les voies de circulation principales et de 0,90 m pour les voies secondaires.
Ces largeurs doivent être maintenues dégagées en permanence, sans obstruction par du mobilier ou des équipements. Les portes et les issues de secours doivent s'ouvrir dans le sens de l'évacuation et ne pas réduire la largeur des voies de circulation.
Les voies de circulations extérieures destinées aux secours doivent être signaler par un affichage « Voie Pompiers » et ne doit pas être inférieure à 3m de largeur.
Les dégagements d’évacuation entre les sorties de secours et un obstacle, une voie de circulation ou la « Voie Pompiers » doit être au minimum de 3m.
Enfin, des aménagements spécifiques peuvent être nécessaires pour respecter les normes de sécurité.
Par exemple, l'installation de portes coupe-feu, de systèmes de détection incendie, ou de dispositifs d'extinction automatique peut être requise. Ces aménagements doivent être vérifiés régulièrement et maintenus en bon état de fonctionnement.
Le calcul de la capacité d'accueil doit être validé par la commission de sécurité, qui peut imposer des ajustements ou des aménagements supplémentaires pour garantir la sécurité des participants. Il est donc essentiel de se conformer aux recommandations de la commission et de respecter les normes en vigueur.
L'accessibilité est un aspect fondamental de l'organisation d'un événement, garantissant que toutes les personnes, quelle que soit leur situation de handicap, puissent accéder aux lieux et participer pleinement.
La loi Handicap de 2005 impose des normes strictes en matière d'accessibilité pour les Établissements Recevant du Public. Ces normes visent à éliminer les obstacles physiques et à faciliter l'accès pour tous.
Rampes d'accès
Les rampes doivent avoir une pente maximale de 5% et une largeur minimale de 0,90 m.
Elles doivent être équipées de mains courantes de chaque côté et de paliers de repos tous les 10 mètres.
Ascenseurs
Les ascenseurs doivent être accessibles aux personnes en fauteuil roulant, avec des dimensions minimales de 1,10 m de profondeur et 1,40 m de largeur.
Les commandes doivent être accessibles et situées à une hauteur comprise entre 0,90 m et 1,30 m.
Sanitaires adaptés
Les sanitaires doivent être équipés de barres d'appui et d'un espace de manœuvre suffisant pour les personnes en fauteuil roulant.
Les dimensions minimales sont de 1,50 m de largeur et 1,70 m de profondeur.
Signalétique
La signalétique doit être claire et visible, avec des informations en braille et en caractères contrastés pour les personnes malvoyantes. Cette obligation s’applique pour les établissement de la 1ère et de la 2ème catégorie.
Les pictogrammes doivent être compréhensibles avec un contraste de couleur marqué et placés à une hauteur accessible. (valable pour toute les catégories)
Communication et signalétique
La communication autour de l'accessibilité est essentielle. Les organisateurs doivent informer les participants des dispositions mises en place pour faciliter leur accès.
Cela peut inclure la mise à disposition de plans d'accessibilité, la signalisation des espaces réservés, et la présence de personnel formé pour assister les personnes en situation de handicap.
Personnel formé
Le personnel de l'événement doit être formé à l'accueil et à l'accompagnement des personnes en situation de handicap.
Cette formation doit inclure des connaissances sur les différents types de handicaps, les aménagements spécifiques, et les procédures d'urgence adaptées.
Un personnel bien formé peut faire une grande différence dans l'expérience des participants.
Aménagements spécifiques
Des aménagements spécifiques peuvent être prévus en fonction des besoins des participants. Par exemple, des espaces réservés pour les personnes en fauteuil roulant, des services d'assistance pour les personnes malvoyantes ou malentendantes, ou des dispositifs de communication alternative (boucles magnétiques, interprètes en langue des signes, etc.).
Conclusion
L'accessibilité est un droit fondamental et une obligation légale. En respectant les normes d'accessibilité, les organisateurs d'événements contribuent à une société plus inclusive et permettent à tous de participer pleinement.
Il est crucial de se tenir informé des évolutions réglementaires et de mettre en place des dispositifs de veille pour s'assurer du respect des obligations légales.
L'organisation des secours est une obligation légale et un élément crucial pour la sécurité des participants lors d'un événement. Elle vise à garantir une intervention rapide et efficace en cas d'urgence, qu'il s'agisse d'un incendie, d'un accident ou d'un malaise.
Les organisateurs d'événements doivent se conformer à plusieurs obligations légales en matière de secours :
Il est recommandé de prévoir au moins 1 secouriste pour 200 personnes. Ces secouristes doivent être formés aux premiers secours et disposer du matériel nécessaire pour intervenir rapidement.
Matériel de premiers secours
Une trousse de secours complète doit être disponible sur place, incluant des pansements, des compresses, des bandages, des antiseptiques, et des gants jetables.
Un défibrillateur automatique externe (DAE) doit également être présent et facilement accessible.
Un plan de sécurité détaillé doit être élaboré, identifiant les risques potentiels et les mesures préventives à mettre en place.
Ce plan doit être communiqué à l'ensemble du personnel et des bénévoles, et un exercice d'évacuation très fortement recommandé afin de coordonner l’ensemble des prestataires et forces de sécurités.
Les moyens d'extinction et d'avertissement sont essentiels pour prévenir et gérer les situations d'urgence :
Extincteurs
Des extincteurs adaptés aux types de feux possibles doivent être installés à des emplacements stratégiques et facilement accessibles. Le personnel doit être formé à leur utilisation.
Système de détection incendie
Un système de détection incendie doit être en place pour alerter rapidement en cas de départ de feu. Ce système doit être régulièrement vérifié et maintenu en bon état de fonctionnement.
Alarme et signal d'évacuation
Pour les petites catégories d'ERP, la présence d'une alarme n'est pas obligatoire, mais un signal d'évacuation audio doit être diffusé en français et en anglais sur un support numérique. Ce système de diffusion sonore doit être audible de tous les lieux de l'événement où un Système de Sécurité Incendie (SSI) n'est pas présent.
Le signal d'évacuation doit être accessible dès le début de la mise en service du système de diffusion sonore.
La présence d'un responsable d'évacuation, de guide-file et serre-file est obligatoire. Ces personnes doivent être formées spécifiquement à la gestion des évacuations et peuvent être déléguées à une société de sécurité privée :
Responsable d'évacuation
Cette personne est chargée de coordonner l'évacuation en cas d'urgence. Elle doit connaître les procédures d'évacuation, les issues de secours, et les points de rassemblement.
Le responsable d’évacuation devient le coordinateur principal et surpasse la hiérarchie en cas d’évacuation et est le seul en contact direct avec le responsable de la sécurité et les forces de sécurités publiques.
Le responsable d’évacuation peur ordonner une évacuation générale ou sectorielle non contestable sur une levée de doute par les agents SSIAP2 présent.
Souvent dans les petits événements l’organisateur est également considéré comme le responsable d’évacuation.
Guides-serre-file
Les guides et serre-file sont responsables de guider les participants vers les sorties de secours et de s'assurer que personne ne reste à l'intérieur de la zone à risque (que ce soit en intérieur ou en extérieur).
Ils doivent être formés aux techniques d'évacuation et aux procédures de sécurité. En cas de procédure d’évacuation annoncée, leur identification par gilets ou brassards est obligatoire.
La coordination avec les services de secours locaux (pompiers, SAMU, police) est essentielle. Il est important de connaître les procédures d'alerte et d'accueil des secours, ainsi que les protocoles de gestion des victimes.
Des contacts directs avec ces services doivent être établis avant l'événement, et des réunions de coordination peuvent être organisées pour s'assurer de la bonne compréhension des procédures par toutes les parties prenantes.
La coordination est réalisée par le responsable d’évacuation, le responsable sécurité ou encore par l’agent SSIAP 3 de la société de sécurité privée.
Des procédures d'évacuation claires et bien définies doivent être mises en place par affichage au format A3 si possible. Les issues de secours doivent être facilement accessibles et bien signalées.
Des exercices d'évacuation sont fortement recommandés pour familiariser le personnel avec les procédures à suivre en cas d'urgence.
La signalétique doit être claire et visible de jour comme de nuit (éclairage des affichages temporaires avec des pinces à LED), avec des indications en plusieurs langues si nécessaire.
Le plan Vigipirate est un dispositif de vigilance, de prévention et de protection face aux menaces terroristes. Il s'applique à tous les événements accueillant du public et impose des mesures de sécurité renforcées en fonction du niveau de menace.
Présentation du plan Vigipirate
Le plan Vigipirate comporte plusieurs niveaux de vigilance, allant de la vigilance à l'urgence attentat. Chaque niveau impose des mesures spécifiques pour renforcer la sécurité des événements.
Le plan Vigipirate comporte trois niveaux de vigilance
Vigilance
Ce niveau correspond à une menace terroriste modérée. Les mesures de sécurité sont renforcées, mais restent proportionnées.
Les organisateurs doivent mettre en place :
des contrôles visuels des sacs
informer les participants sur les consignes de sécurité
prévoir la présence d'un responsable de la sécurité
Sécurité renforcée – Risque attentat
Ce niveau correspond à une menace terroriste élevée. Les mesures de sécurité sont significativement renforcées.
Les organisateurs doivent mettre en place :
des fouilles systématiques des sacs
prévoir la présence de plusieurs agents de sécurité
installer des barrières de sécurité
contrôler les accès
Pour les événements accueillant plus de 1 500 personnes :
des palpations de sécurité (sous contrôle d’un OPJ3)
la présence de forces de l'ordre
la mise en place de détecteurs de métaux
une surveillance vidéo peut être nécessaire
Urgence attentat
Ce niveau correspond à une menace terroriste imminente ou à un attentat en cours. Les mesures de sécurité sont maximales.
Les organisateurs doivent mettre en place :
des palpations de sécurité (sous contrôle d’un OPJ)
renforcer la présence des forces de l'ordre
installer des détecteurs de métaux à toutes les entrées
mettre en place une surveillance vidéo renforcée à la demande du Préfet du département
Les accès à l'événement sont strictement contrôlés, et des procédures d'évacuation d'urgence doivent être prêtes à être activées à tout moment. La présence d’un PCS4 est obligatoire.
L'organisation des secours est une responsabilité majeure pour les organisateurs d'événements. En respectant les obligations légales, en coordonnant avec les services de secours, et en mettant en place les mesures du plan Vigipirate, les organisateurs peuvent garantir une intervention rapide et efficace en cas d'urgence.
Il est crucial de se tenir informé des évolutions réglementaires et de mettre en place des dispositifs de veille pour s'assurer du respect des obligations légales.
L'électricité est un élément essentiel de tout événement, qu'il soit temporaire ou permanent. Les normes de sécurité électrique visent à prévenir les risques d'incendie, d'électrocution et de surcharge.
L'appareillage électrique comprend tous les équipements utilisés pour la distribution et l'utilisation de l'électricité, tels que les prises, les interrupteurs, les disjoncteurs, et les câbles mais également les éléments terminaux (téléviseurs, lampes, caisses enregistreuses...).
Prises et interrupteurs
Les prises et interrupteurs doivent être conformes aux normes en vigueur (NF C 15-100 en France). Ils doivent être installés à des hauteurs accessibles et protégés contre les chocs et les projections d'eau.
Disjoncteurs
Les disjoncteurs différentiels sont obligatoires pour protéger les circuits électriques contre les surcharges et les courts-circuits. Ils doivent être facilement accessibles et clairement étiquetés.
Câbles
Les câbles électriques doivent être adaptés à l'usage prévu et protégés contre les dommages mécaniques. Les câbles doivent être fixés de manière à éviter les trébuchements et les dommages.
Éléments terminaux
Les éléments terminaux tels que les chauffages électriques, les caisses enregistreuses, les éclairages, et les appareils de cuisson doivent être conformes aux normes de sécurité.
Ils doivent être installés de manière à éviter les surchauffes et les courts-circuits. Les caisses enregistreuses, par exemple, doivent être protégées contre les surtensions et les coupures de courant par des onduleurs.
Les installations électriques peuvent être fixes (permanentes) ou provisoires (temporaires).
Chacune nécessite des précautions spécifiques :
Installations fixes
Les installations fixes doivent être réalisées par des professionnels qualifiés et conformes aux normes de sécurité.
Elles doivent être régulièrement vérifiées et entretenues pour garantir leur sécurité. Les contrôles APAVE doivent être effectués périodiquement pour s'assurer de la conformité des installations.
Installations provisoires
Les installations provisoires, souvent utilisées pour des événements temporaires, doivent être réalisées avec le même soin que les installations fixes.
Les câbles doivent être protégés par des gaines ou des passe-câbles, et les raccordements doivent être sécurisés.
Les équipements électriques doivent être adaptés à l'usage prévu et conformes aux normes de sécurité. Les contrôles APAVE doivent également être effectués pour les installations provisoires.
Les appareils à combustion, tels que les chauffages d'appoint, les équipements de cuisson, et les générateurs, présentent des risques spécifiques liés à la production de chaleur et de gaz.
Voici les principaux aspects à considérer :
L'appareillage à combustion comprend tous les équipements utilisant des combustibles pour produire de la chaleur ou de l'énergie.
Chauffages d'appoint
Les chauffages d'appoint doivent être conformes aux normes de sécurité et installés dans des zones bien ventilées pour éviter l'accumulation de gaz toxiques.
Ils doivent être équipés de dispositifs de sécurité pour prévenir les surchauffes et les fuites de gaz.
Équipements de cuisson
Les équipements de cuisson, tels que les plaques de cuisson et les fours, doivent être installés conformément aux normes de sécurité.
Ils doivent être équipés de dispositifs de sécurité pour prévenir les incendies et les fuites de gaz.
Générateurs
Les générateurs doivent être installés à l'extérieur ou dans des zones bien ventilées pour éviter l'accumulation de gaz d'échappement.
Ils doivent être équipés de dispositifs de sécurité pour prévenir les surchauffes et les fuites de carburant.
Éléments terminaux
Les éléments terminaux tels que les chauffages à gaz, les cuisinières, et les chaudières doivent être conformes aux normes de sécurité.
Ils doivent être installés de manière à éviter les fuites de gaz et les surchauffes. Les cuisinières, par exemple, doivent être équipées de dispositifs de sécurité pour prévenir les incendies.
Les installations à combustion peuvent être fixes (permanentes) ou provisoires (temporaires).
Chacune nécessite des précautions spécifiques :
Installations fixes
Les installations fixes doivent être réalisées par des professionnels qualifiés et conformes aux normes de sécurité. Elles doivent être régulièrement vérifiées et entretenues pour garantir leur sécurité.
Les conduits d'évacuation des fumées doivent être en bon état et conformes aux normes. Les contrôles APAVE doivent être effectués périodiquement pour s'assurer de la conformité des installations.
Installations provisoires
Les installations provisoires, souvent utilisées pour des événements temporaires, doivent être réalisées avec le même soin que les installations fixes. Les équipements doivent être adaptés à l'usage prévu et conformes aux normes de sécurité.
Les conduits d'évacuation des fumées doivent être sécurisés et conformes aux normes. Les contrôles APAVE doivent également être effectués pour les installations provisoires.
Les installations électriques doivent être obligatoirement contrôlées par des organismes agréés comme l'APAVE (Association pour la Prévention des Accidents par le Vide et l'Électricité).
Ces contrôles visent à vérifier la conformité des installations aux normes de sécurité et à détecter d'éventuels défauts ou risques.
Les rapports de contrôle doivent être conservés et mis à disposition de l’organisation et des autorités compétentes.
L'organisation d'un événement nécessite souvent plusieurs autorisations et déclarations auprès de différentes autorités et parties prenantes.
Voici les principaux aspects à considérer :
L'autorisation du propriétaire des lieux est essentielle pour organiser un événement.
Voici les étapes à suivre :
Avant de planifier un événement, il est crucial d'obtenir l'autorisation écrite du propriétaire des lieux. Cette autorisation doit préciser les dates, les heures, et la nature de l'événement.
Si les lieux sont loués, un contrat de location doit être établi entre l'organisateur et le propriétaire. Ce contrat doit inclure les conditions de location, les responsabilités de chaque partie, et les modalités de paiement.
Le propriétaire peut exiger que l'organisateur souscrive une assurance responsabilité civile couvrant les dommages éventuels causés aux lieux ou aux participants pendant l'événement.
L'organisateur doit s'assurer que l'événement respecte toutes les normes de sécurité et d'accessibilité en vigueur. Le propriétaire peut demander des garanties supplémentaires, telles que des inspections de sécurité ou des certificats de conformité.
La mairie joue un rôle clé dans l'autorisation et la régulation des événements publics.
Voici les démarches à suivre :
Pour les événements de moins de 300 personnes, une déclaration préalable doit être déposée à la mairie au moins un mois avant la date de l'événement. Cette déclaration doit inclure des informations détaillées sur l'organisation et les mesures de sécurité mises en place.
Si l'événement se déroule sur le domaine public (rues, places, parcs), une autorisation d'occupation temporaire du domaine public doit être demandée à la mairie. Cette autorisation précise les conditions d'utilisation des espaces publics et les éventuelles restrictions.
Pour les événements de plus grande envergure ou présentant des risques particuliers, un arrêté municipal peut être nécessaire. Cet arrêté fixe les conditions de déroulement de l'événement, les mesures de sécurité à mettre en place, et les responsabilités de l'organisateur.
La mairie peut exiger que l'organisateur coordonne avec les services municipaux (police municipale, services techniques, etc.) pour assurer le bon déroulement de l'événement et la sécurité des participants.
Pour les événements de grande envergure ou présentant des risques spécifiques, une déclaration ou une autorisation de la préfecture peut être nécessaire.
Voici les démarches à suivre :
Pour les événements accueillant plus de 300 personnes, une déclaration préalable doit être déposée à la préfecture au moins un mois avant la date de l'événement. Cette déclaration doit inclure des informations détaillées sur l'organisation, les mesures de sécurité, et les dispositifs de secours.
Pour les événements présentant des risques particuliers (feux d'artifice, rassemblements de grande ampleur, etc.), une autorisation préfectorale peut être requise. Cette autorisation fixe les conditions de déroulement de l'événement et les mesures de sécurité à mettre en place.
La préfecture peut exiger que l'événement soit soumis à l'avis de la commission de sécurité. Cette commission vérifie la conformité des installations aux normes de sécurité et peut imposer des aménagements ou des mesures supplémentaires.
La préfecture peut exiger que l'organisateur coordonne avec les services de l'État (police nationale, gendarmerie, services de secours, etc.) pour assurer la sécurité des participants et le bon déroulement de l'événement.
Lorsque l'événement inclut la diffusion de musique ou la projection de films, des autorisations spécifiques sont nécessaires auprès de la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique) et de la SPRE (Société pour la Perception de la Rémunération Équitable).
Voici les démarches à suivre :
Si l'événement inclut la diffusion de musique, une autorisation de la SACEM est nécessaire. Cette autorisation permet de diffuser légalement des œuvres musicales protégées par le droit d'auteur. L'organisateur doit déclarer l'événement à la SACEM et payer les droits d'auteur correspondants.
Si l'événement inclut la diffusion de musique enregistrée (CD, streaming, etc.), une autorisation de la SPRE est également nécessaire. La SPRE perçoit la rémunération équitable due aux artistes-interprètes et aux producteurs de phonogrammes pour la diffusion de leurs œuvres.
L'organisateur doit déclarer l'événement à la SACEM et à la SPRE au moins 15 jours avant la date de l'événement. Cette déclaration doit inclure des informations détaillées sur la nature de l'événement, le nombre de participants, et les œuvres diffusées.
Les droits d'auteur et la rémunération équitable doivent être payés avant la date de l'événement. Le montant des droits dépend de plusieurs facteurs, tels que la nature de l'événement, le nombre de participants, et la durée de diffusion des œuvres.
L'organisation d'un événement implique diverses responsabilités et nécessite la souscription d'assurances pour couvrir les risques potentiels.
Voici les principaux aspects à considérer :
L'organisateur d'un événement est responsable de la sécurité des participants et du bon déroulement de l'événement. Cette responsabilité peut être civile ou pénale.
La responsabilité civile concerne les dommages causés à autrui, que ce soit des personnes ou des biens.
Voici les principaux aspects à considérer :
Définition
La responsabilité civile engage l'organisateur à réparer les dommages causés à des tiers pendant l'événement. Cela inclut les blessures corporelles, les dommages matériels, et les préjudices moraux.
Obligations
L'organisateur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir les risques et assurer la sécurité des participants. Cela inclut la mise en place de dispositifs de sécurité, la formation du personnel, et le respect des normes réglementaires.
Exemples
Si un participant se blesse en raison d'une installation défectueuse, l'organisateur peut être tenu responsable des frais médicaux et des indemnités. De même, si des biens sont endommagés pendant l'événement, l'organisateur peut être tenu de les rembourser.
Assurance
Pour couvrir ces risques, il est fortement recommandé de souscrire une assurance responsabilité civile. Cette assurance prend en charge les indemnités et les frais de défense en cas de litige, celle-ci peut être exigée par les autorités.
La responsabilité pénale concerne les infractions à la loi commises par l'organisateur ou ses représentants.
Voici les principaux aspects à considérer :
Définition
La responsabilité pénale engage l'organisateur en cas de non-respect des lois et règlements en vigueur.
Cela inclut les infractions volontaires ou involontaires, telles que :
la mise en danger de la vie d'autrui
la non-assistance à personne en danger
la non-conformité aux normes de sécurité.
Obligations
L'organisateur doit se conformer à toutes les réglementations applicables à l'événement, y compris les normes de sécurité, d'accessibilité, et d'hygiène. Il doit également veiller à la formation et à la supervision de son personnel.
Exemples
Si l'organisateur ne respecte pas les normes de sécurité incendie et qu'un incendie se déclare, il peut être poursuivi pénalement. De même, s'il ne met pas en place les dispositifs de sécurité requis et qu'un accident survient, il peut être tenu responsable.
Sanctions
Les sanctions pénales peuvent inclure des amendes, des peines de prison, et des interdictions d'exercer certaines activités. Il est donc crucial de se conformer strictement aux réglementations et de mettre en place toutes les mesures de prévention nécessaires.
La souscription d'assurances est essentielle pour couvrir les risques liés à l'organisation d'un événement.
Voici les principaux types d'assurances à considérer :
Certaines assurances sont obligatoires pour l'organisation d'un événement.
Voici les principales :
Responsabilité Civile
Comme mentionné précédemment, l'assurance responsabilité civile est souvent obligatoire. Elle couvre les dommages causés à des tiers pendant l'événement.
Assurance Annulation
Cette assurance couvre les frais engagés en cas d'annulation de l'événement pour des raisons indépendantes de la volonté de l'organisateur, telles que des conditions météorologiques extrêmes, des grèves, ou des catastrophes naturelles.
Assurance Dommages aux Biens
Cette assurance couvre les dommages causés aux biens de l'organisateur ou des participants pendant l'événement, tels que les équipements, les installations, ou les biens personnels.
Assurance Incendie
Cette assurance couvre les dommages causés par un incendie, y compris les frais de reconstruction et de remplacement des biens endommagés.
En plus des assurances obligatoires, il est recommandé de souscrire à d'autres assurances pour couvrir des risques spécifiques :
Assurance Responsabilité Civile Organisateur
Cette assurance couvre les dommages causés par l'organisateur ou son personnel pendant l'événement. Elle est particulièrement utile pour les événements de grande envergure ou présentant des risques spécifiques.
Assurance Accidents Corporels
Cette assurance couvre les frais médicaux et les indemnités en cas de blessures corporelles subies par les participants ou le personnel pendant l'événement.
Assurance Vol et Vandalisme
Cette assurance couvre les pertes ou les dommages causés par le vol ou le vandalisme pendant l'événement. Elle est particulièrement utile pour les événements où des biens de valeur sont exposés.
Assurance Intempéries
Cette assurance couvre les frais engagés en cas d'annulation ou de perturbation de l'événement en raison de conditions météorologiques défavorables.
Assurance Terrorisme
Cette assurance couvre les dommages et les frais engagés en cas d'acte terroriste pendant l'événement. Elle est particulièrement recommandée pour les événements de grande envergure ou présentant des risques spécifiques.
L'organisation d'un événement doit prendre en compte les enjeux environnementaux et de développement durable.
Voici les principaux aspects à considérer :
La réglementation environnementale impose des obligations aux organisateurs d'événements pour réduire leur impact écologique.
Voici les principaux aspects à considérer :
La réglementation impose le tri sélectif des déchets produits lors des événements. Des poubelles spécifiques doivent être mises à disposition pour les différents types de déchets (plastique, verre, papier, etc.).
Les organisateurs doivent prendre des mesures pour réduire les nuisances sonores, lumineuses, et olfactives. Cela inclut le respect des horaires de fermeture, l'utilisation de matériel silencieux, et la gestion des odeurs.
La consommation d'énergie doit être optimisée pour réduire l'empreinte carbone de l'événement. Cela inclut l'utilisation d'éclairages à faible consommation, la mise en place de systèmes de régulation thermique, et l'utilisation d'énergies renouvelables.
Les événements en plein air doivent respecter la biodiversité locale. Cela inclut la protection des espèces végétales et animales, l'utilisation de produits respectueux de l'environnement, et la gestion des espaces naturels.
La consommation d'eau doit être réduite et optimisée. Cela inclut l'installation de dispositifs économiseurs d'eau, la récupération des eaux de pluie, et la sensibilisation des participants à l'importance de préserver l'eau.
Pour valoriser les efforts en matière de développement durable, les organisateurs d'événements peuvent obtenir des labels et certifications.
Voici les principaux labels et certifications à considérer :
La norme ISO 14001 est une certification internationale qui atteste de la mise en place d'un système de management environnemental. Elle permet de structurer et d'améliorer les pratiques environnementales de l'organisation.
Le label Éco-Événement est une certification française qui récompense les événements respectueux de l'environnement. Il impose des critères stricts en matière de gestion des déchets, de consommation d'énergie, et de protection de la biodiversité.
Green Globe est une certification internationale qui atteste de la mise en place de pratiques durables dans le secteur du tourisme et des événements. Elle impose des critères en matière de gestion de l'énergie, de l'eau, des déchets, et de la biodiversité.
L'AFAQ AFNOR propose plusieurs certifications en matière de développement durable, telles que la certification ISO 20121 pour les événements durables.
Cette certification impose des critères en matière de gestion des ressources, de réduction des impacts environnementaux, et de responsabilité sociétale.
L'Écolabel Européen est une certification qui atteste de la conformité des produits et services aux critères environnementaux de l'Union Européenne. Il peut être obtenu pour les événements respectueux de l'environnement.
Pour organiser un événement respectueux de l'environnement et du développement durable, voici quelques bonnes pratiques à adopter :
Informer les participants sur les enjeux environnementaux et les bonnes pratiques à adopter. Cela peut inclure des affiches, des annonces, et des ateliers de sensibilisation.
Privilégier l'utilisation de matériaux recyclables et recyclés pour les supports de communication, les décors, et les équipements. Éviter l'utilisation de plastique à usage unique.
Mettre en place des dispositifs pour réduire la production de déchets, tels que des fontaines à eau, des gobelets réutilisables, et des sacs réutilisables. Encourager les participants à apporter leurs propres contenants.
Promouvoir l'utilisation des transports en commun, du covoiturage, et des modes de transport doux (vélo, marche). Mettre en place des navettes et des parkings relais pour réduire l'utilisation de la voiture individuelle.
Privilégier les produits locaux, de saison, et issus de l'agriculture biologique. Proposer des menus végétariens et vegan pour réduire l'empreinte carbone de l'alimentation. Éviter le gaspillage alimentaire en adaptant les quantités et en proposant des doggy bags.
Utiliser des équipements à faible consommation d'énergie, tels que des éclairages LED et des appareils électroménagers de classe A. Mettre en place des systèmes de régulation thermique pour optimiser la consommation d'énergie. Utiliser des énergies renouvelables, telles que l'énergie solaire ou éolienne.
Respecter les espaces naturels et la biodiversité locale. Utiliser des produits respectueux de l'environnement, tels que des produits d'entretien écologiques et des pesticides naturels. Sensibiliser les participants à l'importance de préserver la biodiversité.
Utiliser des supports de communication écologiques, tels que des papiers recyclés et des encres végétales. Privilégier la communication numérique pour réduire l'utilisation de papier. Informer les participants sur les actions mises en place pour réduire l'impact environnemental de l'événement.
Pour vendre de l'alcool lors d'un événement, il est nécessaire d'obtenir une licence de débit de boissons.
Cette licence est délivrée par la mairie et peut être de différentes catégories selon les types de boissons vendues (licence I pour les boissons sans alcool, licence II pour les boissons fermentées non distillées, licence III pour les boissons distillées, etc.).
La vente d'alcool est réglementée par des horaires spécifiques. Par exemple, la vente d'alcool est généralement interdite entre 22h et 8h, sauf dérogation.
Il est strictement interdit de vendre de l'alcool aux mineurs (moins de 18 ans). Des contrôles d'identité peuvent être effectués pour vérifier l'âge des acheteurs.
Les organisateurs doivent prendre des mesures pour prévenir l'ivresse publique et les comportements à risque.
Cela peut inclure la mise en place de dispositifs de prévention, tels que des distributeurs d'éthylotests, des points d'eau gratuits, et des campagnes de sensibilisation.
Le personnel en charge de la vente d'alcool doit être formé aux règles de prévention et de sécurité. Ils doivent être capables de reconnaître les signes d'ivresse et de refuser la vente d'alcool aux personnes en état d'ébriété.
L'organisateur est responsable de la sécurité des participants et peut être tenu responsable en cas d'incidents liés à la consommation d'alcool.
Il est donc crucial de respecter les réglementations en vigueur et de mettre en place des dispositifs de prévention.
Il est recommandé de souscrire une assurance responsabilité civile couvrant les risques liés à la vente et à la consommation d'alcool lors de l'événement.
Code de la Santé Publique : Articles L3321-1 et suivants.
Code Général des Collectivités Territoriales : Articles L2212-1 et suivants.
Arrêtés Préfectoraux : Des arrêtés préfectoraux peuvent imposer des restrictions supplémentaires en fonction des circonstances locales.
L'organisation d'un événement en France est régie par plusieurs textes de lois et réglementations.
Voici une liste des principaux textes de lois qui interviennent dans l'organisation d'un événement :
Accessibilité des Établissements Recevant du Public (ERP) : Articles R123-1 et suivants.
Sécurité incendie : Articles R123-1 et suivants.
Sécurité et santé au travail : Articles L4121-1 et suivants.
Organisation du travail : Articles L3121-1 et suivants.
Sécurité des manifestations sportives, récréatives ou culturelles : Articles L332-1 et suivants.
Vigipirate : Plan national de vigilance, de prévention et de protection face aux menaces terroristes.
Pouvoirs de police du maire : Articles L2212-1 et suivants.
Autorisations d'occupation du domaine public : Articles L2122-1 et suivants.
Protection de l'environnement : Articles L110-1 et suivants.
Gestion des déchets : Articles L541-1 et suivants.
Bruit et nuisances sonores : Articles R1334-31 et suivants.
Hygiène et sécurité alimentaire : Articles L233-1 et suivants.
Lutte contre le tabagisme : Articles L3511-1 et suivants.
Responsabilité pénale : Articles 121-1 et suivants.
Infractions en matière de sécurité : Articles 223-1 et suivants.
Droits d'auteur et droits voisins : Articles L111-1 et suivants.
Utilisation de musique et d'images : Articles L211-1 et suivants.
Circulation et stationnement : Articles R411-1 et suivants.
Sécurité routière : Articles L221-1 et suivants.
Accessibilité des ERP : Loi n° 2005-102 du 11 février 2005.
Classification des ERP : Arrêté du 25 juin 1980 modifié.
Règles de sécurité contre les risques d'incendie et de panique : Arrêté du 25 juin 1980 modifié.
Déclaration et autorisation des ICPE : Articles L511-1 et suivants du Code de l'Environnement.
Licences de débit de boissons : Articles L3331-1 et suivants du Code de la Santé Publique.
Sécurité des manifestations sportives : Décret n° 2006-1204 du 29 septembre 2006.
Licence d'entrepreneur de spectacles : Articles L7122-1 et suivants du Code du Travail.
Utilisation des feux d'artifice : Arrêté du 31 mai 2010 modifié.
Autorisations et déclarations : Articles L211-1 et suivants du Code de l'Urbanisme.
Assurance responsabilité civile : Articles L113-1 et suivants du Code des Assurances.
Assurance annulation : Contrats spécifiques selon les assureurs.
SACEM : Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique.
SPRE : Société pour la Perception de la Rémunération Équitable.
Norme NF C 15-100 : Norme française pour les installations électriques.
Systèmes de Sécurité Incendie (SSI) : Norme NF S 61-930 et suivantes.
Chapiteaux, tentes et structures : Norme NF P 91-360 et suivantes.
Installations de cuisson : Norme NF D 36-101 et suivantes.
Installations de chauffage : Norme NF DTU 60.1 et suivantes.
Installations de ventilation : Norme NF DTU 68.3 et suivantes.
Ces textes de lois et réglementations sont essentiels pour garantir la sécurité, l'accessibilité, et le bon déroulement des événements. Il est crucial de se tenir informé des évolutions réglementaires et de respecter ces normes pour organiser des événements conformes à la législation.
Code de la construction et de l'habitation - Légifrance. Disponible sur Légifrance.
Loi Handicap de 2005 - Légifrance. Disponible sur Légifrance.
Norme NF C 15-100 - AFNOR. Disponible sur AFNOR.
SACEM - Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique. Disponible sur sacem.fr.
ADAGP - Société des Auteurs dans les Arts Graphiques et Plastiques. Disponible sur adagp.fr.
Norme ISO 14001 - ISO. Disponible sur ISO.
Label Éco-Événement - ADEME. Disponible sur ADEME.
AFNOR - Association Française de Normalisation. Disponible sur AFNOR.
ISO - Organisation Internationale de Normalisation. Disponible sur ISO.
ADEME - Agence de la transition écologique. Disponible sur ADEME.
APAVE - Association pour la Prévention des Accidents par le Vide et l'Électricité. Disponible sur APAVE.
Notes
Unité de Passage
Service de Secours Incendie et d’Assistance aux Personnes
Officier de Police Judiciaire
Poste de Commandement des forces de Sécurité
La loi Evin, promulguée en France en 1991, a pour objectif de réguler la publicité, la promotion et la vente des boissons alcoolisées.
Dans un premier temps, la loi proscrit toute publicité directe en faveur des boissons alcoolisées, couvrant ainsi les médias tels que la télévision, la radio, le cinéma, Internet et autres supports publicitaires. De plus, elle interdit également toute publicité indirecte qui pourrait encourager indirectement la consommation d'alcool, notamment par le biais d'images, de slogans ou d'événements. La loi Evin restreint le sponsoring des événements sportifs par des marques d'alcool et empêche les compétitions sportives d'être associées à des marques de boissons alcoolisées. De même, elle encadre strictement la distribution gratuite de boissons alcoolisées.
Toute publicité pour des boissons alcoolisées doit comporter des mentions légales spécifiques concernant les risques associés à la consommation d'alcool et des messages de prévention tels que "L'abus d'alcool est dangereux pour la santé", il est aussi interdit de faire de la publicité en faveur de boissons alcoolisées ciblant spécifiquement les mineurs.
Enfin, la loi Evin impose des limitations sur l'affichage publicitaire visible par le grand public.
Il est essentiel de souligner que cette législation est régulièrement mise à jour et interprétée par les autorités compétentes en France. Les entreprises et les publicitaires doivent donc respecter scrupuleusement ces règles strictes afin d'éviter toute infraction.
La loi Évin, promulguée en France en 1991, représente un instrument juridique majeur visant à encadrer la publicité et la promotion des produits à risque, notamment le tabac, l'alcool et les médicaments. Cette réglementation découle d'une préoccupation accrue pour la santé publique et des conséquences néfastes associées à la consommation de ces substances.
La période qui a précédé l'adoption de la loi Évin a été marquée par une augmentation des maladies liées au tabac, à l'alcool, et par des préoccupations croissantes quant aux effets secondaires potentiellement graves des médicaments.
L'instauration de la loi Évin s'inscrit dans une démarche visant à protéger la santé publique en limitant l'exposition de la population aux incitations publicitaires susceptibles d'encourager des comportements préjudiciables.
La loi Évin concerne trois catégories de produits à risque, à savoir le tabac, l'alcool et les médicaments. Chacune de ces catégories fait l'objet de restrictions spécifiques pour prévenir les impacts négatifs sur la santé.
L'étendue de la loi Évin couvre une variété de supports médiatiques, notamment la presse, la télévision, la radio, l'affichage publicitaire et, plus récemment, les médias en ligne, afin d'assurer une régulation complète face à l'évolution des technologies de communication.
La loi Évin interdit explicitement toute publicité indirecte qui pourrait inciter à la consommation de tabac, d'alcool ou de médicaments. Une attention particulière est portée à la protection des jeunes, avec une interdiction de cibler ce groupe démographique dans les campagnes publicitaires.
Les dispositions législatives restreignent également la sponsorisation d'événements par des marques de tabac et d'alcool, reconnaissant le risque d'association entre ces produits et des contextes festifs.
Les publicités sont tenues d'inclure des mentions de mise en garde claires et informatives, mettant en évidence les risques pour la santé associés à la consommation de ces produits. De plus, la loi impose que les publicités ne véhiculent pas une image positive ou attractive de la consommation de tabac ou d'alcool.
Au fil des années, la loi Évin a fait l'objet de plusieurs ajustements pour tenir compte des évolutions sociales et technologiques. Ces adaptations ont été nécessaires pour maintenir la pertinence de la réglementation dans un paysage médiatique en constante évolution.
La loi Évin n'a pas échappé à la critique, notamment en ce qui concerne son impact sur la liberté d'expression et la sphère commerciale. Certains arguments font valoir que la régulation publicitaire pourrait être perçue comme excessive, tandis que d'autres soulignent l'importance de la protection de la santé publique.
Les boissons sont, en vue de la réglementation de leur fabrication, de leur mise en vente et de leur consommation, réparties en quatre groupes ( art. L3321-1 CSP) :
1° groupe : boissons sans alcool (eaux minérales ou gazéifiées, jus de fruits ou de légumes non fermentés, limonades, sirops, infusions, lait, café, thé, chocolat.
Le 2ème groupe de boissons fermentées non distillées le vin, la bière, le cidre, hydromel auxquelles sont joints les vins doux naturels bénéficiant du régime fiscal des vins, ainsi que les crèmes de cassis et les jus de fruits ou de légumes fermentés comportant de 1,2 à 3 degrés d’alcool.
3° groupe : boissons fermentées non distillées (vin, bière, cidre, poiré, hydromel, vins doux naturels dont ceux bénéficiant du régime fiscal des vins, crèmes de cassis et les jus de fruits ou de légumes fermentés comportant de 1,2 à 3 degrés d'alcool, vins de liqueur, apéritifs à base de vin et liqueurs de fraise, framboises, cassis ou cerises, ne titrant pas plus de 18 degrés d'alcool pur.
4° groupe : rhums, tafias, alcools provenant de la distillation des vins, cidres, poirés ou fruits.
5° groupe : toutes les autres boissons alcooliques.
Modifié par LOI n°2016-41 du 26 janvier 2016 - art. 69 (V)
L'Etat organise et coordonne la prévention et le traitement de l'alcoolisme.
Les dépenses entraînées par l'application du présent article sont à la charge de l'Etat, sans préjudice de la participation des régimes d'assurance maladie aux dépenses de soins de ville et d'hospitalisation, et aux dépenses médico-sociales des centres mentionnés à l'article L. 3311-2.
Modifié par Loi n°2006-1640 du 21 décembre 2006 - art. 92 (V) JORF 22 décembre 2006
Les centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie mentionnés à l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles assurent notamment des soins ambulatoires et des actions d'accompagnement social et de réinsertion en faveur des personnes présentant une consommation d'alcool à risque ou atteintes de dépendance alcoolique ainsi qu'en faveur de leur famille.
Modifié par LOI n°2016-41 du 26 janvier 2016 - art. 12
Les campagnes d'information menées dans le cadre de la lutte anti-alcoolique doivent comporter des messages de prévention et d'éducation. Ces messages ne doivent pas présenter de caractères discriminatoires entre les différents produits.
Ces campagnes doivent également porter sur la prévention du syndrome d'alcoolisation foetale et inciter en particulier les femmes enceintes à ne pas consommer d'alcool.
Ces campagnes doivent aussi porter sur la prévention de l'alcoolisme des jeunes afin de lutter contre leur consommation excessive d'alcool.
Modifié par Ordonnance n°2015-1682 du 17 décembre 2015 - art. 12
Les boissons sont, en vue de la réglementation de leur fabrication, de leur mise en vente et de leur consommation, réparties en quatre groupes :
1° Boissons sans alcool : eaux minérales ou gazéifiées, jus de fruits ou de légumes non fermentés ou ne comportant pas, à la suite d'un début de fermentation, de traces d'alcool supérieures à 1,2 degré, limonades, sirops, infusions, lait, café, thé, chocolat ;
2° (abrogé)
3° Boissons fermentées non distillées et vins doux naturels : vin, bière, cidre, poiré, hydromel, auxquelles sont joints les vins doux naturels, ainsi que les crèmes de cassis et les jus de fruits ou de légumes fermentés comportant de 1,2 à 3 degrés d'alcool, vins de liqueur, apéritifs à base de vin et liqueurs de fraises, framboises, cassis ou cerises, ne titrant pas plus de 18 degrés d'alcool pur ;
4° Rhums, tafias, alcools provenant de la distillation des vins, cidres, poirés ou fruits, et ne supportant aucune addition d'essence ainsi que liqueurs édulcorées au moyen de sucre, de glucose ou de miel à raison de 400 grammes minimum par litre pour les liqueurs anisées et de 200 grammes minimum par litre pour les autres liqueurs et ne contenant pas plus d'un demi-gramme d'essence par litre ;
5° Toutes les autres boissons alcooliques.
Modifié par Ordonnance n°2010-18 du 7 janvier 2010 - art. 3
Sont déterminées par décrets en Conseil d'Etat, après avis de l'Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail et de l'Académie nationale de médecine :
1° Les modalités de fabrication, de détention en vue de la vente, de mise en vente et de vente de toute boisson mentionnée à l'article L. 3321-1, dans la préparation de laquelle interviennent des plantes, parties de plantes, extraits végétaux ou un autre produit d'origine végétale ;
2° La liste des substances mentionnées au 1°, les conditions de leur emploi et leur teneur maximum en produits actifs.
Il ne peut être en rien dérogé par ces textes aux dispositions établies par les décrets en Conseil d'Etat pris en application des articles L. 214-1, L. 215-1 et L. 215-4 du code de la consommation.
Modifié par LOI n°2009-879 du 21 juillet 2009 - art. 96
Dans tous les débits de boissons, un étalage des boissons non alcooliques mises en vente dans l'établissement est obligatoire.
L'étalage doit comprendre au moins dix bouteilles ou récipients et présenter, dans la mesure où le débit est approvisionné, un échantillon au moins de chaque catégorie des boissons suivantes :
a) Jus de fruits, jus de légumes ;
b) Boissons au jus de fruits gazéifiées ;
c) Sodas ;
d) Limonades ;
e) Sirops ;
f) Eaux ordinaires gazéifiées artificiellement ou non ;
g) Eaux minérales gazeuses ou non.
Cet étalage, séparé de celui des autres boissons, doit être installé en évidence dans les lieux où sont servis les consommateurs.
Si le débitant propose des boissons alcooliques à prix réduits pendant une période restreinte, il doit également proposer à prix réduit les boissons non alcooliques susmentionnées.
Modifié par LOI n°2017-256 du 28 février 2017 - art. 53
La propagande ou la publicité, directe ou indirecte, en faveur des boissons alcooliques dont la fabrication et la vente ne sont pas interdites sont autorisées exclusivement :
1° Dans la presse écrite à l'exclusion des publications destinées à la jeunesse, définies au premier alinéa de l'article 1er de la loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse ;
2° Par voie de radiodiffusion sonore pour les catégories de radios et dans les tranches horaires déterminées par décret en Conseil d'Etat ;
3° Sous forme d'affiches et d'enseignes, sous réserve de l'article L. 3323-5-1 ; sous forme d'affichettes et d'objets à l'intérieur des lieux de vente à caractère spécialisé, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ;
4° Sous forme d'envoi par les producteurs, les fabricants, les importateurs, les négociants, les concessionnaires ou les entrepositaires, de messages, de circulaires commerciales, de catalogues et de brochures, dès lors que ces documents ne comportent que les mentions prévues à l'article L. 3323-4 et les conditions de vente des produits qu'ils proposent ;
5° Par inscription sur les véhicules utilisés pour les opérations normales de livraison des boissons, dès lors que cette inscription ne comporte que la désignation des produits ainsi que le nom et l'adresse du fabricant, des agents ou dépositaires, à l'exclusion de toute autre indication ;
6° En faveur des fêtes et foires traditionnelles consacrées à des boissons alcooliques locales et à l'intérieur de celles-ci, dans des conditions définies par décret ;
7° En faveur des musées, universités, confréries ou stages d'initiation oenologique à caractère traditionnel ainsi qu'en faveur de présentations et de dégustations, dans des conditions définies par décret ;
8° Sous forme d'offre, à titre gratuit ou onéreux, d'objets strictement réservés à la consommation de boissons contenant de l'alcool, marqués à leurs noms, par les producteurs et les fabricants de ces boissons, à l'occasion de la vente directe de leurs produits aux consommateurs et aux distributeurs ou à l'occasion de la visite touristique des lieux de fabrication ;
9° Sur les services de communications en ligne à l'exclusion de ceux qui, par leur caractère, leur présentation ou leur objet, apparaissent comme principalement destinés à la jeunesse, ainsi que ceux édités par des associations, sociétés et fédérations sportives ou des ligues professionnelles au sens du code du sport, sous réserve que la propagande ou la publicité ne soit ni intrusive ni interstitielle.
Toute opération de parrainage est interdite lorsqu'elle a pour objet ou pour effet la propagande ou la publicité, directe ou indirecte, en faveur des boissons alcooliques.
Article L3323-3
Est considérée comme propagande ou publicité indirecte la propagande ou publicité en faveur d'un organisme, d'un service, d'une activité, d'un produit ou d'un article autre qu'une boisson alcoolique qui, par son graphisme, sa présentation, l'utilisation d'une dénomination, d'une marque, d'un emblème publicitaire ou d'un autre signe distinctif, rappelle une boisson alcoolique.
Toutefois, ces dispositions ne sont pas applicables à la propagande ou à la publicité en faveur d'un produit autre qu'une boisson alcoolique qui a été mis sur le marché avant le 1er janvier 1990 par une entreprise juridiquement ou financièrement distincte de toute entreprise qui fabrique, importe ou commercialise une boisson alcoolique.
Création LOI n°2016-41 du 26 janvier 2016 - art. 13
Ne sont pas considérés comme une publicité ou une propagande, au sens du présent chapitre, les contenus, images, représentations, descriptions, commentaires ou références relatifs à une région de production, à une toponymie, à une référence ou à une indication géographique, à un terroir, à un itinéraire, à une zone de production, au savoir-faire, à l'histoire ou au patrimoine culturel, gastronomique ou paysager liés à une boisson alcoolique disposant d'une identification de la qualité ou de l'origine, ou protégée au titre de l'article L. 665-6 du code rural et de la pêche maritime.
Modifié par Ordonnance n°2016-301 du 14 mars 2016 - art. 2 (V)
La publicité autorisée pour les boissons alcooliques est limitée à l'indication du degré volumique d'alcool, de l'origine, de la dénomination, de la composition du produit, du nom et de l'adresse du fabricant, des agents et des dépositaires ainsi que du mode d'élaboration, des modalités de vente et du mode de consommation du produit.
Cette publicité peut comporter des références relatives aux terroirs de production, aux distinctions obtenues, aux appellations d'origine telles que définies à l'article L. 431-1 du code de la consommation ou aux indications géographiques telles que définies dans les conventions et traités internationaux régulièrement ratifiés. Elle peut également comporter des références objectives relatives à la couleur et aux caractéristiques olfactives et gustatives du produit.
Le conditionnement ne peut être reproduit que s'il est conforme aux dispositions précédentes.
Toute publicité en faveur de boissons alcooliques, à l'exception des circulaires commerciales destinées aux personnes agissant à titre professionnel ou faisant l'objet d'envois nominatifs ainsi que les affichettes, tarifs, menus ou objets à l'intérieur des lieux de vente à caractère spécialisé, doit être assortie d'un message de caractère sanitaire précisant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
Article L3323-5
Il est interdit de remettre, distribuer ou envoyer à des mineurs des prospectus, buvards, protège-cahiers ou objets quelconque nommant une boisson alcoolique, ou en vantant les mérites ou portant la marque ou le nom du fabricant d'une telle boisson.
Modifié par LOI n° 2019-1461 du 27 décembre 2019 - art. 47 (V)
Dans les collectivités mentionnées à l'article L. 751-1 du code de la sécurité sociale, le représentant de l'Etat détermine, dans les conditions prévues au cinquième alinéa de l'article L. 3335-1 du présent code, le périmètre autour des établissements mentionnés au 4° du même article L. 3335-1 dans lequel la publicité ou la propagande, directe ou indirecte, en faveur d'une boisson alcoolique est interdite.
Modifié par Loi n°2003-709 du 1 août 2003 - art. 23 () JORF 2 août 2003
Le ou les initiateurs d'une opération de mécénat peuvent faire connaître leur participation par la voie exclusive de mentions écrites dans les documents diffusés à l'occasion de cette opération ou libellées sur des supports disposés à titre commémoratif à l'occasion d'opérations d'enrichissement ou de restauration du patrimoine naturel ou culturel.